Shiness : The Lightning Kingdom (Xbox One)

par JokiStyle
Oeuvre pensée et conçue de longue date par Samir Rebib, cet univers enchanteur prend vie aujourd’hui sous la forme d’un jeu vidéo, inspiré du web manga éponyme. Cet action-RPG en 3D est développé par le studio français Enigami et voit le jour notamment grâce à un projet kickstarter de près de 140 000 dollars, ainsi qu’une aide financière du centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). Il est soutenu depuis août 2015 par l’éditeur Focus Home Interactive, suite au prix du meilleur jeu manga décerné la même année lors de la Paris Games Week.

Sur le papier, le soft apporte une réelle fraîcheur au genre, notamment grâce à des combats dynamiques et à l’utilisation de la magie en temps réel. Mais le titre rend aussi un véritable hommage à la production japonaise, inspiré par des titres comme The Legend of Zelda, Final Fantasy ou encore Naruto : Ultimate Ninja Storm.
Comme beaucoup de personnes, j’attendais avec une impatience de gamin l’arrivée du jeu sur le store, à voir désormais si cette originalité tant promise va permettre à Shiness de sortir des standards du genre. Alors, poudre aux yeux ou pas ?
Comme un cheveu dans la soupe !
Dans l’univers de shiness, la planète Mahera a subi un cataclysme et s’est fragmentée en différentes îles célestes. Chado et son ami Poky, à bord de leur vaisseau volant vont se retrouver au milieu d’un conflit impliquant plusieurs royaumes lorsqu’ils vont s’écraser sur une île plutôt hostile. Suite au crash, nos deux amis vont se retrouver séparés et dans un premier temps, vous contrôlerez Chado au beau milieu d’une forêt en quête de son compagnon.
Chado peut communiquer avec Shiness, un esprit mystérieux imprégné de magie. C’est aussi l’essence du jeu, tout est construit sur le shi, la magie qui compose l’équilibre de cet univers (l’air, la terre, l’eau, le feu, la foudre, le vent et le shi des plantes). Mais cet équilibre est perturbé par un shi qui n’a rien de naturel : le shi obscur…

Trois races différentes sont présentes dans le jeu et cinq personnages jouables vous attendent, aux capacités bien définies et complémentaires. Chacun possédant en plus de cela une affinité élémentaire. Ainsi, lors de l’exploration des lieux, pour avancer et franchir certains passages, il vous faudra contrôler tour à tour un personnage particulier pour résoudre certaines énigmes.

L’influence des mangas japonais est indéniable dans l’univers de Shiness. La volonté de ce studio amateur est avant tout de transposer la BD en un jeu vidéo sans en dénaturer l’essence. La qualité du script s’en ressent malgré un scénario de départ somme tout classique, mais qui vous réservera bien des surprises et autres rebondissements !
À noter que des choix multiples vous seront proposés lors des dialogues avec les personnages pour des répliques variées.

N’ayant pas terminé le jeu à l’heure où j’écris ces lignes, je ne peux donc pas vous donner une idée de la durée de vie du soft.

Des combats dynamiques et addictifs : un jeu dans le jeu !
Le gameplay est plus profond qu’il n’y paraît et demandera un petit temps d’adaptation pour en maîtriser toutes les subtilités lors des phases de combats. D’autant plus que les deux premières heures de jeu sont là pour poser les bases et vous familiariser avec le titre grâce à quelques tutos bien amenés. Passé ce cap, Shiness vous livrera toute sa richesse grâce à un système de combats très abouti et original qui est à mon sens le point fort de cet Action-RPG.

Les ennemis sont visibles lors de l’exploration et libre à vous de les engager ou de les éviter. Si vous engagez le combat, une arène se matérialisera et la confrontation se fera à chaque fois en un contre un. Vous pourrez changer de combattant d’une simple pression sur la touche LB et si vous combattez trois ennemis, ils apparaîtront à la suite chacun leur tour après avoir été mis K.O.

