J’ai trois dépendances fortes dans ma vie. La première, c’est ma Nanabelle (vous vous en foutez…), la deuxième, c’est le tabac (rien à battre Prune, c’est ta santé), et la dernière, c’est Street Fighter (ouf, on revient enfin à un sujet vidéoludique !). Cet ancêtre des jeux de combat m’a fait dépenser des sommes folles. En arcade tout d’abord, sur Super Nintendo ensuite. Je me rappelle avoir payé la cartouche Street fighter 2 en import japonais 800 francs et celle du 2’ Turbo 900 francs. Je me demande encore comment j’ai fait pour me payer cela à l’époque. Vous vous apercevez donc que Capcom était déjà le roi du recyclage à l’époque en sortant plusieurs fois par an des mises à jour de son titre phare…
Réjouissez-vous car cet éditeur n’a pas perdu ses mauvaises habitudes. Alors que cela faisait un petit moment que nous n’avions plus eu de ses nouvelles sur notre console, voici qu’il fait son grand retour avec le jeu Street Fighter Anniversary Collection. On ne peut être que dubitatif lorsque l’on voit sortir une telle compilation sortir à une époque où bump mapping à gogo et millions de polygones sont prisés par les joueurs du monde entier. Certes, mais la présence d’un mode Live pourrait bien changer la donne et donner raison à la politique de Capcom…
Round 1 : Hyper Street Fighter 2.
Rendons à Capcom ce qui appartient à Capcom… Street Fighter 2 a véritablement lancé le jeux de combat en un contre un. Mortal Kombat, Killer Instinct et autres King of Fighters n’ont fait que prendre le train en marche. Nous allons donc d’abord nous intéresser à Hyper Street Fighter 2 (HSF2) qui se trouve dans cette compilation.
Que se cache-t-il sous ce nom barbare ? C’est fort simple. Vous aurez la possibilité de vous essayer à toutes les déclinaisons qui ont été faites de Street Fighter 2. Vous pourrez donc jouer à l’édition originale (World Warriors avec ses huit persos jouables), aux éditions «‘ Turbo » (avec 12 persos jouables) et à l’édition « Super » (avec ses 16 persos jouables). A vous la joie d’utiliser Ryu, Ken, Chun-Li, Dhalsim, Honda, Blanka, Zangief, Guile, Balrog, Vega, Sagat, M. Bison, Cammy, Fei Long, Dee Jay et T. Hawk. A noter qu’Akuma est aussi disponible. Pour utiliser ce dernier, il vous faudra faire une manipulation qui vous est expliquée dans la notice. Tous les combattants que nous avons connu répondent donc à l’appel.
Pour qui a parcouru dans tous les sens les nombreux Street Fighter 2, la présence de ce vieux jeu pourrait paraître inopportune. Que nenni ! Tout d’abord, même si nous avons le droit à des graphismes 2D antédiluviens, il faut bien admettre que le charme agit rapidement auprès du nostalgique. Quelle joie de redécouvrir tous ces décors qui avaient été peu à peu gommés de notre mémoire ! Quel bonheur d’entendre les digits vocaux de l’époque (ah !, Ryu et son Hadoken…) et les douces mélodies de chaque stage. Certes, ce n’est pas très beau, mais quel panard !
Cependant le plus important n’est pas là. Le gameplay n’a pas pris une ride, et c’est bien l’essentiel. Nous nous retrouvons donc toujours devant un titre incroyablement technique. Ici, il n’y a pas de place pour l’approximation. Des dizaines d’heures de jeu sont donc nécessaires pour maîtriser tous les personnages, retenir leurs coups et leurs furies. Il y a donc matière à s’amuser ! Si un bon joueur de Tekken peut perdre face à un « newbie », c’est ici quasiment impossible tant il vous faut construire votre façon de vous battre avec certains enchaînements et coups spéciaux. L’habitué retrouvera donc ses marques rapidement et, au bout de quelques combats, reprendra ses bons vieux combos.
Le pad S n’est pas désagréable pour exprimer sa fureur. La plupart des coups se font à partir de quart de cercle, de demi-cercle et de manipulations avant/arrières, mais la croix directionnelle s’avère assez bonne. Le stick analogique permet lui aussi de bien sortir les coups. Bref, la jouabilité est excellente.
