Mr Shifty (Xbox One)

par LeRaph
Le moins que l’on puisse dire sur le studio Tinybuild, c’est qu’il a été plutôt prolifique ces dernières années. Si vous avez eu la bonne idée de regarder l’E3 2017 sur votre Xbox One et que vous avez bien suivi les Games With Gold ces derniers temps, vous avez pu récupérer gratuitement quelques-uns de leurs titres comme : SpeedRunners, The Final Station ou encore No Time to Explain.

Mr Shifty est l’une de leurs dernières créations, c’est un top-down shooter, qui surfe sur la vague créée par l’illustre Hotline Miami qui avait réussi à ressusciter le genre avec brio en 2012.

Est-ce que Mr Shifty va réussir à faire aussi bien que son aîné dont il s'inspire ?

Vous incarnez un homme mystérieux, vêtu d’un grand imperméable monté jusqu’aux oreilles et d'une casquette à la visière baissée au maximum sur la tête, dont le but est de s’infiltrer dans le bâtiment le plus sécurisé du monde !

Non … Non, ce n’est pas Aiden Pierce de Watch Dogs, qui vient tout exploser au siège d’Ubi pour s’expliquer avec le Patron, sur le downgrade qu’il a subi … Moi, je vous parle de Mister Shifty ! Qui à part la tenue et l’envie irrépressible de tuer des centaines de personnes à coup de castagnes au nom de la « Justice », n’a rien à voir avec le chien de garde.
La Tour de cristal infernale !
Épaulé par une pirate informatique plus ou moins douée s’appelant Nyx, Mister Shifty doit récupérer le super-plutonium dans le bâtiment le plus sécurisé du monde : la Tour Olympe qui est le siège social d’une société-écran, détenue par M. Stone, un super-vilain qui veut transformer le gros caillou radioactif en une arme de destruction massive ! Voilà vous savez tout ! Le scénario tient sur un post-it et les quelques dialogues qui entrecoupent l’ascension du héros sont littéralement dénués d’intérêts, mis à part quelques vannes par-ci par-là bien trouvées.

La Tour, véritable piège de cristal, abrite pas moins de 3500 agents de sécurité, armés de pistolets, mitraillettes, fusils à pompe, mines et autres lance-flammes, mais aussi des lasers tueurs, de tourelles défensives et une bonne cinquantaine d’aquariums remplis de requins.

Pour parvenir au bureau du patron au sommet de la tour, Shifty ne dispose que de ses poings, et n’a aucune arme à feu, sans doute pour une question d’éthique… Et il a le handicap de mourir en seul coup. Heureusement, grâce son sang de mutant, il a le superpouvoir de téléportation, à l’instar de Diablo dans le film X-men 2 avec le même fameux petit nuage bleuté inclus !

La téléportation est clairement la clé de voûte du gameplay, qui se veut très nerveux et jouissif. Shifty peut se téléporter jusqu’à 5 fois d’affilée avant de vider sa barre d’endurance.

Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités : si vous abusez de votre téléportation, Shifty n'aura d'autre choix que de marcher pendant quelques secondes et se retrouvera vulnérable face à la horde des hommes de main de Mr Stone ; le temps que sa barre remonte. Shifty a tout de même une très bonne allonge, chaque crochet qu’il pose occasionne un micro bullet-time afin de maintenir la meilleure visibilité possibles durant les combats.

Au fur et à mesure que vous fracassez les ennemis, votre barre de furie se remplit. Une fois pleine, vous n’aurez qu’à vous faire volontairement (ou pas) toucher, pour que le bullet-time s’active et que vous puissiez nettoyer toute la pièce sous une pluie de marrons et de châtaignes.

Pour taper un peu plus fort sur les ennemis, de nombreuses armes, plus aux moins conventionnelles, sont dispatchées dans les étages : des bâtons, des pagaies, des têtes de statue en pierre, des claviers, des coussins, des tridents et j’en passe. Elles ont toutes une durabilité propre, une simple pagaie se cassera en 3 coups alors que le trident de Poséidon, qui permet de faire de véritables brochettes de sbires, est utilisable à l’infini.

Vous pourrez également utiliser le décor à votre avantage, comme les portes de bureau, les fenêtres ou alors pour changer, utiliser un peu votre matière grise pour retourner les équipements de sécurité à votre avantage, en plaçant un baril explosif à l’endroit opportun, activer des lasers pour vaporiser les ennemis inattentifs, conduire un missile d’une tourelle sur une horde ou encore se placer de façon à ce que les subalternes s’entretuent dans le feu de l’action.
Gameplay

Passe-Muraille : XL Edition !
Les différents niveaux sont bien rythmés. Ils sont découpés en « phases », chacune rejouable indépendamment une fois terminée, durant lesquelles on alterne de façon intuitive entre phases de combat, de running et de puzzle. Quelques générateurs bloquant votre pouvoir de téléportation vous donneront également du fil à retordre, juste de quoi apporter un peu de contenance au gameplay pour vous tenir en haleine durant les quatre heures qu’il faut pour terminer une première fois les 18 phases du jeu.

La difficulté monte crescendo. Les premières phases sont plutôt simples et permettent de distiller tranquillement les mécaniques de gameplay, mais pour ce qui est de la dernière partie, le jeu est beaucoup plus corsé : l’écran fourmille d’ennemis, les environnements sont beaucoup plus vastes, ce qui mettra votre concentration et votre skill à rude épreuve et malheureusement parfois frôle l’écœurement.

Graphiquement, le jeu est assez joli à regarder et le style BD fait son petit effet. Malheureusement les décors ne sont pas très variés, alternant entre les pièces à moitié vides, les bureaux à la compta et les couloirs de l’immeuble. Tout finit par se ressembler…

Le level design, notamment dans la 2e partie du jeu, est vraiment très bon. Il offre au joueur de nombreuses options. Les groupes d’ennemis sont pensés pour vous mettre en difficulté et les différentes compositions sont vraiment intéressantes à combattre. Chaque ennemi a son propre patern, et tous les maîtriser est déjà un bon challenge en soi.

Nous avons noté quelques ralentissements lorsque l’écran est un peu trop chargé en effet d’explosions.

Côté musique, la bande-son est vraiment très classique pour ce type de jeu. Un peu électro des années 90, mais trop en retrait, et pas assez entraînante ; ce qui est dommage, car elle aurait pu être un atout supplémentaire pour dynamiser encore plus le jeu.

Pour les chasseurs de succès, la plupart se débloquent automatiquement au fil du jeu, mais si vous visez les 100%, vous allez devoir vous accrocher pour terminer toutes les phases sans mourir !
Conclusion
Mr Shifty fait largement honneur au genre top-down shooter, dynamique, jouissif et intelligent dans son level design et la composition des hordes. Le gameplay autour de la téléportation est vraiment original et on prend beaucoup de plaisir à jouer. Malheureusement la durée de vie de seulement quatre heures et la bande de son pas très travaillée viennent noircir un peu le tableau, tout comme le faible scénario et le manque de variété dans les décors.
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On aime
- Le concept de téléportation original
- Marrons chauds à volonté
- Très bon Level-design
- Hordes d'ennemis bien construites
- Style graphique sympathique
On n'aime pas
- La durée de vie un peu courte
- La bande-son décevante
- Le scénario insignifiant
- Peu de variété dans les décors
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Mr Shifty
Packshot de Mr Shifty sur Xbox One
Date de sortie française 04 août 2017
Genre : Plates-formes
Dev. : tinybuild
Edit. : tinybuild
PEGI 16
1 joueur hors ligne