PES 2018 (Xbox One)

par TinouCLT
Le mois de septembre est connu pour être la fenêtre de sortie des simulations sportives et 2017 ne déroge pas à la règle avec un PES 2018 qui sort, comme chaque année, deux petites semaines avant son concurrent direct FIFA 18. Au-delà de cette rivalité, Konami a axé sa communication sur le fait que cet opus 2018 constitue l'épisode le plus abouti de la série, mais qu'en est-il vraiment ?
Un contenu solide pénalisé par le manque de Licences
En termes de jeu solo, PES 2018 dispose de solides arguments même si il n'y a aucun ajout par rapport à la version 2017 hormis le retour de la possibilité d'effectuer un match rapide en moins de trente secondes, ce qui est toujours pratique pour les joueurs qui n'ont pas l'opportunité d'effectuer de longues sessions de jeu.

Il est également toujours possible de lancer une compétition sous Licence officielle de la Champion's League, de l'Europa League ou de l'AFC Champions League. Cela fait toujours son petit effet pour tous les amateurs de foot de se lancer dans le tournoi avec l'hymne qui va bien et la présentation visuelle officielle. Konami conserve précieusement l'exploitation de ces compétitions et on les comprend.

Pour ceux qui souhaitent devenir une star du ballon rond, cela est faisable dans l'équivalent du mode Pro de FIFA qui vous permet de faire évoluer votre joueur au sein du club de votre choix, si toutefois vous arrivez à reconnaître votre formation préférée. Car c'est ici le gros point noir du jeu : le manque de partenariats. En termes de championnats officiels, on dispose de la Ligue 1 Conforama et la Ligue 2, le championnat chilien, argentin et brésilien. Au niveau des clubs : Arsenal, Liverpool, FC Barcelone, l'Inter Milan et le Borussia Dortmund. Voilà qui fait peu. Pour le reste, si nous disposons des vrais noms de joueurs, soyez courageux pour reconnaître certaines équipes : le Real de Madrid devient MD White et Chelsea est renommé London FC. Il est toutefois possible de modifier l'ensemble de la base de données, mais que c'est fastidieux...

Ce manque de contenu ne parvient toutefois pas à entacher le plaisir de participer une nouvelle fois à une Ligue des Masters qui s'enrichit de quelques nouveautés bien sympathiques notamment en termes de transferts ou de mise en scène. Même si les ajouts sont mineurs, le mode constitue le coeur du jeu en vous offrant la possibilité de gérer totalement votre club d'une manière beaucoup plus complète que ne le permet le mode Carrière de FIFA.


Les transferts sont réalistes, on gère notre effectif et notre équipe de jeune, on peut mettre en place toute une série d'entraînements spécifiques, et surtout inculquer à notre équipe une synergie de groupe en fonction des affinités et des statuts de chaque joueur. Le plaisir de jeu est immédiat pour tout fan de football. Pas aussi poussée qu'un Football Manager (même si on passe autant de temps dans les menus qu'en match), mais plus réaliste qu'un FIFA, la Ligue des Masters constitue une valeur sûre.

À noter qu'en l'état les transferts n'ont pas encore été réalisés sur la version que nous avons reçu, il faudra donc passer par une mise à jour online lors de la sortie du jeu pour corriger tout cela. Pour ceux qui ne disposent pas d'une connexion Internet (on ne sait jamais), je rappelle qu'il est possible de modifier à volonté l'ensemble de la base de données du jeu.
Quid des modes connectés ?
Première bonne nouvelle pour les fans de foot : les transferts ont tous été effectués par les équipes de Konami lors de l’ouverture des serveurs, même les plus tardifs. On retrouve toutefois quelques bizarreries comme Kylian Mbappé dans une position de milieu offensif au Paris Saint-Germain. Cela nous évitera en tout cas de mettre à jour manuellement la base de données bien que les puristes veuillent également modifier le nom des clubs.

PES 2018 propose tout le contenu classique d’un PES : lobbys, divisions en ligne, match d’exhibition, etc... Aucune nouveauté ne vient pointer le bout de ses crampons, ce qui n’est pas forcément péjoratif pour le titre qui ne cherche pas à réinventer son contenu mais bien à le peaufiner. Malheureusement pour Konami, les chargements et recherches de matchmaking sont atrocement longs.

La seule nouveauté vient de la possibilité de jouer des matchs en coopération en 3v3. Des classements individuels et de clans sont présents et bien fichus. On peut appartenir à plusieurs clans sans problème pour un maximum de plaisir. Les deux joueurs avec qui nous pouvons avoir l’habitude de jouer ne sont pas toujours forcément connectés et il est agréable de pouvoir varier les plaisirs.

Le gros morceau des modes de jeux connectés de PES 2018 est le mode myClub. A l’instar d’un FIFA Ultimate Team, ce dernier vous propose de monter votre propre équipe de stars et de légendes en recrutant des joueurs au hasard. La plupart des joueurs se retrouveront ici pour tenter de monter les différentes divisions onlines ou prendre part à des matchs contre l’IA.

