theHunter : Call of the Wild (Xbox One)

par TinouCLT
La chasse a été la première activité de l’Humanité afin de survivre dans un environnement qui ne laissait que peu de chances à nos ancêtres. C'est ensuite devenue un luxe pour les nobles au Moyen-Âge et à l’Époque moderne pour devenir aujourd’hui un hobbie accessible à tous ou un moyen de réguler les populations animales. De multiples formes, buts et techniques qui prennent forme dans de nombreux jeux depuis le début de notre loisir à nous. Cabela’s, Hunting Simulator et Deer Hunter pour ne citer que les principaux. Un petit nouveau fait son apparition dans le milieu : theHunter qui nous revient aujourd’hui avec une suite sobrement intitulée Call of the Wild.
L’appel de la nature via smartphone
Le titre, développé par Expansive Worlds, prend la forme d’un gigantesque open-world. En lançant la partie, vous vous retrouvez subitement en pleine forêt à rechercher votre première cible et à suivre bêtement les indications que vous recevez sur votre smartphone. Et c’est bien dommage. Un système de missions est disponible en parlant avec des PNJ mais uniquement via cette triste interface que constitue notre téléphone mobile. Point de cinématique, point de PNJ visible en chair et en os dans le jeu, Call of the Wild la joue austère et ne compte pas abuser d’une narration simplifiée au possible.

Les missions ne sont d’ailleurs pas révolutionnaires : il s’agit dans tous les cas d’abattre un certain nombre d’animaux dans une zone précise afin de venir en aide à quelques personnes que vous ne croiserez jamais… Difficile d’être motivé par tout cela. L’open-world paraît bien vide !

Liberté, c’est le maître mot qui définit Call of the Wild. Vous avez accès à l’intégralité des deux environnements (européen et nord-américain), et c’est à vous de décider quoi faire. Dormir dans une cabane moyennant quelques dollars pour patienter jusqu’à l’aube afin de partir en quête de gibier ? Prendre un quad et partir à l’exploration des divers points d’intérêt ? Monter au sommet de cette colline afin de déclencher ce poste d’observation ? Cette mécanique fait d’ailleurs furieusement penser à Assassin’s Creed puisque vous verrez apparaître sur votre map les différents lieux qui composent le jeu : aire de repos, abri de chasseur, point d’intérêt, etc.

Prélever des proies n’est d’ailleurs pas la seule façon de progresser en niveaux dans theHunter et c’est plutôt appréciable, car nous n’avons pas l’impression de participer à un braconnage en bonne et due forme même si vous pouvez gagner de l’XP et de l’argent sur chaque animal abattu. Cette mécanique n’est pas le choix de tous les jeux du genre, Hunting Simulator vous octroie des points uniquement si vous abattez un animal concerné par la mission. Tire-t-on pour autant sur tout ce qui bouge dans Call of the Wild ? Non, car cela fait du bruit et que ce serait prendre le risque de faire fuir l’ensemble des animaux de la zone.
Un gameplay peu innovant face à ses concurrents
En visionnant le montage ci-dessous, vous pouvez vous rendre compte des différentes possibilités de gameplay proposées par Call of the Wild. L’intensité des séquences et leur enchaînement ne doivent cependant pas vous induire en erreur : le rythme du jeu est lent. On ne court pas à travers la pampa armée jusqu’aux dents à dézinguer lapin, sanglier et oiseaux dans des gerbes de sang. CotW est une simulation de chasse, ce qui implique le pistage et la traque durant de longues minutes d’un animal.


Pour y parvenir ? Il suffit de détecter une trace au sol (herbes plissées, excrément, empreintes de pas) afin de lancer le pistage. Ces dernières sont bien évidemment mises en surbrillance et un système ingénieux permet de ne pas s’égarer en se lançant dans la traque d’un autre animal. Si vous suivez un chevreuil, l’ensemble des traces de ce dernier sera indiqué en bleu tandis que les traces restantes resteront blanches. Un système de tracking visuel bien pratique, car le sol est suffisamment piétiné, notamment lorsque nous poursuivons un troupeau de plusieurs individus. Ne croyez pas pour autant que la traque est simple, hormis coup de bol, il faudra se déplacer à couvert et lentement en suivant la direction indiquée par l’examen de chaques traces afin d’espérer avoir une chance d’effectuer un tir.

