Demetrios The BIG Cynical Adventure (Xbox One)

par LeRaph
Demetrios est un point & click classique dans le fond, mais original dans la forme. Il est l’œuvre d’un seul homme : Fabrice Breton, un Français qui aspire à dépoussiérer ce genre, qui n’a pratiquement pas bougé d’un iota depuis les années 1990 où il a connu son apogée avec notamment Monkey Island et Les chevaliers de Baphomet dont le créateur s’est inspiré.

Souvent vu comme le style de jeu à papa, Demetrios vient mettre un coup de jeune à tout ça, en mettant en scène des personnages totalement loufoques, dans des situations complètement barrées, le tout nappé d’un humour pipi-caca !

Demetrios est un projet audacieux : revisiter le point & click pour plaire au profane du genre, tout en séduisant les vieux briscards du clic !

Est-ce que le studio Cowcat a réussi son pari ?
Tiens, vas-y, cliques sur mon doigt …
Avant de commencer l’aventure, le jeu vous demande si vous aimez l’humour pipi-caca. Vous voilà prévenu ! Vous allez entrer dans une aventure remplie de blagues bien grasses, parfois plus subtiles, jonchées de prout et autres galéjades !

L’histoire nous met dans la peau de Bjorn Thone, un célibataire trentenaire paumé, un peu crade et souvent de mauvaise foi qui tient une boutique d’antiquaire à Paris. Un soir, il rentre complément bourré et se fait cambrioler ! Une étrange tablette a disparu ! Après avoir décuvé un peu, Bjorn se lance alors dans une enquête, accompagné de sa voisine de palier : Sandra, qui va les conduire dans une aventure pleine de mystères et surtout complètement rocambolesque.

Le jeu est en vue à la première personne et prend la forme de jolis tableaux fixes, peints à la main s’il vous plaît ! Il n’y a pas de doublage, tous les dialogues font apparaître une bulle de conversation avec le visage de l’intervenant qui s’anime selon son humeur.

Bjorn parle beaucoup et a toujours quelque chose de plus ou moins drôle à dire sur les différentes interactions qui fourmillent dans les décors.

Mais là, où il excelle le plus, c’est dans ses conversations avec les différents interlocuteurs : impoli, sanguin ou parfois simplement maladroit, il met toujours les pieds dans le plat, ce qui lui porte souvent préjudice.

Il finit parfois tabassé à mort après une mauvaise blague, en prison ou carrément avec une balle dans la tête. La mort fait partie du jeu : encore un effet de la darksoulisation du jeu vidéo ! Vous aurez même le devoir de les collectionner, il y en a une bonne dizaine par chapitre. Que ce soit dans les dialogues ou dans les décors, les occasions de martyriser Bjorn seront nombreuses ! Du simple doigt dans la prise électrique, jusqu'à croupir en prison pour avoir déféqué sur le photocopieur du commissariat. Il y en a pour tout les goûts.

Il y a un nombre assez impressionnant de personnages secondaires, certains sont clairement plus marquants que d'autres. Accompagnés de beaucoup de dialogues, ils sont tous vraiment bien introduits et ont toujours une histoire drôle à raconter, on prend alors le temps de tout lire pour ne pas en manquer une miette.

Le titre dispose de pas moins de 15 000 lignes de dialogue. C'est clairement une force du titre étant donné que c'est très bien écrit dans l'ensemble.
Gameplay

La ta ca ta ca tique du gendarme !
Coté énigmes, elles sont plutôt bien dosées et en nombre conséquent, certaines sont évidentes, d’autres écœurantes et parfois totalement débiles ! La difficulté n’est jamais insurmontable grâce aux cookies qui sont cachés un peu partout dans les décors pour vous aider en cas de besoin. Une fois le petit biscuit avalé : un indice montera au cerveau de Bjorn ! Plus vous mangez de cookies plus l’indice en question sera précis.

Au niveau de la prise en main, c’est un point & click donc rien à redire, la navigation est très simple, l’inventaire bien pensé et la petite loupe de zoom fait le boulot.

Il y a quelques mini-jeux dispatchés dans les niveaux, notamment à la fête foraine, qui viennent donner un peu de variété dans le gameplay. Ce qui est très appréciable.

Graphiquement, le jeu est assez joli, tout est dessiné à la main. Les inter-chapitres sont présentés sous la forme de BD joliment animées. Les décors sont variés, les personnages sont caricaturés avec goût et sont très attachants. On ne peut que saluer le travail solo de François Breton.

On peut souligner que certains décors sont un peu surchargés en éléments d’interactions, qui parfois frustrent par leurs inutilités. Mais c’est souvent un défaut intrinsèque au genre. Il y a pas mal de références sympathiques à d'autres jeux et à la culture geek dans les dialogues et les décors.

Au niveau de la bande-son, les prouts fusent dans tous les sens et les quelques musiques d’ambiance qui tournent en boucle deviennent assez pénibles après quelques heures de jeu.

L’aventure est composée de 6 chapitres qui durent entre 1h et 1h30. Comptez entre 8h et 10h pour boucler votre enquête.

Pour les chasseurs de succès, trouver tous les cookies, subir l'ensemble des game over et exploser tous les records à la fête foraine prendra au moins le double de temps.

Pour 9.99€, on en a clairement pour son argent !
Conclusion
Le jeu réussi clairement son pari, l’humour et l’ambiance bon enfant combinés avec des énigmes bien calibrées permet à ceux qui découvrent le genre de s’initier au Point & Click en douceur et de largement contenter les amateurs du genre. Evidemment Demetrios ne réinvente pas la roue, mais son angle totalement déjanté et vulgaire amène un vrai vent de fraîcheur à un style de jeu malheureusement de plus en plus délaissé.

La direction artistique et les dessins sont de très bonne facture, cohérents avec l’esprit du titre et donnent une vraie identité au jeu.

Seul petit bémol, la bande de son, redondante, qui aurait pu être un peu plus travaillée.

Le créateur a eu le bon goût d'ajouter un filtre pour les blagues pipi-caca, que certains n'apprécient pas.

Demetrios est clairement une petite pépite Made in France qui, malgré son humour parfois discutable, mérite sa place dans notre patrimoine national.
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On aime
- L’humour omniprésent
- Moultes interactions possibles
- Le scénario solide et les personnages haut en couleurs
- Une direction artistique originale et en 1080/60 fps
On n'aime pas
- La bande son qui tourne en rond
- L’humour pipi-caca ne va pas plaire à tout le monde
- Certains tableaux inutilement trop chargés
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Demetrios The BIG Cynical Adventure
Packshot de Demetrios The BIG Cynical Adventure sur Xbox One
Date de sortie française 02 août 2017
Genre : Point & Click
Dev. : Cowcat
Edit. : Cowcat
PEGI 12
1 joueur hors ligne