Vous pourrez voir sur une des captures d’écran un halo de couleur qui matérialise les contours de l’arène. Cette couleur changera constamment pendant le combat pour correspondre à une magie : le rouge pour le feu, le bleu pour l’eau, le jaune pour la terre, le vert pour l’air, etc… Un code couleur pour chaque magie qui a son importance. En effet, si vous envoyez une boule de feu au moment ou le halo de l’arène est rouge (correspondant à l’élément du shi de feu), vous causerez plus de dégâts en utilisant le shi correspondant. L’arène donne donc un bonus de puissance lorsqu’on lance un shi du même élément.

Dans le même principe, vous pourrez régénérer votre magie en fonction du shi de l’arène au moment T. Lorsque vous lancez des sorts, vous utilisez du shi correspondant à l’élément et pour recharger votre jauge de shi (vous en avez plusieurs, propres à chaque élément), il faudra maintenir la touche RT au moment où l’affinité de l’arène correspondant à l’élément que vous voulez régénérer. Si vous maintenez RT au moment ou l’arène est entourée de rouge, vous rechargerez la jauge de shi du feu. C’est assez simple à comprendre, mais plutôt compliqué à expliquer clairement par écrit !
Chaque personnage possède une affinité propre à chaque magie, mais cela ne vous empêchera pas de leur faire apprendre d’autres magies élémentaires pour varier vos pouvoirs en fonction des ennemis à combattre. Certains ennemis sont plus ou moins faibles à certains éléments, voire parfois résistants.

En plus de la magie, vous pourrez utiliser des coups au corps à corps : coup de poing, coup de pied et enchaîner des techniques que vous apprendrez au fil de l’aventure et de vos rencontres. Vous pourrez bloquer les coups en maintenant la touche B et esquiver en maintenant B + une direction. À noter que lorsqu’on se met en garde au moment exact de se faire frapper, on réalise un perfect guard. Ainsi, on ne subit pas de dégâts et en prime, on régénère du shi et de la tension. La tension est nécessaire pour réaliser certaines techniques et aussi pour effectuer des parades à l’aide de la touche Y. Ces parades vous demanderont un certain timing, car vous pourrez renvoyer un projectile ou un sort en appuyant sur Y juste avant l’impact. Les ennemis peuvent être ciblés grâce à une pression sur le stick R.

Je tenais à développer cet aspect du gameplay pour que vous ayez à l’esprit la richesse que propose le titre sur ces phases de jeu. Richesse que vous ne pourrez découvrir qu’après quelques heures passées sur le jeu. Je conviens que ces explications peuvent paraître indigestes, mais manette en main, vous verrez que cela est simple, efficace et limpide ! Sur ce point, les combats sont d’une originalité qui renouvelle de la plus belle manière le RPG malgré quelques petits caprices de la caméra lors de ces phases. Mais cela reste peu pénalisant, car c’est surtout lorsque vous lockez votre adversaire que ce problème de caméra peut perturber le combat.
Un diamant brut à peaufiner...
Je vous parlais dans la première partie de l’influence du manga japonais qui se fait ressentir dans l’univers et l’esthétique de Shiness. Le choix des graphismes en cel-shading est judicieux et rappelle l’influence des titres comme Naruto ou encore One Piece. Coloré et vivant, le monde de Shiness est séduisant et ne manque pas de charmes malgré quelques textures grossières.
Les cinématiques in-game mêlent habilement les codes de la BD pour une approche originale et très intéressante. Ainsi, pendant ces cinématiques, les personnages parlent au travers de bulles, les cadrages respectent les cases d’une véritable BD intéractive et les planches s’enchaînent !
Techniquement, le jeu n’est pas de l’envergure d’un AAA, mais n’a pas à en rougir pour un titre qui, rappelons-le, est sous la coupe du label indé ! Le jeu est stable malgré quelques bugs de collision, par moment, lors de l’exploration et quelquefois lors d’engagement avec un ennemi pour lancer le combat. Mais cela n'entache pas l’expérience de jeu et reste vraiment peu fréquent. La direction artistique est plutôt jolie et le character design très réussi. J’aurais aimé que les environnements regorgent d’un peu plus de détails, mais d’un autre côté, l’animation des décors est bien retranscrite. On évolue dans un monde ouvert qui ne cessera de s’agrandir au fur et à mesure de l’aventure. Mais l’exploration comprend aussi son lot de donjons à parcourir, avec ses énigmes et ses pièges. Il ne faut pas se fier aux premières heures de jeu qui ne sont qu’une mise en bouche. Je le répète encore, il faudra passer quelques heures sur le titre avant d’en découvrir tout son potentiel, que ce soit au niveau du gameplay, de l’exploration et du scénario...

