Xboxlive.fr connaît un certain succès. Cela est du au travail réalisé par l’équipe dirigeante, mais aussi, et surtout, à vos critiques, à vos encouragements et à votre participation quotidienne sur les commentaires des news et le forum.
De nombreuses personnes nous contactent pour faire partie de l’équipe de testeur. Une fois n’est pas coutume, nous avons décidé de donner sa chance à l’une d’entre elle. Je vous présente donc Kevin. Agé de 14 ans, disposant d’un gamertag recherché (ze killer of death), il a deux occupations : insulter les autres joueurs sur Halo 2 en Live et utiliser quotidiennement ce merveilleux produit qu’est Biactol. Je le seconderai donc dans la rédaction du test de Metal Slug 3 (MS3). Sorti dans un premier temps sur Neo Geo, l’acquisition de SNK par Playmore a permis l’adaptation de nombreux hits (dont celui-ci) issus de cette machine de rêve sur PS2 et sur Xbox. Et pour une fois qu’un éditeur européen, en l’occurrence Ignition Entertainment, se risque à sortir ces adaptations sur notre vieux continent, nombre de joueurs vont être aux anges.
Old school, vous avez dit old school ?
« Bon, je me lance. Metal Slug 3, c’est nul. D’abord, le gameplay, il est tout repompé sur Devil May Cry et en plus … »
Je me permets d’intervenir pour préciser les pensées de Kevin. Pardonnons-lui son jeune âge et son ignorance. MS3 fait parti de ces titres mythiques du jeu d’action en 2D. Au même titre qu’un Commando, qu’un Ninja gaiden ou qu’un Shinobi, il a rejoint le panthéon du shoot’em up. Alors certes, il ne s’agira pas d’utiliser un vaisseau spatial pour blaster de l’alien à tout va, mais plutôt un soldat armé jusqu’aux dents. De ce fait, nous retrouvons les poncifs du genre (upgrade des tirs, bombes, boss gigantesques à la fin de chaque niveau…). Le gameplay paraîtra donc très limité puisqu’il consiste principalement à effectuer quelques sauts et à matraquer le bouton de tir. Faut-il pour autant bouder le jeu ? Non.
Tout d’abord s’il est vrai que les possibilités ne sont pas très nombreuses, les titres ayant pris la relève sur nos 128 bits ne proposent guère plus de choses. Prenons Ninja gaiden. Qu’avez-vous fait 90% du temps où vous avez joué ? Appuyer comme un forcené sur le bouton de l’épée pour anéantir les hordes de démon vous faisant face. Quelques éléments RPG ont certes été ajoutés, mais malgré la magnifique réalisation, le concept n’a guère évolué.
Une certaine variété est cependant décelable. Au gré de vos pérégrinations guerrières, vous serez amené à utiliser des véhicules. Si utiliser un tank ou un hélicoptère n’a rien de bien transcendant, avouez que parcourir une partie d’un level à dos d’autruche ou d’éléphant l’est déjà beaucoup plus. Ensuite, certains ennemis vous métamorphoserons s’ils vous touchent. Par exemple, les zombis vous transformeront en mort-vivant, ce qui vous donnera accès à de nouvelles possibilités. Si votre principale préoccupation sera de libérer les otages, vous rencontrerez parfois certains personnages qui se joindront à vous. La palme de l’allié le plus débileet et hilarant revenant à l’orang-outan qui selon son humeur sera un véritable boulet (non Kevin, je ne parle pas de toi) ou saura vous seconder avec efficacité. Ce sont sans conteste ces petites innovations et l’esprit « déconnade » qui ont fait de la série des Metal Slug ce qu’elle est aujourd’hui : une légende. Kevin, c’est à toi…
« Bon, j’m’excuse Prune. Alors Metal Slug 3, c’est quand même vachement pas long, parce que y’a que 5 niveaux, alors c’est pas long. En plus y’a pas d’histoire, parce que y’a pas de scénario alors que dans Final Fantasy , il est génial celui qu’y a, et… »
J’interviens encore quelques lignes Kevin. Certes, le jeu ne comporte que 5 niveaux. Mais ceux-ci sont d’une taille respectable. S’ils s’enchaînent sans réelle cohérence (vous passez du désert, à un paysage enneigé, pour vous retrouver sous la mer…), leur variété est appréciable et permet de constamment renouveler votre façon de jouer puisqu’il vous faudra vous adapter aux ennemis qui les composent. Ensuite, le joueur qui aura la chance de finir le mode arcade se verra offrir deux niveaux supplémentaires inédits. La progression n’est pas linéaire, en ce sens que plusieurs chemins s’offrent à vous pour atteindre le boss. Ainsi, refaire plusieurs fois un même niveau pour en explorer toutes les zones est intéressant. Mais ce qui rend le titre particulièrement long, c’est sans conteste sa difficulté titanesque. Vous avez souffert pour finir Ninja Gaiden ? Vous n’avez rien vu. Certains boss se comportent véritablement comme de vrais aspirateurs à crédit. Et lorsque vous vous apercevrez que vous ne disposez que de 5 continues… Pas de panique cependant, puisque vous pourrez paramétrer le nombre de vie dont vous disposez (5 maximum par crédit) et le niveau de difficulté. Mais soyez sur que même en mode facile, Metal Slug 3 propose un challenge corsé.
