Test de Burnout 3 : Takedown
écrit par Prune
 
 
« Je suis le roi de la route, j’m’amuse à 200 à l’heure, je peux faire Paris-Beyrouth en une demi heure… ». Ce standard de la chanson française, interprété par les VRP, décrit à merveille le comportement que vous devrez adopter en jouant à Burnout 3 : Takedown. Premier titre compatible Xbox Live d’Electronic Arts (EA), ce jeu arrive sur Xbox, tout auréolé de la flatteuse réputation dont il dispose depuis le succès de ses 2 précédents volets.
Après avoir eu vent des tractations ayant eu lieu entre Microsoft et l’éditeur pour que celui-ci développe sur le Live, inutile de dire que B3TD est attendu au tournant. Takedown réussi ou raté ?
 
 
 
 
«Un p’tit bras d’honneur, ça c’est mon bonheur» Les VRP 1989
 
Burnout 3 : Takedown (B3TD) tranche radicalement avec les productions actuelles qui sont plutôt orientées vers la simulation. Ici, il s’agit d’une jouabilité typiquement arcade. La gâchette de droite pour accélérer, celle de gauche pour freiner, le bouton A pour le boost et le stick gauche pour se diriger. Les autres touches ne servent à rien. Pas trop difficile à appréhender, n’est-ce pas ?

Même s’il ne s’agit finalement que d’un jeu de conduite, les développeurs ont ajouté une touche de stock-car au gameplay. Et c’est cela qui permet à B3TD de faire l’unanimité auprès de nombreux amateurs de jeux de caisses. Pour étayer un peu mon propos, je vais faire appel à votre connaissance des jeux vidéo. Prenez Project Gotham Racing 2. Vous vous souvenez sûrement d’accidents mémorables où vous avez entraîné vos adversaires dans le décors. Dites vous que Burnout 3 va 100 fois plus loin. Cela est principalement dû à une gestion des dégâts parfaite et à une mise en scène des carambolages nerveuse et stylée. En effet, chaque collision où vous serez impliqué donnera lieu à une interruption de votre partie durant quelques secondes où vous pourrez admirer votre «œuvre» sous toutes les coutures. Les capots volent, les vitres se brisent, les voitures s’élèvent puis retombent lourdement, etc… Bref, vous l’aurez compris, tout ce que vous ne ferez pas dans la vie réelle, B3TD vous l’autorise virtuellement. Ajoutons que le jeu vous incite à cela avec le fameux Takedown présent dans le titre du jeu. Kézako ? Il s’agit tout simplement de provoquer les crashs de vos concurrents en les propulsant dans une tierce voiture, dans un mur, etc… Vous en êtes avertis à l’écran et un rictus sadique sera visible sur votre visage… surtout si vous accomplissez cela en Live !

Le néophyte appréciera. Le joueur ayant parcouru Burnout 2 de fond en comble sera plus désarçonné. Celui-ci était déjà bien arcade, mais B3TD bat tous les records. Il ne faut désormais plus trop se soucier des courses, mais véritablement se fritter avec les concurrents. Taper un mur n’est pas bien grave, et le retard que vous pouvez avoir se comble très facilement. Il s’agit donc d’appliquer la maxime de Jean Alesi et aller à fond, à fond et de détruire le plus d’adversaires possibles. Certains de ces joueurs pourront donc être déçus, mais le jeu devient encore plus spectaculaire.

Le mode solo se résume à un tour du monde sur 3 continents ( Amérique du nord, Europe et Asie) où vous prendrez part à 173 épreuves. Citons des contres la montre, des courses contre 5 concurrents, des concours de crash ou de Takedown, des grands prix, des spéciales, etc…
La variété sera donc de la partie et vous ne devriez pas ressentir de lassitude. Ces épreuves se déverrouillent au fur et à mesure de votre progression, et devant leur nombre, la durée de vie du titre s’avère gigantesque, surtout si vous souhaitez le finir avec les 173 médailles d’or en poche.

Encore une fois, dit comme cela, le challenge peut vous paraître simple. Comme vous êtes naïfs ! Quand vous prenez votre voiture pour aller vous balader, que croisez-vous ? D’autres voitures. Bonne réponse. Les circuits sur lesquels vous accomplirez vos exploits se déroulent donc en pleine ville avec le trafic que cela implique. Et vous n’imaginez pas à quel point la circulation est dense… Pour résumer, vous devrez donc réaliser l’objectif fixé par la console, surveiller vos éventuels concurrents et faire attention à ne pas cartonner les automobilistes lambdas. Et avec l’excellente impression de vitesse du jeu, c’est plus facile à dire qu’à faire. Dites-vous bien que cela ira crescendo vu les bolides des catégories supérieures. Vous apprendrez bien vite à vous méfier des carrefours (les croisements, pas les grandes surfaces…).

