Test de Risen
écrit par Happy
 
 
D'abord la mer, en colère, n'arrivant pas à se calmer, engloutissant tout ce qui se trouve à sa surface. Ensuite une île, Faranga, sur laquelle des ruines sont étrangement sortis du sol accompagné de monstres plus ou moins glauquos. Pour certains c'est un cauchemar, pour d'autres une nouvelle occasion de s'enrichir. Au milieu il y a un parfait inconnu, un monsieur tout-le-monde rejeté par la mer, un naufragé quelconque qui cherche finalement à se faire une place tranquille sur l'île : vous. Oui, vous êtes quelconque.
 
 
 
 
C'est la mer qui prend l'homme...
 
Du moins qui le gerbe... A peine recraché par la mer que les premières interrogations arrivent : «OMG mé ki suije ? ou c'ke chuis samayre ?»
Pour la deuxième question j'ai la réponse, quant à la première, à en juger la tronche de coquille vide inchangeable de votre avatar j'dirai : un PNJ ? Mais votre visage insipide ne serait-il pas là pour vous rappeler que vous n'êtes qu'une fourmi en-dessous de la loupe des Dieux de Risen ? Ou est-ce juste le fruit d'un chara-design loupé ?
Après un bref tutorial les premiers PNJ rencontrés viennent cocher la bonne réponse : c'est juste le fruit d'un chara-design loupé et plus ou moins bâclé...

Des votre arrivée sur l'île de Faranga il faudra directement vous défendre contre quelques mobs (savez, ces monstres souvent sans âme qui errent sur les maps des RPG sans réel but)... Je vous arrête tout de suite, les dix premières heures de Risen ressemblent plus à un survival-horror dans lequel le côté horrifique serait symbolisé par des textures baveuses et omniprésentes contre lesquels vous serez plus que vulnérable, le tout ponctué d'un clipping vous bondissant au visage pour renforcer les moments de sursaut, sans oublier la profondeur de champ étouffante. Ajoutez à ça la ténacité des streums en combat : oui, Risen ressemble à un de ces films que l'on pourrait regretter d'être allé voir tant ils hanteront notre sommeil durant des années.

Cependant, on peste, on grogne, on s'pète les dents, mais on est rapidement happer par quelque chose d'impalpable. De puissant ! D'une chose que jalouserait sans difficulté Resident Evil 5 : une âme. Une âme qui pourrait d'ailleurs faire saliver Kuato pendant plusieurs mois. Malgré des textures maladroitement étirées pour former des montagnes, des grottes ou même des rochers (Iron Man...), le monde qui nous entoure est d'une beauté réellement attachante : le soleil qui tente de transpercer le feuillage des arbres, leur donnant l'apparence d'ombres animées par le vent, ce dernier s'amusant à faire virevolter pollen et poussière ici et là. Nan vraiment, c'est un spectacle des plus fantastiques en plus d'être vraiment mémorable. Cette impression de vie lors des orages, les arbres qui se plient, le craquement des bois, la nuit qui la ramène, puis qui laisse enfin sa place à l'éclaircie dans une danse nuageusement douce bercée par des contrastes de couleur juste parfaitement maitrisés.

À chaque nouvelle aube une nouvelle représentation de la nature apparaît; Risen est de ces jeux qui ont compris que tous les jours sont différents, et parfois même «magiques». Oui, j'en arrivais à attendre que le jour se lève... Pourtant la nuit est elle aussi des plus expressives.
Le monde d'Oblivion étant plus vaste, je n'ai pourtant jamais vu en lui un personnage comme l'île de Faranga.

Étrangement, dans les villes, là où les PNJ campent en masse, l'île semble être en retrait, rendant même un peu l'ambiance «pesante», comme si la présence de l'homme la repoussait, ou la mettait en colère à en juger par le fracas des vagues contre les quais. Mais l'âme de Risen n'est pas seulement Faranga, les dialogues sont eux aussi transpirants de vie : les expressions des personnages, le réalisme des réparties, rien n'est pompeux comme dans la plupart des RPG teintés d'heroic-fantasy. Et même votre coquille vide fait preuve d'une éloquence rarement croisée dans le genre. Heureusement pour lui, les p'tits gars de Piranha Bytes ont fait en sorte que l'on ne puisse pas voir notre personnage de face en dehors des discussions. On finit même par s'identifier à son dos. Du moins... Jusqu'à la prochaine apparition de son visage à l'écran.

Enfin, ça c'est pour les moments en «discussion». En dehors, les PNJ sont frappés par la «malédiction du PNJ» qui a déjà frappée ouatmille RPG avant Risen et qui est propre aux jeux proposant un monde ouvert. Certains semblent vivants, c'est sur, ils font quelque chose de leurs mains, alors que d'autres semblent juste avoir chopé un parasite cérébral lorsqu'ils entament une petite conversation. C'est dans un enchainement de questions/réponses toutes plus ou moins sans rapport les unes envers les autres que je me suis dit «Wo. C'est foutrement réaliste comme jeu, on dirait une conversation avec ma belle-sœur !»
 
 
 
 
Voir Faranga c'est mourir un peu...
 