Un mode Training est disponible pour vous améliorer. Seul petit bémol : vous ne pourrez pas afficher les différents coups disponibles à l’écran. Pas de panique cependant puisque les principaux coups spéciaux de chaque personnage sont exposés dans la notice. Lorsque vous connaîtrez les bases de chaque combattant, vous aurez alors tout loisir de parcourir le mode Arcade. Il s’agit d’une suite de 12 combats à effectuer pour voir la fin du jeu avec le perso choisi ( 8 à effectuer aléatoirement et 4 contre les boss que sont Balrog, Vega, Sagat et M. Bison). Avant de choisir votre duelliste, vous devrez sélectionner le Street Fighter auquel vous voulez jouer. Ainsi, si vous optez pour l’option « normal », vous ne pourrez prendre que les 8 combattants du jeu original alors que si vous optez pour le mode « super » vous pourrez choisir n’importe lequel des 17 combattants disponibles. De plus des coups seront ajoutés, comme les boules de feu pour Chun-Li ou les furies. A noter que la console jouera toujours en mode Super, quelle que soit la version de Street Fighter 2 que vous aurez choisi.
De nombreux bonus sont présents comme les musiques originales, les diverses introductions et crédits de chaque version, ainsi que le film Street Fighter 2 : The Animated Movie. Ne jubilez pas trop cependant. La qualité d’image n’est pas optimale et surtout, seule la version américaine est présente. Sachant qu’il est impossible de mettre des sous-titres, je vous laisse imaginer ce que vous en ferez si votre niveau d’anglais n’est pas très bon.
Au final, c’est avec plaisir que l’on rejoue à ce classique de l’arcade qui s’avère toujours aussi bon et qui, hormis le côté technique suranné, n’a pas pris une ride. L’achat pourrait cependant être dispensable s’il n’y avait la présence de Street Fighter 3 Third Strike sur ce DVD décidément bien rempli.
Round 2 : Street Fighter 3 Third Strike (SF3TS).
Ce jeu est bien moins connu que le deuxième opus. La faute à une concurrence accrue et qui avait apporté pas mal de nouveautés dans le gameplay (notamment la série des King of Fighters de SNK). De surcroît, le marché des consoles ayant damé le pion aux salles d’arcade, beaucoup moins de joueurs ont pu s’y essayer.
Son adaptation sur Xbox reprend donc la mouture disponible sur ces fabuleuses machines à sous. Et là, on constate le fossé technique qui sépare ce troisième volet de son prédécesseur. Les sprites sont bien plus gros, les étapes d’animations pour les personnages ont été revues à la hausse. Cela s’approche davantage du dessin animé. Ce n’est pas aussi beau que Guilty Gear, mais c’est très agréable à regarder. On peut juste reprocher les couleurs ternes de certains décors.
Premier point positif : Capcom n’a conservé que quelques personnages issus de Street Fighter 2. Nous retrouverons donc Ken, Ryu, Akuma et Chun-Li dans de nouvelles versions. Les 15 autres combattants disponibles sont entièrement inédits. Ne vous attendez cependant pas à une révolution. Guile a disparu, mais Rémy (un français) fait son apparition et utilise les mêmes coup que notre ami blond de l’US Army. De la même façon, exit Zangief et bonjour Alex, un catcheur reprenant lui aussi le même panel que notre scarifié communiste. Mais cela fait quand même du bien de voir de nouvelles têtes. De plus, les styles de combats que proposent ces nouveaux venus sont très intéressants. Aussi, n’hésitez pas à prendre le temps de les maîtriser pour sortir des traditionnels Ken, Ryu et Akuma. Vous ne le regretterez pas.
Mais ce que vous remarquerez le plus en jouant à SF3TS est sans aucun doute la refonte du gameplay. Ce dernier est devenu beaucoup plus nerveux. Les coups se font toujours à base de quart de cercle et autres avant/arrière, mais de nouvelles possibilités ont été ajoutées. Tout d’abord, vous pourrez désormais sélectionner 1 furie parmi les 3 disponibles pour chacun des combattants. Certains, comme Akuma en possèdent plusieurs autres cachées utilisables lorsque votre jauge est pleine.
Mais ce n’est pas tout. Un système de parade a été instauré rendant le jeu encore plus technique que son illustre aîné. Quand un adversaire vous attaque, au lieu de rester en garde, allez en avant et votre personnage bloquera le coup. Cette trouvaille vous permettra de casser les combos de vos adversaires et de les contrer. De plus, chaque parade réalisée vous permettra de remplir votre jauge de furie. Cependant, l’apprentissage de cette possibilité demeure ardu. Il vous faudra donc prendre le temps de la maîtriser dans le mode training. Il s’agit d’une très bonne idée et tout joueur sachant effectuer ces parades prendra un avantage important dans un combat.
Une jauge a fait son apparition sous votre barre de vie. Celle-ci augmente en fonction des coups que vous recevez. Si jamais elle se remplit à fond, vous serez sonné, ce qui laissera le temps à votre adversaire de placer une combo ou une furie. Sachez que cette jauge décroît quand vous ne prenez pas de coup.
