J’en connais parmi vous qui ne connaissent pas les joies, disons, sportives, de la paternité. Je me dois donc de vous initier à une phase mythique de cette fonction, celle qui consiste à trouver un prénom à son rejeton adoré. Oubliez de suite les légendes de négociation avec la co-propriétaire, l’imagination sollicitée, vous êtes à coté de la plaque. Tout est ici rationnel, lié à l’observation. Penchez vous doucement, lentement, au dessus du berceau, et observez (tout en fredonnant l’air des « animaux du monde »)... si le petit a graphité son drap avec des 192.168.0.200, 3074 UDP 192.168.0.2 3074, YUV, 1280x768 et autres, c’est un Alexandre. S’il vous tend un index turgescent en babillant « bubble kill’ », allez y pour la première calotte avant d’inscrire Kevin sur le faire-part. Mais si vous observez qu’il a mis des jantes chromées de 2’ sur le berceau, 8 Altezza Crystal à l’avant pour chasser la gonzesse en bikini (jaune et trop serré) dans les bois et vous taxe 70 euros pour un survolant rose en poil de chameau, vous tenez un Jacky, à coup sûr. C’est simple comme système, non ? Et si vous êtes dans ce dernier cas, pourquoi ne pas envisagez de lui offrir Midnight Club 3 : DUB Edition (MC3), histoire de sauver ce qui peut encore l’être ?
Qui a la plus grande ? Celui qui a le short le plus long, bien sûr !
Annoncé comme un nid à Jacky, MC3 débarque sur Xbox avec l’intention de prouver qu’il ne se limite pas à cet aspect. C’est pourtant dans le tuning que vous plongerez dès vos premiers pas dans ce nouvel opus. Tout nouveau propriétaire d’une charrette sur-vitaminée, vous êtes pris en charge par un hispano tendance caillera-garagiste qui vous met au parfum de la life à San Diego : celui qui a la plus belle caisse (notion très discutée dans ce jeu), qui va le plus vite, c’est celui qui a la plus grosse. Et avoir la plus grosse, dans certains milieu dont celui du tuning, c’est primordial. Je vous concède que c’est une vision particulière de la vie en société, mais dans MC3 c’est comme cela que ça marche.
Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire : paire de dés en fourrure qui pendouille, jantes aussi larges que votre futur ego, PSP recyclées en rétroviseur, il est temps de donner une touche de classe à votre bébé (ne rigolez pas, Crc fait faire son rôt à sa Daewo tous les soirs avant de se coucher). Ceux qui ont moins de goût pourront se retrancher sur le reste, c’est à dire le moindre centimètre carré de la voiture : peinture, éclairage, carrosserie, liaison au sol, pantoufles pour pneus, les Jackys seront aux anges, d’autant que caution du Magazine DUB oblige (d’où le titre, pour ceux qui ont suivi) les marques spécifiques à ce « sport décoratif » sont bien présentes.
Mais acheter de nouveaux accessoires ou changer de voiture sont des opérations qui feront votre ruine et le bonheur de votre garagiste attitré (ma profession préférée avec les serruriers). Pour assurer son chiffre d’affaire, celui ci se propose donc de prendre votre destinée vroomvroomesque en main. Et c’est donc au bout de 10 minutes de jeu que vous allez comprendre le principe simplissime : arpenter les rues d’une des 3 villes du jeu, repérer quelqu’un qui veut se mesurer le zoziau avec vous, un petit coup de phare et hop le défi est lancé, récompense chiffrée au bout pour donc investir en matériel.
Et peut ainsi commencer la multitude de courses que vous devrez enfiler pour ramasser du billet vert, et cela tombe bien car les courses c’est un peu quand même pour ça qu’on a claqué 60 euros avec MC3. Celles ci se déroulent toutes de nuit et en circuit urbain, aux heures de pointes. Et oui, dans MC3, il ne fait jamais jour et la circulation est dense en pleine nuit. Soit, ça à l’air con, mais avouez que ça complique un peu la conduite et donc préserve l’intérêt. Et puis accessoirement, on ne parle pas de Sunshine Club 3, il me semble. Toutes les courses se déroulent avec un système de checkpoints qui vous amènent de A à B ou qui délimite un circuit pour faire des ronds. Le tout est ensuite décliné en défi unique, en tournoi, contre un clan (appelé ici… Club).