Plusieurs éléments sont également à prendre en compte : la direction du vent, car les animaux peuvent vous détecter à l’odeur, être camouflé pour ne pas être repéré grâce à leurs yeux de lynx et ne pas faire de bruit pour ne pas effrayer les beaux lapins tout beaux tout mignons. theHunter : Call of the Wild s’appuie donc sur le fameux sacro-saint triptyque de chaque jeu de chasse depuis des années : odeur – vue – bruit. Heureusement pour nous, le tout est autrement plus convaincant que dans n’importe quelle autre production grâce à une partie technique vraiment au top.

Et justement, c’est peut-être ici la véritable déception de ce Call of the Wild. Cela fait des années que les amateurs de jeu de chasse doivent se contenter de productions moyennes en espérant à chaque fois trouver la perle rare. Expansive Worlds a fourni tellement de travail pour proposer un jeu digne de l’activité qu’on se retrouve au final à espérer plus. Nous sommes désespérément seul dans cet immense espace de jeu, pourquoi ne pas avoir poussé le concept plus loin en intégrant des PNJ ? Même question au niveau des techniques de chasse. OK nous avons bien à notre disposition les leurres et autres appâts, mais j’aurais aimé lancer une meute de chiens sur les traces de ma proie ou pouvoir organiser une battue dans les bois. Call of the Wild se contente de reprendre les mêmes mécaniques et c’est dommage.

Les possibilités sont toutefois décuplées en multijoueur avec la possibilité de jouer jusqu’à huit joueurs sur les deux cartes proposées. L’exemple des battues est ici tout à fait réalisable avec vos amis. Il est diablement fun et addictif de partir chasser la gallinette cendrée à plusieurs. Toutefois, le concept n’est pas poussé à son plein potentiel. Oui on prend du plaisir, oui on s’amuse, on communique, on coopère, mais au final pour quel but si ce n’est d’être le joueur ayant réussi à capturer le plus de proies ? J’aurais aimé une meilleure intégration dans le solo avec des avantages liés à nos réalisations en multijoueurs ou quelque chose dans ce genre.

Call of the Wild s’appuie toutefois sur une mécanique de personnalisation de notre personnage qui n’est pas présent dans la majorité des jeux du genre via un système de progression lié à notre niveau. On gagne de nouveaux équipements, des points de compétences et de talent qui permettent de devenir un véritable chasseur. On sent que l’on devient meilleur avec le temps.
La chasse n’aura jamais été aussi belle
Si vous avez atterri sur le test d’un jeu de chasse, c’est bien parce que vous avez vu quelques images de Call of the Wild et que vous vous êtes dit : tiens le jeu à l’air beau ! Mais visiteurs de Xboxlive.fr, vous avez tout à fait raison ! Le travail sur la partie visuelle est tout bonnement bluffant. On sort d’une forêt dense et on voit les rayons du soleil passés à travers les quelques arbres de cette clairière. L’herbe et les arbustes se plient au rythme du passage des animaux. Le vent fait bouger les feuilles, les branches et tout ce qui est soumis à la physique. La modélisation des animaux est convaincante avec leur pelage ou leurs plumes, ainsi que leurs splendides animations. Non vraiment, Call of the Wild propose des environnements somptueux.

Le tout est délesté des nombreux bugs techniques qui ont gâché le lancement de la version PC il y a quelques mois, c’est la moindre des compensations pour l’attente générée autour du titre. Quelques ralentissements subsistent, mais rien de vraiment gênant. La distance d’affichage est d’ailleurs plutôt correcte même si lorsque l’on vise avec une lunette au loin on voit disparaître les herbes et de nombreux autres détails. Elle reste toutefois supérieure à bon nombre de titres du genre.

