Spintires : MudRunner (Xbox One)

par TinouCLT
Ceux qui suivent l’actualité du titre et du site connaissent l’histoire, à la faveur d’un détour sur le stand de Focus Home Interactive à la Gamescom, j’ai eu l’occasion de découvrir rapidement Spintires : MudRunner. Charmé par sa plastique, son moteur physique et ses promesses, l’attente fut longue avant de pouvoir prendre en mains le titre de Saber Interactive. Voilà plus de deux semaines que je parcours le titre, de quoi avoir une bonne base pour vous livrer mes impressions.
Le convoi de l’extrême
Après un rapide, mais efficace didacticiel, je suis sur le menu principal à ne pas savoir quoi faire. Dois-je attaquer le mode solo afin de me lancer dans l’aventure ? Ou le mode Défis pour rentrer directement dans le vif du sujet ? Malgré son appellation laissant penser à une rencontre avec des challenges corsés, ce dernier mode est en fait propice à l’apprentissage de techniques avancées et ce ne sont que les trois objectifs bonus qui constituent véritablement les principales difficultés du mode. Au nombre de 9, il s’agit de réaliser des tâches simples : atteler une remorque, gravir une colline, réparer un autre véhicule, etc. Les bases sont posées et je conseille à tout joueur désireux de se lancer dans Spintires : MudRunner de commencer par ce mode bien sympathique.


Point de scénario, de cinématique ou la moindre indication sur ce qu’il faut faire, vous lancez l’une des six cartes disponibles et c’est parti ! C’est d’ailleurs l’un des défauts du jeu puisque l’expérience pourra vite être perçue comme du sadomasochisme. J’ai passé mes 6 premières heures de jeu à galérer à atteindre mon objectif pour me rendre compte que je n’avais pas pris en compte une des mécaniques du jeu, car elle n’était pas expliquée dans le didacticiel tout en étant juste indispensable à la réalisation de notre périple.

Spintires : MudRunner vous propose de livrer du bois dans une scierie. Point final. Pour y parvenir ? Vous disposez de trois véhicules au départ que vous pouvez équiper comme bon vous semble. C’est ici que j’ai commis ma première erreur de débutant : pour charger du bois dans l’un de vos véhicules il faut obligatoirement équiper une grue… Cela paraissait logique, mais dans le didacticiel le bois se chargeait tout seul dans mon camion.

Et il y a une raison toute bête à cela puisque l’on distingue deux types de difficultés. La première, simplifiée, ne permet pas de révéler tout le potentiel de Spintires et bloque même les succès, ce qui gênera pas mal de monde. Tous les aspects du titre sont plus faciles et l’expérience n’est pas vraiment gratifiante. On préférera donc commencer directement par la difficulté Simulation qui peut faire peur au premier regard, mais avec laquelle vous finirez par vous marier au bout de 4 bonnes heures de jeu tant le plaisir est au rendez-vous.

Les six environnements du jeu sont de type sandbox, c’est là que la magie opère. C’est vous qui décidez comment accomplir votre mission. On trouve plusieurs endroits où chargez du bois et il faudra s’y rendre avec un ou plusieurs camions (encore une fois c’est une question de choix), mais par expérience le mieux consiste à monter un véritable convoi de l’extrême qui comprend un camion ravitailleur en essence, un autre capable de vous apporter de quoi réparer l’ensemble de vos véhicules si pomme de pin il devait y avoir, le fameux camion avec sa grue et les autres qui permettent de transporter le bois.

Des camions sont cachés et disséminés sur les cartes et constituent de bons moyens pour réussir plus facilement la mission, mais il faut qu’il soit équipé comme vous voulez… A noter qu’il est possible de modifier son camion en le ramenant à un garage, mais encore faut-il que ce dernier dispose de suffisamment de carburant pour y parvenir !


