Test de Unreal Championship 2 : Liandri Conflict
écrit par Prune
 
 
Une chose est frappante en lisant vos différents messages sur notre forum : rares sont ceux qui aiment encore les FPS bien bourrins. Il suffit de lire vos commentaires sur le Live de Halo 2 pour le constater. Pourtant, l’un des tous premiers FPS jouable en ligne sur Xbox fut Unreal Championship, soft qui est à la finesse ce que le tour de taille de Maïté est à Kate Moss. Alors tremblez messieurs les intellectuels du FPS puisque voici qu’arrive Unreal Championship2 : The Liandri Conflict (UCLC) et sa horde de joueurs bovins habitués à hurler leur fureur à chaque frag et à se repaître de l’incompréhension du pauvre apprenti Ding Chavez ayant eu le malheur de s’égarer dans cette contrée où l’inculture est une religion. Pourtant, le repentir existe. UCLC en est la preuve.
 
 
 
 
Un FPS ? Non, un TPS !
 
Ne vous y trompez pas. Il ne s’agit pas de faire de la publicité pour un opérateur de télévision par satellite. Non, ce titre fait référence à l’évolution de gameplay subie par Unreal Championship 2. En joueurs blasés que nous sommes, et connaissant la propension des éditeurs à nous sortir des suites sans surprises, nous nous attendions tous à retrouver un jeu relativement identique à l’opus précédent. Et bien nous en sommes tous pour nos frais. Car désormais, UCLC n’est plus un First Person Shooter, mais bel et bien un Third Person Shooter. D’expérience, on peut se dire que cela n’est pas forcément garant de nouveauté. Heureusement, il en va autrement dans le cas présent.

Se jouant dorénavant à la troisième personne, le titre gagne, et c’est un comble, en stratégie et en finesse. La vue adoptée permet une meilleure appréhension de l’environnement. Et qui dit meilleure appréhension, dit fourberies revues à la hausse. Ce n’est pas anodin puisque les possibilités offertes au niveau des actions de votre personnage sont véritablement dopées, comme dans un jeu d’aventure traditionnel en fait. Citons pêle-mêle les sauts successifs sur des parois pour atteindre des positions élevées, la faculté d’effectuer un rush pour vous propulser vers un point éloigné ou fondre sur un ennemi, un bouclier vous permettant d’encaisser les coups et tirs de vos adversaires, le choix entre des armes à feu et de contact, l’ utilisation de facultés spéciales grâce à votre adrénaline ou encore l’apparition de fatalités dignes de celles de Mortal Kombat (ce qui n’étonne que moyennement sachant que l’éditeur du jeu est Midway). Réaliser ces différentes actions demandera bien sûr un important effort de mémorisation de votre part, puisque les combinaisons de touches à retenir sont conséquentes, mais au final, le pari est réussi. En effet, une fois que vous aurez assimilé tout cela, vous vous retrouverez avec un mix réussi, à mi chemin entre un Devil May Cry ou un Ninja Gaiden pour ceux qui joueront à la troisième personne et un FPS pour ceux qui utiliseront la vue à la première personne. Car oui, pour ne pas trop bousculer le joueur qui aime avoir sa grosse bertha devant les yeux, il est possible de conserver une vue traditionnelle. En fait, vous avez la faculté de basculer dans une perspective classique avec votre arme à feu par une simple pression sur le bouton noir. Appuyez de nouveau sur cette touche ou sur B et vous reviendrez en vue à la troisième personne.

