Voilà… SnakeX me tend la boite de Colin McRae 2005. Je m’en saisis mais Snake ne la lâche pas complètement et me dit, avec un air grave : « Tutu… tu vas en faire le test… ». Mon rythme cardiaque s’accélère, mes mains deviennent moites. Bon sang ! Cette mission est périlleuse mais je me dois, pour le bien de tous, pour sauver le monde, de la réussir !
Alors, qu’est-ce que c’est que Colin McRae 2005 ? Ce n’est pas, comme je le croyais au début, la 2005ème version de Colin McRae, mais juste la 5ème. Un jeu de rallye qui a déjà 4 épisodes avant lui ? Bigre… ce doit être une bonne série si Codemasters en a fait autant… Penchons nous néanmoins sur la bête.
J’ai toujours rêvé de devenir pilote !
Après une séquence d’intro plutôt réussie, me voilà dans le dédale des premiers menus. L'interface est originale -menus horizontaux et non verticaux comme dans la plupart des jeux- et se montre claire et intuitive.
Désirant tout d’abord essayer le jeu seul pour ne pas avoir l’air totalement ridicule sur le Live, je m’évertue à dénombrer les différents choix qui me sont offerts pour un challenge en solo. Les habituels modes de la série sont là : Spéciale, Rallye ou Championnat dans lequel on y incarne Colin McRae en personne, sans limitation de voiture. A ces modes classiques hérités de CMR4 vient s’ajouter un mode carrière. Et là, c’est une vraie grosse nouveauté par rapport aux épisodes précédents. On commence avec une Polo toute pourrie (enfin… tout est relatif, hein ! ) et on concourt sur plusieurs épreuves. Ce mode vous tiendra en haleine très longtemps et demandera aux futurs pilotes que vous êtes une bonne dose d’endurance et un courage important. En effet, les 9 rallyes sont constitués pour la plupart d’une bonne dizaine de spéciales qui se révèlent toutes assez longues et éprouvantes. De même, vous serez amenés à participer à des coupes, des super-coupes et des challenges, qui auront pour décors les 9 rallyes nationaux. Etant donné que nous avons affaire à une simulation, les voitures souffrent au fur et à mesure des épreuves et les séquences « atelier » viennent s’intercaler entre chaque spéciale, afin de réparer son bolide et éventuellement le régler pour la spéciale suivante (réparations qu’il faut effectuer dans le délai imparti, comme dans les vrais rallyes). D’ailleurs, en ce qui concerne ces réglages, les passionnés trouveront leur bonheur tellement les options sont nombreuses : une voiture bien réglée grapillera quelques précieuses secondes sur une spéciale par rapport à une voiture pour laquelle on aura laissé les réglages par défaut. Un bon point pour les férus de simulation.
Au fur et à mesure des courses et de ses classements, on gagne des points qui servent à débloquer des tracés et des épreuves supplémentaires. De nouvelles voitures deviennent disponibles également, selon nos résultats.
Quant à la progression, celle-ci n’est pas linéaire car elle se fait selon le principe d’une arborescence. Le joueur n’est pas obligé de passer systématiquement par un rallye donné pour continuer sa carrière. Il peut choisir une autre épreuve et progresser dans une autre branche s’il le désire. Cela nous évite la lassitude causée par un échec répété sur une seule épreuve qui nous condamnerait à rester bloqué à ce stade du jeu. Un bon point encore pour Codemasters qui évite l’ornière du mode de jeu trop linéaire.
En tout et pour tout, vous aurez droit à près de 300 étapes à franchir pour débloquer les 34 voitures réparties en 20 catégories différentes. Pour l’anecdote, des mythes tels que la Lancia Stratos ou l’Audi Quattro sont au nombre des voitures disponibles ! Miam ! Bien évidemment, vous aurez accès à la fine fleur du plateau actuel : Mitsubishi Lancer, Subaru Impreza, 206 Peugeot, Audi A3, Citroën Xsara, etc… etc… dispatchées dans leurs catégories officielles. Là encore, la présence des vraies voitures du championnat du monde des rallyes renforce le sentiment d’immersion dans une simulation plus que réaliste. Le seul hic, c’est qu’en l’absence de la licence officielle de la FIA, les noms des pilotes sont farfelus.
Bref, vous l’aurez compris, la durée de vie a considérablement été augmentée par rapport à la précédente version de Colin McRae, d’autant plus que la difficulté est toujours au rendez-vous en ce qui concerne certains tracés.
Maintenant, ce nouveau mode Carrière n’est pas exempt de tout reproche. Tout d’abord, il oblige souvent à enchainer plusieurs fois de suite les mêmes tracés (on passera par exemple d’un rallye en Angleterre à une Super-coupe dans le même pays). Rien de plus pénible que de se retaper les spéciales qu’on vient de finir laborieusement juste avant lors d’une autre épreuve.
