Wolfenstein II : The New Colossus (Xbox One)

par CRS Bayard
La série culte Wolfenstein a subi un reboot en 2014 avec l'excellent New Order suivi un an plus tard par son stand-alone nommé Old Blood. Renouant avec les FPS 'à l'ancienne', les deux jeux avaient reçu un très bon accueil critique et public.
Bethesda nous propose aujourd'hui une suite intitulée Wolfenstein II : The New Colossus. Toujours développé par MachineGames, regardons si cet opus est digne du premier. Le jeu se déroulant dans la continuité du premier il contient inévitablement des spoilers.
Du sang, de la sueur et des armes
Un jour, un vieux barbu a dit à un jeune puceau: 'C'est élégant, maniable. L'arme noble d'une époque civilisée'. Wolfenstein, c'est strictement l'inverse, des armes de bourrins dans un univers dégénéré. Uchronie mettant en scène une hypothétique victoire de l'Axe lors de la Seconde Guerre mondiale. On y incarne William J. Blazkowicz, alias Blazko le Barjo, luttant inlassablement contre les nazis.

Après avoir miraculeusement survécu aux événements du premier Wolfenstein, Blazko se retrouve réduit à l'usage d'un fauteuil roulant pour se mouvoir. Ce qui ne l'empêche pas de combattre les troupes qui attaquent la base de la résistance dans un début d'aventure riche en rebondissements. On y découvre, grâce à d'astucieux flash-back, certains événements majeurs du premier épisode ainsi que, pour la première fois, l'enfance de notre héros.
On retrouve également notre 'Némésis' favorite Frau Engel, la couguar du troisième Reich. Ainsi que l'équipage du sous-marin qui servira de Hub pour les missions secondaires, l'entrainement et les interactions avec les PNJ.

Le scénario, les cinématiques et les dialogues sont écrits à la perfection. On jurerait entendre du Tarantino dans le texte. Les références cinéma sont d'ailleurs nombreuses, on notera par exemple dans la VF des références aux 'Tontons Flingueurs' avec du 'éparpillés façon puzzle' ou le fameux 'c'est du brutal!'.
Le côté kitsh-assumé du premier est bien présent, il est même poussé à son paroxysme. Ça vanne, c'est drôle, violent, cru et évoque sans mal les séries B des années 80-90.
Le doublage français, bien que quelque peu désynchronisé, est de très bonne facture. On y retrouve par exemple Patrick Poivey (la voix française de Bruce Willis) au doublage de Blazko. Le résultat est vraiment convaincant, bien que l'on puisse regretter que ce ne soit pas les mêmes voix que dans les précédents volets.
Petit mot sur la bande-son : parfaite. Les musiques heavy métal sont là où il faut quand il faut.

Après avoir exploré une petite partie de l'Europe dans le premier volet, la fine équipe navigue vers les U.S.A sous domination nazie ralliées par les suprémacistes locaux: le Ku Klux Klan. Les environnements sont extrêmement variés : du Manhattan détruit par une bombe atomique à la Nouvelle-Orléans transformée en un gigantesque Ghetto en passant par la 'zone 52' au Nouveau-Mexique et bien d'autres surprises.
Le dépaysement est total, les surprises nombreuses et les différentes ambiances apportent une véritable variété. Le jeu est vraiment beau et suffisamment fluide pour être agréable à jouer dans les effusions de sang, de shrapnels et de flammes.

Métal hurlant


La même cinématique que la fin de la vidéo précédente, mais cette fois avec le 'choix de Wyatt', suivi d'une petite séquence d'infiltration.

Pour le gameplay, on retrouve tout ce qui a fait le succès du précédent. Vous aurez toujours la possibilité de jouer en infiltration ou en bourrin. L'infiltration est plus difficile que dans le premier, ce qui est loin d'être un exploit, mais toujours vivement conseillée pour abattre les commandants. Leur particularité est qu'ils feront venir des renforts à l'infini jusqu'à leurs éliminations. La mode du lancer de hache a atteint Wolfenstein puisqu'il remplace le lancer de couteau, changement assez anecdotique.
Pour le côté bourrin, les armes font toujours le boulot. Ça explose, brûle, démembre, les cadences de tir et les chargeurs sont monstrueux. Il est toujours possible de prendre une arme dans chaque main, avec cette fois la possibilité de le faire de manière asymétrique. Avec par exemple, à la manière d'un Terminator dans un commissariat, un fusil d'assaut dans une main et un shotgun dans l'autre. Les armes lourdes sont plus variées qu'auparavant. En plus du laser on a maintenant le droit à une sorte de super-shotgun à quadruples canons, un lance-grenade incendiaire et même une arme surprise que je vous laisse découvrir pour les derniers niveaux.

Pour le bestiaire, les nouveautés sont plus légères, en plus des soldats et super-soldats, on affronte les membres du KKK. A une skin près, ils sont identiques aux habituels SS. Les robots nazis sont les seuls véritables ajouts dans cet épisode. Ils apportent quelques nouveautés en matière de gameplay, mais demeurent moins jouissifs à combattre que leurs comparses humains. Probablement le manque de tripes et de sang.

