Mon travail sur ce site me fait penser à un fast food. Pour les besoins de la section « test », il faut jouer sans cesse à des jeux qui ne vous intéressent pas forcément pour en faire une critique construite et objective. Le pire étant SnakeX, qui, tel un manager de ces glorieux restaurants symbolisant l’exploitation et la maltraitance de l’étudiant, passe son temps à hurler sur son équipe de testeurs pour que nous produisions toujours plus de textes le plus rapidement possible. Pourquoi croyez vous que la signature de cet être méprisable soit: "SnakeX, le méchant" ? Rien n’est du au hasard…
Tout cela tombe très bien, puisque Mechassault 2: Lone Wolf (M2LW) est un jeu qui me fait penser à un hamburger. Développé par Day 1 Studio; déjà responsable du premier opus, vous allez voir que sa suite, qui paraissait alléchante, est peut être plus anecdotique que prévue. Explications dans ce qui suit…
L’effet Mc Do
Il est midi. Vous avez faim. En face de vous, un fast food et un restaurant traditionnel. Où irez-vous manger ? Dans le premier à coup sûr. Sans doute est-ce dû à ce joli clown rouge et jaune décorant la devanture, à cette douce odeur de graisse émanant des cuisines… La même chose peut s’appliquer à Mechassault 2: Lone Wolf. En effet, si vous hésitez entre ce dernier et un titre lambda, la démo tournante de M2LW achèvera de vous convaincre. Entre des vidéos montrant différentes phases de jeu et cinématiques, le tout sur une chanson de Papa Roach qui sied fort bien à l’action, les doutes que vous pouviez avoir s’effaceront aussitôt.
Vous êtes entré chez notre ami Ronald. Et là, la platitude des menus s’offrant à votre estomac fait peine à voir. Un hamburger, une frite ou une salade et une boisson (grande ou petite). Voilà qui n’est pas très développé, un peu comme le scénario de Mechassault 2 : Lone Wolf d’ailleurs. Synopsis : un vilain pas beau veut s’emparer d’une technologie inconnue et très avancée pour créer une armée de mechs et conquérir l’univers. Seul le mechwarrior (vous en l’occurrence) peut l’empêcher d’accomplir ce sombre dessein. Brrrr ! Ca fait froid dans le dos, n’est-ce pas ? Personne n’espérait une histoire travaillée, mais là, il faut quand même avouer que l’on ne pouvait pas faire plus convenu. D’autant plus qu’aucun rebondissement ne viendra vous surprendre. En même temps, vous me direz (et vous aurez raison) que l’histoire, dans un titre comme M2LW, on s’en fout un peu puisqu’il s’agit d’un jeu de destruction massive. A ce propos, une source sûre m’affirme que la guerre contre Saddam Hussein aurait été déclenchée par une pré-réservation importante du titre chez nos amis irakiens, créant ainsi une confusion entre armes de destruction massive et jeux de destruction massive. Que voulez-vous, l’arabe n’est pas évident à traduire.
Et heureusement, l’essentiel est réussi. Tel un hamburger, le gameplay de Mechassault 2: Lone Wolf renferme mille et une trouvailles. En apparence tout du moins. Lorsque vous achetez un hamburger, il y a le goût principal, constitué par le steak haché, le pain et la tranche de fromage. Après, il y a les petits plus gustatifs apportés par une sauce spéciale, des légumes… Mais bien souvent, une fois en bouche, le principal l’emporte sur l’accessoire. On nous promettait un gameplay qui, tout en respectant celui du premier opus, serait enrichi de tout un tas de nouveautés. Vous passerez donc la majeure partie de votre temps à bord d’un mech armé jusqu’aux dents, semant chaos et destruction dans chaque niveau. Et pour éviter que la lassitude n’arrive, M2LW s’est aligné sur l’excellent Crimson Skies, à savoir que piloter un robot ne constitue plus la seule alternative. Vous pourrez prendre possession de tanks, d’avions de transport ou de tourelles de combats. La nouveauté la plus intéressante est sans conteste l’armure de combat. Disposant d’une défense performante, d’un armement apte à vous défendre contre les véhicules et les fantassins, elle vous permet d’arpenter le champ de bataille avec un but précis : hacker un mech ennemi. Ainsi, si un robot adverse se présente devant vous, vous pourrez désormais vous connecter à lui pour en prendre possession. La réussite de cette opération est conditionnée par votre capacité à taper correctement la combinaison de touches s’affichant à l’écran. Une fois cela fait, quittez votre armure, approchez-vous de votre victime et prenez-en les commandes. Enfin, à tout moment, vous pourrez abandonner un mech, un véhicule ou votre armure pour ouvrir des portes ou changer de moyen de locomotion. Comme vous le voyez, il s’agit ni plus ni moins d’un Crimson Skies futuriste. Alors, sur le papier, c’est alléchant, mais en réalité, vous vous apercevrez bien vite que toutes ces nouveautés n’ont pas été assez exploitées par les développeurs.
