Prenez Capcom. Ajoutez-y Street Fighter 2. Calculez le temps qui s’est écoulé depuis la sortie de ce titre (une quinzaine d’années). Une fois cela fait, observez les jeux de combat 2D sortie par cette compagnie durant ce laps de temps. Alors, de mémoire, il y doit bien y avoir du Marvel vs Capcom, du Xmen vs Street Fighter, du Street Figther Alpha, du SNK vs Capcom, du Street Fighter Prime turbo plus easy version plus fort que la mort, du Street Fighter vs Teletubbies… Bref, beaucoup de titres qui, bien qu’étant de qualité, ne sont que des redites du vénérable ancêtre qui révolutionna la baston en 2D. Seul Street Fighter 3 et son épisode Third Strike ont réellement fait avancer le schmilblik. Un constat édifiant, vous en conviendrez. Alors vous pensez bien que c’est avec une certaine inquiétude que nous avons ouvert Capcom Fighting Jam, leur nouveau jeu de combat 2D. L’équipe de développement s’est elle creusée la tête pour nous offrir un nouveau concept ou, au contraire, a-t-elle pensé qu’un jeu bénéficiant du mot «Capcom » dans son titre serait suffisant pour prendre quelque argent aux vaches à lait que nous sommes ? Réponse dans ce qui suit.
Approche la Mathilde ! C’est l’heure de la traie !
Comme l’indique l’intitulé, une fois encore, Capcom tente de nous soutirer quelque argent sans rien nous offrir de novateur. Pourtant, sur le papier, ce Capcom Fighting Jam semblait prometteur. Des combattants de 5 séries de Capcom réunis au sein d’un même jeu pour le plus grand bonheur des amateurs, voilà qui paraissait alléchant, surtout lorsque l’on apprit que chaque protagoniste conserverait le style de combat propre au titre auquel il appartient. Une fois le jeu dans la console, la déception est rude. Tout d’abord, le choix des 5 séries nous ramène à la dure et fâcheuse habitude de l’éditeur au logo jaune à ne pas innover. Vous retrouverez donc des combattants issus de Street Fighter 2 (youpi), Street Fighter 3 (original), Street Fighter alpha (et de trois), Darkstalkers (antédiluvien) et de Red Earth (inconnu au bataillon). On s’aperçoit donc que, mis à part les personnages issus de Red Earth, l’amateur de baston 2D est en terrain connu. Et comme il ne faut pas trop en donner aux joueurs, seuls 4 combattants sont disponibles par série, soit un total de 20. Conscients que la pilule aurait du mal à passer, les développeurs se sont quand même fendu d’un personnage inédit supplémentaire (Ingrid, une jeune fille aux pouvoirs surprenants) et offrent aux acharnés de débloquer les deux boss du jeu. Ne pavoisez pas cependant puisque ces boss sont issus de Darkstalkers et de Street Fighter 2. Vous disposerez donc de 23 combattants parmi lesquels 5 sont inconnus. A partir de ce moment là, le joueur a deux choix : tenter de maîtriser les 5 nouveaux ou prendre Ryu et un autre perso au choix et torcher le jeu en deux temps trois mouvements. En effet, bien que les combats se déroulent par équipe de deux, vous pouvez changer de personnage entre chaque round. Mais rien ne vous empêche de conserver le même. De ce fait, peu importe la composition de votre équipe, prenez juste un des combattants que vous maîtrisez et l’affaire est dans la poche. Décevant, d’autant plus que 5 combats en matchs par équipe sont nécessaires pour atteindre le premier boss. Une victoire et le générique de fin s’enchaîne rapidement. Car, fidèle à son habitude, Capcom nous gratifie d’une absence de scénario. Pour résumer : on met le DVD dans sa console, on prend Ryu, on tape tout le monde sans aucun but, on regarde une fin sous forme de BD (qui n’a aucun rapport avec le jeu) et c’est fini en 30 minutes montre en main pour qui maîtrise un tant soit peu la série des Street Fighter. On s’acharne ensuite à essayer les 4 persos issus de Red Earth et la petite Ingrid. Une fois cela fait, il ne reste plus qu’à ranger le titre dans sa boîte, les quelques bonus à débloquer (thème musical d’époque de chaque personnage, boss) ne donnant pas réellement envie d’y revenir en solitaire.
Si un néophyte pourra y trouver son compte, l’habitué aura vite fait de choisir un des personnages de Street Fighter ou de Darkstalker et de ressortir les combos et furies qu’il connaît par cœur. Même si les spécificités de chaque série sont conservées pour ses combattants (parades pour Street Fighter 3, combos de folies pour Darkstalkers…), force est de constater que tout cela n’est qu’illusoire puisque tout bastonneur 2D digne de ce nom maîtrise au moins un personnage de chacune de celles-ci. L’idée était bonne, mais elle ne suffit pas à elle seule pour empêcher Capcom Fighting Jam de sombrer dans le banal. Pourquoi ne pas avoir laissé des équipes fixes où un KO signifie un personnage éliminé pour le reste du combat ? Pourquoi aussi n’avoir proposé que 4 personnages par série et qu’un seul perso inédit ? Certainement pas parce que les sprites des différents protagonistes ont été refaites, certaines commençant même à dater sérieusement (darkstalkers par exemple). Et pourquoi nous resservir sempiternellement les mêmes boss ?
