Test de Pro Evolution Soccer 4
écrit par Prune
 
 
Réunion au sein du FC Xbox, 02 décembre 2004.

« Messieurs, comme vous le savez, nous avons enfin réussi à faire signer le joueur PES 4 pour notre club. Alors qu’il y a de cela un peu plus d’un mois il avait choisi le Playstation 2 United, nous l’avons arraché aux mains de notre rival à grand renforts de millions après avoir prouvé à son agent, Konami, qu’il était dans l’intérêt du joueur de nous rejoindre. C’est une grande victoire pour nous. Jusqu’à présent, ses grands frères avaient toujours refusé de gagner nos rangs. Heureusement, ce temps est révolu et nos arguments ont su le convaincre.

Nous sommes aujourd’hui réunis pour parler du joueur en lui même. Pour ce faire, je vais laisser la parole au coach de notre équipe, à savoir Prune. Il donnera une vue d’ensemble de l’univers dans lequel évoluera PES 4, ainsi que de son niveau physique qui, il faut bien l’avouer, commençait à s’essouffler sérieusement au Playstation 2 United, notamment aux abords de la surface de réparation. Prune, c’est à vous ! »
 
 
 
 
Individuellement inattaquable
 
« Monsieur le président Microsoft, messieurs les administrateurs…

Nous craignions tous que PES 4 ne s’adapte pas à notre stade. Passer du Dual Shock 2 arena au Pad S stadium n’était pas chose aisée. Dès ses premiers pas sur notre pelouse, le joueur a immédiatement retrouvé ses sensations. Bien que notre terrain ne dispose pas des 2 touches supplémentaires sur la tranche, nous avons su lui démontrer que l’utilisation du bouton noir et du bouton blanc lui permettrait de pratiquer son football dans des conditions quasi-optimales.
Et il faut bien avouer que son jeu s’est même affiné dans notre stade. Personnellement, je le trouve légèrement plus précis. Nombre de supporters de notre équipe sont de mon avis.

Dès le premier entraînement, il a été impressionnant. Très volontaire, ce jeune joueur a pris part sans rechigner à des séances libres (pour s’accommoder au stade et à son équipe), à des séances en situation (pour tester les différents choix tactiques applicables en match)et à des challenges de fin d’entraînement (dribble, coup franc…). Particulièrement disponible, PES 4 donne aussi des séances pour les débutants qui leur permettra d’apprendre les bases du football. Immédiatement nos supporters étaient sous le charme et ont pu réellement apprécier son adaptation au sein de notre club.

Nous sommes impatients de le voir participer aux diverses compétitions de club disputées par notre équipe. On le sait, il est déjà international. Aussi, PES 4 nous quittera parfois pour jouer des matchs de coupe du monde, de compétitions continentales ou des matchs d’exhibition. Pour tester ses capacités, nous avons d’abord créé des tournois amicaux comprenant toutes sortes d’équipes en fonction de leur disponibilité. Par moment, ceux-ci ne comprenaient que des équipes nationales, d’autres fois que des équipes de club et parfois les deux en même temps. Comme nous organisions ces compétitions, nous avons pu en définir librement les règles.