Tout d’abord, le jeu pêche par son dirigisme exacerbé. Alors que Crimson Skies nous laissait le choix de notre aéronef et de l’ordre d’accomplissement des missions au sein d’un même niveau, ce n’est pas au menu ici. De ce fait, aucune surprise ne vous attend. Si vous commencez une mission en tenue de pilote, vous savez qu’un mech abandonné ou un véhicule croisera très vite votre chemin. Si vous êtes en armure de combat, c’est hacking obligatoire. De plus le fait de ne pouvoir choisir son moyen de locomotion a un impact direct sur la durée de vie du jeu. En effet, comme vous disposerez toujours d’un armement adapté aux adversaires parsemant un niveau, les "game over" seront bien rares. Ce sont donc 7 petites heures de jeu qui vous attendent avant de connaître le dénouement de l’histoire. A peine aurez-vous accroché au jeu que vous l’aurez terminé. Il aurait pourtant été très facile de doubler ce chiffre en laissant plus de liberté au joueur. En prime, les possibilités offertes par les nouveautés sont sous-exploitées, puisque vous passerez la majeure partie de votre temps à bord d’un mech. La "replay value" du titre en prend un coup. Si le déroulement du jeu est plaisant, il n’y a aucun passage d’anthologie suffisamment intéressant ou original pour donner envie de le refaire. Tout au plus peut-on signaler le combat contre le boss de fin, grâce à la somptueuse chanson de Korn qui fait taper du pied en jouant.
On pouvait donc espérer un met aux mille saveurs. Au final, ce jeu n’a que la saveur d’un hamburger : on l’a attendu longtemps, le goût est assez bon mais commun, et en fin de compte, on a encore faim. Mais le petit plus de Mechassault 2 : Lone Wolf par rapport à un fast food est sans conteste son mode Xbox Live.
Début de partie dans 1 heure...
Autant le mode solo laisse la désagréable impression d'avoir été développé par un stagiaire, autant le mode Live semble avoir été l'objet de toutes les attentions.
Il reprend à peu près le principe de Steel Battalion: Line of Contact. Vous aurez donc à votre disposition les éternels "partie rapide", "optimatch" ou "créer une partie". A côté de ces modes de jeu classiques, vous serez ravi de trouver le mode "conquête". Il s'agit d'un univers persistant. Une fois connecté dans ce type de parties, il vous sera demandé de choisir votre camp parmi 5 maisons disponibles. Celles-ci s'affronteront dans une guerre sans merci pour étendre leur contrôle sur la galaxie toute entière.
Et tout est fait pour que le joueur accroche à cela. Un journal est donc disponible afin de vous tenir informer des dernières batailles qui ont eu lieu, de vous donner le pourcentage de territoires tenus par votre maison...Une carte vous permet de voir l'état de la galaxie et de voir les planètes contiguës aux vôtres que vous pourrez attaquer. Enfin, des statistiques vous attendent pour voir les meilleurs guerriers de chaque camp.
En vous lançant dans ce type de parties, 3 options s'offriront à vous. Tout d'abord, vous pourrez choisir d'attaquer. Il s'agit ni plus ni moins que de créer une partie pour lancer une offensive sur l'un des territoires que vous êtes en mesure d'asservir. Le choix du mode de jeu (destruction, capture de drapeau, etc...) vous est imposé par la console. Cela fait, vous arrivez dans un lobby en attendant que 5 autres de joueurs de votre maison vous rejoignent et que 6 adversaires de la maison que vous attaquez se connectent.
Si vous choisissez "renforcer", vous rejoignez une partie créée par un membre de votre camp afin d'affronter vos adversaires. Enfin, "protection" vous permet de rejoindre une partie créée par une maison ennemie pour aider votre camp à protéger son territoire.
Ce mode de jeu est très riche et très immersif. Malheureusement, telle la queue pour accéder au comptoir d'un fast food, vous allez passer beaucoup de temps à attendre du fait qu'il faille deux équipes complètes pour lancer une partie. L'astuce consiste donc à régulièrement changer de maison pour rejoindre celles dont les membres sont actifs. Malgré cela, l'attente entre chaque partie demeure conséquente, voir interminable. Day 1 Studio aurait gagné à être plus tolérant sur le nombre de participants à chaque bataille, ou à instaurer un mode Live identique à celui de Halo 2 en mettant automatiquement les joueurs de chaque maison en contact. Dommage car l'idée est très bonne.
C'est d'autant plus rageant que la connexion est de très bonne qualité. Pas ou peu de lag, des parties pouvant accueillir jusqu'à 12 joueurs, voix audibles, bref tout était là pour rendre le jeu passionnant. Alors, il reste les modes de jeu classique pour s'amuser. Les parties sont donc plus nombreuses et reprennent ce que nous connaissons tous, à savoir du deathmatch, de la capture de drapeau, de contrôle de territoire...
