6 juin 1944 - quelque part au-dessus de la Manche - 3.00 AM :
Notre C-47 a quitté Everton il y a un peu plus d'une demi-heure. Le bourdonnement des moteurs me berce doucement, pendant que je scrute mes gars. Certains sont si jeunes... Je les connais tous comme si c'était mes propres enfants. D'ici une dizaine de minutes, nous serons à nouveau au dessus de la terre ferme, à la verticale d'une terre occupée par l'ennemi, sur lequel nous allons sauter cette nuit.
Un film dont vous êtes le héros !
Vous l'aurez compris, Brothers in Arms est un nouveau titre qui vous plonge directement dans l'enfer de la seconde guerre mondiale. Ici, vous allez incarner un jeune sous-officier américain, membre de la prestigieuse 101ème division aéroportée.
Les choix de départ en ce qui concerne les modes de jeu sont on ne peut plus classiques : campagne solo, multijoueur, options et tutoriel. Ce dernier n'est qu'une video expliquant le gameplay et les options tactiques offertes par votre escouade.
La première chose qui saute aux yeux lorsque l'on débute une partie solo, c'est la volonté des développeurs de narrer l’histoire à la manière d’un bon film hollywoodien. La manière de présenter le récit, les missions, le contexte et les personnages font tout de suite penser au film « Il faut sauver le Soldat Ryan » ou encore à la série « Band of Brothers ». Le concept est vraiment réussi, car l’immersion est immédiate et on sent que Gearbox ne cache pas ses sources d’inspiration que sont les films sus-cités.
Toute nouvelle mission débute par une cinématique qui débouche sans transition et sans coupure sur la phase jouable. De même, celle-ci se termine immanquablement par une cinématique de conclusion. Certains trouveront sûrement ces phases un peu longuettes (surtout qu’on ne peut pas les sauter). Pour ma part, étant donné qu’elles participent pour beaucoup au côté immersif du titre, ces cinématiques sont indispensables. Maintenant, c’est vrai qu’au bout de 10 visionnages d’affilée, on les trouve un peu lourdes… (qui a dit au fond que j’étais mauvais ?).
La campagne solo débute au moment de votre largage sur la Normandie, avec vos potes de la 101ème. Outre le tutoriel video que j’ai cité plus haut, une sorte de petit didacticiel au début du mode campagne même, vous apprendra à vous familiariser avec toutes les commandes du jeu, aussi bien les commandes de déplacement de tir etc… que les commandes d’ordres à vos hommes.
Eh oui ! Ce n’est pas un énième FPS dans lequel il va vous falloir tout fraguer en étant plus sportif que les autres. Non non ! Parce qu’en plus de tirer sur les Allemands, vous devrez diriger vos hommes sur le terrain. Vous aurez assez rapidement deux escouades de 4 hommes chacune à coordonner : une escouade d’appui-feu et une escouade d’assaut. Vous obtiendrez même parfois d’autres moyens un peu plus puissants, mais je ne vous en dis pas plus pour ne pas dévoiler trop le jeu. Le mix entre action pure et tactique militaire à l'échelon de l'escouade est tout bonnement un vrai régal ! A la longue, on s'aperçoit néanmoins que la principale tactique à mettre en oeuvre pour venir à bout de chaque mission est souvent identique d'un chapitre à l'autre. Mais qu'à cela ne tienne, cela n'assombrit en rien le plaisir de combattre tout en donnant des ordres à ses gars !
Brothers in Arms est donc un mix de FPS (à la Call of Duty) et de jeu de tactique militaire (à la Full Spectrum Warrior). Un vrai bol d'air frais dans un genre où la concurrence fait rage. Les commandes sont très intuitives, que ce soit pour votre soldat ou pour les ordres à vos hommes. Tout se fait en temps réel, sur le terrain. Pas de temps mort : vous devrez agir et prendre les bonnes décisions au quart de tour, sous le feu de l’ennemi. Pour ceux qui auraient des difficultés, il est possible de figer l’action et d’analyser la situation en prenant de la hauteur. La camera se place alors au dessus du champ de bataille et quelques outils vous permettent de visualiser toutes les positions de vos hommes, des ennemis, et des objectifs à atteindre. Personnellement, je trouve que cela rompt avec le réalisme du titre, donc je ne l’utilise pas ou peu.
