Test de Call of Duty : Le jour de gloire
écrit par Démosthène
 
 
Call of Duty, l’appel du devoir. Activision nous entraîne dans une période décisive du siècle dernier, de l’enfer de Stalingrad à l’avancée vers Berlin, quand la Seconde Guerre mondiale bascula enfin. Sans comparaison inutile avec la version PC sortie il y a déjà un certain temps, Call of Duty arrivera t’il à se faire une petite place dans le coin FPS de la Xbox, déjà proche de la saturation ? Ecoutons les témoins.
 
 
 
 
Stalingrad, 6 mois de bataille, 600.000 morts
 
Je m’appelle Youri Tcherinoff, et je vais mourir. Tout a commencé le jour de mes 17 ans. J’ai embrassé tendrement ma mère avant de quitter mon petit village de l’Oural. J’ai alors suivi les membres du parti pour venir au secours de notre mère patrie, la sainte Russie. Direction Stalingrad. Les forces Allemandes y étaient rassemblées pour frapper une nouvelle fois, dans le dos, notre beau pays. Nous étions tous enthousiastes à l’idée de donner notre sang pour la liberté et la sauvegarde de nos terres si dures mais si belles. Le devoir nous appelait.
8 Janvier 1943, 22h15. La terreur nous saisit. Groupés sur une frêle embarcation, nous traversons la Volga sous le tir nourri de l’artillerie Allemande. Le fleuve est rouge, c’est l’enfer sur Terre. Un délégué du Parti nous exulte à la bataille et au sacrifice en brandissant son pistolet et en hurlant sa haine des lâches et des nazis. Alexei, camarade de combat rencontré la semaine passée, regarde la rive Ouest se rapprocher et ne supporte plus les cris et l’odeur de mort qui nous agresse. Il se dégage pour sauter de la barque. Le délégué l’abat froidement, la mort est devant nous, pour la gloire ! dit il. Alexei, qui n’est plus qu’un corps à la dérive parmi d’autres, n’y aura pas droit.
A peine débarqués, nous passons devant un soldat qui distribue armes et munitions. La guerre est rude et exigeante, je repars donc sans arme, juste quelques balles en suivant un officier armé. Ceux qui n’ont pas cette chance d’être ainsi guidés, s’élancent déjà en une marée patriotique qui s’échoue trop durement sur les mitrailleuses Allemandes. Ils sont presque tous morts. Mon officier me parle et je sais que de mon attention peut dépendre quelques heures de vie supplémentaires. Courir entre deux rafales me sauve une fois la vie mais je dois aussitôt m’engouffrer accroupi dans une tranchée pour éviter une salve meurtrière. A plat ventre, me hurle t’il, tu fais une cible trop facile, apprends à changer de posture rapidement si tu veux vivre. Car nous sommes déjà dans une mêlée sans nom, où des troupes Allemandes sans commandement croisent des camarades délogés par le tir des chars ennemis. J’en profite pour ramasser un fusil Russe qui n’avait pas encore eu le temps de servir à son propriétaire, qui gît à coté. Cachés dans une maison en ruine, une troupe Allemande se replie soudain devant nous. C’est le moment d’être utile au pays. La terreur coule dans mes veines, et je n’arrive pas à viser correctement. Je suis imprécis et mes mouvements sont trop brusques, même en me contrôlant mieux. Malgré la colère, je mettrai un long moment à m’y habituer et cela me coûtera de nombreuses cicatrices.
Pourtant cela ne vient pas des fusils que l’on trouve sur le champ de bataille. Je les connais presque tous, les meilleurs de l’armement Russe et Allemand de cette nouvelle année 43. Les fusils me rappellent la chasse dans l’Oural, stables mais à la visée rudimentaire et un chargement long après chaque balle tirée. Des armes plus efficaces me seront certainement promises si je survis ; des fusils de sniper, des mitrailleuses qui déchaînent l’enfer sans visée précise possible, des grenades et pourquoi pas intégrer un char ou prendre une mitrailleuse fixe ennemie ; mais je doute de pouvoir vivre tout ça. Tire ! me hurle l’officier en désignant les Allemands qui courent vers un abris. De rage, je tire plusieurs coups sans même mettre en joue. Tu tireras ainsi quand tu les chargeras dans des maisons étriqués, camarade ; calme toi, prends le temps de viser me lance t’il. Je m’accroupi, met en joue et il semble que ma maladresse ne sera alors que ma seule excuse. Je tire. Un soldat qui fuyait tombe, une balle dans le dos. Un autre se retourne alerté, je l’atteints en pleine tête mais ce goût amer ne quitte pas ma bouche. Ses compagnons, dans la panique ne cherchent qu’à fuir cette ruelle et ceci nous permettra d’éliminer une dizaine d’autres soldats sans même être repérés.
L’officier m’explique notre mission. Je ne retiens que des bribes d’objectifs si nombreux qu’ils paraissent surréalistes dans cette fournaise hivernale : nettoyer une zone des égouts, reprendre des tranchées ennemies sous le tir nourri de ses mitrailleuses, stopper l’avancée des chars sur la place centrale etc. Regarde derrière toi, me dit il, ce sont des trousses de premier secours qui te seront utiles si tu es touché, et tu le seras. Tu progresseras toujours en équipe donc n’hésites pas à soigner tes camarades s’ils sont mal en point. Nous sommes dans la partie « facile » de la ville : nous progressons vite, les soins sont nombreux et les ennemis affolés. Mais méfies toi. Si tu passe dans des zones « difficiles », ceux ci seront plus aguerris, résistants et tu ne pourras compter sur des soins ou sur la chance. Tu vivras alors de longues heures de souffrances avant d’atteindre le repos. Après quelques heures, je me sens vétéran. J’ai maintenant apprivoisé mes deux seules armes, qui, si elle ne répondent pas encore correctement à mes yeux, ne m’inspire plus de panique devant un ennemi quand nous devons recharger nos armes, fébrilement, face à face. Les grenades et les coups de crosse m’ont sauvé plus d’une fois de cet enfer.
9 Janvier 1943, 06h12, je suis encore vivant. Pour combien de temps ?
 