Nous avons donc affaire à un titre qui mêle à la fois une conduite type simulation, un côté gestion de notre armada de véhicules et une totale liberté dans notre manière d’appréhender les différents environnements.
Le titre est complètement jouable en solo (il est possible de switcher instantanément entre chaque véhicule à notre disposition), mais Spintires : MudRunner devient grisant en coopération online jusqu’à quatre joueurs. Les stratégies se mettent en place, la tension est à son maximum lorsque votre ami arrive à la fin de son réservoir ou qu’un autre vient simplement de retourner son camion dans une rivière. Le titre de Saber Interactive rend ses lettres de noblesse à l’entraide et à la communication, une chose que je ne vois que trop rarement de nos jours si ce n’est dans Sea of Thieves.
Rendre Stéphane Rotenberg fier !
Voici mes premiers débuts dans le jeu, une séquence qui vous montre que la gestion de plusieurs paramètres est primordiale pour progresser efficacement dans Spintires : MudRunner. On ne se bat pas uniquement contre la boue, les arbres couchés ou les rivières torrentielles, mais également contre des mécaniques de jeu qui peuvent engendrer un Game Over après plusieurs heures sur la même map.


Votre réserve de carburant s’amenuise rapidement en fonction de l’effort fourni par votre véhicule pour progresser au sein des obstacles naturels (arbre, boue, rivière, mais aussi le relief) et également en fonction du type de transmission choisie. En mode intégrale, votre camion aura une plus grande facilité à avancer sauf qu’en contrepartie votre carburant va partir en fumée… Heureusement que des stations-service sont disponibles, mais encore faut-il réussir à équiper un camion d’une citerne et atteindre la station.

Les plus perspicaces l’auront compris et je vous le confirme : les aller-retour seront nombreux et le jeu est propice à de nombreux abandons. Spintires : MudRunner c’est ce genre de jeux où vous vous rendez compte que ce que vous venez de faire durant 4 heures ne vous a strictement servi à rien et seuls les plus téméraires auront à cœur de finir les six environnements du jeu.

À l’heure où j’écris ces lignes, je suis encore embourbé dans la boue jusqu’aux essieux… Et malgré la présence d’un treuil qui permet de se remorquer tout seul depuis un arbre, mon camion ravitailleur avec sa citerne de 3000 litres est complètement hors d’usage. Mes trois camions-remorques pour transporter le bois attendent sagement devant le kiosque, mais n’ont plus d’essence. Seule solution ? Venir en aide à ma citerne avec mon E-7310 pour relier le treuil à ce dernier et espérer le dégager en tirant pleinement parti de la puissance de cet énorme truck.

Le treuil est indispensable pour progresser et les plus féroces s’en serviront constamment pour ne pas utiliser une goutte d’essence, mais la technique est longue et épuisante. Il est d’ailleurs dommage de ne pas pouvoir relier plus de deux véhicules ensemble. Le treuil est uniquement utilisable sur un point fixe ou entre deux véhicules, le convoi de l’extrême atteint ici sa limite de taille.
Techniquement magistral, visuellement agréable
Malgré ses petits défauts rebutants, Spintires : MudRunner est totalement addictif, car son moteur physique est tout bonnement bluffant. Chaque pierre, arbre ou obstacle subit les affres de votre véhicule selon son poids, l’orientation des roues, l’accélération, etc. Tout est géré, que ce soit les sillons creusés par le passage de votre véhicule, la gestion du courant démentiel d’une rivière ou la gravité. Mes impressions à la Gamescom se confirment ici, les amateurs de challenge boosté à la physique seront aux anges.

J’ai pris plaisir à contempler les paysages même si l’on remarque une oscillation entre le sublime et le fade. N’oublions pas que le titre est censé se dérouler en Sibérie et que les environnements ne sont donc pas propices aux couleurs chatoyantes d’un Brésil ou d’un safari africain. Les tons sont ternes, mais ce n’empêchent pas le jeu d’être agréable à l’œil, notamment lorsque le soleil se lève ou que la brume s’immisce entre les arbres. Les véhicules sont modélisés avec soin et disposent de plusieurs effets : la lumière de leurs phares, la fumée de leurs pots d’échappement, de nombreux détails comme la roue de secours ou autres éléments visuels.

