Les heureux possesseurs de la NINTENDO 64 avaient pu s’éclater sur ce jeu devenu culte que fut Perfect Dark. Ainsi, les équipes de RARE avaient alors sorti le jeu d’espion ultime, détrônant haut la main les James Bond redondants. Le défi était donc de taille lorsque Perfect Dark Zéro a été annoncé pour la XBOX 360. Suivi de près par des fans très pointilleux, le développement de ce soft a été suivi à la loupe, et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on en entendait que peu de bien, tant au niveau des graphismes qui semblaient loin d’être digne d’une console next-gen, qu’au niveau de l’intelligence artificielle digne d’un mollusque trépané. Il m’a fallu plonger dans les méandres de ce soft à tiroir pour en avoir le cœur net.
Joanna débute dans le métier
En commençant le jeu, on est vite mis dans le bain. Un générique digne du meilleur James Bond nous accueille avec une musique rythmée, le tout étant assez accueillant. Vous aurez ensuite le choix entre les missions, qui sont en fait le mode solo du soft, l’arène de combat, dont le sens apparaît au plus baveux d’entre nous et enfin, un menu d’options, allant du réglage de la vidéo et du son au réglage de la visée et de l’apparence de votre avatar en réseau.
Puisqu’il faut bien commencer, jetons nous à corps perdu dans le solo. Et là, on peut dire qu’on aura une impression un peu mi-figue, mi-raisin. En effet, vous incarnerez Joanna Dark dans une période de sa vie précédant l’épisode de la NINTENDO 64, avant que vous ne travailliez pour l’Institut Carrington. Ainsi, vous serez épaulé par Papa DARK et une amie, SHANDRA, dans une aventure assez rocambolesque. Commençant par un niveau situé dans une station sous-marine, vous serez vite embringuée dans une pseudo quête du Graal, sur fond de maîtrise du monde. Et oui, l’originalité n’est pas vraiment de mise.De plus, les différentes cinématiques ouvrant chaque niveau peinent à vous faire sentir la vie dans ce jeu et endosser le costume certes étroit de Joanna n’en est que moins évident.
Le mode solo est composé de 14 niveaux assez longs et ouverts, lesquels nécessiteront plus ou moins d’habileté. Chaque niveau est d’un bloc et il est véritablement plaisant d’avancer dans ces décors sans souffrir de temps de chargement. De plus, la diversité des chemins possibles est un atout trop rare de nos jours pour ne pas le saluer bien bas et là, je m’incline. De plus, le jeu a conservé le système de difficulté qui était une des clés de l’opus précédent, à savoir 4 niveaux, AGENT, AGENT SECRET, AGENT PARFAIT et AGENT DARK. Chaque mission verra alors se multiplier les missions annexes et les zones à traverser, au gré de la difficulté du jeu. Malheureusement, le scénario étant tout sauf haletant, vous aurez tendance à avancer comme un tâcheron boucher au gré de vos pérégrinations. Un point positif toutefois, les niveaux vous feront traverser différents endroits du monde, vous faisant profiter ainsi d’environnements variés, allant de la jungle urbaine à la jungle tout court, en passant par le désert.
La prise en main est très rapide et la variété des armes est assez importante. Vous disposez d’un système d’encombrement pour la gestion des armes. Ainsi, vous ne disposez que de 4 espaces de rangement, chaque arme nécessitant un nombre plus ou moins grand de ces espaces. Ainsi, un pistolet nécessite un espace, alors qu’un fusil de sniper vous en demandera 3. Ainsi, vous ne pourrez pas jouer à RAMBO dans le retour du fils du fantôme du communisme dans le monde libre, car portez un M60 sous le bras , se barder de grenades et jouez du fusil d’assaut est impossible. Ce système est simple, très lisible et très simple d’utilisation. Vous pourrez également faire du Dual Wielding, devenu bien à la mode depuis HALO 2. Enfin, vous retrouverez avec joie, j’en suis sur, les modes secondaires voire tertiaires de chaque arme. Ainsi, vous pourrez déployer des tourelles grâce au Laptop, déployer un hologramme à vos côtés pour tromper l’ennemi, utiliser le lance-grenades incorporé dans votre fusil d’assaut… Je vous laisse découvrir chaque application possible. Il s’agissait d’un autre des atouts, qui étaient nombreux du précédent opus et que RARE a fort heureusement conservé.
Les déplacements sont rapides et vous aurez également la possibilité de faire des esquives pour éviter les salves de vos ennemis. Cela n’a l’air de rien, mais vous pourrez ainsi éviter les tirs groupés qui vous sont destinés. De plus, vous pourrez vous mettre à couvert derrière des murs, des caisses, etc… Depuis cette position, vous pourrez alors tirer sur vos ennemis, en profitant d’une légère protection. Point intéressant au passage, sachez que si vous vous cachez derrière des caisses en bois, ces dernières ne survivront pas longtemps aux tirs ennemis et finiront par se disloquer.
Joanna puissance 1000
Comme le précédent opus, le multi- joueurs jouit d’une place prépondérant dans PDZ. En effet, vous pourrez tout d’abord effectuer le mode solo en coopératif. Que ce soit en écran splitté, en LAN ou sur le LIVE, il vous sera possible d’effectuer chaque mission avec vos amis ou de parfaits inconnus. Les missions sont identiques, mais les deux joueurs devront s’impliquer pour faire avancer le jeu. Ainsi, des portes à double mécanisme jalonneront votre parcours. Le must étant le niveau où l’un joue PAPA DARK qui progresse sous les feux ennemis et où JOANNA, sur les toits, devra couvrir sa progression. On ne peut que regretter que cet aspect du coopératif n’ait pas été généralisé pour chaque mission tant il est jouissif de participer à un vrai niveau de coopération, ne se limitant pas à une avancée digne d’un remake du film « LE BOULET ».