Après un temps d’adaptation, tout cela s’enchaîne avec aisance et la pratique du titre devient fun et agréable. D’autant plus que les développeurs ont enfin donné de la consistance au solo. Fini les successions de matchs sans trame scénaristique du premier opus. Ainsi, le mode principal vous permettra d’incarner Anubis, l’homme à la tête de chacal, et accessoirement dieu égyptien, pour en faire le nouveau champion de Liandri. Pas forcément captivant, mais la présence d’une cinématique avant chaque match permet d’immerger le joueur dans l’univers d’Unreal. Achever cette campagne ne s’avèrera pas inutile puisque vous pourrez débloquer de nouveaux personnages jouables. Seulement, vous ne les déverrouillerez pas tous. Il vous faudra ensuite participer au tournoi organisé pour chacun des protagonistes. Enfin, obtenir le personnage ultime, Rayden le dieu du tonnerre de Mortal Kombat, vous demandera de terminer des défis corsés. Et ce ne sera pas une mince affaire avec l’augmentation rapide du taux de précision de vos adversaires. Un dernier mode de jeu subliminal vous permettra de débloquer le personnage le plus dispensable du titre : Démosthène, dieu du doigt aux peoples. Si l’on ajoute que plusieurs niveaux de difficulté ont été inclus afin que vous puissiez trouver «bot» à votre pied, qu’un tutorial très bien fichu est inclus et que vous pourrez reparcourir à votre guise les niveaux achevés pour améliorer votre score, nous tenons là un titre réussi qui pourra donner du plaisir aux joueurs solitaires. Et en y regardant de plus près, le solo d’Unreal Championship 2 demeure tout à fait satisfaisant, se permettant d’être bien plus réussi que celui de nombre de FPS censés avoir un mode offline prenant. De toute façon, il est impératif de s’y intéresser une bonne dizaine d’heures afin de se familiariser avec ce nouveau gameplay et les nouvelles armes. Bref, si de prime abord, on pourra considérer que UCLC reste bourrin, il faut bien voir que la refonte du gameplay est bienvenue, nous donnant un FPS/action très réussi et nerveux.

Si la lassitude peut faire son apparition, chose inhérente du fait de situations finalement peu variées (une arène, des adversaires, une seule solution : les annihiler), la scénarisation, les personnages à déverrouiller (condition impérative pour les utiliser sur le Live), la durée de vie et le nouveau gameplay parviennent à atténuer ce sentiment.
Au final, on parcourt UCLC le sourire aux lèvres, ce qui est assez rare pour un jeu de ce type.
 
 
 
 
Le très haut débit à portée de tous…
 
Non, non, non, je ne fais aucunement de la publicité pour les fournisseurs d’accès à internet. Vous avez décidé de me contrarier ou quoi ? Alors pourquoi un tel titre. Et bien parce que, tel Robert Pirès durant la coupe du monde 98, il va falloir muscler non pas votre jeu, mais votre connexion internet. Oui, car pratiquer UCLC sur le Live va vous faire regretter votre abonnement de 10 ans à 75 euros par mois pour du 1024/128 avec option joueur chez Mamadoo, célèbre F.A.I. africain. Pourquoi une telle haine à l’encontre de ce digne opérateur historique du Biafrogalistandesh?

En fait, c’est assez simple. L’optimatch d’Unreal Championship 2 se révèle être assez mal fait, ne proposant pas le tri des parties par la langue de l’hôte. Même si l’on commence à y être habitué, cela fait que vous aurez de fortes chances de vous retrouver dans des parties disposant de joueurs votant massivement pour Georges Bush. Et là, vous ne vous prendrez pas du jet lag (décalage horaire pour les incultes), mais du lag tout court. Et celui-ci est digne des pires heures de Star Wars Battlefront ou de Project Snowblind. Vous aurez donc à faire à des joueurs dopés aux Smacks (tellement bon qu’ils font des bonds), à des tirs partant de votre arme avec une bonne seconde de décalage… Bref, la frustration totale. Il ne faut certes pas totalement noircir le tableau, sachant que cela est assez aléatoire, mais au gré des connexions et déconnexions des participants, vous verrez la fluidité du jeu sur le Live et la gestion de la voix changer du tout au tout. Ainsi, il paraît utopique de vous connecter aux sessions de nos amis américains si le nombre de joueurs est proche de la limite autorisée (8 au maximum). Par contre, les parties à 4 sont un peu plus stables. Nous aurions donc apprécié de pouvoir participer à des joutes uniquement réservées aux praticiens de la langue de Molière, mais malheureusement, ce sera au petit bonheur la chance. D’une part car les gamertags de la plupart de nos compatriotes brillent par leur inspiration anglaise ou orientale, rendant un hôte français difficilement décelable. Et ensuite du fait que leur nombre sur ce jeu est aussi élevé que les cheveux sur mon crâne. Et c’est bien dommage, car avec une connexion décente, et uniquement entre personnes s’apprêtant à voter non à la constitution européenne, le jeu s’avère fluide et juste exceptionnel.

