Depuis Project Gotham Racing, aucun jeu de course automobile n’avait réellement déchaîné les passions sur notre bonne petite Xbox. Microsoft Games Studio est donc de retour avec un nouveau jeu de course : Forza Motorsport. Annoncé l’année dernière lors de l’E3 de Los Angeles, ce jeu avait fait parler de lui mais la démo ne montrait réellement pas les bons points du jeu puisque cette dernière affichait à peine 20 images par seconde et un gameplay qui aurait pu paraître douteux pour certains. Depuis que ce jeu a été dévoilé il a été pressenti pour être le Gran Turismo Killer; nous ne risquerons pas à en faire la comparaison mais COMMENT Microsoft s’y est-il pris pour tenter de faire mieux sans faire un jeu similaire et qu’en est-il donc de cette fameuse nouvelle licence tant attendue par les aficionados du jeu de course ?
Tout seul … c’est long
Le but des développeurs dans Forza Motorsport était tout simplement de prendre le meilleur de chaque simulation automobile vidéo ludique et d’en faire quelque chose d’encore plus poussé, en s’adaptant aux caractéristiques vieillissantes de la console (en gros comme s’il fallait apprendre l’informatique à Demosthene). C’est donc dans cette optique qu’il faut se lancer dans Forza. Dès le lancement du jeu vous aurez un menu très classique proposant des courses d’arcade, un mode carrière, une partie multi, du contre la montre et la possibilité de faire des courses libres.
La mode Arcade n’apporte rien de bien intéressant si ce n’est que vous devez effectuer tous les circuits du jeu à l’aide de la voiture de votre choix, dans la classe de votre choix. Le mode Carrière est quant à lui bien plus intéressant puisqu’en dehors du Xbox Live c’est là que vous passerez le plus de temps.
Tout débute par la création de votre profil. Banal vous allez me dire, et bien pas tant que ça, car on vous propose pour commencer de choisir votre continent d’origine : Asie, Europe ou Amérique du Nord. Ce choix influencera énormément la suite puisqu’en fonction de cette décision, les prix des voitures ainsi que ceux des pièces de remplacements différeront. Le choix s’effectuera souvent en fonction de vos préférences en matière de constructeurs automobiles.
Une fois votre profil enregistré, il est très intéressant de s’orienter vers le réglage de la difficulté. Il ne faut pas vous s’attendre à avoir le choix entre facile, moyen et difficile pour une fois. A la place, plusieurs paramètres vous seront proposés (affichage de la trajectoire, intelligence artificielle, dégâts, pneus, carburants, boîte de vitesse, ABS, TCS et ESP) et chacun de ces paramètres influera sur la difficulté. En contrepartie plus vous augmenterez la difficulté et plus vos gains augmenteront à la fin de chaque parcours. Il ne reste plus ensuite qu’à choisir une voiture et à se lancer en course. Le choix sera de toute façon assez réduit car la plus grande partie des voitures est à débloquer et vous commencerez avec un nombre de crédits assez limité.
Maintenant que vous avez une belle voiture, il va falloir commencer à faire des courses : tout d’abord les circuits fermés qui représentent 90% du jeu et bien évidemment les « bouts » de circuits. Tout cela classé par niveau (qu’il faut acquérir au fur à mesure du jeu) et par type de challenge (american muscle, moteur avant/traction, moteur central/propulsion etc.).
En dehors du Xbox Live, le mode carrière est certainement le mode le plus intéressant mais c’est aussi celui qui comporte le plus de défauts. Lorsque vous commencerez le mode carrière, vous vous rendrez compte de la durée de vie qui s’offre à vous. Des dizaines de championnats comportant eux-mêmes plusieurs courses sur plusieurs tours. Et, comme tout bon jeu de courses où l’argent vous fait progresser, plus vous passez la ligne d’arrivée en tête, plus vous êtes récompensés. Ajoutez à cela les bonus de crédits gagnés grâce à votre réglage de la difficulté et vous gagnerez au final plutôt bien votre vie.
Mais là est le problème. Car il devient très facile de gagnez de l’argent à chaque nouvelle série que vous commencerez et cela, peu importe le niveau. Plus vous boosterez votre voiture, plus vous aurez de chances de gagner, sans pour cela être le meilleur pilote de la terre. Vous enchaînerez donc les courses les unes après les autres en arrivant très souvent premier. Et comme à chaque fin de championnat vous gagnez une voiture, il vous suffira donc de la revendre pour avoir encore plus d’argent pour encore plus booster vos voitures. Au final, le mode solo devient lassant car vous voyez devant vous des tonnes de championnats qui vous attendent sans avoir réellement de challenge. La seule chose qui peut encore vous donner du fil à retordre c’est d’augmenter l’IA mais vous verrez très rapidement que cela en devient désagréable. Non pas que les autres voitures deviennent forcément plus performantes en course, mais tout simplement qu'elles deviennent vraiment très agressives. Et dans ce cas, il n’y a plus vraiment de simulation, sauf si le but est de tamponner les autres voitures (hého CRC ya un virage là, il faudrait freiner …. Booom).