Le point très intéressant de MC3 réside dans la liberté offerte. A l’image d’un MidTown Madness, vous décidez en effet seul de la façon de relier 2 checkpoints. La matérialisation de ceux ci par des colonnes lumineuses qui montent au ciel (rien d’ésotérique toutefois), donc visibles de très loin, ainsi qu’un mini plan vous aideront d’autant plus à couper le parcours où cela est possible. Raccourcis, tremplins, vitrines trop fragiles, tout les prétextes seront donc bons pour griller vos opposants sur le fil.
Car nous sommes bien sûr dans des courses on ne peut plus arcades. Départ ou demi tours en burn, jauge de boost qui se rechargent dans l’aspiration d’un adversaire, sauts de 150m sans rayer la voiture, ralentis à la matrix pour les situations chaudes, c’est du grand délire et cela fonctionne. C’est endiablé, le rythme est soutenu par ce coté arcade et on rentre parfaitement dans le jeu, en prenant le plaisir où il se trouve. Cette bonne impression est toutefois à nuancer.
Car une lassitude gagnera certains devant le peu de variété offerte dans les défis. Certes, on change de catégorie de voitures, on s’essaye à la moto, mais cela reste très répétitif, d’autant que boucler le jeu à 100% vous demandera beaucoup de temps. Certes les villes sont très grandes et les parcours diversifiés. Mais le coté nocturne a aussi le désavantage de lisser la variété de la ville en effaçant les repères, ce qui donne l’impression, fausse, de toujours parcourir les mêmes rues. On se tourne donc assez vite vers le Live pour espérer retrouver un peu d’étincelles après quelques heures de jeu.
Ambiance cour de récréation
Je vous avoue que j’ai eu une petite frayeur. A peine le jeu lancé et connecté, le menu commence à lagger alors que l’on est pas encore en multijoueurs. Un peu comme une odeur de choux-fleur qui vous prendrait les naseaux en rentrant chez MacDo. On doute. A ce rythme là, on imagine en effet vite que le Live avec des courses aussi soutenues va se transformer en calvaire. Et bien non, figurez vous que cela tourne très bien, même à 8 voitures.
Autre bonne surprise, 7 modes de jeux sont ici proposés. Cela reprends bien sûr les courses en circuits ou d’un bout à l’autre de la ville, qu’on connaissait déjà trop bien du solo et un mode Virée pour ne pas entraver vos envies… et surtout faire des repérages pour la suite où collecter des items cachés. Mais ce sont surtout les modes Drapeau, Tag, Peinture et Survie qui feront pétiller le bout de vos doigts. Ces modes, aussi funs les uns que les autres, vous rappelleront votre tendre enfance où la Xbox n’avait que peu d’intérêt par rapport à une partie de chat ou de balle au prisonnier. On retourne donc sur des principes simples d’opposition où le vice et l’adresse pour rattraper ou échapper à vos ennemis, seul ou en équipe (le Live 3.0 est implémenté, vous pourrez donc creer vos "Clubs"), seront vos principales armes. Fous rire garanti pour peu que vous soyez bien accompagnés. On espère en effet que le jeu sera préservé des plus immatures qui adorent pourrir l’ambiance d’un jeu, et qui ont déjà Midtown Madness 3 sur leur tableau de chasse. Ajoutez à cela de trop nombreux glitches que l’on trouve sans vraiment chercher, et vous avez un potentiel nuisance non négligable.
Mais parlons du jeu pour ce qu’il est : modes de jeu intéressants et rafraîchissants, circuits nombreux (vous pouvez créer les vôtres), adversaires pour l’instant présents, le tableau est largement positif. Je ne félicite donc pas des deux mains car c’est interdit de lâcher le volant, mais le cœur y est.