L’action se veut donc poussée au paroxysme du réalisme militaire. La difficulté va en s’accroissant, au fur et à mesure des missions, qui, elles-mêmes, sont plutôt variées : nettoyer un village de ses occupants teutons, détruire des positions de mortier, annihiler les défenses anti-aériennes allemandes pour permettre aux planeurs des copains d’arriver au sol sans encombres. Brothers in Arms relate des actions tirées d’évènements historiques, avec une retranscription fidèle des lieux, des noms et des actions militaires de l’époque. Etant moi-même assez documenté sur le sujet, je n’ai relevé aucune fausse note de ce côté là : c’est parfait. Et mis à part quelques fausses notes sur lesquelles je reviendrais plus tard, Band of Brothers tient globalement son joueur en haleine.
Vous allez donc vivre avec ce jeu des heures et des heures de combats dans le bocage normand, comme si vous étiez vous–même le héros de la série « band of brothers ».
Vos potes de la 501ème sont dans le même bourbier que vous, soldat !
Et le multijoueurs dans tout ça ? Je vois de suite vos questions poindre
Il est bien ? On peut jouer à combien ? c’est quoi les modes de jeu ? Ta femme fait bien la cuisine ? Démo est-il un être humain ?
Du calme… du calme…
Tout d’abord, le Live ne se joue qu’à deux ou 4, c’est tout. C’est soit du 1 contre 1, soit du 2 contre 2. Je trouve ça un peu décevant de prime abord. Mais sachant qu’il y a les escouades de chacun à gérer, l’ambiance de guerre est bien présente quand même.
Outre un mode multiconsoles que je n’ai pas eu le loisir de tester, il y a le mode Live. Les paramétrages de choix de parties en optimatch sont réduits à leur plus simple expression… Deux critères à rentrer : 1contre1 ou 2contre2 pour le premier critère et éventuellement un nom de carte précis pour le second. Pas de critère de langue… A croire qu’Ubisoft aime nous faire tourner en bourrique avec ce genre d’oubli. Les choix lors de la création d’une partie sont identiques, si ce n’est qu’on peut déclarer sa partie publique ou privée. Bref, on reste vraiment sur sa faim de ce côté là…
Il n’y a pas différents modes de jeu non plus. Il y a un seul et unique mode, c’est la mission. On est en quelque sorte dans un mode coopératif, mais dans lequel l’ennemi est incarné par un joueur, et non par la machine. Vous aurez donc une mission à remplir, vous et éventuellement votre partenaire, et l’ennemi en face devra vous en empêcher, le tout dans un temps limite. Chacune des 10 cartes consistera à mener à bien une mission particulière. Cela va de la destruction d’un objectif particulier, en passant par une embuscade destinée à empêcher l’ennemi d’atteindre tel endroit de la carte, etc… On s’attendait à un mode live un peu plus étoffé tout de même. Bref, lançons une partie pour voir.
Là, la déception ne s’atténue pas. Après un temps de chargement digne d’un Amstrad CPC 6128 à cassette magnétique, on se retrouve sur une map, avec les gars de son escouade à côté de vous. Si on a oublié de lire les objectifs de mission dans le lobby, c’est tant pis pour vous. Vous avez quelques indications de couleurs différentes sur une sorte de radar en haut à gauche. Un peu confus d’ailleurs le radar… Vous ne savez pas vraiment où est votre petit camarade équipier… Encore moins où est l’ennemi (c’est normal me direz-vous…). Lorsque ça commence à tirer, c’est souvent vos hommes (IA de la console) qui repèrent les premiers l’ennemi. Etant donné qu’il n’y a plus la jauge au dessus de la tête de vos ennemis, vous passez un temps fou à essayer de déterminer d’où viennent les tirs. Et souvent, vous mourez avant d’avoir pu faire un coucou au gars d’en face. Bref, il faut jouer plusieurs parties d’affilée pour commencer à prendre un peu de plaisir sur le Live.
