Test de Fable
écrit par Demosthene
 
 
Fable (nom féminin) : petit récit, souvent en vers, qui cache une moralité sous le voile d’une fiction. Telle est la définition d’une Fable. Et tel est le titre de la création des frères Carter de Big Blue Box, que leur pape de patron, Peter Molyneux (LionHead), nous promène sous le nez depuis 3 ans, d’un plaisir partagé. Avec l’incontournable Halo 2, c’est en cette fin d’année 2004, le titre majeur, source d’innombrables fantasmes, qui arrive dans nos petites mains pour un verdict tant attendu donc redouté. Car au même titre que la création de Bungie, une telle attente et un tel buzz va de paire avec une exigence de haut niveau.
Fable doit être l’excellence que l’on nous a fait espérer, rien de moins, tel est le prix à payer d’une telle réputation. Voyons si Fable est au rendez vous.
 
 
 
 
Comment ne pas vouloir faire comme les autres…
 
Oakvale, petite bourgade campagnarde de la contrée d’Albion se réveille dans une clarté apaisante. Vous auriez d’ailleurs bien profité de cette douce matinée, mais votre père a décidé que le petit bonhomme que vous êtes avait mieux à faire que de jouer à tout et à rien (toute coïncidence avec un lecteur ayant existé serait fortuite et involontaire…). Celui-ci vous rappelle que cette douce journée est celle de l’anniversaire de votre grande sœur, et qu’il est préférable de ne pas oublier, pour être un gentil garçon à son donc fier et gentil papa. Votre journée ne se limitera toutefois pas à trouver comment dénicher un gentil cadeau où à préparer un plat d’abats pour l’anniversaire de gentille sœur. Car avant que le soleil ne darde ses traits ocres et rouge sang sur ce tableau idyllique, votre vie aura irrémédiablement basculé dans l’horreur. Ce jour qui ne sera désormais plus pour vous que le cauchemar d’Oakvale…

Tel est le début de cette Fable que je ne dévoilerai pas plus, même par conscience professionnelle du testeur complet. Oakvale devra bien vite être oublié par votre personnage mais pas par vous joueur, car vous y apprendrez les bases du jeu. Didacticiel relativement inconscient, celui va vous préparer à la Guilde des Héros d’Albion que vous atteindrez bientôt du haut de vos quelques 6 ans. Vous vous rendrez vite compte au passage de la quasi parfaite prise en main du jeu (personnage, caméra) si ce n’est la gestion des actions favorites programmables sur la croix directionnelles et qui sont loin d’être facile à gérer. Si vous n’aimez pas la vie de château, il faudra pourtant vous y faire, car votre héros a signé pour quelques années, et ce n’est qu’en jeune adulte auréolé de son fier diplôme de héros que vous en ressortirez, en ayant au passage épaté votre mentor par votre potentiel. Parez pour l’aventure, le jeu commencera enfin pour vous et il sera alors temps de parcourir Albion en solitaire.

Donner un genre à Fable n’est pas exercice facile et ce n’est pas involontaire. Fable n’est ni un RPG ni un jeu d’aventure, je me tente donc à le qualifier d’Action-RPG, si tant est qu’il soit nécessaire de le loger dans une case. Comme vous avez pu le voir, vous incarnez un personnage qui se trouve être un enfant. Oubliez donc l’hyper spécialisation inhérente au style RPG, qui vous permet de paramétrer jusqu’à la couleur de vos slips. Dans Fable, vous ne choisirez pas une vie mais vous choisirez comment vous voulez vivre. Car Fable se veut un jeu intuitif, qui se prend en main simplement, où l’intérêt réside plus sur vos choix et actions que sur les statistiques de vos armes ou de vos attaques.

