Test de Vietcong : Purple Haze
écrit par Prune
 
 
1967. Les Beatles venaient de sortir « Sergent Pepper », les Stones s’étaient fait arrêtés, Elvis venait de se marier, le mouvement Hippie connaissait son âge d’or et Mohammed Ali se voyait déchu de son titre pour avoir déchirer son ordre de conscription… Pendant ce temps là, des soldats américains avaient choisi d’aller passer des vacances attrayantes au Viet Nam ... Ma culture d’une époque où je n’étais qu’une lueur d’espoir dans les yeux de mon géniteur doit vous épater. Oui, c’est vrai, je suis quelqu’un possédant une grande connaissance. Nd SnakeX : Ca suffit Prune, dis-leur la vérité ! Bon ok, j’avoue. Je me suis contenté de reprendre l’introduction de Vietcong : Purple Haze (VPH). Cela plante au moins le décor. Nos héros ayant l’attitude arrogante de l’Américain moyen, il ne fera pas bon être un communiste devant notre fusil.
Sorti sur PC il y a quelques temps, voici que VPH fait son arrivée sur Xbox, dans une période qui, reconnaissons-le, ne laisse que peu de ventes aux outsiders. Et avec son mode Live, peut être qu’une excellente surprise est au rendez-vous…
 
 
 
 
Gooooood Byyyyyyye Viet Nam…
 
Ok, je fais mal Robin Williams! Mais essayez chez vous, vous constaterez que ce n’est pas si évident…
Malgré ce que pourrait laisser penser l’introduction du jeu, VPH n’est pas un FPS bourrin. En effet, il possède un côté tactique assez poussé puisque votre héros commandera une escouade composée de plusieurs hommes. Chacun de ceux-ci aura une spécialité. Par exemple, le médecin soignera vos hommes, le sapeur vous réapprovisionnera en munitions et s’occupera du déminage, etc…

La prise en main est rapide et tout habitué de ce type de jeu en maîtrisera les subtilités en quelques minutes. Pour les moins expérimentés, un didacticiel a été inclus. Fort bien pensé, celui-ci vous rappellera immanquablement le fantastique film de Kubrik « Full Metal Jacket » avec un supérieur qui, avant chaque phase de l’apprentissage, vous traitera de tous les noms d’oiseaux possibles et vous permettra d’enrichir votre champ d’insultes. Ce tutorial est conseillé pour apprendre les quelques spécificités du jeu comme les tirs de mortiers ou l’usage des mines claymore. La petite originalité de la prise en main est constituée par la possibilité de viser. Vous allez me dire que l’on peut le faire dans tous les autres FPS. Certes, mais laissez moi finir mon explication. Je reprends donc… En cliquant sur le stick droit, un effet de zoom apparaît. La petite croix de visée disparaît, et vous devez alors utiliser les repères de votre armes pour aligner vos ennemis. Sachant que vous ne vous battrez que rarement au corps à corps, inutile de dire qu’il va vous falloir maîtriser cette possibilité pour ramener vos hommes de chaque mission en un seul morceau.

Trêve de bavardage, la guerre vous appelle. Lançons-nous donc dans le mode campagne. Composé de 19 missions entrecoupées de cinématiques franchement moches mais qui permettent de rentrer dans l’histoire, celui-ci s’avère très réussi, tout du moins au début. Malgré une réalisation d’un autre temps ( sur laquelle je reviendrai plus bas), l’ambiance est là. La jungle est dense, il est impossible de voir à plus de 5 mètres devant soi, des « pièges à cons » parsèment votre parcours… Bref, la tension est immédiatement perceptible et toute votre petite équipe devra avancer prudemment. Car un face à face avec un vietcong est synonyme de mort immédiate pour vous, ceux-ci ayant une acuité de tir assez impressionnante. Il vous faudra donc utiliser vos jumelles pour repérer les différents ennemis ou compter sur l’aide de votre guide pour les débusquer. Quand vous tombez sur un nid d’ennemis, vos soldats réagissent immédiatement et ouvrent le feu tout en pensant à se mettre à couvert. Nos amis communistes font de même et vous apprendrez donc à véritablement utiliser le décor comme protection. L’arsenal à votre disposition, que vous choisissez avant chaque mission est présent en nombre. Bref, tout ça commence très bien et l’on se dit que l’on tient un bon petit FPS tactique. Malheureusement, cela ne dure que très peu de temps.