L’ouverture de notre compétition majeure, la Master League, arrive à grands pas. Suite à nos difficultés budgétaires, nous démarrerons en 2ème division, avant de pouvoir rejointe l’élite. La WEFA, instance suprême de ce tournoi, a apporté des changements majeurs concernant les règles. Une équipe nouvellement créée pourra donc choisir de commencer avec des joueurs connus ou avec une sélection de joueurs sans contrats (Castolo, Iorga…). Cette option est bienvenu car les années précédentes, les joueurs sans contrats nous étaient imposés. L’arrivée de PES 4 au sein de notre équipe devrait nous permettre de remporter la coupe et le championnat de D2. L’année suivante, notre objectif sera de terminer aux places qualificatives pour accéder au championnat WEFA qui regroupe les meilleures équipes des 4 différentes D1. Nous ne délaisserons pas non plus la coupe qui, si nous la remportons, peut nous permettre de nous qualifier pour la coupe de la WEFA.
Au gré de chaque match, et en fonction de nos résultats, nous gagnerons de l’argent. Il sera impératif de l’utiliser intelligemment. En effet, il faut qu’une réserve soit constituée pour payer les salaires de nos joueurs à chaque fin de saison, sous peine d’être définitivement exclus des compétitions de la WEFA. Le surplus nous permettra de recruter de nouveaux joueurs. Nous devrons donc négocier finement leur salaire, la durée du contrat et l’indemnité de transfert. Le juste équilibre entre joueurs expérimentés et jeunes joueurs sera recherché, car ces derniers voient leurs capacités augmenter jusqu’à leur maturité. Au contact de PES 4, nous devrions pouvoir disposer d’une génération de footballeurs talentueux sur le long terme.
Il ne faudra pas négliger l’entraînement entre chaque journée de championnat, qui permettra à nos joueurs de récupérer, mais aussi aux jeunes joueurs de s’améliorer. Tout coach qui ne respecterait pas ces fondamentaux verrait son équipe décliner petit à petit.
Indubitablement, il s’agit de la compétition la plus suivie par nos supporters. Elle les occupera longtemps.

Le jeu que nous proposerons cette année sera plus réaliste que jamais. Ici, point de rush solitaires vers les buts adverses, les défenseurs étant particulièrement retors. Au contraire, il nous faudra construire patiemment chaque action, faire circuler la balle jusqu’à ce qu’une brèche s’ouvre dans la défense adverse, ou presser l’adversaire pour le conduire à la faute.
Les nouvelles directives sont appliquées à la lettre par les arbitres. Les hors-jeu qu’ils sifflent sont souvent justifiés, les fautes de mains sont moins nombreuses, bref, je pesterai sans doute moins contre eux cette année. Cependant, il faut avouer qu’ils ont tendance à être plus sévère avec notre équipe qu’avec nos adversaires. Ainsi, il n’est pas rare que l’un de nos joueurs se fasse exclure pour un tacle par derrière, alors qu’un joueur de l’autre camp n’écopera que d’un carton jaune en commettant la même faute. J’ai aussi mis en garde notre équipe contre les penaltys. En effet, la sévérité de l’arbitre dans la surface est exemplaire, et la saison 2004/2005 sera résolument placée sous le signe du coup de pied de réparation.
J’ai établi plusieurs stratégies applicables en cours de match pour tenter de déstabiliser l’organisation de l’équipe qui nous fera face. De même, j’ai attribué à chaque joueur une zone de jeu prédéfini. Il devra s’y tenir pour l’efficacité de l’équipe. Bref, rien n’est laissé au hasard et j’assumerai la responsabilité de chaque défaite.
Le gardien de but que nous utiliserons devra sortir le grand jeu. Nous avons constaté que ceux de nos concurrents hésitent à plonger sur des tirs heurtant les montants. Cela peut engendrer des buts stupides. Il sera nécessaire de bien faire comprendre cela à notre ultime rempart, sous peine de sanctions. Il faudra aussi qu’il se méfie des coups-francs. Si le tireur doit toujours autant faire preuve de dextérité pour marquer, dorénavant, il n’hésite plus à faire des combinaisons avec un autre joueur qui peuvent avoir pour conséquence d’induire notre portier en erreur.

Comme prévu dans son contrat, PES 4 disposera de primes (point PES) après chaque match gagné et en fonction de l’abnégation qu’il démontrera à l’entraînement. Gageons qu’il saura les dépenser judicieusement dans notre magasin (PES shop). Il y découvrira de nombreuses surprises.

Vous l’avez compris, cette compétition nous occupera de longs mois. Malgré une interface un peu brouillonne, son organisation s’avère quasi-parfaite lorsque l’on prend la peine de s’y intéresser. La WEFA a bien fait son boulot. Si seulement l’entraîneur pouvait changer de club en cours de carrière sans devoir tout recommencer… »
 
 
 
 
Muscle ton jeu Xbox Live, PES !
 