Et encore, même après plusieurs heures de jeu, ce plaisir sera irrémédiablement gâché par un bug horripilant : soudainement, les voix dans le casque se mettent à avoir un écho tellement prononcé qu’on ne comprend plus rien à ce que dit son partenaire. Super pratique et convivial… idem sur le lobby avant le lancement de partie. C’est vraiment du gâchis. D’autant que quand il n’y a pas d’écho, la latence est tellement présente qu’il y a plusieurs secondes entre le moment où vous dites quelque chose et le moment où votre pote à l’autre bout du casque l’entend. On prend vite le parti de parler comme sur une cibi. Peut-être que certains d’entre vous ne rencontreront pas ce bug et tant mieux pour vous. Pour ma part, c’était récurrent.
Un autre souci concerne le « respawn » de vos renforts. Quand votre escouade est décimée, le respawn se fait automatiquement au même endroit de la carte. Cela implique que le spawn killing est possible. De même, si toute votre escouade meurt, sauf vous, et que vous décidez de la faire respawn, elle va réapparaître au début de la carte. Si vous l’appelez pour qu’elle vous vienne en renfort, vous n’avez aucune idée du chemin qu’elle va emprunter et il arrive une fois sur deux qu’elle tombe sur l’ennemi et qu’elle se fasse à nouveau décimer sans que vous ne puissiez rien faire… Un peu énervant…
Enfin, dernière ombre au tableau, le lag est archi présent. Il n’est pas évident à détecter, mais après avoir vidé 4 chargeurs de thompson sur un gars à deux mètre de vous sans l’égratigner, et que celui-ci vous loge juste une balle de colt45 dans la tête, vous en viendrez à la conclusion qu’il y a peut-être un peu de lag.
En ce qui concerne la fréquentation du Live, les parties sont plutôt faciles à trouver. Le jeu étant sorti il y a peu de temps, il y a beaucoup de sessions, souvent créées par des anglo-saxons ou des allemands.
Un mode live qui n’a comme qualité que le mérite d’exister. On peut y trouver néanmoins du plaisir avec un certain paquet de temps passé dessus. La preuve, je m’y suis quand même pas mal amusé. Mais pas de quoi casser une patte à un canard WC…
Vérifiez votre matériel soldat !!
Le titre de Gearbox essaie de s’approcher le plus possible d’un réalisme à tout craint. Pas de viseur en forme de croix (crosshair en anglais ^^). C’est soit au jugé, soit en essayant d’aligner l’ennemi dans le viseur de son arme. De même, lorsque l’on tente de viser après avoir couru, l’arme bouge en raison de la respiration accélérée du soldat que l’on incarne. Les développeurs ont toutefois choisi de faire quelques concessions à ce réalisme, dans un souci d’éviter au joueur un stress ou un énervement trop important. C’est quand même un jeu et un jeu se doit d’être fun nomdidiou ! Par conséquent , autant, vous aurez à gérer vos réserves de munitions, autant vos hommes trimbalent une infinité de bastos pour arroser la Wehrmacht. Ils sont forts ces GI’s quand même… Un autre élément irréaliste est la petite jauge (très utile au demeurant) au dessus de chaque ennemi destinée à indiquer son état « moral » et par conséquent, sa dangerosité : si vous demandez un tir de suppression à vos hommes sur un ennemi en particulier, ce dernier verra sa jauge changer de couleur pour vous montrer qu’il est de moins en moins menaçant pour vous, ce qui vous permettra de faire mouvement sans courir le risque qu’il vous arrose. Cette jauge peut toutefois être enlevée via les options, pour revenir à une immersion plus poussée.
Pour ce qui est du réalisme, les graphismes ne sont pas en reste. Les développeurs ont choisi un rendu visuel « imparfait ». En effet, il y a un aspect sale dans les textures. Non pas qu’elles soient ratées, mais elles essaient de retranscrire au mieux le côté immonde de la guerre et l’aspect vieillot de la période dans laquelle le titre se situe. Il y a de la boue, des tâches sur les uniformes, des murs vieillis par le temps et la guerre, un aspect vieux film documentaire dans le rendu général. On trouve aussi tout un tas d’éléments du décor qui retranscrivent cette ambiance de combat : des cadavres d’animaux au sol, des charrettes renversées, des véhicules brûlés sur les bords des routes, etc… Certains trouveront le jeu mal fini graphiquement, d’autres y verront un parti pris volontaire. Par contre, tout le monde sera d’accord pour dire que les modèles des soldats sont ce que l’on peut trouver de mieux dans un fps Xbox. Si on y regarde de plus près, on remarque même que vos soldats vous suivent du regard lorsque vous leur parlez en vous déplaçant. Autre éléments sympas pour le côté réaliste, ce sont les éclaboussures de sang sur la caméra lorsque vous êtes touchés, ou encore les morceaux de terre dans les yeux lorsque une grenade explose près de vous.