En enchaînant les missions, VPH devient vite lassant. Le jeu ne souffre pas de bugs rédhibitoires, mais manque juste de ce petit je ne sais quoi qui rend un jeu attachant. Cela vient principalement du fait qu’il perd rapidement son côté tactique, sauf si vous jouez en mode difficile (et encore..). En effet, au bout de quelques missions, vous vous apercevrez que le médecin qui est avec vous peut vous soigner à tout moment. La maîtrise du jeu aidant, vous abandonnerez vite la prudence, demanderez à l’éclaireur de rester derrière, et vous irez vous faire seul votre dose quotidienne de communistes. Si vous êtes débordés et mal en point, abritez-vous derrière vos hommes, appelez ce brave docteur et vous repartirez au feu l’esprit tranquille. Dommage !
De surcroît, les missions comportent des objectifs aussi surprenants que «oh, mon dieu, il faut secourir le pilote capturé par cette vermine communiste » ou encore «ce sabotage de leurs pièces d’artillerie est vital pour la suite de la guerre ». Vu et revu dans la plupart des jeux du même style.

D’autres petites choses vous empêcheront de totalement accrocher au jeu. Tout d’abord vos coéquipiers souffrent d’un path finding qui est assez pénible. S’ils rencontrent un obstacle, ils font demi-tour, font un pas de côté et repartent de l’avant. De même, il est fréquent qu’ils se gênent entre eux, ou même vous bloquent le passage en vous empêchant de vous replier alors que vous êtes salement touché. Les ordres, très simples à utiliser, ne seront parfois pas exécutés par vos subalternes. Assez énervant !

L’IA des ennemis suit la même voie. Plutôt bonne dans l’ensemble, celle-ci se retrouve prise en défaut de temps en temps. Il arrive souvent qu’ils ne vous voient pas alors que vous êtes à découvert (Optic 2000…). Plus grave, bien que très bons tireurs dans les phases de combat, tant qu’ils ne vous auront pas en visuel, ils ne viendront pas vous attaquer. Vous pouvez donc balancer des grenades, faire un maximum de bruit, voir leur tirer dessus sans être inquiété. Dans le même ordre d’idée, nos mais vietcongs ne viendront pas aider un de leur compatriote que vous êtes en train de trucider alors qu’ils se trouvent pourtant à 5 mètres de lui. Rageant !

Ajoutons qu’un mode escarmouche vous permet de jouer en équipe ou tout seul sur plusieurs maps et que vous pourrez refaire chaque mission de la campagne individuellement quand vous les aurez débloquées.

Bref tout cela confine le jeu au très moyen. Pourtant grand amateur de ce genre de productions, je ne saurais trop vous conseiller de vous dispenser de son achat si vous compter y jouer seul. Dans le même genre, préférez-lui la série des Conflict : Desert Storm ou Conflict : Vietnam.
 
 
 
 
Is anyone there ?
 
Autant le jeu en solo est quelconque, autant le mode live n’a pas été pris à la légère. 10 joueurs maximum pourront donc s’affronter dans tout un tas de modes développés pour notre mouture Xbox.

Premier point positif, la connexion s’avère d’excellente facture. Le lag n’est pas présent offrant ainsi des conditions de jeu optimales, performance dont peu de FPS peuvent se vanter à l’heure actuelle. Remarquez, quand on voit la pauvreté graphique du titre, encore heureux…
Comme pour le solo, le réalisme est de mise puisqu’une balle en pleine tête signera votre mort. Bref, cela s’annonce sous les meilleurs auspices.

3 des 9 maps présentes sont jouables en mode coopératif. Composez donc une équipe de 6 joueurs et préparez-vous à bouffer du viet (si vous me passez l’expression…). Chaque participant pourra sélectionner sa classe de personnage parmi les 5 disponibles (soldat, sapeur, radio, tireur d’élite et médecin). A vous d’équilibrer votre escouade pour espérer survivre dans cette foutue jungle. Surtout que contrairement à Rainbow, vos ennemis sont mobiles et très précis. Il faudra donc avoir une coordination de tous les instants pour espérer s’en sortir.

Vous voulez faire la même chose contre des joueurs humains. Pas de problème ! Le mode assaut en équipe vous permettra d’affronter d’autres humains dans des missions à objectif. 10 joueurs pourront participer, soit 2 équipes de 5 comme peuvent le déduire les plus matheux d’entre vous. Très réussi et prenant.

Dernier mode surprenant, « guerre réelle » où vous devez prendre le contrôle de tous les drapeaux présents sur la map pour l’emporter.