« Lors du recrutement de FIFA 2005, nous avons mis en place un système d’abonnement aux retransmissions de nos matchs via Internet, baptisé Xbox Live. Manne financière importante pour notre club, ce service offre la possibilité à deux abonnés de faire des paris sur le résultat d’un match. Nombre de nos supporters attendaient l’arrivée de PES 4 et voulaient absolument pouvoir observer ses exploits par ce biais.

Dès qu’il fut acquit que le joueur nous rejoindrait, nous avons donc demandé à son agent, Konami, de former PES 4 à cela. Ce dernier a tout de suite été séduit par l’idée et nous a donc donné son feu vert. Seulement, si FIFA avait, malgré quelques bugs d’interface, parfaitement su s’adapter à la retransmission sur Xbox Live, il en va tout a fait autrement pour PES 4.

Tout d’abord, le joueur ne nous autorise qu’à retransmettre de simple matchs. Nous pensions pouvoir diffuser des compétitions, malheureusement, il s’y est opposé. Pour dommageable que soit l’absence de cette possibilité, nos abonnés pourront organiser des tournois à l’ancienne, c’est à dire avec une feuille de papier et un crayon.

Le plus ennuyeux reste le dynamisme pendant les matchs. En fait, une retransmission est hébergée par un abonné. Un autre abonné peut s’y connecter pour faire un pari contre lui. Concrètement, cela se traduit par un match parfaitement retransmis chez l’abonné qui héberge, mais très frustrant pour l’abonné qui est invité. En effet, si l’hôte a l’impression d’assister à une rencontre aussi intense que celles qu’il peut voir en venant dans notre stade, l’invité voit un match emprunt d’un temps de latence insupportable. Ainsi, l’équipe sur laquelle il a parié verra chacune de ses actions s’effectuer avec du retard, rendant la diffusion du match particulièrement frustrante. Ce dernier ne dispose donc plus d’une jauge de tir lui permettant de correctement ajuster les frappes de l’équipe sur laquelle il a parié, la défense devient très difficile à réaliser… Bref, n’ayons pas peur des mots : cela devient parfaitement impraticable.

La personne découvrant PES 4 n’y prêtera pas forcément attention, mais les supporters les plus fidèles, qui suivaient le joueur depuis son passage au Playstation 2 United s’en apercevront immédiatement. Et nul doute qu’il ne se satisferont pas de notre service Xbox Live.
Une récente analyse a été faite par nos soins et il s’avère que la plupart du temps, l’hôte remporte le pari. Ayant eu vent de ce désagrément, la plupart de nos abonnés ne souhaitent plus être invités. Au contraire, ils cherchent tous à être hôte, ce qui provoque une pénurie de pari et remet en question la pérennité de notre service.

Ajoutons que PES 4 étant japonais, son français est plutôt sommaire. Cela donne lieu à certaines traductions hasardeuses, notamment lorsqu’un abonné souhaite inviter l’un de ses amis…

Une solution doit être rapidement trouvée, sous peine de ne pouvoir compter sur le formidable potentiel financier que représente le Xbox Live. Malheureusement, la solution se situe plus au niveau du joueur et de son agent que de notre côté. Contacté à ce sujet, Konami a indiqué qu’il négociait âprement avec le joueur pour qu’il améliore cela. Il semble qu’un patch dopant soit en préparation. Nous epérons simplement qu’aucune trace de ce produit ne sera décelable lors de contrôles inopinés… »
 
 
 
 
Une forme physique identique à ses prédecesseurs
 
« Comme vous le savez, le monde du football subit actuellement une grosse crise financière. De ce fait, des concessions ont dû être faites dans la mise en scène de nos matchs. Ainsi, si les joueurs bougent avec encore plus d’élégance et de réalisme, la sobriété est de mise dans tous les autres aspects qui composent notre sport. Le public est laid, les stades, bien que parfaitement retranscrits bénéficient d’un effet de scintillement sans doute hérité du passage du joueur au Playstation 2 United. C’est donc loin d’être la panacée.