La partie sonore est à la fois réussie et indispensable pour jouer à theHunter : Call of the Wild. Nos déplacements génèrent automatiquement des bruits qui se veulent convaincants : une branche qui se casse sous nos pieds, nos pas étouffés par l’herbe, le bruissement des feuilles lorsque l’on se faufile entre des buissons, tout est retranscrit. Ce qui est valable pour vous l’est également pour la faune. Avec un bon casque sur les oreilles, on prend plaisir à se perdre dans cette cacophonie sonore : entre les cris d’accouplement ou d’avertissement, les chants des oiseaux, le ruissèlement d’une rivière, le vent qui agite toute la végétation, etc. En fermant les yeux j’ai eu l’impression d’être perdu au milieu d’une forêt. Splendide !

L’aspect où le titre pêche un peu concerne la prise en mains. Les contrôles sont simples, mais il existe une sorte de micro-latence entre le moment où vous appuyez sur la touche et où l’action se réalise. Cela ne se ressent pas systématiquement, mais dans quelques situations : au déclenchement du sprint, dans la modification de notre posture (debout, assis, couché) ou dès que l’on veut viser avec une carabine ou des jumelles.

Call of the Wild est une simulation, ne l’oubliez pas. Je tiens à préciser que le titre, malgré ses visuels accrocheurs, ne conviendra pas à tout le monde et ne constitue pas une aventure où John Rambo part chasser le sanglier. Des qualités sont requises pour savourer le titre : la patience notamment. theHunter m’a fait passer par toutes les émotions, il est tout aussi rageant que grisant. Lorsque vous passerez plusieurs minutes à traquer un chevreuil et que tout foire subitement, vous aurez envie de briser votre manette devant cette évidente perte de temps. Mais à contrario, pister et traquer un animal pendant de longues minutes pour réussir son tir, c’est l’assurance d’un sentiment de victoire exceptionnel.

En termes de durée de vie, le titre n’est pas vraiment limité. Si les missions sont certes en nombre restreintes, le bestiaire et la quantité d’équipements, ainsi que l’immensité des deux cartes disponibles sont autant d’éléments qui me permettent de dire que ceux qui seront satisfaits de l’expérience en termes de mécaniques et de jouabilité passeront des heures sur Call of the Wild.

Chasseurs de succès, ce jeu de… chasse n’est pas fait pour que vous passiez votre temps à chasser les 48 succès qui composent la forêt aux 1000G. Je pense que je peux m’arrêter sur ce magnifique calembour, je n’ai plus rien à prouver à personne.
Conclusion
theHunter : Call of the Wild marque un tournant dans l’histoire des jeux de chasse. Il y aura clairement un avant et un après. Les amateurs ne pourront plus se contenter des habituelles productions des Cabela’s et compagnie. Le titre d’Expansive Worlds hausse considérablement les standards qui seront désormais attendus : qualité graphique, immensité du terrain de jeu, liberté totale et des sensations qui collent à la réalité. Il manque toutefois clairement une innovation dans les mécaniques de jeu qui sont trop proches de ce que l’on a pu voir auparavant pour que Call of the Wild devienne LA référence ultime.
Offline
16
Online
15
On aime
- Visuellement bluffant
- L'immensité de la map et ses points d'intérêt
- La progression de notre personnage
- Une totale liberté
- Un multijoueurs sympathique
- Sound Design convaincant
On n'aime pas
- Encore et toujours le triptyque : bruit - odeur - vue
- Une micro latence dans certaines actions
- Quelques ralentissements
- Passer une heure à pister en rentrant bredouille
Status Xbox Live
Twitter    Facebook    Twitch    Dailymotion    RSS
theHunter : Call of the Wild
Packshot de theHunter : Call of the Wild sur Xbox One
Date de sortie française 02 octobre 2017
Genre : FPS
Dev. : Avalanche Studio
Edit. : Avalanche Studio
PEGI 16
1 joueur hors ligne - Jusqu'à 8 joueurs en ligne - Coop en ligne