Minit (Xbox One)

par ReapingTsi
Hotline Miami, Not A Hero, Enter The Gungeon, Downwell, etc., figurent sur la longue liste de titres indépendants dont le concept et/ou la réalisation, permirent d’attirer l’attention du mécène Devolver. Toujours à l’affût de ce type de production, l’éditeur à vu en Minit un jeu au potentiel commercial et ludique, suffisamment convainquant pour y miser quelques-unes de ses billes. Il est raisonnable de penser que pouvoir compter sur le nom d’un éditeur, aussi reconnu, est un vrai plus pour promouvoir la communication autour d’un soft aussi atypique. Loin de pouvoir se reposer uniquement sur cette notoriété, Minit doit aussi prouver que son gameplay est suffisamment bien pensé pour ne pas rallier à lui qu’un public de nostalgiques sensibles à ses graphismes dignes des années 90.
Un jour sans fin…ou presque !
Afin de poser le décor, imaginez-vous dans un ersatz de zelda-like dans lequel votre avatar ne dispose que d’une minute pour accomplir une tâche précise, ou pas ! Bien entendu, le peu de temps imparti avant la mort du personnage, une fois le temps écoulé, ne suffit pas à planifier vos actions. Le principe du jeu repose donc sur un enchaînement de tentatives, visant à récupérer différents objets, facilitant ainsi l’exploration d’environnements, par bribes, jusqu’au fatidique retour à votre maisonnette, sorte de case de départ.
Récupérer une arme, discuter avec un PNJ, résoudre un puzzle, etc., tout est destiné à être accompli en un court laps de temps, avant un retour au « checkpoint », le jeu conservant heureusement en mémoire objets trouvés et énigmes résolues précédemment. Plusieurs résidences sont à débloquer, vous permettant alors de repartir à zéro d’un autre lieu, offrant par la même occasion de multiples possibilités de découvertes sinon hors de portée du point de départ initial.

Le jeu du chat et de la souris
Le level-design est très bien calibré, intelligemment conçu pour faire correspondre le chronomètre avec les distances et temps requis aux différentes actions. Se rendre du point A au point B consommera un temps calculé pour que le voyage ne se révèle pas frustrant et laisse la possibilité d’entrevoir la prochaine étape, lors de l'essai suivant.
Voici une vidéo en 1080p pour illustrer le gameplay.

Tenue monochrome exigée !
Les mécaniques du jeu se marient parfaitement avec les graphismes, de noir et de blanc vêtus, rappelant les grandes heures de la (j’assume le « la ») Game Boy, les nuances de vert en moins cependant. Fruit d’une petite équipe cosmopolite de 4 personnes, il est compréhensible que le parti pris graphique soit fort, lorgnant pour le coup clairement du côté « à l’ancienne » et tout en pixels, un choix qui se défend artistiquement, humainement et surtout économiquement.
La progression amènera à explorer divers décors comme une grotte, un désert ou une usine par exemple, qui se succéderont rapidement et participeront alors à ne pas rendre les pérégrinations trop redondantes grâce à ses environnements. Les animations sont fidèles à ce à quoi l’on s’attend à la vue des graphismes et les ennemis ont des patterns très simples, à l’instar des quelques puzzles.

Une esthétique rétro, mais un propos actuel. Sous ses airs de petit jeu d’action, sans prétention scénaristique, se cache néanmoins une petite satire de certains travers de la société, tels que la pollution et les conditions de travails des salariés. Rien de bouleversant, mais il est sympathique de relever ces quelques touches d’humour distillées tout au long de l’aventure. Les musiques, dans le style rétro elles aussi, sont signées Jukio Kallio et se révèlent agréables, dans l’esprit du type de jeu, changeantes selon les ambiances et ce qu’il se passe à l’écran. Autre point à souligner, les dialogues sont intégralement traduits en français, mais ne disposent pas de doublages.
1 minute de silence pour l’ennui.

Un gameplay réfléchi et efficace. Le principe de sessions de jeu par tranches de 60 secondes est frais et plutôt original. Même si dans le fond les mécaniques générales se révèlent assez classiques, hormis ce facétieux chrono faisant office d’épée de Damoclès, un plaisir simple se dégage de ces fameuses séquences de « die & retry » et de son atmosphère particulière. Le personnage peu également revenir sur ses pas et utiliser les compétences fraîchement débloquées pour ouvrir de nouvelles voies, octroyant un petit côté Metroid, de la même façon les références à Zelda sont nombreuses (les cœurs, les jarres, etc.), bref les inspirations sont judicieuses et pertinentes pour un jeu du genre qui parvient à ne pas sombrer dans le plagiat sans âme.

La durée de vie est très courte, comptez une petite poignée d’heures (entre 2 et 4), selon votre expérience et votre envie de débloquer tout le contenu (objets, succès, etc.). D’ailleurs, la plupart des succès sont simples à réaliser en effectuant un premier run, mais quelques-uns vous demanderont une connaissance quasi parfaite des actions à effectuer et pas mal de temps supplémentaire afin de parvenir à les obtenir, vous voilà prévenus !
Conclusion
Minit représente le jeu indé dans toute sa « splendeur », un gameplay qui fonctionne soumis à un concept original. Les plus réfractaires au style graphique risquent de passer à côté d’un titre agréable, pas révolutionnaire, mais bien pensé et articulé autour de bonnes idées de conception et qui mérite d’être salué !
Note 7/10
On aime
- Ses graphismes tirant sur la nostalgie
- Son concept
- Ses inspirations
- Un gameplay plaisant
- Ses mécaniques bien pensées
On n'aime pas
- Ses graphismes qui ne plairont pas à tout le monde
- Les allers retours un peu redondants à la longue
- La courte durée de vie en ligne droite
– Des mécaniques assez classiques au final
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Minit
Packshot de Minit sur Xbox One
Date de sortie française 03 avril 2018
Genre : Aventure
Dev. : JW, Kitty, Jukio, and Dom
Edit. : Devolver Digital
PEGI 3
1 joueur hors ligne