En ce qui concerne certains éléments du décor, le bon alterne avec le mauvais. Autant, les textures sont généralement réussies, autant certains buissons par exemple, sont un ramassis de gros pixels verts en 2D lorsque l’on s’approche trop près d’eux. Un peu bof bof surtout lorsqu’on voit ce dont est capable notre chère console en la matière.
Les animations sont, de leur côté, très réussies. L’ensemble bouge bien. Aucun ralentissement notable. Les effets visuels des armes et explosions ont un rendu ultra réaliste et très proches de ce que l’on peut voir dans le Soldat Ryan.
Enfin, et toujours sur le chapitre du réalisme, l’ambiance sonore se montre divinement efficace. Pas de musique, juste le claquement sec des armes, les bruits d’impact autour de vous, les cris de vos hommes qui vous somment de vous planquer ou qui vous avertissent qu’ils rechargent. Bref, l’immersion est géniale pour ça et on est vraiment dans la guerre !
La bande-son n’est pourtant pas exempte de petits défauts. Parfois, un avion passe en rase-motte au dessus de vous et vous ne l’entendez pas par exemple… Mais bon, rien de bien méchant en tout cas.
Après la forme, voyons le fond. Les commandes sont très intuitives, y compris celles des ordres. Le seul petit bémol est que parfois, une toute petite erreur dans une manipulation de commandes et c’est la mort de toute votre escouade… Les ordres se donnent de manière très simple avec une conjonction de touche (gachette gauche avec un autre bouton).
Comme l’intelligence artificielle se montre parfois également déficiente, il faut être très prudent dans ses choix tactiques et très patient quand tous vos gars se font décimer et qu’il vous faut recommencer toute la mission. Car évidemment, il n’y a pas de sauvegarde possible en cours de mission…
Certains bugs d’IA viennent par ailleurs assombrir le tableau. Parfois, un de vos soldats va se retrouver bloqué contre une clôture. Une autre fois, vous serez coincés par vos hommes qui vous entoureront tels les Village People dans un ascenseur… C’est rare et pas bien méchant, mais le plaisir procuré par le titre est un tantinet gâché. L'IA des ennemis quant à elle, sans être révolutionnaire, est d'un niveau tout à fait acceptable. Les Allemands n'hésitent pas à se replier s'ils commencent à être submergés. Ils tentent de vous déloger à la grenade si vous êtes bien planqués derrière un muret. Les mêmes petits bugs saisissant parfois vos co-équipiers, viennent de temps en temps s'attaquer également à l'ennemi.
De même, les plus puristes d’entre vous regretteront l’absence d’une possibilité de se pencher au coin d’un mur, ou l’absence d’un sprint (surtout quand on essaie de traverser une rue sous le feu d’un nid de mitrailleuse) ou encore l’impossibilité de pouvoir se coucher et ramper.
Brothers in Arms est donc un bon petit FPS sur la seconde guerre mondiale, avec un atout de taille qui est la gestion de son escouade en temps réel. Autant la partie solo est plutôt réussie dans l’ensemble, autant le Live brille par un manque total de qualités.
Ce jeu comblera ceux qui ont aimé Full Spectrum Warrior, ceux qui aiment un réalisme assez poussé et enfin ceux qui cherchent une immersion totale. Les fans de shoot nerveux de type Halo2, j’aurais tendance à vous conseiller d’essayer le jeu avant de l’acheter, car l’aspect « technique individuelle » n’est pas la qualité première requise dans ce jeu.
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- L’immersion
- Le réalisme
- L’aspect tactique
- Le rendu visuel général
- Les temps de chargement
- IA parfois défaillante
- Live trop dépouillé
- Bug des voix sur le Live