Mais Risen ne joue pas seulement sur son ambiance pour séduire. Eh non. La progression dans l'aventure, comme le système de combat ne sont vraiment pas en restes. D'une simplicité intuitive, les affrontements contre les mobs - d'ailleurs plutôt inspirés au niveau de leurs formes - sont prenant et loin d'être redondant, bien qu'au début, votre principale stratégie sera la fuite (c'est ça aussi savoir reconnaître ses limites)... D'ailleurs, vous n'saurez jamais si vous avez une chance de battre telle ou telle bestiole avant de l'avoir attaqué, et parfois, lors de mauvaises rencontres, ça pourrait même devenir très frustrant. Donc n'espérez pas pouvoir vous promenez tranquillement sur toute l'île des votre arrivée, d'autant plus que les créatures ne sont pas juste là à attaquer bêtement, ou à vous agro pour un rien. Déjà elles tentent de vous intimider comme le ferait la plupart des animaux, mais elles n'hésitent également pas à user d'esquives latérales, de contres et de bottes fourbasses dans le but de briser votre défense comme votre attaque, pour vous balancer dans les pâquerettes. Du même goût, affronter plusieurs ennemis en même temps à vite fait de se résumer en un rechargement de la partie pour tenter une nouvelle approche... Et ces saletés qui se glissent constamment dans notre dos... Tout est une histoire de timing, de positionnement, et de compétences bien entendu...

D'ailleurs, dans Risen l'ajout de nouvelles compétences dépend seulement de vous. Libre à vous de développer vos arts de combat comme bon vous semble, mais sachez que vous ne pourrez pas être la perfection même, maitrisant tout c'qu'il y a à maitriser. Pour apprendre de nouvelles choses, il vous suffira d'aller voir un maitre dans un art en particulier afin d'acheter ses conseils. Rien de bien compliqué, même s'il vous faudra retourner les voir si vous avez gagné un nouveau niveau en pleine forêt. Chose pas si frustrante que ça je vous rassure.

En parlant de choses frustrantes... J'espère que vous apprécierez la dégaine clodo-pied-nu de votre héros. Certes, ça vous donne des allures de zombie, mais sorti d'une certaine adaptation de Paul ws Anderson, donc les passants ne s'y tromperont pas. Il faudra errer un certain nombres d'heures pour être enfin affublé d'un stuff convenable. L'île de Faranga possède son lot de boutiques pourtant, mais impossible d'y trouver des vêtements, d'autant plus qu'ils ne se changent qu'en une seule partie, un peu à la manière de Fallout 3 (tête/corps). Donc, fans de dress-up, vous savez à quoi vous en tenir.
Pour les armes, heureusement, tout dépend seulement des skills de votre personnage, même si ici aussi, pour trouver une bonne arme faudra savoir patauger dans les marais pendant des heures, grimper en haut des volcans avec seulement deux potions de soin dans les poches, se faire choper par le monstre des mers X fois, savoir se transformer en nautile, se faire démembrer par les loups fourbasses, mais dans tous les cas ce n'est rien à côté de l'absence de fringues à se mettre sur le dos...
Et puis, pourquoi ne pas forger sa propre arme finalement ? Dans Risen c'est possible. Encore faut-il avoir un bon skill pour forger... Mais il y a du choix, un peu limité, mais pas non plus négligeable : que ce soit pour les archers, les guerriers ou encore les Majax, il y a de quoi faire à ce niveau.

Il faudra aussi compter sur les quêtes annexes pour se faire de l'or et de l'expérience, plutôt que sur l'enchainement de mobs pendant des heures. Ici, les monstres ne repopent pas. Selon la progression du joueur dans l'histoire, de nouveaux apparaitront, mais vraiment pas du même calibre...
En même temps, Risen propose une tripotée de quêtes annexes, toutes plus ou moins intéressantes, rajoutant par la même occasion une couche de cohérence à ce monde déjà très bien fourni et qui dénote un certain soucis du détail et un réel amour du travail bien fait, dont certaines grosses licences devraient prendre exemple. Bien entendu, l'accès à certaines quêtes sera directement influencé par vos choix tout au long du jeu, à savoir : j'ai tué celui-ci, pris parti pour celui-là. Bref, du simplote. Mais du bon simplote malgré tout.
 
 
 
 
Risen fait parti de ces jeux qui ne se pavanent pas pendant des heures sur le moteur graphique et le nombre de polygones affichés. De toute façon, sa beauté est ailleurs. Là où l'on aurait pu découvrir un monde bêtement manichéen comme le veut la coutume, Pyranha Bytes nous offre une expérience vraiment marquante tenant sur une quarantaine d'heures, avec un vrai fond et une forme des plus séduisantes (sauf peut-être le chara-design...), même si elle est servie dans une version 360 plutôt maladroite.
 
 
 
 

+ -
- L'ile de Faranga.
- L'utilisation du contre-jour.
- La progression du personnage.
- Le système de combat simple mais efficace.
- L'ambiance sonore / les musiques.
- Très bonne durée de vie.
- Le comportement des ennemis vraiment sympa...
- ... mais frustrant par moment.
- le côté fantasy/réaliste bien assumé.
- L'histoire manque un peu de surprises.
- Techniquement trop inégal.
- Quelques bugs étranges viennent ponctuer l'aventure.
- Un portage console un peu foireux, faut l'dire...
- Les temps de chargement qui s'étalent un peu.
- Notre héros... Le chara-design limité en général : ils savent à quoi ça ressemble une femme les développeurs ? Bordel de nib'...

voir la fiche du jeu 14
voir la galerie complète Note offline

 

Copyright Xboxlive.fr 2002-2010 - Tous droits réservés - 77 connecté(s)  - Publicité
 
 
+1 Xbox