C’est dans les années 80 que sévit Matt Hazard ; Héros de jeux d’actions musclés avec « plus de puissance que de pixels » et sa phrase désormais culte « Attention danger ». La franchise fructifie au fil des consoles… jusqu’à l’overdose inhérente à la surexploitation d’une licence : Jeux de kart, cross-over avec d’autres persos, etc... Tombé en disgrâce, le studio Marathon change de PDG et devient Marathon Megasoft. Matt Hazard est rappelé pour faire sont come-back sur console Next-gen dans un FPS (TPS).
Non, je ne plaisante pas, c’est belle et bien le pitch de EAT LEAD : Return of Matt Hazard.
Attention danger !
Vous l’aurez compris, l’univers d’Eat Lead est complètement barré. Nombreux sont les jeux qui contiennent des scènes drôles, un univers délirant ou même des clins d’œil aux autres productions... Mais rares sont ceux qui en font leur cheval de bataille. Eat lead est de ceux là, comme a pu l’être Conkers. L’intro à elle seule vous fera rouler sous la table. Passé celle-ci, c’est grimé en 47 (Hitman) que Matt Hazard fait son entrée. Du lourd !
Plus votre connaissance de l’univers du jeu vidéo dans son ensemble est évolué, plus vous y prendrez plaisir. Des mécaniques de jeux ancestrales y sont tournées en dérision et les clins d’œil sont légions, tantôt évident, tantôt discret ; Gears of war, Mario Bros, Tomb raider ou Metal Gear... Je n’oublie pas le superbe Maitre chef et sa toque ou encore l’allusion à Duke Nukem... et même une petite touche RPG tiens. L’intérêt de cet humour repose autant sur les citations de Matt que sur l’effet de surprise, et aller plus loin dans le descriptif serait maladroit de ma part, donc je m’arrête là. L’humour est donc la carte maitresse du titre, mais malheureusement, c’est bien la seule.
Car Eat Lead, n’est rien d’autre qu’un FPS (TPS) des plus classiques. Même si certaines séquences semblent originales, le titre ne fait pas du tout évoluer le genre. Head shoot indispensable, ennemis qui débarquent par paquets de cinq, du classique... Il n’y a que le système de «couverture en aval» qui relève le tout : On se déplace de cover à cover en visant l’abri puis en appuyant sur Y. Les embranchements sont nettement plus nombreux que dans GoW ou encore Wanted. Le Level-design très bien adapté lui permet, heureusement, de ne pas sombrer dans la monotonie. C’est là le seul point positif, et encore... Le gameplay y est lourd et maladroit, et si je puis me permettre, j’aurais évité de mettre la couverture classique sur l’unique bouton A plutôt que de l’alourdir avec le bouton B et Y. Bref, trop de lacunes en terme de configuration des touches. Mais si ce n’était que ça...
Il est vieux, il est faible... il est en vie !
Techniquement le jeu serait sympathique… enfin, s’il était sortit quatre ans plus tôt. La définition de l’image, et les graphismes sont clairement datés et montrent que le développeur a manqué de talent ou de temps. Quelques bugs, voulus ou non, sont très agaçants (la blague de l’ascenseur ça va une fois, mais après…). A contrario, la partie sonore est fort sympathique alternant le style symphonique à la Harry Gregson-William puis le métal bien cool en passant par des thèmes typés Old-school (genre Bionic Commando Rearmed sur XLA). Malheureusement, là encore, les musiques, peu nombreuses, finissent par tourner en boucles. Le doublage des voix est, quant à lui, plus que correct, c’est déjà ça.
A chaque fois que quelqu’un m’a demandé si Eat Lead était bien, la même réponse me venait naturellement : « Il est nul... mais qu’est-ce qu’il est bien !! »
Mon objectivité toute subjective (un sujet qui prête à débat) me pousse à vous dire d’éviter ce titre, mais le coup de cœur me pousse plutôt à vous suggérer quelque chose: Achetez le à plusieurs et faites le tourner, ou improvisez une soirée pizza entre potes. Vous en aurez pour plusieurs mois d’anecdotes croustillantes à répéter en boucle, et à moindre prix. Dans l’autre cas, l’addition risque de vous sembler trop salée, et l’absence de mode multijoueur fait de ce titre un délire très éphémère. Donc, je vous conseille la plus grande prudence avec ce jeu assez drôle, mais inapte à vous procurer un plaisir autre que celui de vos zygomatiques.
Personnellement je n’attends qu’une chose: Une suite mieux peaufinée dans son humour (car il y a du potentiel) et dans tout les autres domaines (parce que là, il y a de quoi). Mais vous verrez, vous aussi vous direz: Il est nul... Mais qu’est-ce qu’il est CULTE !!!
+
-
- Matt Hazard, non mais quel homme !
- L’humour
- Les musiques (même si...)
- Le level-design
- Gameplay bancal
- Réalisation bancale
- Pas de multi