La prise en main constitue un élément sujet à discussion. Le rythme de vos véhicules est particulièrement lent (on ne roule pas en Ferrari à 300 km/h) ce qui n’empêche pas le jeu de requérir une attention constante pour ne pas perdre le contrôle de notre convoi. Simulation oblige, la conduite se veut réaliste et il faudra sans cesse tourner la caméra autour du véhicule pour vérifier qu’un obstacle ne gêne en rien sa progression.
Le jeu dispose de deux vues : une interne qui n’est pas franchement folichonne, car elle ne permet pas par exemple d’effectuer une marche arrière ou de voir ce qui se passe derrière soi, et une externe qu’il faudra apprendre à dompter. Des raccourcis à la manette existent afin de placer immédiatement cette dernière sur différents angles prédéfinis, mais le manque de communication du jeu sur ce point fait que vous allez galérer durant de nombreuses heures avant de vous intéresser à ce sujet…

Les différentes actions (atteler une remorque, charger du bois, effectuer un plein, changer de camion, etc.) sont facilement réalisables et comme tout jeu, les contrôles nécessitent un temps d’adaptation.

Pour finir, je dirais que Spintires : MudRunner ne s’adresse pas à tout le monde. Si vous n’aimez pas passer 30 minutes à essayer de passer une rivière torrentielle avec 2 camions chargés de bois, passez votre chemin. Si vous n’aimez pas les tâches répétitives, passez votre chemin. Ce dernier aspect est toutefois contrebalancé par le level design des différents environnements qui proposent une infinité de situations selon votre manière d’appréhender le terrain et/ou l’obstacle même si le but premier reste de livrer des bûches…


Si vous possédez déjà Spintires sur PC, cette version MudRunner dispose d’un nouvel environnement, du mode Défis, de 13 nouveaux véhicules et d’une partie visuelle retravaillée. L’achat semble donc nécessaire si vous avez aimé la première expérience. Enfin, un mot sur un éventuel patch Xbox One X qui ne semble pas être prévu à l’heure actuelle. Aucune mention n’est faite sur le site officiel et le studio n’a jamais communiqué sur cet aspect.

En termes de durée de vie, Spintires : MudRunner vous occupera un long moment. J’en suis actuellement à une vingtaine d’heures de jeu et j’essaye toujours de trouver une solution dans le troisième environnement sandbox du titre. La liste des succès se compose de 58 succès qui se débloqueront avec le temps ou en réalisant des actions spécifiques au sein des niveaux et défis que ce soit en solo ou en multijoueurs, les chasseurs passeront leur chemin.
Conclusion
J’adore l’expérience proposée par Spintires : MudRunner ! Le titre n’est pas exempt de tout reproche (caméra difficile à maîtriser, manque d’aides, mode simplifié inutile, répétitivité pour certains) mais se révèle excellent pour ceux qui aiment s’aventurer librement dans des environnements hostiles où chaque pierre et arbre peut mettre fin à votre doux rêve de convoi de l’extrême. Les convaincus trouveront le tarif correct tandis que les curieux attendront une promotion.
La note reflète la qualité du titre au sein de sa catégorie, un point supplémentaire pour le Online car le mode coopératif rend le jeu très grisant !
Offline
16
Online
17
On aime
- Le principe du jeu
- Le moteur physique hallucinant !
- Une armada de véhicules
- Visuellement agréable
- Le mode coopératif en ligne jusqu'à 4
On n'aime pas
- Propice aux abandons
- Répétitif pour certains
- La caméra capricieuse
- Les subtilités cachées
- Tomber en panne à 50m de la station service
Status Xbox Live
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Spintires : MudRunner
Packshot de Spintires : MudRunner sur Xbox One
Date de sortie française 31 octobre 2017
Genre : Course
Dev. : Saber Interactive
Edit. : Focus Home Interactive
PEGI 3
1 joueur hors ligne - Jusqu'à 4 joueurs en ligne - Coop en ligne