De plus, en allant dans le menu option, vous pourrez consulter les prisonniers que vous aurez libéré (il y en a plus de 3 000 !) et les différents types de bonus que vous avez récupéré dans les niveaux ( bananes, déjection canine, pierre précieuse…).
L’absence de scénario est certes regrettable, mais rappelons-nous qu’il s’agit avant tout d’un jeu issu de l’arcade, et qu’en tant que tel, les scénarii proposés sur ces machines n’ont jamais volé plus haut qu’un texte de Démosthène (soit le niveau 0 de l’intérêt). Celui qui veut à tout prix un semblant d’histoire devra lire la page adéquate du manuel disponible dans la boîte du jeu. Et kevin, je te rappelle qu’il faut comparer ce qui est comparable, le récit d’un jeu d’action ayant rarement égalé celui d’un RPG.
Enfin, la présence d’un mode Live (ce qui vaut les honneurs d’un test à Metal Slug 3) se révèle plus qu’anecdotique. Il s’agit d’uploader vos scores dans les différents modes de jeu pour voir votre rang au niveau mondial. A réserver aux vantards…
Une beauté d’un autre temps.
« En tout cas, Prune ne pourra pas me contredire, parce que Metal Slug 3 est tout moche, les personnages sont tout plats. Ils auraient pu utiliser de la 3D parce que là, on dirait Pokémon. Et pis la musique, elle est nulle, on dirait Britney Spear qui joue du synthétiseur et… »
Voyons Kevin ! Lorsque nous rédigeons un test, nous essayons de maîtriser notre sujet. Si tu en avait fait autant, tu saurais que la Neo Geo, en tant que machine d’arcade ne gère pas, ou très peu, la 3D. De ce fait, il est normal que le jeu soit en 2D. Et autant dire qu’elle est réussie. Si les décors ne sont pas trop détaillés, les couleurs dont ils disposent attirent immédiatement le regard. C’est agréable à regarder, mais les joueurs de l’ère 16 bits ont vu aussi bien sur Super Nes ou sur Megadrive. Les sprites (je ne parle pas de la boisson) sont par contre beaucoup plus réussi. De taille respectable ( et encore, je ne parle pas des boss qui peuvent prendre jusqu’à la moitié de l’écran) et très détaillés, chacun dispose de ses propres animations qui se révèlent relativement bien décomposées. De surcroît, leurs différentes réactions sont proches du cartoon et vraiment hilarantes. Ce dernier mot n’est pas innocent, car même si MS3 se révèle assez gore dans certains passages, une bonne couche de second degré et d’autodérision a été ajouté par ses créateurs. Cela confère une ambiance particulière au titre que vous parcourrez le sourire aux lèvres. D’une manière générale, les graphismes dégagent une chaleur et une vie que nous ne voyons que rarement dans les jeux récents. De plus, la pixelisation inhérente à certains jeux Neo Geo n’est pas présente.
Le scrolling horizontal est excellent et ne subit que très rarement des baisses de régime. Quant aux musiques, Kevin, si tu connaissais la Neo Geo, tu saurais qu’elle ne disposait pas du hardware nécessaire à la restitution de musiques comparables à celles que tu peux entendre dans les jeux Xbox. Pour autant, sont-elles mauvaises ? Même si l’on ne criera pas au génie, les différentes compositions collent parfaitement à l’action et sont entraînantes. Et puis, il est plaisant de réentendre des digits vocales pour votre héros.
La maniabilité au pad S ne souffre d’aucun défaut, à ceci près qu’il n’est pas forcément évident de tirer en diagonale, que ce soit avec le stick analogique ou la croix de direction. D’ailleurs, le titre s’avère plus jouable avec cette dernière.
Je suis désolé de te dire, mon petit Kevin, que nous n'allons malheureusement pas te retenir pour le moment. Ton âge ne t'a pas permis de connaître la grande époque des 8 bits et 16 bits de Nintendo et Sega. Pourtant, sache que la plupart jeux sur lesquels tu t'amuses aujourd'hui reprennent des concepts datant de ces consoles. Que dis-tu Kevin? Ah, que tu t'en fous, que tu me fumes ma race à Halo 2, que je suis un con. Ecoute, ça ne dénotera pas de l'ambiance qui règne sur ce merveilleux jeu.
Metal Slug 3 se révèle être un défouloir parfait. Adaptation digne de celle sévissant sur la Neo Geo, les deux niveaux supplémentaires à débloquer, ainsi que l’entraînement qu’il nécessite pour espérer en voir la fin, lui confèrent une durée de vie respectable pour le genre. Il est certain que vous ne passerez pas votre vie à y jouer, mais une partie de temps en temps ne se refusent pas, surtout que 2 joueurs simultanément peuvent prendre part aux hostilités. Une conversion parfaite qui s’adresse à tous ceux que la Neo Geo a fait rêver, et aux amateurs de shoot en général pour la modique somme de 39,99 euros.
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- La conversion parfaite d’un shoot mythique.
- Le mode 2 joueurs
- Le prix
- la difficulté
- quelques ralentissements
- Pourquoi ne pas avoir fait une compilation regroupant plusieurs volets de la série ?