Les Atouts sont toujours présents. Bien que moins nombreux, ils vous apporteront toujours des bonus liés aux actions accomplies (tuer x personnes avec une arme dans chaque main, x tirs à la tête, etc.). Ils sont donc plus simples à accomplir, mais possèdent dorénavant plusieurs niveaux boostant le bonus par palier, au lieu de le faire d'une traite comme dans les précédents.
Nouveauté encore avec les équipements. Ces modifications corporelles qui vous apporteront de nouvelles palettes d'action comme un torse renforcé pour charger les ennemis et les portes fermées, des jambes extensibles pour atteindre des zones inaccessibles et un harnais constricteur pour ramper dans des endroits exigus.
Chacune de ces modifications pourra être débloquée et améliorée via des missions secondaires obtenues grâce aux PNJ peuplant le marteau d'Éva, le sous-marin qui vous sert de base. Les occupants du navire sentent fort les années 60 avec leurs looks Black Panther, les coupes afros, la lutte pour les doits civiques et les tripes sous LSD. Sous influence, l'un des protagonistes nous livrera un magnifique : 'le Dieu des poissons immortels de l'espace nageant dans son aquarium'!

En termes de missions secondaires, vous aurez aussi la possibilité de participer à l'assassinat d'officiers. Pour débloquer ces missions, il faut récupérer des codes secrets sur les cadavres des commandants. Une fois réunis, il faudra encore accomplir un mini-jeu pour débloquer les zones d'assassinats.
Ces zones sont en réalité des niveaux déjà explorés lors des missions principales, mais à des heures et sous des climats différents (pour les zones extérieures). Ces missions, bien que génériques, demeurent tout de même scénarisées. Elles sont jouables à l'infini et permettent donc de récupérer l'ensemble des collectibles et des améliorations d'armes dispersées dans ces différentes zones.Les collectibles ont le mérite de donner accès aux artworks du jeu ainsi qu'à des musiques d'époque, mais version germanique, occupation oblige.

À noter enfin sur le menu principal un compte à rebours pour accéder à la 'pièce secrète'. A priori la date correspond à la sortie du premier DLC, d'après le studio d'autres surprises sont à prévoir. Affaire à suivre.
BLKKK SKKKN HEAD
Wolfenstein II est jouable de base dans 6 difficultés différentes. En tant que FPS 'à l'ancienne', sachez que le niveau est assez relevé dans les dernières difficultés. Un septième mode est disponible une fois le jeu terminé.
Ce mode, nommé Mein Leben, vous demandera de terminer le jeu en une seule vie, sans point de contrôle ni sauvegarde. Oui vous avez bien lu AUCUNE sauvegarde, il faut donc terminer le jeu d'une traite sans mourir. Sachant que quelques balles vous tueront et qu'il faut compter un minimum de 10h pour en venir à bout. Prévoyait votre journée et des calmants pour le moment où vous allez mourir... sans doute dans la dernière ligne droite.

Le choix entre Wyatt et Fergus est toujours là, grâce à un flashback en début d'aventure. Les cinématiques diffèrent en fonction de celui qui est en vie et offrent deux façons de raconter la même histoire. Une bonne raison pour refaire le jeu.
En fonction de la difficulté choisie, de la volonté d'explorer ou non les niveaux semi-ouverts, de récolter les collectibles et d'accomplir les missions secondaires, il faudra compter entre 10h et 20h de jeu pour arriver au bout. Une fois terminé, vous pourrez toujours continuer d'accomplir les missions secondaires et l'exploration.

Pour les succès : globalement du classique. On retrouve ceux liés à l'histoire, les collectibles, quelques actions spécifiques, les missions secondaires et évidemment les succès de difficultés. Le problème pour les chasseurs sera que les développeurs ont inclus un succès pour finir le jeu en 'Mein Leben'... Ce qui risque de provoquer le décès prématuré de quelques manettes (et quelques problèmes de voisinage pour hurlement nocturne).
Conclusion
Le 'nouveau colosse' n'a clairement pas des pieds d'argile, mais en acier trempé. Jouissif, jubilatoire, drôle, spectaculaire, gore, kitsch, dément, grand-guignolesque, les superlatifs ne manquent pas pour définir Wolfenstein II. L'essai est plus que transformé pour cette suite indispensable à tous les amateurs du genre.

Des dialogues ciselés, un scénario aux petits oignons et des doubleurs talentueux. De nombreuses surprises tout au long de l'aventure avec des séquences qui resteront dans les annales du jeu vidéo, en particulier le procès, la cinématique qui s'ensuit et la rencontre avec le célèbre 'réalisateur'. Des moments déjà cultes qui vous feront 'perdre la tête'.

Wolfenstein II ose tout et le fait parfaitement bien. L'hommage aux séries B offre des moments complètement dingues et évoque l'âge d'or de Métal Hurlant, les films de Tarantino ou les rôles de Robert Rodriguez. Mention spéciale à la bande-son qui, du début à la fin, est toujours dans le ton juste.
Amis du raffinement et du bon goût, passez votre chemin. Ce jeu est sévèrement burné et Dieu que c'est bon !
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On aime
- La bande-son
- Les dialogues
- Les sauvegardes manuelles
- Le côté bourrin et kitsch assumé
- La durée de vie
- La difficulté bien dosée
- Même le générique de fin est cool!
On n'aime pas
- La roue des armes encore perfectible
- I.A toujours limite
- Les premiers niveaux un peu en dessous
- Le succès Mein Leben
- Pas de choix des chapitres
- Pas la possibilité de revoir les cinématiques
- Le menu principal est moins joli (il faut bien trouver quelques défauts...)
Status Xbox Live
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Wolfenstein II : The New Colossus
Packshot de Wolfenstein II : The New Colossus sur Xbox One
Date de sortie française 27 octobre 2017
Genre : FPS
Dev. : MachineGames
Edit. : Bethesda Softworks
Wolfenstein II : The New Colossus Compatible HDR sur Xbox One S
PEGI 18
1 joueur hors ligne