Bref, du banal, du bâclé, qui même s’il dispose d’une jouabilité de haute volée aussi bien à la manette qu’au stick arcade (Capcom oblige) ne parvient jamais à totalement convaincre. A deux joueurs, le constat est un peu plus optimiste, mais l’achat demeure dispensable pour celui qui n’a pas le Live et qui dispose déjà de Guilty Gear et de Street Fighter Anniversary Collection dans sa ludothèque.
Bah la Mathilde, elle est pas sur le Xbox Live !
Atout de poids pour le titre, Capcom Fighting Jam dispose d’un mode Live. Cela devient une habitude chez l’éditeur et comme sur ses précédents produits, le bon côtoie le médiocre. Si la qualité de connexion demeure d’excellente facture (bonne gestion de la voix, quasiment pas de lag), l’interface reprise sur Capcom vs SNK 2 et Street Fighter Anniversary Collection demeure toujours aussi incompréhensible. Ainsi, il est fréquent que la console indique la disponibilité de parties sans que vous ne puissiez les trouver via le Quickmatch ou en trifouillant les options de l’Optimatch. Encore une fois, cette absence de refonte de l’interface Live vers quelque chose de plus simple demeure préjudiciable du fait du nombre famélique des matchs disponibles.
Car tel le degré de nutrition d’un pâturage ayant subi les affres de la sécheresse (c’est à dire pas grand chose), le jeu en réseau de Capcom Fighting Jam brille par l’absence de toute substance combattante vu qu’y trouver un adversaire relève du miracle. Les causes n’en sont pas clairement définies, mais il est clair que la banalité de ce jeu, conjuguée à l’interface décourageante n’y est pas étrangère.
Il est donc préférable, pour tout amateur de baston 2D, de se tourner vers le relativement bien fréquenté Street Fighter Anniversary Collection ou de s’assurer que l’un de ses amis achète aussi le jeu, sous peine de passer de nombreuses heures à attendre la venue d’un challenger.
Noir comme dans le cul d’une vache…
Une fois encore, le mot banalité revient. Dès le premier combat, l’absence de travail est flagrante. On nous ressert donc les mêmes sprites vieilles datant de plusieurs années. Si cela n’est pas choquant pour les personnages de Street Fighter ou de Red Earth, ça l’est beaucoup plus pour les combattants de Darkstalkers qui disposent d’une pixellisation hallucinante. Les développeurs se sont contentés de les intégrer dans Fighting jam sans les retoucher. Aucun surplus de travail donc, ce qui rend impardonnable le nombre si faible de combattants. Minimalisme aisément identifiable dans les décors. Alors que l’on se souvient de la beauté de ceux de Marvel vs Capcom 2 ou de Capcom vs SNK 2, qui intégraient des objets en 3D, nous voici confronté à de la 2D fixe avec quelques animations pour des personnages dessinés à la va vite. Minimalisme toujours lorsque l’on s’aperçoit que les effets spéciaux (boules de feu, effets de parade) sont modélisés en 3D pour donner un mélange moyennement réussi au vu du manque de travail effectué sur les décors et les persos. Minimalisme enfin lorsque l’on s’aperçoit du peu de soin apporté à l’animation des combattants.
On a donc un mix 2D/3D qui, s’il n’est pas d’une beauté exceptionnelle, reste regardable, mais qui demeure un bon ton en deçà de ce qui se fait à l’heure actuelle.
Seuls les thèmes musicaux viennent un peu changer la donne. A base de guitares électriques, ceux-ci ne dérangent pas et demeurent entraînants, pour peu que l’on aime le Heavy Metal.
Cette réalisation banale confirme ce que le concept laissait penser : Capcom Fighting Jam est un jeu développé à la va vite, reprenant des éléments graphiques de toutes les séries citées en introduction et sans aucune innovation notable au niveau du gameplay. Le jeu reste agréable grâce à sa jouabilité sans faille, mais à aucun moment il ne vous enthousiasmera. Pour 30 euros, l’acharné de baston 2D pourra l’acquérir sans risque. Celui qui veut un bien meilleur représentant du genre et qui soit compatible Live préfèrera se tourner vers l’introuvable Guilty Gear XX Reload ou le génialissime Street Fighter Anniversary Collection.
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- Gameplay parfait
- Les personnages de Red Earth
- Ingrid la petite nouvelle
- Un Street Fighter vs machin truc en plus
- Réalisation quelconque
- Saharien sur le Live