Et oui, déjà le 3ème opus de cette série débutée il n’y a finalement, que 5 ans. Ce rythme infernal n’est pas tombé dans l’oreille d’un manchot, puisque les petits gars de Free Radical ont désormais rejoint l’écurie EA Games. Pour le coup, on est en mesure d’espérer un poil plus de moyens (notamment coté Live) pour relever la sauce d’une série réussie mais qui ne peut compter sur son scénario pour rebondir à chaque fois. Allez, voyons ça de plus prêt.
J’eus têté mon prochain…
Bon préparez vous. On se détend, on demande à sa compagne de faire moins de bruit (et puis c’est tellement bruyant un aspirateur) et on souffle un grand coup pour aborder le scénario de TimeSplitter Future Perfect (TFP et non pas TPF, la faîne du fattelite) : Les Timesplitters sont de terribles Aliens qui assoient leur domination sur la Terre en utilisant des failles spatio-temporelles. En complotant dans le passé, ils modifient leur futur, donc notre présent. Enfin, logiquement, en modifiant le passé, ils créent un nouveau présent plutôt que de modifier celui qui nous intéresse, non ? Comment, que dites vous ? « Démo arrête de nous prendre la tête, on veut juste shooter ! » ?. Primo, pas de tutoiement, si ça se trouve on n’est pas du même milieu social. Secundissimo, vous avez raison, mieux vaut laisser tomber le scénario de suite ou les considérations logiques. La série n’a jamais brillé par l’intérêt du scénario, ce nouvel épisode suit le même chemin. Oh bien sûr, on a quand même essayé de pondre quelque chose, une poursuite entre un homme mystère (pas celui de JP Foucault) et un héros, mais ceci se résume vite à un maigre fil rouge qui peine à lier les 13 niveaux que compte l’aventure. De plus le schéma ne change jamais : à chaque niveau, votre héros change d’époque (1924, 1960, 2243…), de lieu (château écossais, manoir hanté, cité futuriste) et de compagnon (un ancien combattant, une ado pré-pubère voir … voir vous même !). Ce dernier est censé vous tenir compagnie et vus aider mais cela reste anecdotique en terme de gameplay et vous n’aurez que rarement l’obligation ou la volonté d’y prêter attention.
Alors soit, l’histoire est aussi claire et intéressante qu’un négatif d’une photo de famille du Klu Klux Klan, pas de surprises et peu de liant sur des niveaux assez courts pour boucler le tout en bien moins de 10 heures (vous pouvez le rejouer à deux mais je ne suis pas convaincu de l’intérêt). Mince, c’est une catastrophe alors ?! Que nenni, jeune sot (je suis désagréable, mais je ne tutoie pas, vous avez vu ?), car tout est question ici d’atmosphère. Je ne parle pas d’immersion, de jeux où l’on fait une descente d’organes quand une ombre passe dans votre dos. Non, je parle plutôt d’un ton, de références, d’un sens comique si spécifique à nos amis anglais. Car les parodies de films (Austin Power, Terminator…) et de jeux (votre héros, parodie de Riddick mais aussi Resident Evil, GoldenEye…) pullulent comme les blagues de mauvais goût, et assurent la prise d’une mayonnaise bien mal partie. Et ceci vous attache agréablement dans un jeu, dans le fond, sans génie.
Et oui, car TFP reste avant tout une grosse farce, un FPS sympa et classique qui laisse la course à la puissance et aux paillettes aux autres pour insister sur le fun. Basique et bourrin mais toujours au service des délires débridés et débridant des anglais de Free Radical. Un FPS basique car il contentera difficilement les amateurs de poésie. Le level design classique mais efficace, des armes, ennemis et véhicules variés mais sans surprise (à part le gant antigravitationnel sauce Half Life) ni changeront rien, TFP est réservé aux primaires du pad. Eradiquer, sulfater et ventiler tout ce qui remue les oreilles (tirez pas, je n’y arrive pas), voici le but premier et dernier. Un mode Solo (Histoire) qui n’apporte donc rien sur le fond mais dont la forme sauve la mise avec un brio dont seul Rare avait esquissé la maîtrise jusque là. Du boulot sans esbrouffe mais concentré sur votre petit plaisir solitaire (je parle du solo!), et c'est plutôt une bonne option, vous ne trouvez pas ?
J’eus apprécié que vous vinssiez jouer les amis
Car cela ne s’arrête pas là, ce mode « Histoire » est la partie immergée de l’iceberg. Dans les modes Arcade ou Défis, débarrassé d’un quelconque scénario, les gars de Free Radical sont partis en roue libre, pour le multijoueurs.
Les défis vous permettront de concourir pour des épreuves aussi profondément intelligentes les unes que les autres. Le programme de ces minis jeux ? Faire des courses de chats télécommandés, repousser des vagues de lapins décapités ou de carcasses de vaches au fusil à pompe, jouer au basket avec un gant anti-gravité et autres réjouissances. En récompense de ces épreuves débiles (donc réussies), des médailles à collectionner (le challenge est ardu si vous visez l’or), un classement Live comme carotte et des personnages à débloquer (plus de 150 !). Soyons clairs, l’intérêt de ces jeux reste limité dans le temps, mais l’esprit et le volume étant là, on aurait tord de se plaindre.