Nous passerons rapidement sur les classiques modes deathmatch, team deathmatch et capture de drapeau, qui s’ils sont réussis, n’apportent rien de bien original. Les nouvelles fonctionnalités du live sont bien entendu intégrées. Messages vocaux, connexion au Live même lorsque vous jouez en solo sont donc de la partie.

Franchement intéressant et jouable, le mode Live est une réussite plombée par deux gros défauts. Le premier est constitué par l’impossibilité de pouvoir choisir l’optimatch par la langue des serveurs… Et comme il n’y a pas beaucoup de joueurs français, il va être difficile de tomber sur un serveur francophone. Un malheur n’arrivant jamais seul, le nombre de parties disponibles est famélique.
Mais le plus gros défaut vient sûrement de la gestion de la voix. Celle-ci ne lag pas, mais plus vous êtes éloignés de vos partenaires, moins ils vous entendent. Vous devrez donc rester proche d'eux pour communiquer. Sinon, adieu la convivialité. Cette gestion vocale, déjà utilisée pour d’autres jeux, ne fait pas l’unanimité. Et personnellement, le Live étant avant tout un endroit de communication, c’est navrant.

Pour résumer, le mode Live est sympathique. Cependant méfiance ! Après de nombreuses heures passées online, je n’ai rencontré qu’un québecois et 2 français… Envisagez donc son achat si vous avez d’autres amis prêts à y jouer.
 
 
 
 
L’arbre qui ne cache pas la forêt…
 
VPH est un peu comme Brigitte Bardot. Il a très mal vieilli. Le jeu se déroule principalement dans la jungle, mais comporte cependant certaines phases en milieux dégagés ou urbain. Tant que l’on reste dans les hostiles forêts du Vietnam, la pauvreté technique du titre passe à peu près inaperçue. De nombreux arbustes et arbres ont été modélisés et sont animés. Bref, cela cache la modélisation sommaire tant des décors que des protagonistes. Par contre, dès que l’on en sort, vos yeux vont vous piquer. Entre des textures d’une pauvreté affligeante, un brouillard prononcé et une admiration des développeurs pour la période cubiste, vous allez vite vous demander comment il est possible de sortir un jeu aussi pauvre graphiquement. Pour tout vous dire, cela ressemble fortement à Soldier of Fortune 2. Seul point positif : la réalisation de l’eau des rivières. C’est un peu court comme l’aurait dit Cyrano…

Tant qu’à faire, autant que l’animation suive le même chemin. Vous aurez donc un sourire amusé en voyant bouger vos coéquipiers. En bons militaires qu’ils sont, ils aiment à marcher droit comme des I. On peut même se demander si la légende de pratiques sexuelles contre nature qui leur colle à la peau ne se vérifie pas ici.

Certes, le jeu n’est pas vraiment beau. En contre partie, bande de veinards, il ne rame jamais. Encore heureux me direz-vous et je dois avouer que je ne peux vous donner tort. Les effets spéciaux sont eux aussi des plus sommaires. Quand vous verrez l’explosion du C4 que vous utiliserez pour saboter un canon, nul doute que vous allez rire aux larmes. Inutile d’en rajouter. Je pense que vous avez compris où je voulais en venir : c’est moche. Mais encore une fois, les graphismes ne font pas tout dans un jeu et malgré cela, le jeu aurait pu être réussi.

Toute la partie sonore a été plus soignée. Déjà, le jeu jouit de la présence de musiques d’époques qui collent parfaitement au titre. A vous le bon vieux rock des années 60/70, comme le fameux « I wanna be your dog » des Stooges. Là, c’est du tout bon. Dans la jungle, les bruits sont réalistes (chants d’oiseaux inquiétants, bruit d’herbes) et tendent à vous mettre dans l’ambiance. Lors des combats, les balles sifflent et ricochent autour de vous avec une grande crédibilité. De même, vos hommes ponctuent leurs interventions de phrases bien vulgaires. Bref, c’est la guerre et ça s’entend.

Ce dernier point ne suffit pourtant pas à sauver le jeu du naufrage technique.
 
 
 
 
Sans originalité, lassant en solo, le jeu se révèle agréable et bien optimisé sur le Live. Malheureusement, l’absence de joueur français et la gestion bizarroïde de la voix gâchent un peu le plaisir. Un achat éventuel pour les amateurs de FPS à condition d’avoir des amis le possédant. Morale : Encore un jeu sorti trop tard qui aurait pu avoir un petit succès grâce à son mode Live.
 
 
 
 

+ -
- Un mode Live riche et réussi
- L’ambiance oppressante en solo
- Rapidement lassant en solo
- Techniquement dépassé
- Peu fréquenté sur le Live
- La gestion de la voix

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