Les frères Carter l’avaient annoncé, ils voulaient s’affranchir de cet aspect. Pari réussi ? A moitié. De fait toutes ces considérations seront bien présentes (chaque arme à sa puissance ou son influence chiffrée par exemple) car au fond indispensables, mais vous les oublierez très vite pour vous concentrer sur le jeu, vous donnant l’impression que tout ceci est géré comme un bruit de fond que vous n’entendrez pas, sauf à le vouloir. Vous avouerez qu’il est plus intéressant, ici, de chercher la meilleure technique ou stratégie, ou la meilleure façon d’utiliser une arme, que de savoir si elle fait 128 ou 114 points de dégâts. Voilà la première réussite, puisque je vous avoue qu’après de longues heures de jeu couronnées de succès (et d’échecs), je ne me suis intéressé qu’au type d’armure et d’arme que je souhaitais et je suis ensuite parti, la fleur à la hache, vers de nouvelles aventures.

C’est le même principe pour l’évolution de votre personnage. A la manière d’un Prince of Persia par exemple, chaque ennemi abattu libère une orbe, une sphère lumineuse que vous devrez récupérer pour monter votre expérience. Ici aussi, le jeu gère de façon comptable des points d’expérience qui s’accumule pour passer les niveaux. Mais pour vous, joueur, il ne compte que d’attirer à vous ces orbes (gâchette droite, elles viennent à vous tel un aimant, classe !) sans vous soucier de leur valeur réelle. Quoique. Fable propose en effet de récompenser le style et les plus habiles d’entre nous. Par un système de multiplicateur qui s’enclenche si vous enchaînez les coups portés sans être touché, les combats les plus maîtrisés verront des ennemis avec des essences lumineuses libérés plus importantes. Les bourrins récupèreront des petites sphères, les artistes des bien plus grosses, hautement gratifiantes croyez moi et tout le monde aura a cœur de bien combattre même si le résultat pourra être identique. Très bonne idée.

La montée des niveaux a repris des règles on ne peut plus simple pour faire évoluer votre personnage. Trois compétences majeures vous sont offertes : physique, habileté et magie. A partir de là, quelques sous catégories vous permettent d’affiner votre personnage comme la force, la précision ou certaines écoles de magie, mais on reste dans le simple (ne pas confondre avec simpliste) et l’intuitif. Pas de compétence « Crochetage du corset de mémé » à débloquer, restons sur un plaisir brut.

Les armes sont également à la même enseigne même si pour le coup elles restes peu variées, tester une nouvelle arme sur le premier Mime qui passe étant toujours un plaisir. Deux catégories, arme de mêlée (épées, hache…) ou armes de jet (arc, arbalète) vous suffiront toutefois largement pour votre CAP d’équarrisseur. Idem pour les armures mais qui doivent rester dans la chartre graphique du jeu (très réussie on y reviendra), ce qui est du coup plus limitant.

Le décor bien posé au niveau matériel, intéressons nous aux combats afin de contenter les plus fleur bleue d’entre vous. Nous sommes clairement dans la rubrique « action », c‘est bien la première fois que je surchauffe mes pouces dans un jeu de ce type. Deux petits boutons à utiliser, le coup simple et après enchaînement un coup spécial disponible quand votre hache est bien chaude (qui a parlé de décapitations ? entraînez vous bien d’abord). Et c’est souvent rythmé, car vous croiserez rarement un adversaire esseulé, ou si c’est le cas, sa puissance risque alors de vous demander un peu plus que de simples coups. Il est fréquent d’avoir 5-6 adversaires à combattre simultanément voir carrément plus dans certains passages dont je vous laisse la surprise. Ceux ci ne sont pas d’une grande difficulté, avouons le et c’est dommage qu’on ne soit pas plus accroché. Mais je vous avoue qu’on prends un plaisir réel, non pas dans la satisfaction du résultat mais essentiellement dans la manière que vous y mettrez. Massacrez 15 hobbes en finissant minable en ayant vidé toutes ses potions de santé, tout le monde peut le faire, par contre y mettre du style, du rythme et de l’esquive, même cerné, pour finir sans avoir pris un coup, vos adversaires étendus en cercle autour de vous avec de grosses sphères lumineuses en récompense, ça c’est la classe. Et puis nous reviendrons plus tard sur le système d’esbrouffe qui pourra satisfaire sans problème les plus maso d’entre nous. Ajoutez y une fine et stratégique utilisation des armes à distance puis en mêlée et cela complétera le tableau.