Vous verrez donc qu’à force vous serez un peu fatigués d’enchaîner les courses pour terminer premier et débloquer la voiture de vos rêves, la challenge disparaît donc peu à peu avec l’envie de continuer.
Après avoir fait quelques courses il faudra tout de même penser à vous occuper de votre voiture et sur ce plan, les développeurs de Forza n’ont pas été radins du tout.
Tout d’abord la peinture, vous pourrez laissez libre cours à votre imagination et même vous faire une Ferrari Rose (sic…). Une fois la couleur choisie, il faut encore la décorer et une grosse série de stickers et autres décalcomanies vous seront proposés, à vous de les agrandir, tourner et tordre pour avoir le résultat recherché. On voit d'ailleurs fleurir sur le net des créations assez fantastiques (on regrettera seulement l’absence de lettres).
Il faut ensuite s’attaquer au cœur de la voiture. Là encore, le choix sera immense : moteur, échappement, boite de vitesse, allumage, pneus, suspensions etc., chaque pièce est adaptée au profil de la voiture. Si votre modèle ne peut d'ailleurs recevoir telle ou telle pièce dans la réalité, alors il en sera de même dans Forza. Idem pour les réglages : carrossage, vitesses, amortisseurs… suivent la même règle.
Mais attention. Chaque pièce à un prix et il faudra faire des courses pour assouvir votre soif d’accessoires. Pensez bien là encore qu’en fonction de votre voiture et de votre continent choisi, le prix de ne sera pas le même.
Préparez vous d'ailleurs à des calculs qui peuvent être complexes si vraiment vous voulez optimiser votre voiture. Car à chaque changement de pièce votre voiture change tant au niveau du poids mais aussi de la vitesse, de la puissance, de l’accélération … un vrai casse-tête pour les fans de sport automobile. Mais n’est ce pas trop casse-tête pour ceux qui aiment la conduite « simulation », mais qui ne veulent pas se perdre dans les réglages de leur voiture ?
Le mode solo est vraiment très riche mais on se demande si les développeurs n’ont vraiment pas voulu trop en faire. D'autant qu’au passage, ils ont peut être oublié d’y ajouter un intérêt et surtout de quoi motiver à finir le jeu. Car après avoir atteint un niveau assez conséquent, je ne vous cache pas que j’ai du mal à reprendre le jeu en main. Le mode carrière offre donc une longue durée de vie, mais il est difficile de trouver forcément l’envie d’aller jusqu’au bout.
A plusieurs c’est mieux …
Ah le mode Live, c’était il y a peu la grande inconnue de ce jeu. On était en droit d’exiger le meilleur en se basant sur les rumeurs que Microsoft voulais bien lancer. Et bien ils ont presque réussi. Presque, car il y a tout de même des points noirs (fais péter le Biactol !)
En live vous aurez donc la possibilité de choisir entre plusieurs modes de jeux. A savoir, la carrière en ligne, course classique, course en équipe, et une section achat/vente.
La carrière en ligne vous promet de pouvoir continuer à gagner des crédits tout en jouant avec vos ami(e)s. Plutôt attractif n’est-ce pas ? On va dire que oui, cependant plusieurs ombres au tableau. Tout d’abord une fois la catégorie de véhicule choisie pour continuer votre carrière en ligne (D, C, B, A, S, GT, GTS, ou P) et bien vous ne pourrez plus en changer. Vous serez obligés de quitter votre session et d’en recréer une autre dans une nouvelle classe.
Ensuite les gains sur chaque course augmentent ou diminuent selon le nombre de tours du circuit, la classe du véhicule, et le nombre d’adversaires. S'y ajoutent comme toujours vos bonus de difficulté et votre bonus de rareté. Par contre il vous sera impossible de savoir avec quelles aides courent vos adversaires. Vous ne pouvez d'ailleurs pas les obliger à prendre telle ou telle aide. En gros si vous êtes en manuelle et avec l’ABS, il se peut que celui qui est devant vous, utilise lui, l’ABS, l’ESP, le TCS, la boite auto, et la trajectoire idéale.
A noter aussi que dans ce mode vous ne pourrez régler que très peu de paramètres de session puisque tout est déjà configuré ou presque. Les dégâts, l’usure des pneus et de l’essence ainsi que le classement ELO sont déjà paramétrés, et ne pourront être changés. Seuls le circuit et le nombre de tours sont intéressants à modifier dans ce mode.