Côté modes de jeu, on ne criera pas au génie. Un p’tit Deathmatch par ici, un Capture the Flag par là, bref rien que nous ne connaissions déjà. Mais le paramétrage assez complet des conditions de match apportent des orientations différentes, notamment si vous activez le one shot, one kill qui permet de rendre le jeu très tactique. Celui-ci se trouve encore renforcé par la possibilité de choisir votre personnage parmi ceux que vous aurez débloqué en solo, chacun disposant de d’avantages et d’inconvénients. Privilégierez vous la vitesse ou la résistance de votre avatar ? A vous de choisir si vous préférez transformer Unreal Championship 2 en boucherie Sanzot ou en charcuterie fine…Ce ne sont pas non plus les maps au level design inspiré qui viendront ternir le tableau. Pour finir, des contenus téléchargeables sont d’ors et déjà prévus (nouvelles skins pour les personnages).

Tout cela laisse un sentiment mitigé. Soit vous avez une grosse…connexion à internet (ouf, un dérapage malencontreux a été évité) et selon toute vraisemblance, toutes les parties vous seront accessibles et alors, le fun sera avec vous. Soit vous en avez une petite…de 128 Kbytes/s en upload et il faudra vous rabattre sur les rares parties françaises ou apprendre à vous éclater à 4 sur des sessions étrangères. Un peu rageant, car, Unreal Championship 2 n’en demeure pas moins prenant et réussi sur le Live.
 
 
 
 
La paire de lunette Alchelou qui vous évitera de devenir aveugle devant UC
 
Mais puisque je vous dit que je ne fais pas de publicité ! J’ai une déontologie moi messieurs (nd Démosthène : oui, celle du fric). Passons…
Je ne reviendrai pas sur le débat soulevé à l’occasion du test de Project Snowblind, où mon argumentation principale consistait à comparer FPS issus de grosses licences, et FPS tentant d’en créer une, ce qui me faisait arriver à la conclusion que seuls les premiers étaient réussis. Unreal Championship 2 vient confirmer cela. Le premier opus était déjà magnifique et n’a pas à rougir face à ses concurrents actuels, son successeur suit la même voie.
Nous retrouvons donc des graphismes de toute beauté, avec des textures riches, aux couleurs chaleureuses mais jamais criardes, et avec un aliasing qui sait se faire discret. Une nouvelle fois, notre grosse Xbox, prouve que, malgré son design assurément raté, elle reste la maîtresse et gardienne des titres à la réalisation de haute volée. Autant être franc, ce jeu m’a vraiment impressionné. Non pas qu’il soit à la pointe du progrès avec utilisation à outrance de normal mapping et autres insultes d’informaticiens, mais simplement qu’il verse dans le bon goût et le raffinement permanent. Malheureusement, le dicton «graphismes qui boivent, moteur qui trinque» se vérifie une nouvelle fois. Aussi, UCLC n’est pas d’une fluidité absolue. S’il ne ralentit jamais excessivement, quelques chutes de frame rate sont aisément perceptibles ça et là. Pour autant, cela vous empêchera-t-il de transformer votre infortuné adversaire en saucisse de Montbéliard ? Non. L’essentiel est donc sauf.
Je vous disais précédemment que la campagne vous proposant d’incarner Anusbis (désolé, mon doigt a glissé) euh… Anubis, était introduite par des cinématiques. Dans la moyenne des productions actuelles, celles-ci ne sont ni belles, ni moches, juste quelconques. Leur présence contribue fortement à vous faire pénétrer dans l’univers d’Unreal et à vous accrocher au reste du solo qui se voit privé de ce luxe. Distribué par SEGA en Europe, UCLC bénéficie d’une localisation. Aussi, tout commentaire émis par un adversaire, toute insulte que vous lui enverrez ou tout dialogue s’effectuera donc en français avec un doublage convaincant. Le reste des bruitages est d’excellente facture que ce soit le cliquetis de vos armes ou la mort d’un adversaire, tout cela n’étant pas sans évoquer ceux que l’on peut entendre dans une boucherie.
 
 
 
 
On ne peut quasiment rien reprocher à Unreal Championship 2: The liandri Conflict. Gameplay agréable et bien trouvé, réalisation qui flatte la rétine, mode solo très prenant et réussi même s'il peut lasser sur la durée, seule la pratique du titre sur le Live s’avère un peu poussive avec les joueurs étrangers pour les possesseurs de connexions internet à faible débit. L’essayer, c’est l’adopter. Un achat hautement recommandé pour les amateurs de FPS.
 
 
 
 

+ -
- La réalisation
- Le solo
- La refonte du gameplay
- Le mode Live
- Pas mal de lag sur les serveurs étrangers
- Un brin répétitif en solo
- La publicité faite par Prune tout au long du test

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