Si vous ajoutez à cela la possibilité d’importer votre véhicule tuné par vos soins dans le mode solo, vous avez largement de quoi vous la montrer sur le Live. Cependant, de façon contradictoire eu égard au titre du jeu, le coté Tuning est peu présent sur le Live, vite débordé par les modes de jeu bien plus intéressants. Les voitures croisées sont bien souvent des voitures non retouchées et personne n’a remarqué ma grosse américaine rose fluo, aux néons clignotant vert sous le chassis et aux chromes 100% couleur « or », tatouée « Prout » à l’arrière et « CrcERRor » à l’avant. « Tout passe, tout lasse, sauf la classe », je confirme.
« Les voitures sont magnifiques » dixit César
Dites moi, pour l’instant cela s’annonce bien tout ça ! Lassant certes mais pêchu, long et rafraîchissant sur le Live, ça a l’air trop beau pour être honnête… Comment vous avez deviné ? Car MC3 a un gros défaut : rapprochez votre nez du boîtier, sentez bien, humez la galette et le verdict tombe : ça sent le multiportage à plein nez mais surtout on sent bien que la version de référence n’est pas la Xbox, si vous voyez ce que je veux dire. Et oui, MC3 est tout simplement laid, une grosse mouche dans la soupe quand on voit ce dont la Xbox dispose graphiquement en matière de jeux de course. Un aliasing infernal et omniprésent que ce soit en course où dans votre garage quand vous customisez votre engin, qui pique les yeux et fait pester tant nous n’y sommes plus habitués. Et avouez que le paradoxe est d’autant plus frappant pour un titre qui propose ni plus ni moins de tuner sa voiture pour la rendre la plus belle possible !
A coté de ça, les autres qualité techniques de MC3 sauvent heureusement le bateau avant qu’il n’arrive au fond du panier à linge (c’est un petit bateau. désolé). L’impression de vitesse est en effet particulièrement réussie et vous aurez réellement l’impression de vent dans les cheveux au moment de mettre le boost. Je vous interdit de jouer d'ailleurs avec des vues trop extérieures, c'est typiquement le jeu à jouer nez au plancher pour profiter de l'adrénaline induite. Ca défrise et cela va tellement vite, que les effets graphiques (flou sur textures patinées) en font oublier les la pauvreté graphique de l’ensemble. Enfin presque, il ne faut pas pousser tout de même. La prise en main aux petits oignons viendra épauler des sensations de conduites proches d’une course de caisses à savon mais qui sont presque légitimes dans un titre qui mise avant tout sur la vitesse et le sentiment de pouvoir faire ce que l’on veut de son véhicule dans les villes traversées à tombeaux ouverts.
Ajoutez à cela une bande sonore suffisamment variée pour contenter tout le monde (de Dr Dre à Marylin Manson, il y a quand même de la marge) et vous finirez comme moi de rager sur ces graphismes à 30 cts d’euros qui nous font passer à coté d’un jeu bien plus agréable. Frustrant.
Midnight Club 3 malgré de grosses lacunes graphiques arrive à tirer son épingle du jeu par un fun omniprésent. On pourrait le considérer comme un Midtown Madness 3 surdosé à la testostérone, ce qui est un compliment, mais laissons lui son ambiance très spécifique de courses nocturnes qui reste plaisante. Le coté Jacky, survendu, ne présente finalement que peu d’intérêt à la longue, mais les fans retrouveront toutes leurs marques fétiches et apprécieront en solitaire. Car sur le Live, peu de concours d’hormones, place à un petit air frais ludique, assez agréable. Le titre est bon et c’est tout ce qu’on lui demandait, n’est ce pas ?
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- Fun
- Sensation de vitesse
- Se moquer de Crc sur le Live
- Aliasing honteux
- Tuning vite limité en intérêt
- Pas de siège bébé à l'arrière