Et qu’avons-nous à hacher fin dans Fable ? Et bien un peu de tout ma bonne dame, ça dépendra de vos goûts. Si je passe sur ceux dont l’alignement sera d’une noirceur absolue et qui par principe, massacreront tout ce qu’ils trouvent et qui saigne, Fable nous offre un bestiaire bien pensé. En effet, on passe de la nourriture commune mais nombreuse (bandits humains idiots ou hoobe, petite créature des caverne assez fourbes en groupe) au créatures rares mais redoutées, chacune ayant un style de combat propre. Le troll en est un mais sans rentrer dans un catalogue inutile, je cite tout de même mon coup de cœur pour les Balverines. Créature des bois sauvage et visiblement d’hémophile, cette créature nerveuse et bondissante vous scotchera par son design tourmenté qui coupe parfaitement avec les graphismes du titre.
 
 
 
 
Différent veut-il dire réussi ?
 
Bon maintenant je sais ce que vous vous dites : quand est ce qu’il rentre dans le cœur du jeu, qu’il nous dit s’il a trouvé ça bon ou pas, le père Démo ? Vous avez raison, je suis papa. Et tant qu’on y est, on va maintenant commencer à parler de ce qui fâche et de ce qui ravit. Mais j’espère qu’arrivé ici, vous avez senti l’ « esprit » de Fable, la philosophie qui s’en dégage car c’est essentiel pour comprendre et apprécier ce magnifique jeu (merde j’ai mis en l’air mon suspens à 2 balles !).

Mais commençons par parler de la quête principale de Fable, de sa trame scénaristique, en mettant directement le doigt où ça fait mal. Oui c’est court, oui c’est linéaire et oui ça n’a rien d’exceptionnel. Ca va ? un peu de sel ou ça ira ? Ceci étant dit, la moindre des choses est dans parler un petit peu plus et d’expliquer. Je pense que la quête principale de Fable devrait prendre une petite dizaine d’heure à être bouclée et c’est court, pour le moins. Il faut avouer que si elle très bien mise en scène, elle ne vous fera réellement vibrer que si vous avalez votre portable avant. Et c’est bien sûr linéaire à souhait, les différentes étapes s’enchaînant les unes derrières les autres, sans réelle initiative de votre part. Là vous avez déjà commencé à pâlir car je viens de briser un rêve longtemps chéri sur ce jeu, et le regard triste et la larme amère vous commencez à tourner le dos…

Pas si vite jeune fou, as tu déjà oublié que j’ai dit que ce jeu était magnifique ? Il faut suivre un peu quoi, c’est de Fable dont on parle. Alors pourquoi cela ne m’a t’il pas posé un problème rédhibitoire ? Et bien tout simplement parce que la quête principale ne représente qu’une toute petite partie de Fable, de son intérêt, comme de sa durée de vie. Oubliez tout les grincheux qui vous diront le plier en 10h (ce qui est possible). Si vous pliez Fable en 10h (sauf si vous êtes pas testeur) alors vous ne comprenez rien au jeux vidéo en général et à Fable en particuliers.