Le mode arcade se déroule de manière classique. Vous aurez donc 10 combats à effectuer pour finir le jeu. Petite nouveauté : pour les 8 premiers affrontements, vous aurez à chaque fois la possibilité de choisir votre adversaire parmi 2 combattants. Le personnage du 9ème combat dépend de celui avec lequel vous arrivez à ce stade du jeu. Le 10ème vous opposera à Gill, le boss du titre. Et préparez-vous à souffrir. Car si dans le 2ème opus, M.Bison était assez simple, celui-ci possède une puissance accrue et des furies dévastatrices, dont une qui lui permet de restaurer intégralement sa jauge de vie. Croyez-moi, vous allez suer sang et eau pour le battre.
Au final, SF3TS marque le renouveau de la série. Beau, incroyablement technique, on ne peut que se réjouir de pouvoir le redécouvrir sur notre console dans une version directement tirée de l'arcade.
Round 3 : Around the world, around the world…
Jouer en solo à un jeu de combat est intéressant un certain temps. Mais à la longue, cela peut lasser. Réjouissons-nous donc puisque Capcom nous offre, uppercut sur le menton (euh, je voulais dire cerise sur le gâteau), la possibilité d’affronter des joueurs des 4 coins du monde. Vous aurez donc la possibilité de jouer aux deux titres cités précédemment online.
Le joueur qui aura essayé Capcom vs SNK 2 sur le Live sera en terrain connu puisque l’interface est strictement identique. Nous retrouvons donc un menu composé des modes quickmatch, optimatch et create game. Tout est paramétrable : la localisation de votre adversaire (domestic ou worldwide), le nombre de rounds à disputer, les systèmes de jeu… Une pression sur le bouton start vous permettra de consulter votre liste d’amis pour éventuellement les défier ou envoyer des requêtes à vos adversaires. Et abusez-en. Le jeu venant de sortir, il y a déjà beaucoup de français présents. Aussi, dès que vous en rencontrez un, pensez à l’ajouter à vos contacts pour le retrouver facilement.
Cela est d’autant plus recommandé que l’interface pour trouver un match est très mal fichue. En effet, en choisissant l’optimatch, et bien que la console vous indique que des rencontres sont en stand by, elle ne vous les affiche pas. Le plus simple reste donc d’utiliser les requêtes d’amis. Encore une fois, le jeu n’ayant pas une semaine, il y a très peu d’attente avant de retrouver un adversaire. Mais le temps passant et les grosses sorties se succédant, il y a fort à parier que les parties vont devenir moins abondantes. Bon vivant rime avec prévoyant comme dirait l’autre…
Le jeu tourne à merveille sur le Live. Le lag n’est que très peu présent, même avec une ligne à faible débit. Et si, par malchance, votre partie en comporte, cela n’est en rien handicapant. Au risque de me répéter, les deux jeux fonctionnent à merveille. Il existe par contre un bug assez ennuyeux. A la fin d’une rencontre, vous aurez la possibilité de choisir l’option « rematch » qui vous permettra de refaire une autre partie avec votre adversaire. Et là, il arrive plus souvent que le jeu plante, vous affichant un bel écran noir et vous renvoyant au menu de sélection Live. Ce n’est pas trop gênant, la reconnexion étant très rapide, mais cela fait un peu tâche. D’autant plus qu’une déconnexion de ce type donne match perdu aux 2 joueurs.
Car s’il est un style de jeu adapté aux classement, c’est bien le jeu de combat. C’est vrai, quoi, il est agréable de pouvoir chambrer ses amis en leur affichant votre ranking. Vous aurez donc accès à votre nombre de points à la semaine, au mois et au général. Si vous voulez grimper rapidement et que vous n’êtes pas trop mauvais, affrontez des joueurs bien mieux classés que vous. Chaque défaite n’aura pas quasiment pas d’incidence, par contre, une victoire vous fera effectuer un bond non négligeable au classement.
Dernier conseil : Entraînez-vous bien sur les deux jeux car vous allez voir que certains joueurs sont tout simplement surhumains tant ils maîtrisent leur sujet.
Le verdict prunien est sans appel : Street Fighter Anniversary Collection s’avère être une tuerie sans précédent sur le Live. Les nostalgiques ou les joueurs curieux peuvent se ruer sur ce jeu, d’autant plus que son prix de 45 euros est assez intéressant. Il ne s’agit certes pas de la compilation ultime des Street Fighter, puisqu’il manque la série des Street Fighter Alpha. Ne boudons pas notre plaisir, nous tenons enfin un titre de combat parfaitement jouable sur le Live. Rendons donc les honneurs à cet ancêtre, à qui tous les autres jeux de ce type doivent tout !
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- Hyper Street Fighter 2
- Street Fighter 3 Third Strike
- Le prix
- L’interface Live mal fichue
- Le film en anglais
- Les ampoules aux doigts !