La bande-son est réussie avec des mélodies charmantes pendant vos phases d’exploration. Les musiques sont dignes d’un long métrage du studio Ghibli et les phases de combats ont droit à un traitement plus pêchu pour encourager vos confrontations.

Enfin, j’aimerais dire un mot sur le menu très complet du jeu. Même si on s’y perd un peu au départ, on prend vite ses marques grâce à l’effort de clarté et au système de navigation mis en place par les développeurs. Les touches LT et RT permettent de naviguer dans les différents onglets. LB et RB servent à switcher d’un personnage à l’autre. Le menu se compose de 10 onglets dont :

- Équipe : qui permet de voir la composition de votre équipe en un clin d’oeil.
- Personnages : pour voir votre équipement, les caractéristiques et les techniques en une vue globale.
- Objets : Qui sont les consommables pour vos personnages.
- Equipement : de la tête aux pieds.
- Shi : corresponds aux diverses magies élémentaires.
- Techniques : pour le combat au corps à corps.
- Soutien : qui donne des pouvoirs de soutien (bonus d’attaque, de défense, soins…) pour le joueur actif, utilisés par les membres passifs de l’équipe pendant les combats.
- Journal de quêtes : dont les quêtes principales, secondaires et les contrats.
- Aptitudes : qui indiquent les touches pour le saut, le sprint, la parade, etc.
- Options : qui comprend les paramètres, les didacticiels et les astuces pour un récapitulatif.
Certes, certains onglets auraient pu être supprimés, voire regroupés pour éviter de surcharger le menu, mais globalement, le tout est complet et a le mérite d’être explicite pour vous guider au mieux. Un petit temps d’adaptation sera quand même de mise pour vous familiariser avec le menu.

Shiness : The Lightning Kingdom contient 42 succès pour 1000 points de Gamerscore. Une petite partie est liée à l’avancée dans l’histoire, mais la plupart des succès correspondent à des actions spécifiques à accomplir ou encore à des challenges à réaliser. Rien d’insurmontable en voyant la liste, mais un certain temps sera quand même requis pour tous les débloquer comme tout RPG qui se respecte !
Conclusion
Shiness : the lightning kingdom est un titre attachant et ambitieux qui ne manque pas de charme. Quelques petits défauts techniques mineurs sont à noter, mais rien de pénalisant pour le joueur et son confort de jeu. Il est rare de voir un projet indé amateur d’une telle ampleur qui se révèle si prometteur. Riche, complet avec tous les ingrédients du RPG et doté d’une belle direction artistique, le jeu aura vite fait de vous happer et de vous immerger dans son univers. Là où certains jeux AAA ne proposent pas grand-chose de nouveau, Shiness saura charmer bon nombre de joueurs et moi le premier !
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16
On aime
-Un Action-RPG indé made in France
-Un système de combat dynamique et original
-Une D.A réussie
-Mise en scène des cinématiques digne d’une BD intéractive
-Des énigmes bien pensées dans les donjons
On n'aime pas
-Un début de jeu un peu long à se mettre en place
-Des environnements parfois un peu vides
-Une caméra un brin capricieuse à certains moments lors des combats
Status Xbox Live
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Shiness : The Lightning Kingdom
Packshot de Shiness : The Lightning Kingdom sur Xbox One
Date de sortie française 18 avril 2017
Genre : RPG
Dev. : EniGami
Edit. : Focus Home Interactive
PEGI 12
1 joueur hors ligne