A coté de ces quelques petits défauts le mode carrière se révèle être d’une longévité à toute épreuve, et rajoute un intérêt énorme lorsque que l’on court avec des ami(e)s plutôt que contre une IA.
Concernant les courses classiques, celles-ci laissent plus de liberté. Vous pourrez donc y régler à votre guise la gravité des dégâts (aucuns, superficiels, modérés ou simulation), l’usure des pneus et de l’essence, l’activation ou non du classement ELO, ainsi que les dégâts sur la grille de départ. Car c’est bien connu, lors des départs il y a toujours pratiquement un ou deux frottements au minimum. A vous donc des courses d’endurances de 25, 50 ou 75 tours (75 étant le maximum) sur le Nürburgring. Petite astuce cependant, un plein d’essence sur n’importe laquelle des voitures fait environ 50-55km. Sachant qu’un tour de Nürburgring fait 22.3km vous savez à quel tour rentrer pour éviter de tomber en panne sèche…
Les courses en équipes quand à elles vous permettront d’effectuer du challenge entre club automobile, car oui Forza Motorsport gère des clubs automobile, et c’est tant mieux. Ainsi dans ce mode de jeu vous ferez grimper le classement ELO de votre équipe en plus du votre. Bien entendu un classement mondial est là aussi disponible pour les clubs. A coté de cela les options sont les mêmes que les courses classiques.
Les fonctions Optimatch sont disponibles dans les sections précédemment cités, celle-ci vous permettront de voir le nombre de joueurs, le circuit, le nombre de tours ainsi que le tour en cours si la course est débuté, vous verrez aussi si les joueurs sont à l’accueil ou en courses, et enfin la langue de la session pour peu que l’hôte l’ais renseigné. Fort est de constater que la population de Forza est majoritairement composé de « Gentleman Driver’s » et c’est tant mieux. Dès qu’un « Kevin » se pointe vous pouvez être sur que la course va perdre de son charme. Ce n’est pas du PGR. C’est certain.
Et enfin en marge des autres catégories, mais pas des moindres, la section achat/vente. C’est grâce à celle ci que vous pourrez acheter ou vendre vos véhicules à des illustres inconnus ou à vos ami(e)s. Notez que l'on aurait préféré avoir une sorte d'énorme marché permanent pour pouvoir flaner au grès des boutiques de certains...
Et là aussi plusieurs points noirs sont à relever. Le premier est le fait que l’on ne peut pas soit même fixer le prix de sa voiture. Le prix est calculé sur la zone du vendeur, la rareté, et le prix des options ajoutées au véhicule. Attention cependant à ne pas vendre de mauvaise voiture… Par exemple en zone US, vous acheter une Ferrari assez chère… Mais si vous la revendez tel quel à quelqu’un en zone EU, alors vous y perdrez de l’argent car celle-ci sera moins rare dans sa zone. C’est donc pour cela qu’il ne faut surtout pas hésiter à modifier la voiture que vous devez vendre. De plus il vous sera aussi impossible de marchander, dommage pour ceux qui voulaient rajouter le chien qui bouge la tête sur la plage arrière. Du coté de l’acheteur, celui-ci ne pourra acheter que les voitures que vous sélectionnez pour la mise en vente. Ensuite l’acheteur télécharge le skin de la voiture pour la visualiser, et il peut aussi voir l’historique de la voiture qui se compose de pleins de choses intéressantes comme le nombres de propriétaires, le montant total des options, le montant complet des réparations qu’il y a eu sur le véhicule, ou bien le nombre de podiums et de courses remportés avec cette voiture. Une fois que l’acheteur accepte, la transaction s’effectue. La voiture disparaît donc du garage du vendeur mais en retour il est crédité du montant de la vente.
Le Live de Forza Motorsport serait un Live paradisiaque sans les différents points négatifs évoqués précédemment. En dehors de cela les courses sont très jouissives pour peu que l’on pilote proprement avec des ami(e)s que l’on connaît. On peut passer 2 à 3 tours, pare-chocs contre pare-chocs afin de pousser son adversaire à l’erreur. On ressent de la « bonne » pression, et c’est vraiment un plaisir de jouer ainsi. De plus il n’y a théoriquement aucun lag. Pourquoi théoriquement ? Car on peut faire des courses sans aucun lag, comme on peut en avoir un lag gigantesque. Certaines courses en Live vont même jusqu’à générer des « freeze » temporaires de une seconde sur l’écran. Et ceci se traduit par une téléportation de la voiture pure et simple pour les adversaires, qui parfois engendrent des accidents spectaculaires. Mais force est de constater que cela reste néanmoins rarissime, et heureusement.