 
 
 
La souffrance avant la réalité de la Guerre ?
 
Base Militaire 1024 ‘Live Camp’, Kentucky. 12 Novembre 1944. Chère Jane, le départ pour l’Allemagne approche. Tous les gars ici n’en peuvent plus d’en baver sous les ordres du Caporal Natural. Nous voulons partir avant la fin de cette guerre, participer même si cela implique que je ne te reverrais peut être plus. Depuis 4 mois, nous multiplions les entraînements intensifs pour être prêts quand l’heure du départ viendra.
Natural, qui surveille toujours les exercices avec son chien qui marche de travers, nous a préparé 8 zones de combats, qui permettront de nous adapter à toutes les situations. Des villes en ruines où les snipers vous effacent, tapis dans l’ombre, jusqu’aux zones désertiques où nous combattrons sous un soleil de plomb, il ne nous épargne rien. Vous me remercierez si vous revenez avec vos deux testicules hurle t’il en permanence. Formez des groupes de 16 et entraînez vous, chacun pour soi ou en équipe mais rien de beaucoup plus compliqué, je ne veux pas en voir qui tire au flanc au Live Camp.
Cependant une épidémie a frappé toute la base. La nourriture, la fatigue, le chien de Natural, personne ne sait d’où vient le mal. Mais dans le feu de l’action, nous sommes presque tous victimes d’hallucinations. Nos adversaires, mêmes ni coéquipiers courent de façon saccadée, disparaissent brièvement, glisse sur le sol. Je n’arrive pas à croire que la guerre, la vraie, sera ainsi. Se battre, tirer, viser est déjà assez difficile mais dans ces conditions c’est rapidement intenable. Certains ont demandé à être dispensés de combats au Live Camp, le temps que l’épidémie passe mais il semble que cela perdure. Les amis n'arrivent même plus à se retrouvé en eux, tellement ils sont mal fichus. Du coup, l’infirmerie se remplie et le Live Camp est moins fréquenté.
Jane, ne me trouve pas égoïste, mais je veux que cela cesse. La torture serait de rester ici. Je veux me battre dans de vraies mission, pour une cause, pour toi, nous n’avons pas notre place ici.
 