Pour le mode Arcade, on tape dans la catégorie plus classique des affrontements en ligne. En tout bon prêcheur du Live, je ne peux toutefois que saluer le fait que ces modes sont tous jouables offline avec des bots, pour ceux qui n’ont pas la possibilité d’accéder au Live. Pour les autres, vous pourrez affrontez jusqu’à 15 autres joueurs Live sur une multitude de jeux : deathmatch, Team deathmatch, capture du sac à main (quand je vous dit qu’ils sont barrés ces développeurs), ils sont tous là avec en plus des variantes où les derniers sont aidés par des singes ou rapetissent au fur et à mesure de leurs piètres performances. Bref vous mettrez longtemps avant d’en voir le bout. Tout ceci se joue sur une dizaine de cartes, aux environnements variés mais à l’architecture simpliste. Cela ne veut pas dire qu’ils sont mal conçus, loin de là, mais ne comptez pas sur une richesse extraordinaire dans ces environnements : le jeu est bourrin, les cartes sont à son image, l’important est de trouver vite de quoi éparpiller, sans possibilité de se cacher.
Mais la grosse nouveauté, une première sur le Live est la présence d’un éditeur de maps. Finies les discussions stériles sur le trop faible nombre de carte d’un jeu, l’intérêt, le prix (je ne vise presque personne)... Les éternels insatisfaits, eux, n’ont plus qu’à retrousser leurs manches et faire preuve de créativité pour « faire », ça changera (ps : ce n’est pas interdit aux gens normaux). Même si l’éditeur reste simple et peu convivial sur console, cela marche parfaitement : vous créez votre carte, vous la chargez sur le Live et vous pourrez ainsi y jouer avec les autres, qui ne manqueront pas de noter votre création. Vous êtes un râleur insatisfait non créatif (ou un joueur normal simplement fainéant) ? Pas de problème, écumez le Live, téléchargez les cartes de vos amis, les mieux notées, les dernières parues, vous trouverez à coup sûr votre bonheur. Pondérons cela par le fait que n’est pas Level Designer qui veut (vous le verrez vite) et saluons la fonctionnalité, son énorme potentiel et laissons la mûrir pour éclater prochainement sur le Live.
Alors finalement que des bonnes nouvelles sur le Live ? Et bien non (quel sens du suspens), puisque malheureusement le tableau s’assombrit sur 2 points. Tout d’abord la qualité de la connexion. Ca saccade régulièrement donc c’est bien sûr assez désagréable, oubliez donc les affrontements à 16, la fleur au fusil. Le deuxième c’est le nid de Kevin qui vous attend, la faute au style bourrin délirant apprécié de nos amis déficients. On ne peut le reprocher au titre mais autant être au courant et ne pas s’attendre à jouer avec Soljenistsyne (d’autant qu’il a plus beaucoup de réflexes en ce moment) tout les soirs.
La claque attendra (ouf, j’ai placé un futur…)
TFP fait partie de ces jeux dont on dit qu’ils ont un style graphique, une identité propre. C’est souvent sous cette phrase vide que les relations Presse cache la pauvreté graphique ou technique de leur dernier bébé. Pour TPF, nous n’en sommes heureusement pas là. Le jeu garde sa légère touche « cartoon » mais reste très propre graphiquement. Encore une fois, il se contente d’assurer le coup sans faire d’étincelles. Et après tout, pourquoi en attendre plus ? Dans ce genre de jeu ou l’absurde est la règle, point besoin d’avoir la cornée décollée des graphismes ou des effets de particules à la pointe. Certes, TFP est léger techniquement mais il ne tire à coup sûr pas dans la même catégorie que les ténors du FPS Xbox, et on ne lui demande pas. Non, ce qui est important dans ce type de jeu, c’est de garder le joueur concentré sur son plaisir sans l’embêter avec des lacunes évidentes. Et sur ce point TFP réussit son coup : ça bouge bien, ça bouge vite, c’est graphiquement net, propre et cela sert donc complètement l’ambiance du titre. Quand en pleine partie multijoueurs, vous vous apercevez que vos ennemis sont une vache, un zombi, un robot ou un boucher/charcutier, les considérations techniques restent au second plan, vous ne trouvez pas ?
Sans réelle fausse note, les limitations ludiques de TimeSplitter Future Perfect sont largement compensées par l’esprit délirant qu’il abrite et ses nombreux modes multijoueurs. Il ne ravira certes pas ceux qui veulent avant tout un FPS pur, mais pour ceux qui cherchent un bon jeu, léger et à l’humour décalé dans un style bien trop sérieux en ce moment, il a un charme certain. A pratiquer à plusieurs surtout si on a la bonne compagnie pour cela, le mode Live étant riche même si perfectible. Un Timesplitters dans la continuité de la série.
+
-
- Un FPS qui ne se prend pas au sérieux
- Vous n’avez pas fini de tout débloquer
- Editeur de maps
- Techniquement juste
- Un Live qui a souvent du mal
- Les Bots (Mode pro-Live idiot /ON)