Je trouvais que le mode myClub demandait moins d’investissement en argent réel que le mode Ultimate Team de FIFA et ses 500 millions de revenus annuels. La tendance semble s’être inversée cette année à mon grand désarroi. Les gains en argent virtuel ont été considérablement réduits et les prix des contrats et recruteurs ont augmentés. Pas besoin d’être un génie pour deviner ce qui se passe. A l’instar d’un GTA Online, on va devoir farmer les matchs pour gagner de précieux deniers qu’il faudra réinvestir de la manière la plus efficace. Mauvais tournant pour Konami donc et cela constitue une déception pour moi, d’autant plus que myClub constitue une véritable alternative à FUT avec ces principes plus réalistes.
Une simulation de football en dents de scie techniquement
Attaquons le fond : le gameplay, PES est-il la simulation ultime en termes de sensations de jeu ? Ultime je ne sais pas, mais les possibilités balle au pied sont nombreuses même si le gameplay de FIFA présente des similitudes. Cette année, les contrôles de balle sont soumis au comportement imprévisible du ballon, les coups de pied arrêtés ont été retravaillés et un nouveau système de dribles à été mis en place. Le rythme et l'intensité des matchs ont été revus à la baisse, la construction est de mise pour pouvoir progresser face aux équipes adverses.

C'est surtout le côté stratégique qui est impressionnant dans cet opus 2018. Les équipes sous Licence proposent des styles de jeu très différents qui correspondent parfaitement à ce que les clubs proposent dans la réalité. L'utilisateur peut ainsi paramétrer sa stratégie avant le coup d'envoi parmi un choix varié : récupérer le ballon vite et haut comme le FC Barcelone, tout miser sur la défense comme l'Athletico, une projection vers l'avant rapide avec Liverpool, ect. Tout est possible et c'est beaucoup mieux intégré que par le passé.

Cela est dû à une bien meilleure IA adverse, mais également de nos coéquipiers. L'ensemble des joueurs est actif sur le terrain et assume pleinement leur rôle et les consignes. De ce fait, les matchs semblent vivants avec des joueurs continuellement en mouvement et le plaisir de jeu s'en trouve décuplé. Quelques ombres au tableau : je trouve les centres beaucoup trop simples à réaliser, de même en ce qui concerne les dégagements du gardien qui atterrissent quasi systématiquement sur l'un de vos joueurs. Enfin, on note une physique des joueurs parfois aléatoire (Maxime Lopez de l'OM qui réussit à bouger un défenseur de 1m86...).


Grâce au Fox Engine, Konami continue de faire progresser la série visuellement. La modélisation des joueurs peut être exceptionnelle comme complètement ratée. Il faut toutefois accorder le mérite à la Licence de ne pas disposer des mêmes outils que la concurrence pour un résultat tout à fait acceptable. PES reste malgré tout en deçà des attentes que l'on peut avoir sur une Xbox One qui commence à prendre de la bouteille, un état de fait qui devrait faire appel à des améliorations plus marquées. Le choix des couleurs est curieux, parfois c'est légèrement trop flashy avec une pelouse verte fluo.

PES 2018 n'est pas désagréable à l'oeil, mais ne peut rivaliser sur ce point face à FIFA. Konami a toutefois annoncé une optimisation sur Xbox One X. A voir... En tout cas, il est une chose qui ne changera jamais : les ralentis exceptionnels avec des angles de caméra variables pour plus de visibilité sur l'action. Ces derniers transpirent l'intelligence en intégrant l'ensemble de la phase de jeu amenant un but : de la construction initiale à la finition.

L'impression de participer à une retransmission TV d'un match est renforcée par l'ambiance sonore et les nouvelles cinématiques, toutefois on attend beaucoup du concurrent sur ce point puisque c'est le principal aspect du titre qui a été travaillé cette année. Mention spéciale à la fluidité et l'aspect pratique des menus, on passe suffisamment de temps dans ces derniers et il est agréable de ne pas avoir à pester sur cet aspect. On pourra cependant pester contre Darren Tulett, l'un des deux commentateurs du jeu avec Grégoire Margotton, qui est juste insupportable avec des interventions inutiles.

Abordons la question que tout le monde se pose, pourquoi PES et pas FIFA ? Faute d'avoir les mêmes droits et moyens qu'Electronic Arts, Konami se positionne sur un créneau différent de FIFA : une Ligue des Masters réaliste, on ne peut plus complète, et un gameplay exigeant qui ne se veut pas spectaculaire. On sent vraiment qu'à défaut de Licences, le studio cherche à compenser par la recherche du plaisir de jeu avec des matchs moins génériques que FIFA.
Conclusion
PES 2018 s'améliore mais par petites touches... Une Ligue des Masters plus complète, une amélioration visuelle, un gameplay qui se peaufine, Konami recherche le plaisir de jeu en proposant une approche résolument plus tactique que FIFA. Il faudra toutefois compter sur un contenu sous licence très faible et c'est un point sur lequel bon nombre de joueurs bloquent, malheureusement pour Konami et PES.
Offline
16
Online
15
On aime
- La Ligue des Masters au top
- Beaucoup de modes de jeu
- Les possibilités multijoueurs
- Les ralentis
- Le côté tactique des matchs
- Le fonctionnement réaliste des transferts
On n'aime pas
- Les Licences nom de Dieu !
- Visuellement moyen
- Peu de nouveautés au final
- Les commentaires de Darren Tulett
- La modélisation de Wayne Rooney (ahah!)
Status Xbox Live
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PES 2018
Packshot de PES 2018 sur Xbox One
Date de sortie française 14 septembre 2017
Genre : Sport
Dev. : Konami
Edit. : Konami
PEGI 3
1 à 8 joueurs hors ligne - Jusqu'à 22 joueurs en ligne - Coop hors ligne et en ligne