 
 
 
Il faut sauver le moral des troupes
 
2 Octobre 1942 Afrique du Nord. Rapport confidentiel du Lieutenant Poo au Colonel Part concernant le moral des troupes (ce rapport fait suite à la mission de reconnaissance d’une place fortifiée Tunisienne du 1 Octobre).
Les hommes étaient motivés par cette mission que l’on avait annoncé furtive ; la discrétion et la finesse ravissent le commando quand elles changent un quotidien fait de combat de rue. Malheureusement, aucune furtivité possible, l’ennemi semble toujours prévenu de notre arrivée, jamais surpris, il ne reste donc plus qu’à foncer. Heureusement que les Allemands sont usés dans leurs réactions et qu'ils aient laissé à Rommel tout leur sens tactique. Les hommes sont las. Car même si nos troupes repoussent de plus en plus Rommel à la mer, le moral de nos commandos, lui, reste assez bas. Ces hommes aiment l’action, le mouvement, l’héroïsme, l’exotisme. Or les missions proposées sont bien trop ‘Old School’. Ils ont la sensation désagréable de progresser dans un couloir en permanence, sans aucune liberté de mouvement. Alors certains soldats trouvent des parades pour motiver le groupe. Le 1ère Classe Esilver entonne par exemple de grandes mélodies entraînantes à chaque charge. Ce petit est doué, les hommes se sentent transportés dans l’action, prêt aux actes de bravoures les plus insensés. Le problème c’est qu’il hurle tellement qu’on entend difficilement les ordres dans l’action. Certains hommes n’en peuvent d’ailleurs plus et, à leur regard, je pense faire muter Esilver au plus vite dans une fanfare portugaise. Il y verra au moins de beaux paysages.
Car la guerre est laide, mais particulièrement ici. Les villages rencontrés, les paysages, nos ennemis, nos véhicules tout ceci est d’une laideur incroyable, même en 1943. Il faut que cela cesse, mon Colonel. De plus une épidémie a encore frappé notre unité. Les signes hallucinatoires sont fréquents, nous voyons les hommes se déplacer aussi souplement que des mannequins de bois, rester bloquer devant une porte et bloquant le groupe, des objets passant à travers d’autres et les hommes qui tombent au combat, amis ou ennemis, disparaissent rapidement de notre vue. Où sont ils ?
La guerre ce n’est pas une partie de plaisir. Mais rassurez vous, tous les hommes ont le sens du devoir et cela reste le plus important.
 
 
 
 
Call of Duty arrive donc sur Xbox avec une charrette bien trop chargée. Complètement dépassé techniquement, un gameplay approximatif et un level design qui a pris la poussière depuis longtemps, on peut dire que la partie n’était pas gagnée. Et cependant, il m’a un peu accroché, la faute à une immersion très réussie. On arrive même à ressentir l’ambiance et l’enfer qu’ont été ces affrontements (essentiellement Stalingrad), pour peu que l’on cherche à s’y intéresser et à voir plus que le simple FPS. Mon intérêt pour l’histoire a t’il joué ? à coup sûr. Le prix à payer est que cette immersion n’est pas applicable sur le Live et que les défauts techniques supplémentaires lui enlèvent tout intérêt. Dommage.
 
 
 
 

+ -
L’immersion
Vidéos d’époque avant les missions
Ambiance sonore… à petites doses
Les véhicules
A l’ouest techniquement
Un « FPS couloir » de plus
Aucune bonne surprise
Ca lag…

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