Comment se plaindre d’une durée de vie médiocre si on occulte les ¾ du jeu !! un non sens incroyable qui me fait bondir, mais il faut l’avouer qui est à mettre sur le compte des frères Carter. Erreur grossière à mon goût, la quête principale n’a en effet pas été « verrouillée » scénaristiquement par les quêtes annexes et autres, trop indépendante. Du coup des joueurs, souffrant du syndrome « kikitoudur » (copyright Turgan Galikea 2004) auront la possibilité de traverser le jeu au plus vite et de trouver du plaisir à dire qu’ils ont fini le jeu en comparant leurs temps de passage. C’est une philosophie du jeu, ce n’est pas la mienne et je pense ne pas être le seul. Un jeu ça se savoure ça se profite, quand c’est bon on ne veut pas que ça finisse, le but premier d’un jeu de ce genre n’étant pas de le finir au plus vite, mais d’en profiter au maximum.
Car la durée de vie de Fable est bien plus grande que ça et comblera tout le monde. Les quêtes annexes, si elles sont inégales, assure en effet en deuxième ligne une sacrée rallonge. Vous ne serez pas passionnés à aller nettoyer un champs d’un troupeau de hoobes ivres au cidre (breton ?) mais certaines quêtes vous opposeront directement à d’autres héros où vous offriront une liberté d’action très appréciable. Et cela vous paraît trop facile ? Qu’à cela ne tienne, Fable contentera les meilleurs d’entre vous (ou ceux qui veulent le devenir) avec un système très intéressant d’esbrouffe. Il s’agit tout simplement de se rendre sur une place publique, d’annoncer la mission que l’on a choisi, et, devant les habitants d’Albion, de faire son kakou. « Bien sur que je peux m’introduire dans un camps retranché de bandits, mais mes braves amis, je peux aussi le faire à poil ; et sans que personne ne me remarque ; et sans prendre un coup ». Très bonne idée, vous ne trouvez pas ? Dans un monde où votre réputation est si importante, voilà un sacré défi (que ceux qui trouvent Fable trop court, joue le jeu pour voir…). En effet, si vous réussissez avec les contraintes que vous avez choisi, les gens pourront vous vénérer et vous appelleront facilement ‘Libérateur ‘ (si vous achetez un titre vous permettant d’utiliser ce nom). Par contre dans le cas contraire, ils riront de votre vantardise et votre réputation en prendra un coup (vous pouvez acheter le titre « Face de cul » -véridique- si vous aimez l’auto dérision).
Je sens que vous allez déjà mieux, mais ce n’est pas fini. A ces quêtes se greffent en effet nombre de fils rouges qui vous donneront du fil à retordre, croyez moi : la recherche d’un trésor aux indices dispersés, les clés éparpillées ouvrant des coffres plus ou moins résistant, les portes démoniaques dont je vous laisse la surprise etc…. On peut trouver ces fils rouges fastidieux mais après tout je connais un petit gars au bonnet vert qui collectionnait les araignées, les morceaux de cœur et autres, et qui a passionné des millions de joueurs (dont moi). Ai-je parlé des nombreux mini jeux, toujours source d’argent facile mais dont certains vous rendront carrément accro, car sollicitant adresse, mémoire et perspicacité. Le Pazaak est ici dépassé par ces sérieux concurrents.

Je finirai par un point des plus importants, le replay value. Croyez moi un beau chevalier blanc ne finira pas Fable de la même façon qu’un adorateur de Mylène Farmer. C’est vrai sur la quête principale, c’est vrai sur les quêtes annexes mais c’est surtout vrai pour tout le monde d’Albion.

Car gardant tel un gourmet le meilleur pour la fin, je finirai sur le point fort de Fable et surtout ce qui a fait que nous attendions ce titre à ce point. Fable, synonyme de liberté, de choix et d’actes, mais surtout un projet relationnel entre vous et le peuple d’Albion qui fait que tous vos actes auront une répercussion qu’il vous faudra assumer. Là était le pari, et celui-ci a en parti rempli son contrat. Pourquoi en parti ? parce que les développeurs ont été trop enthousiastes et surtout parce qu’ils ont trop parlé. Quelques temps après la sortie fracassante du jeu aux US, Peter Molyneux himself, a publié un article où il s’en excuse d’ailleurs, se promettant d’y réfléchir à deux fois avant de s’emporter à nouveau. Fini donc quelques fantasmes de liberté totale dans des grands espaces ouverts et persistants où l’herbe et les arbres poussent en temps réel, le multijoueur ou l’interaction poussée avec d’autres héros dans le jeu. Le développement actuel a des limites qui sont malheureuses mais bien réelles. Vous serez donc déçus des cartes qui s’enchaînent entre deux couloirs car sans aller taper du coté de Morrowind, on attendait quand même mieux. Concernant les relations avec les PNJs l’essentiel est là mais pas tout non plus. On a l’impression que Fable ouvre des voies que la Xbox ne peut lui permettre d’explorer jusqu’au bout.