Pour autant, les supporters sont pris dans le match comme jamais, et au bout de quelques rencontres, ils ne prêtent plus attention à ces défauts. D’autant plus que la condition physique de PES 4 s’est améliorée depuis qu’il a rejoint notre club, puisqu’il ne s’essouffle plus aux abords de la surface de réparation.

Nous avons ajouté quelques effets pour masquer la relative pauvreté esthétique du spectacle. Dorénavant, l’arbitre n’officie plus depuis les tribunes, mais est bien présent sur le terrain au milieu des deux équipes qui s’affrontent. Les changements de joueurs sont désormais filmés et des gros plans sur les joueurs ratant une action sont diffusés. Les écrans de notre stade diffusent de nombreux ralentis sur les actions les plus chaudes. Nos supporters trouvent tout cela plutôt bienvenu.

Les fédérations nationales disposent de moins de moyens que les clubs. De ce fait, aucun équipementier ne les sponsorise et leurs maillots ne sont que de sombres ersatz de ceux que les supporters peuvent acheter. Pour tout vous dire, il n’y a même pas les écussons officiels des fédérations, mais juste le drapeau du pays que la sélection représente. Seul le japon est plus riche puisqu’il s’agit de la seule équipe à disposer de maillots officiels.
Cela s’améliore un peu au niveau des clubs. Un football a deux vitesses est en train de naître. Si les clubs espagnols, italiens et hollandais ont suffisamment d’argent pour s’offrir un équipement officiel avec sponsor, les clubs français, anglais et ceux des autres pays disposent de tenues sans aucune inscription publicitaire, ni équipementier. Vraiment dommage.

Les supporters les plus acharnés pourront cependant se cotiser pour façonner des maillots plus proches des modèles officiels. Mais il faut bien admettre que cela s’avère assez long à réaliser vu le grand nombre d’équipe à modifier. De plus, certains joueurs timides préfèrent ne pas voir apparaître leurs vrais noms. Là encore, nos fans les plus motivés devront faire preuve de patience pour remettre tout ça en ordre.

Cela n’empêche pas le public de se déchaîner à chaque rencontre et de créer une ambiance de folie avec de nombreux chants et cris. Il faudrait cependant que nous pensions à engager des commentateurs dignes de ce nom. Car force est de constater que les deux guguss (Christian Jeanpierre et Jean-Luc Arribar) qui oeuvrent cette année sont particulièrement mauvais, faisant preuve d’un champ lexical restreint et de commentaires ne collant pas avec les actions qu’ils décrivent… »
 
 
 
 
PES 4 reste donc LA simulation de football. Epuré graphiquement, mais s’améliorant petit à petit, le plaisir de jeu demeure intact. La qualité de l’animation des joueurs est hallucinante de réalisme et contribue à rendre chaque match proche d’une diffusion télévisée. Ajoutons que contrairement à la version PS2, le titre ne ralentit plus dans la surface de réparation. L’apprentissage du gameplay et la nouvelle Master League vous occuperont de nombreuses heures. Et entre potes, je n’en parle même pas…Bref, la conversion du jeu sur Xbox est parfaite.
On ne peut pas dire la même chose du mode Live qui est tout sauf réussi. Le temps de latence insupportable pour l’invité rend les parties frustrantes et injouables. Nul doute que l’amateur de PES délaissera rapidement ce mode de jeu. Le patch prévu devrait améliorer les choses, mais le scepticisme reste de mise et le plaisir de jeu est absent pour le moment. Que ceux souhaitant un jeu de football praticable sur le Live se tourne plutôt vers FIFA 2005.
Dernier point : l’absence des licences pour une grande partie des clubs et pour les équipes nationales commence a devenir réellement agaçante.
 
 
 
 

+ -
- PES enfin sur Xbox
- Le réalisme du gameplay
- La durée de vie en solo ou avec des amis
- La réalisation graphique terne
- L’absence de licence pour la plupart des équipes
- Le mode Live complètement raté

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