Certes, avec de la pratique et un peu de réflexes, on parvient à se faufiler au milieu des autres voitures avec aisance et réaliser un tour parfait ne sera plus une utopie. Mais Criterion ne l’entendait pas de cet oreille. L’IA de vos concurrents est retorse à souhait. Ceux-ci sont particulièrement agressifs et n’hésiteront pas à vous rentrer dedans pour vous éliminer temporairement. Cela ne donne que plus de panache à vos victoires. Cependant, une course n’est jamais définitivement perdue. Tout d’abord, vos adversaires commettent des erreurs et finissent souvent dans la voiture de la mémé de Démosthène qui partait faire ses courses. Cela vous permet donc de les rattraper. De plus, le jeu dispose d’un système à la Mario Kart, à savoir que le dernier de la course récupérera plus facilement du boost que le premier. Vous ne serez donc jamais frustrés et la console vous mettra toujours la pression.

Le petit coup de cœur ira aux concours de crashs où, au milieu de la circulation, vous devrez vous débrouiller pour créer les plus grand carambolage possible. Un nombre d’automobiles accidentées est requis pour activer le mode Crashbreaker. Cela vous permet de faire exploser votre voiture et de récupérer des bonus de scores répartis sur la chaussée, ou d’entraîner un peu plus de voitures innocentes dans votre macabre exploit. Le score à atteindre devient de plus en plus élevé, mais pas de panique, si vous observez bien le circuit et récupérez les bonus les plus intéressants comme les multiplicateurs de score, nul doute que vous y arriverez.

Le nombre d’engins de mort est tout à fait honorable puisque l’on en recense 67, à déverrouiller tout au long du jeu (par votre score Burnout, votre score crash, où en remportant certaines courses comme les défis). Cela ira de la petite citadine à l’autobus ou au camion de pompier.

Il semblerait que le jeu plante parfois sur les Xbox de première génération puisqu’il m’arrive souvent de devoir rebooter ma console devant des freeze durant les temps de chargement.

Bref, le mode solo de Burnout 3 : Takedown est une véritable tuerie. Long, pas prise de tête, terriblement défoulant et jouissif, vous tenez là le jeu de voiture qui vous tiendra longtemps en haleine.
 
 
 
 
J’en ai rêvé, Electronic Arts ne l’a pas fait !
 
Premier jeu compatible Live de son catalogue en Europe, EA se devait de nous sortir un titre avec une connexion réseau impeccable. Vous subirez votre premier choc lorsque vous utiliserez ce mode pour la première fois. La console se connecte au Live, et vous annonce le transfert de vos données vers EA. Et devinez quoi ? 5 minutes plus tard, vous disposez d’un beau petit mail de l’éditeur vous demandant si vous acceptez de recevoir des offres de partenaires. Mercantilisme quand tu nous tiens… Alors certes, cette attitude est tout à fait normale, personne n’étant philanthrope, pas même moi qui suit pourtant proche de la perfection, mais on peut se demander s’il ne s’agit pas de la seule raison pour laquelle EA voulait récupérer la gestion des serveurs… Et au vu de ce qui va suivre, vous allez voir que parfois, il vaut mieux ne pas se montrer trop prétentieux, même lorsque l’on est numéro 1 mondial dans l’édition de logiciels de loisir.

La connexion en elle-même est excellente, et bien que pour la plupart des modes de jeu le nombre de joueurs soit limité à 6, une personne disposant d’une ligne ADSL avec un upload de 128 ko/s pourra prétendre héberger une partie sans lag. Le point fort du jeu est sans doute là. Après de nombreuses heures de jeu, aucun temps de latence n’a fait son apparition durant une partie. Ne mâchons pas nos mots, c’est une véritable réussite, d’autant plus surprenante que le trafic en pleine course est présent et que le jeu reste toujours très speed et très agréable à regarder.

Alors pourquoi avons-nous vu fleurir les plaintes concernant le mode réseau de ce jeu ? Et bien il semble que Criterion ait inséré des modes de jeu cachés, en plus des excellents modes Crash, Road Rage, Course, Crash Fiesta présents dans le jeu. En effet, vous aurez la possibilité d’utiliser le mode «Impossible de rejoindre une partie», le mode «déconnexion sauvage durant le lancement d’une partie ou à la fin de celle-ci», ou encore le fameux mode «Crcerror entend Prune, qui ne l’entend pas mais entend parfaitement SnakeX, qui lui même n’entend personne ».

Certes, cela ne se produit pas tout le temps et dépend énormément de la saturation des serveurs. Mais il est souhaitable qu’Electronic Arts assume ses choix et fasse le nécessaire pour améliorer la gestion du réseau. C’est d’autant plus regrettable que lorsque vous êtes en pleine partie, le jeu est terriblement fun et nul doute qu’il deviendrait vite une référence du Live (même un réfractaire comme moi y a été converti, c’est vous dire !). Nous allons prendre l’exemple de 4 joueurs. Chez Crcerror et chez moi, 8 fois sur 10, le jeu fonctionne nickel. Chez SnakeX, cela varie entre 6 et 7 fois sur 10. Chez Blimblim, homme détestable s’il en est, cela descend à 1 fois sur 10. Même si vous vous dites, à raison, que c’est bien fait pour lui, il est dommage de ne pouvoir lui takedowner sa face de tyran sur le live. Pour finir, si vous jouez en 50 hz, vous ne pourrez rejoindre des joueurs en 60 hz et inversement… Quelle classe !