Vous pourrez ensuite participer à des MATCHS A MORT. Là encore, vous aurez la possibilité de jouer seul, en écran splitté, en LAN ou sur le LIVE. Vous pourrez rejoindre une partie en cours en effectuant une recherche avec vos critères ou un accès rapide à une partie de ce type. Vous pourrez également créer une partie de toute pièce. Vous disposez alors de 6 environnements possibles, METRO, ZONE URBAINE, DESERT, TEMPLE, VIEILLE VILLE, et TOUR. Sachez que chaque carte est digne de Dédale et fourmille de petits recoins. Ajoutez à cela la possibilité de varier la taille de la carte en ouvrant des zones, vous pourrez alors parcourir des cartes d’une taille assez hallucinante, tout ceci vous permettant d’ajuster l’environnement au nombre de participants, 32 au maximum. Vous pourrez choisir l’armement disponible et ce par catégorie, ASSAUT, LOURD, FURTIVITE… selon votre envie et vous pourrez également définir 5 catégories personnalisables à souhait. Mon rêve est ainsi devenu réalité car je désire depuis longtemps enlever les grenades des mains des champions de pétanque marseillaise… Ainsi, j’arrêterais de casser les oreilles des autres.Vous pourrez également insérer jusqu’à 16 bots si vous n’êtes pas assez. Leur aptitude au combat est paramétrable par le niveau de difficulté. Vous pourrez ainsi participer à des scénarios plutôt classiques, allant du chacun pour soi et du frag en équipe à la capture du drapeau et contrôle de territoires.
Enfin, vous disposez d’un autre mode de jeu, le DARK OPS. Copie du système de Counter-Strike, vous n’aurez plus ici qu’une seule vie. Ce mode de jeu est bien entendu jouable seul, en écran splitté, en LAN ou sur le LIVE. Là encore, vous pourrez accéder aux parties en cours en effectuant une recherche selon vos critères ou un accès rapide à une partie existante. La création est également possible. Ce qui change c’est qu’il n’y a plus de bots et que l’armement est acheté par chacun selon son budget. Plus vous gagnez, plus vous tuez d’ennemis, plus vous avez d’argent, dont de matériel puissant. Vous pourrez bien entendu interdire certaines armes que vous jugerez inopportunes. Là encore, le nombre maximum de participants est de 32, selon la taille de la carte que vous aurez choisi. Le fait de ne plus avoir qu’une seule vie apporte une notion de prudence et de stratégie plus importante et le jeu n’en devient que plus jouissif. Vous finirez par faire des progressions en groupe et vous utiliserez rapidement chaque couverture pour éviter de vous transformer en lapin DURACELL.
Joanna, Body Buildée ou Jean-Claude Dusse ?
Techniquement, PDZ allie le pire et le meilleur. On dirait une publicité pour le mariage.
Graphiquement, le jeu est une réussite. Les textures affichées sont tout simplement sublimes même si quelques défauts d’affichage gênent parfois. Ainsi, la lumière n’est pas toujours excellente et l’utilisation de lunettes change radicalement la taille des pixels. C’est flagrant dans le niveau situé dans la jungle et c’est bien dommage.
La gestion des dégâts et la localisation des impacts sur vos ennemis sont un bonheur. Tirez dans le bras d’un ennemi et vous verrez son bras partir en arrière. L’inertie des corps est également bien gérée. On peut cependant noter certains bugs inacceptables à mon goût, mais fort heureusement rares. Ainsi, j’ai pu voir au cours de mon avancée des corps en lévitation semblant posséder par une âme démoniaque. Je m’explique : après avoir tué un ennemi dans une rame de métro, je l’ai ensuite vu rebondir sur les murs, le sol et le plafond pendant une trentaine de seconde. Marrant, mais difficile à avaler.
Pour ce qui est du Live, il est impossible de ne pas trouver de partie en cours, tellement le mode Live est complet et intéressant. Certes, les FPS ne se trouvent pas encore à foison, mais ce jeu dispose d’un intérêt certain sur le Live. Il y a peu de lag, principalement lors des parties avec beaucoup de joueurs. Le fait de passer par une zone démilitarisée afin de se retrouver dans le feu de l’action est salutaire, même si on peut se retrouver tout de même bloquer au point de téléportation. Cela évite toutefois le respawn killing car vous aurez eu le temps de vous armez. , et cela vous permettra de faire un petit break sans pour autant être la cible de prédilection.
Enfin, l’intelligence artificielle est LE défaut du jeu. En effet, vos ennemis ne viennent pas vous chercher, ne se mettent pas à couvert lorsque vous les arrosez.. Ils vous attendent tout simplement. C’est bien dommage mais le niveau de difficulté n’augmente pas leur intelligence, tout juste leur aptitude à viser.
Le pari de RARE est loin d'être réussi. Certes, les graphismes sont dans l'ensemble de toute beauté, mais voir des clones de méchants archétypés est plus ou moins de bon aloi. De plus, on côtoie le pire et le meilleur, ce qui n'est jamais bon pour se faire un avis.
La durée de vie du jeu est toutefois plus qu'honorable et la difficulté bien dosée, ce qui rattrappe une intelligence artificielle défaillante.
Le LIVE est l'atout du jeu, surtout pour les HALODEUVORE rassasié ou au bord de l'indigestion.
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- Des graphismes aboutis
- Un LIVE excellent, complet, riche et populaire
- Un système de jeu éprouvé qui fonctionne bien (mode secondaire des armes et missions annexes selon la difficulté)
- Un scénario digne d’un nanar télévisuel
- Une difficulté inégale selon les niveaux
- Une intelligence artificielle de moule
- Des bugs d’affichages rares mais inacceptables