Outcast - Second Contact (Xbox One)

par LeRaph
Il venait d’avoir 18 ans, il était beau comme un enfant, fort comme un homme. C’était l’été évidemment, l’été 1999, où sortait le jeu Outcast sur PC. Ce jeu d’action aventure était une véritable claque à son époque : graphiquement magnifique, monde ouvert vaste, doublage VF intégrale, scénario épique et bande son sublime, sans compter sa longue durée de vie.

Mais les années ont passé et beaucoup de choses ont changé, on fait le bilan, calmement. Le studio BigBen a totalement remastérisé son jeu avec le moteur désormais connu Unity. Alors est-ce que ce remaster sera assez bon pour faire (re)découvrir le jeu aux fans de la première heure et à ceux qui n'en avaient jamais entendus parler ?
Stargate SG-Rien
Dans un futur proche, le gouvernement américain lance le programme Cristobal qui a pour but de prouver l’existence de mondes parallèles grâce notamment à la théorie des cordes. Une sonde est alors envoyée dans une autre dimension et atterrit dans le monde d’Adelpha, mais un indigène inconnu endommage la sonde et le retour d’énergie créé un trou noir, prêt à avaler la terre sous quelques jours !

L’Amérique appelle donc son sauveur Cutter Slade, à ne surtout pas confondre avec John McClane ou Corben Dallas ! Slade est un militaire des forces spéciales surentrainé au combat. Vous êtes donc envoyé dans le monde d’Adelpha avec trois scientifiques pour réparer la sonde et éventuellement sauver le monde, et ça tourne mal !

Le voyage inter-dimensionnel vous secoue un peu trop le bulbe, vous perdez connaissance, les scientifiques ont disparu et votre équipement de survie aussi. Vous êtes recueilli par les indigènes locaux : les Talans, qui vous nomme Ulukaï, l’élu de la prophétie venu du ciel pour rétablir l’équilibre et la justice sur Adelpha !

Vous n’aurez d’autres choix que de réunir les 5 reliques sacrées, en échange d’un sérieux coup de main pour retrouver votre équipe et retourner sur Terre. Vous devrez alors traverser 6 régions différentes : montagnes enneigées, rizières verdoyantes, terres de feu et autres surprises, en traversant des portes des étoiles.

Les débuts sont assez poussifs, on est rapidement perdu, tant le dialecte local utilisé est riche. Heureusement des parenthèses sont incluses dans les sous-titres pour nous aider à comprendre l’essentiel. De plus, un lexique est disponible pour essayer de retenir tout le vocabulaire des extra-terrestres.

Du botox dans les veines ?
Le premier contact visuel avec le jeu est assez surprenant. Les fans de la première heure seront surpris du travail accompli, le jeu qui faisait cracher les tripes de notre Intel Pentium 200 de l’époque a fait un vrai bon en avant. Tout est clairement plus beau et mieux animé, sachant que les développeurs ont choisi de faire la refonte avec le code original du jeu en C++, à l’ancienne, afin de respecter au mieux l’œuvre originale. La direction artistique n’a pas pris une ride et les effets de lumière sont vraiment réussis, mais les textures sont grossières et les animations faiblardes pour un jeu en 2017. On est très loin des standards actuels, mais le jeu ne manque pas de charme malgré les quelques bugs de collision et quelques rares crashs du jeu sans doute corrigés avec le patch Day One.

La partie audio a aussi subi un lifting, les musiques sont envoûtantes et soutiennent grandement les ambiances des différentes régions, le doublage français est vraiment bon. Notre héros a la voix officielle de Bruce Willis, ce qui nous aide grandement à s’y attacher. Il est pragmatique et souvent impoli avec les habitants de la planète, balançant d’excellentes punchlines dignes du héros de Die Hard. Par contre les Talans sont juste insupportables à la longue, la faute à un accent de paysan de l’Ariège profonde des années 1930. De quoi vous donner envie de sauter quelques lignes de dialogues. Les enregistrements des voix ont tout de même pris un bon coup de vieux, le mixage est juste digne d’une PSone. Le nombre de lignes de dialogues doublées est tout de même assez impressionnant, surtout pour l’époque.

Yippee-ki-yay, le système de jeu !
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le jeu ne nous prend pas par la main. C’est plutôt le genre démerdes-toi avec la carte et bonne chance ! Vous alternez des phases d'exploration avec pas mal de dialogue et des phases de combats.
La carte est minimaliste, vous retrouvez l’ensemble des positions des PNJ et des ennemis, de quoi préparer vos embuscades en toute quiétude. Il n’y a pas de suivi des quêtes, elles se cumulent tranquillement dans le bloc-notes au fur et à mesure de vos discussions avec les habitants et sont condensées en une seule phrase.
On est souvent dubitatif et perdu tant certaines sont compliquées ou incompréhensibles. Le fait que la plupart des habitants aient la même voix et la même tête ne nous aide pas non plus.


Certaines quêtes vous demanderont de faire des allers-retours aux quatre coins des régions, comme quoi le jeu vidéo n’a pas beaucoup évolué sur certains points depuis 18 ans ; heureusement, vous trouverez une monture assez rapidement.

Slade peut nager, courir, faire des roulades mais galère totalement pour faire un saut sur place de plus de 4cm, nous obligeant à emprunter les escaliers et autres commodités, tel un vulgaire touriste que nous sommes sur cette planète inconnue.

Certains Talans nous sont totalement hostiles et voient plutôt en nous l’homme à abattre plutôt que l’élu, ce qui occasionne souvent des combats très brouillons. La visée est plutôt capricieuse et les ennemis passent leur temps à fuir et à courir dans tous les sens. Vous devrez rester toujours en mouvement et trouver des couvertures intéressantes pour vous assurer la victoire. Les armes n’ont aucun impact et font des bruits étranges, bien que l’on soit dans une galaxie lointaine.

Le nombre d’armes est conséquent et il y a des outils sympathiques, comme votre hologramme qui trompe les ennemis. La roue des armes est difficile à prendre en main mais ce n’est pas tout... L’interface est mal pensée, rien n’est vraiment classé et aucun raccourci n’est possible avec l’inventaire pour se soigner, sélectionner une arme ou une clé, et cela devient rapidement agaçant.

Côté scénario, c’est assez sympathique, un bon vieux Space Opéra comme on les aime. Avec un message écolo puissant, de quoi faire plaisir à Nicolas Hulot ou Jean-Vincent Placé. C'est bien construit et on a envie d'aller jusqu'au bout.
Conclusion
Outcast : Second Contact est clairement destiné aux trentenaires, fans de l’époque, qui ont envie de goûter à cette madeleine de Proust. Les mécaniques de combat, de quêtes et l’interface ont vraiment pris un coup de vieux et rebuteront les profanes de la licence. Et pourtant le jeu reste charmant, la direction artistique et la musique sont superbes, il y a une vraie ambiance. Si on arrive à passer outre ses défauts, il reste un bon jeu d'action-aventure qui a su garder son âme d'antan.
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11
On aime
- Une direction artistique magnifique
- Un doublage VF intéressant et dense
- Un univers vaste à explorer
- Des effets lumière efficaces
On n'aime pas
- Les combats brouillons
- Les contrôles rigides du héros
- Les quêtes difficiles à comprendre
- Graphiquement assez vieillot
- Le prix
Status Xbox Live
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Outcast - Second Contact
Packshot de Outcast - Second Contact sur Xbox One
Date de sortie française 14 novembre 2017
Genre : Aventure
Dev. : Appeal
Edit. : Bigben Interactive
PEGI 12
1 joueur hors ligne