Beaucoup se plaignent aussi qu’en Live tous les joueurs n’ont pas le temps de terminer leurs courses. Et oui car en effet il restera à tous les participants, derrière le premier, 30 petites secondes pour terminer. Sur une course de 3 ou 5 tours, cela ne pose généralement pas de problème. Mais sur 25, 50, ou 75 tours ce n’est pas pareil. Car avec les stratégie des arrêts au stand, ou les problèmes mécaniques, il arrive que certains joueurs se fassent prendre 1 ou plusieurs tours de retard. Et je dois avouer aussi que cela est assez frustrant de ne pas pouvoir terminer une course que l’on a commencé.
En conclusion, les différents modes Live vous procureront cependant un plaisir immense. L’esprit sportif est de rigueur ainsi que le fairplay. Mais si vous êtes de cette trempe de pilotes vous en tirerez un fun indéniable.
A donf la simu
Les développeurs ont voulu faire de Forza Motorsport un jeu de course poussé où vous pouvez y faire ce que vous voulez. Depuis son annonce, il devait être très axé simulation. Et visiblement les choses ont changé entre-temps dans le gameplay, qui s’est retrouvé plus arcade que prévu. Je ne sais pas si vous aviez essayé la démo du Magazine Officiel Xbox mais la prise en main était nettement plus compliquée. Microsoft a certainement voulu que Forza soit sensiblement plus accessible à un panel plus important de joueurs. Mais sorti du gameplay le reste du jeu reste très réaliste : essayez de frotter une rambarde, vous pourrez y voir au tour suivant des traces de votre peinture (je confirme que c’est la même chose sur les 206 dans la réalité), idem pour les traces de pneus sur la piste à chaque erreur de pilotage. Ce sont des petits plus qui peuvent avoir peu d’intérêt pour certains mais qui au final, rajoutent un gros plus au jeu.
Si on y ajoute des circuits très réalistes et surtout très bien réalisés, vous comprendrez alors que le Nürburgring de Project Gotham Racing 2 était approximatif à côté de celui de Forza. Non seulement la réalité est très bien retranscrite, mais graphiquement le rendu est spectaculaire tant au niveau de la précision et de la finesse des textures. Forza Motorsport est un beau jeu et il le revendique. La Xbox est certainement proche du maximum de son potentiel avec un anti-aliasing omniprésent, certains trouveront une petite faille au niveau des reflets du décor sur la carrosserie de la voiture qui n’est pas au même framerate que le jeu, mais c’est un détail, la Xbox 360 fera mieux.
On peut bien évidemment critiquer en disant que le jeu est un peu « mort » et vous n’aurez pas tort. Il manque en effet du mouvement sur le circuit, en dehors de celui de la piste qui défile sous votre voiture. Mais une fois dans le jeu vous ne ferez plus attention à cela et vous vous concentrerez sur votre conduite et sur le doux bruit du moteur de votre monture. Les développeurs sont partis chasser les grosses voitures qui composent le jeu pour vous sortir les plus beaux bruits de moteur. A noter d’ailleurs qu’à chaque modification de votre voiture le bruit ne sera plus le même en fonction de l’évolution que vous lui aurez apportée. Il est par contre dommage d’entendre plus les voitures adverses que la vôtre...
Mauvais point pour les musiques, il faut décidemment croire qu’aucune musique ne s’adapte au genre, c’était déjà le cas de PGR et ça ne change pas dans Forza. La bande-son des menus devient énervante. Un grand merci tout de même à Microsoft qui grâce au disque dur de la console autorise des musiques un peu plus … personnalisables. Certains puristes ne mettront eux que le bruit de leur moteur.
Enfin du côté des menus, ces derniers sont clairs même si vous aurez l’impression d’y passer des heures et des heures, si vraiment vous êtes passionnés et que vous voulez vous monter la voiture parfaite. Vous vous rendrez alors vite compte qu’il est long de passer d’un menu à un autre pour changer de voiture, pour rajouter des pièces, pour changer des pièces, pour faire des essais ….
Forza était annoncé comme une simulation hors du commun et il faut constater qu'un travail énorme a été fait sur le moteur physique et graphique mais la plupart des points négatifs du jeu proviennent du gameplay, ce dernier aurait certainement mérité un peu plus d'attention car c'est ensuite la durée de vie qui en pâtie avec un mode solo ennuyeux et long et un mode Live très sympa mais largement perfectible. On retiendra tout de même que les passionnés de sport automobile feront fi de ces quelques points noirs pour se monter les voitures de leurs rêves avec les réglages adéquats à chaque circuit. Forza Motorsport est donc dans l'ensemble une réussite mais qui cible un public de passionnés et qui ne laisse pas trop de place aux joueurs occasionnels.
+
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- Moteur Physique
- Reproduction de la réalité
- Les voitures disponibles
- Les modifications possibles
- Le mode carrière long et linéaire
- Navigation des menus
- Mode Live perfectible