De même, pour ceux qui sont fidèles à la série des Colin McRae, il n’y a qu’un seul nouveau rallye (bien vicieux d’ailleurs !), à savoir celui d’Allemagne. Le reste n’est que du réchauffé et les spécialistes de Colin McRae 4 connaitront déjà quasiment par cœur tous les tracés. Dommage dommage…
Fichtre ! Mes amis aussi sont pilotes de rallye !
Après m’être entrainé seul et après avoir professionnellement exploré tous les fossés, ravins et arbres de tous les pays en mode carrière, je me sens d’attaque pour conquérir le monde du Live! Je me connecte et je décide d’en découdre avec les premiers manants venus ! L’interface est pratique et intuitive : on trouve une partie rapidement, on peut y gérer ses amis et la création d'une session permet de régler les options de course aux petits oignons. Le seul petit soucis est qu’il n'existe que peu de sessions sur le Live. Pour tout vous dire, en optimatch, j’ai laissé les critères de sélection par défaut pour que cela m’affiche toutes les parties existantes sur le live (tous mes tests sont intervenus le soir aux habituelles heures de pointe). Et là, je n’ai eu droit à chaque fois qu’à une demi-douzaine de parties accessibles. Espérons que cette relative désaffection soit à mettre au crédit de la sortie récente du jeu.
En ce qui concerne les modes de jeu, ceux-ci correspondent à ceux du mode solo, mais en moins nombreux. Ne sont disponibles que les modes « spéciale » et « rallye » (dans lequel on court tout un rallye avec son ou ses adversaires). Si vous créez vous-même la session, vous aurez à choisir le nombre maximum de participants possibles. Sachez cependant que pour une partie avec 8 joueurs (le maximum autorisé par le jeu), il vous faudra un bon upload sinon la partie sera quelque peu gâtée par un lag omniprésent.
Sachez aussi tout de suite qu’il n’existe pas de mode collision. Colin McRae est un jeu de rallye, pas de stock-car. La seule apparition d’adversaires sur votre écran se fera par le biais d’un mode « fantôme » avec lequel vous pourrez connaître votre position par rapport aux autres. Impossible donc de balancer un abruti d’Anglais dans le ravin en lui balançant un amical « F*** YOU ! ». Eh oui… je sais… vous êtes très déçus… Moi aussi...Codemasters, sous le prétexte de fournir une pure simulation de jeu de rallye, aura réussi à contourner les problèmes qu’auraient engendrés une programmation des collisions. Même si je suis plutôt fan de simulation, j’avoue qu’un mode collision en sus ne m’aurait pas déplu, pour le fun. Mais ne nous plaignons pas, le jeu ne lague quasiment pas et ne souffre d’aucun ralentissement sur le Live , sauf si vous êtes en 512/128 et que vous hébergez la partie.
Par contre, j’aurais un petit reproche à émettre : la gestion de la voix est un peu capricieuse parfois, avec de gros décalages entre la prononciation d’une phrase et l’arrivée de celle-ci aux oreilles de votre adversaire. Sachez aussi que par défaut, la voix du copilote est absente lors des spéciales. Si vous décidez de l’activer, vous n’entendrez alors plus votre adversaire dans le communicator. Parallèlement, même si vous n’activez pas la voix du copilote, mais que votre adversaire décide de le faire, cela coupe quand même son communicator et vous ne l’entendrez pas. Je trouve que cela nuit au côté convivial du Live, même si je dois admettre que cela réduit sensiblement les risques de cacophonie pour nos petites oreilles fragiles.
En ce qui concerne la fréquentation du Live, révisez votre anglais car vous aurez la plupart du temps un ou deux rosbeefs… heu anglais voulais-je dire, dans votre session. C’est affolant le succès que connait Colin McRae outre-Manche ! Et ils sont bons les bougres !
Bon, sinon, quand vous fréquentez le Live, vous y arrivez avec votre petit classement personnel et vous repartez avec un classement qui aura subi une hausse ou une baisse selon vos prestations. Cela ressemble comme deux gouttes d’eau au classement ELO de Rainbow Six 3. Vos performances vous rapportent ou vous font perdre des points et vous gagnez ou perdez ainsi des places au classement mondial. Si vous voulez plus de précisions sur votre score et votre classement, vous pouvez consulter le détail de vos prestations, avec vos scores et classements dans les différents types d’épreuves du Live.
Vous l’aurez compris, le Live de Colin McRae 2005 est marqué du sceau de la compétition pure et dure ! Des conditions de course réalistes (sauf pour les réparations qui n’existent pas sur le Live), des compétions entières à disputer avec d’autres Liveurs, un classement exhaustif, vous en aurez pour votre argent !