En fonction du mode choisi (Course Simple, Road Rage, Eliminateur, Fiesta Crash, Duo Crush, Double Impact), vous pourrez jouer avec 2 à 8 autres personnes, la plupart se jouant à 6 personnes comme je vous l’ai dit plus avant. Les circuits sélectionnables sont nombreux et dépendent de votre pourcentage de progression dans le jeu. Il est possible de verrouiller les catégories de voitures et de sélectionner la langue de l’hôte. Les scores que vous réaliserez en réseau s’ajoutent à vos scores solo et vous permettent ainsi de déverrouiller certains véhicules si vous n’êtes pas trop adepte du jeu en solo, ce qui est bien vu de la part des développeurs.

L’interface n’est pas très pratique, mais avec un peu de temps, on s’y fait. Le plus pénible reste le système d’invitation des amis. Tout d’abord, vous ne verrez que vos contacts présents sur Burnout3, vos autres amis en ligne étant inscrits sans aucune autre précision. Il n’est pas possible de les inviter. Seuls ceux qui jouent à B3TD peuvent vous rejoindre par ce biais.
 
 
 
 
«Je ne vois déjà plus la route depuis un quart d’heure» Les VRP 1989
 
Ne tergiversons pas ! B3TD dispose d’une réalisation en béton armée.

Graphiquement, le jeu est une réussite. Les textures sont fines et assez détaillées. Aucun clipping ne se fait ressentir et les bugs 3D sont quasi-inexistants. Les bolides brillent de mille feux et la lumière et le décors se réfléchissent sur eux. Le plus impressionnant, reste la mise en scène des accidents, qui a grand renfort de particules et de morceaux de voiture volants vous en mettrons plein les yeux et vous subjugueront. Quand vous touchez les rambardes ou un concurrent, des étincelles s’échappent de votre carrosserie. Quand aux déformations des véhicules, rien à redire. Selon votre vitesse, un effet de blur de belle facture fera son apparition. Quand vous conduisez face au soleil, celui-ci vous aveugle et vous empêche de voir correctement la route. Bref, le titre est très soigné et si son style graphique est peut être moins recherché que dans PGR 2, il n’en demeure pas moins que sa réalisation est excellente.

L’animation est sensationnelle. Malgré le fort trafic présent, le jeu ne ralentit jamais, aussi bien en solo qu’en live, et la sensation de vitesse est juste excellente. Si déjà, les premières courses en compact vous semblent trop rapides, je vous laisse imaginer ce que vous allez ressentir lorsque vous aurez accès à la Formule 1. Vous pouvez rentrer dans de nombreux obstacles qui s’envolent avec beauté. Le moteur physique est du même tonneau. Les voitures impliquées dans un carambolage ont des trajectoires et un comportement réaliste, bien qu’un peu exagéré.

La partie sonore n’est pas en reste. Les musiques disponibles dans le jeu sont issues de groupes plus ou moins connus et oscillent entre rock et punk rock. Si vous n’aimez pas, vous pourrez utiliser votre bande son personnalisée, ce qui est vraiment appréciable devant le temps que vous allez passer sur le jeu. A noter que vous pouvez même l’utiliser en Live. Les bruitages lors des croisements avec d’autres voitures sont crédibles et ceux des crashs sont incroyablement réalistes, tant et si bien qu’il m’arrive parfois de ressentir un malaise lorsque j’entends le choc de l’accident (et oui, on a tous sa vie et la mienne m’a apporté plusieurs accidents de voitures…).

Connaissez-vous Starman ? Ce DJ viendra souvent interrompre la musique du jeu pour vous annoncer les différentes informations. Sa voix est un peu pénible et il fait plus penser à Séverine Ferrer en train de présenter Fan De… qu’ à un DJ. Cependant, il a le mérite d’exister et de renforcer un peu plus l’immersion dans le jeu. De toute façon, vous finirez par vous y habituer.

La maniabilité est excellente. En quelques minutes, on est dans le bain. Un petit tutorial fort bien fait, malgré la voix de notre ami Starman, vous expliquera les différentes touches et le principe du jeu.
 
 
 
 
Beau, fun et très prenant, Burnout 3 : Take Down est une indéniable réussite. Le mode solo est excellent, et le mode Live, lorsque l’on arrive à s’y connecter, apporte une dimension supplémentaire au titre. Bref, pour nous, il s’agit de l’un des meilleurs titres Live par sa convivialité. Quel dommage que l’interface lourde et la gestion du réseau handicapent un peu le jeu. Espérons qu’Electronic Arts aura la bonne idée d’améliorer son réseau (plus de serveurs , meilleure bande passante) et/ou nous offrira un patch, sans quoi B3TD sera déserté petit à petit et, surtout, sa crédibilité d’éditeur sera réellement mise à mal sur Xbox.
 
 
 
 

+ -
- Mode solo génial
- Réalisation sans failles
- Très fun en live
- La gestion du live très perfectible
- Rien
- Nada

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