En pratiquant Mechassault 2: Lone Wolf en Live, on s'aperçoit du côté tactique induit par les nombreux moyens de destruction. Personne n'est invincible. Le joueur dans son mécha peut tomber sous le feu nourri de tourelles, être piraté par un adversaire équipé d'une armure de combat, l'avion de transport semer la zizanie dans le camp ennemi en délivrant véhicules et mechwarriors en armure. Bref, une stratégie d'équipe avec stricte répartition des rôles est nécessaire.
L'interface est claire et en quelques minutes, n'importe quel joueur s'y retrouve. S'il n'est pas possible de régler l'optimatch par choix des langues, chaque partie vous indique la qualité de la connexion de l'hôte, ainsi que le dialecte qu'il parle.
Au final, il est difficile de juger le Live de Mechassault 2 Lone Wolf. Réussi sur le papier et bénéficiant d'un code réseau de qualité, le titre convainc moins dans les faits à cause d'un mode conquête impraticable faute d'adversaire et de l'absence de joueurs français d'une façon générale. A vous de voir s'il en vaut la peine.
Nous, c’est le mauvais goût…
La réalisation de M2LW aurait pu sauver son mode offline. Certes, sauf que Day 1 Studio nous fait encore le coup du hamburger. Sur les photos c’est beau, bien présenté et ça fait envie. Mais une fois la boîte ouverte, on s’aperçoit que ce ***** d’étudiant surexploité nous a fait notre sandwich n’importe comment et que cela ressemble à tout sauf à ce qu’il y avait sur la photo du menu!
Etant donné que le titre est soutenu par Microsoft, nous pouvions légitimement nous attendre à en prendre plein les yeux. J’avais donc sorti mes lunettes, m’attendant un festival. Croyez-moi, je les ai vite rangées. Encore une fois la réalisation laisse un goût amer dans la bouche. Car Mechassault 2 : Lone Wolf est très réussi pour ce qui est du design des méchas (à 2-3 exceptions), les effets de lumière, les explosions et son ambiance sonore. Par contre au niveau des décors et du moteur de jeu, on fait un grand bond en arrière. En fait, c’est surtout le premier niveau qui fait tâche. Se déroulant dans une ville, tout est raté. Les textures sont grossières, mais surtout le design général est très cubique (ah, la magnifique scène où vous devez couler deux bateaux…). On se croirait revenu aux balbutiements de la 3D. Si vous vous ennuyez lors d’une soirée, allumez votre console et faites tourner le premier niveau du jeu. Convives vantant la qualité de votre humour et fous rires garantis !
Par la suite, le level design s’améliore et vous commencerez à oublier cela, même s’il ne faut pas vous attendre à crier au génie. Mais à ce moment là, vous vous apercevrez du magnifique moteur graphique qui vous inflige un brouillard conséquent et un clipping de chaque instant. De plus, il se permet de ramer à la Ghost Recon 2. Entendez par là que l’animation se révèle assez fluide, mais que de très petits ralentissements font leur apparition.
Tout ceci est dommageable, mais ne gâche en rien le plaisir de jeu. Le seul effet négatif concerne l’immersion du joueur. Il est donc possible que vous mettiez un peu plus de temps à accrocher au jeu, ce qui est navrant, sachant que vous n’en avez que pour 7 heures.
Certes, il est facile de critiquer. Complimenter l’est un peu moins. Force est de constater que la maniabilité du jeu ne souffre d’aucun défaut. La répartition des actions sur les différentes touches est l’une des meilleures qu’il m’ait été donné de rencontrer et dès qu’une nouvelle possibilité apparaît, la manipulation s’affiche à l’écran.
Les cinématiques en 3D temps réel sont plutôt réussies, avec un travail assez impressionnant sur le visage et les attitudes des différents protagonistes. Le doublage (intégralement en français) est dans la norme de ce qui se fait aujourd’hui. Certaines voix sont donc convaincantes alors que d’autres sont à la limite de la caricature.
Ceux qui détestent la musique d’inspiration neo-metal vont être ravis puisqu’ils devront la subir à longueur de niveau. Ceci dit, le raffinement extrême de cette musique allié à la finesse du gameplay (tout détruire pour ceux qui ne suivent pas) fait que l’ensemble est cohérent et entraînant.
Mechassault 2 Lone Wolf est donc un jeu sympathique, sans plus. Son mode solo n'a indéniablement pas été assez travaillé et ne rend pas grâce aux nouveautés intéressantes pourtant introduites. Son mode Live réussi pêche par l'absence de joueur et sa réalisation très moyenne ternit légèrement mais sûrement le tableau. Sachant que les mois de février et de mars s'annoncent chargés en sortie de gros titres, ne serait-il pas préférable d'attendre? La question est posée et mérite que vous vous y attardiez.
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- Le mode conquête
- L'ambiance
- La destruction du décors!!!
- La réalisation
- L'absence de joueurs sur le Live
- Un mode solo bâclé