Les mains dans le cambouis
Passons maintenant à la mécanique et ouvrons le capot. Colin McRae 2005 constitue, d’un point de vue technique, une suite sans grande surprise de Colin 4.
Le moteur graphique, bien que datant de 2002, est toujours aussi efficace : voitures très bien modélisées, environnements variés (paysages enneigés, boueux ou encore méditerranéens) relativement bien travaillés, fluidité d’animation, etc… Codemasters nous a tout de même ajouté quelques petites nouveautés du meilleur effet. Par exemple, l’écran se brouille après un choc violent, comme si le pilote que nous incarnons était « sonné » temporairement. Les disques de frein rougissent à chaque sollicitation. Les voitures se déforment de manière très réaliste après chaque rencontre avec un obstacle bénin de type arbre ou mur. D’ailleurs, lorsqu’on heurte un arbre, on peut voir celui-ci se déformer un peu et perdre quelques feuilles. Ca a pour effet de plonger le joueur encore plus dans l’ambiance stressante des rallyes. Les effets météos sont toujours présents et participent à l’immersion du « pilote-sur-canapé » dans sa course (l’enfer d’un rallye de Grande-Bretagne, en vue cockpit, sous la pluie demeure un must dans le genre !). L’impression de vitesse pourra sembler relativement lente à certains (surtout depuis la sortie de titre comme Burnout3) mais il s’agit en fait d’une retranscription fidèle de la vitesse réelle du véhicule. Quand on fonce à 130 km/h sur les routes sinueuses d’Espagne, c’est bien à 130km/h que la voiture circule, simulation oblige. Bref, côté graphismes, pas de grande surprise mais toujours aussi bien réalisé et même affiné sur certains points.
Côté ambiance sonore, les développeurs ont fourni un travail énorme pour ce qui est de la gestion du 5.1. En fermant les yeux, on « sent » la voiture tracer la route, faisant valser les cailloux derrière elle et provoquant les cris enthousiastes d’une foule en délire amassée aux endroits stratégiques du parcours. En vue cockpit, la sensation est quasi parfaite : la bande-son est telle qu'on ressent presque la voiture trembler, secouée dans tous les sens par une conduite qui ferait même vomir le plus grand acharné de Space Mountain. Pendant ce temps là, au lieu de régurgiter son big mac sur le tableau de bord, le copilote continue inlassablement à vous guider, le tout avec une voix très naturelle et bien réalisée. La seule réserve que j’émettrais concerne le bruit de certains moteurs, notamment de voitures de petites cylindrées, qui me paraissent un peu égrillards et stridents… (mais n’étant pas un spécialiste, je me trompe peut-être).
En ce qui concerne la maniabilité, Colin McRae 2005 reprend l’héritage de ses glorieux aînés : une réalisation nette et sans bavure. Les commandes sont quasi identiques à celles des autres jeux de course. La conduite est résolument axée simulation, même si certains éléments du gameplay viennent ronger ce côté réaliste. Lorsqu’on sort un peu trop du tracé, par exemple, on a droit à un beau fondu-enchainé de cinéma et notre voiture se retrouve téléportée au beau milieu de la route d’où l’on repart comme si de rien n’était…
Les surfaces de course sont bien retranscrites et il faut s’évertuer à adapter son pilotage en conséquence. Les modèles physiques des voitures sont également très réalistes et obligent le pilote à un temps d’adaptation lorsqu’il change de catégorie (entre une Saxo et un gros 4X4 type Paris-Dakar, il y a une sacrée différence).
J’aurais par contre un reproche à émettre à propos de l’annonce du parcours par le copilote et par les signaux de virage à l’écran. Les deux indications ne sont parfois pas bien synchronisées et on éprouve quelques difficultés à anticiper le parcours, trompés que nous sommes par ce défaut de synchro.
En conclusion, Colin McRae arrive toujours à nous étonner, malgré l’utilisation de recettes déjà éprouvées. Codemasters a « encore » réussi le tour de maitre de pondre du neuf avec du vieux, avec la maestria qu’on lui connaît.
Colin McRae 2005 est un excellent jeu de rallye, plus orienté simulation que ces homologues (à part peut-être Richard Burns) et offre une immersion très intéressante pour tout passionné de sport automobile. Un très bon jeu de rallye que tout amateur de ce sport se doit de posséder, autant pour la carrière solo que pour le Live.
+
-
- le mode carrière
- l’immersion
- enfin le live pour Colin McRae !
- un moteur graphique un peu vieillissant
- un seul nouveau rallye par rapport à Colin McRae 4
- un live perfectible (collisions absentes et gestion des voix médiocre)