Mais rassurez vous, si les promesses ne sont pas toutes tenues, il y a des choses diablement réussies et intéressantes, des pistes très bien lancées. Ne comptez pas sur moi pour vous en faire l’inventaire que vous connaissez d’ailleurs déjà certainement. Je préfère que vous abordiez le jeu, que vous exploriez Albion en vous posant la question de ce que vous pouvez faire, de ce qui se passerait si et de faire votre choix de moralité dans votre comportement. C’est le cœur du jeu et c’est là où c’est bon, où on a du changement. Vous essaierez la polygamie en combinant homo et hétérosexualité, les concours de rots, l’effet de certains tatouages effrayant sur la mémé du coin ou d’autres symboles de virilité, sur la blonde qui vous regarde béatement et qui sait déjà ce que vous devrez faire ou lui offrir pour la séduire (au passage je déteste le petit cœur qu’elle promène au dessus d’elle, on est pas dans les Sims à Albion !). Vous essaierez et vous prendrez du plaisir dans vos réussites ainsi que dans vos échecs : l’émotion sera là du bonheur de retrouver Oakvale 10 ans après jusqu’à vos envies de meurtre envers tout ces gens qui vous appelle ‘face de cul’. Vous voulez faire fuir les gens à l’annonce de votre seul venue où les voir vous vénérez avec de l’admiration plein les yeux, vous avez Fable entre vos mains, vous avez votre destinée à construire.
 
 
 
 
On est dedans !
 
Et tout ceci, n’aurait pas été possible, sans une réalisation de très haut niveau qui n’avait qu’un seul but : Albion est vivant. Tout simplement. Et impossible d’y jouer du bout des doigts, l’immersion est totale. Ceci est à mon sens la résultante de trois facteurs.

Tout d’abord, cela fourmille de partout avec un certain réalisme. Les villes sont vivantes, les habitants se lèvent, les magasins ouvrent, chacun vaque à ses occupations, se retrouve à la taverne le soir et part ensuite se coucher à la tombée du soleil, s’enfermant à double tour avec sa femme pour faire des « hum hum ». Pas de personnage qui passe son temps figé en attendant que vous le déclenchiez. Cela marche aussi pour vous, vous évoluerez physiquement en fonction des coups que vous aurez pris, des murges répétées à la taverne du coin, et vous vous lancerez dans le commerce et où dans la gestion immobilière, et pas seulement pour une carte de visite. C’est vivant, on est dedans !

Pour servir cela, Albion est tout simplement magnifique. Et pas magnifique parce qu’il propose les meilleurs textures et le meilleur framerate. Magnifique parce que c’est véritablement maîtrisé artistiquement dans les tons, le style des maisons ou des personnages (inspiré de Tezuka ?), le design global. Les ombres portées servent parfaitement tout cela en restant discrète, les herbes dansent sous la brise, du grand boulot d’une cohérence implacable. Tout n’est pas parfait bien sûr et vous vous en rendrez compte immédiatement au début du jeu en constatant l’horreur des PNJs vu de trop près. C’est laid anguleux et ça scintille légèrement, on reste surpris de si gros défauts mais on oublie vite, notamment devant certains personnages au style irréprochable tels les Balverines où le fameux Deux Lames. C’est beau on est dedans !!

Le dernier mais meilleur point concerne les musiques du jeu. Du très grand art et cela s’explique en deux temps. Big Blue Box a fait appel à Danny Elfman (les films de Tim Burton entre autres) qui dans le genre n’est pas le dernier de la classe. Celui-ci a composé l’intro du jeu avec brio, merci monsieur. Mais la bonne idée c’est que le reste du jeu est très inspiré de ce thème initial. On a donc l’impression que le brio de Elfman nous suit tout au long de l’aventure et (ce n’est pas un miracle), il colle parfaitement au monde d’Albion, à sa chaleur et à son rythme. Du bonheur pour les oreilles, on est dedans !

Mon dieu, avant de conclure, j’ai parlé de beaucoup (trop ?) de choses mais pas du Live, qui je le rappelle est la justification de ce test sur Xboxlive.fr. Le jeu est Live Aware, vous pouvez ainsi accéder à votre liste d’ami à n’importe quel moment. Voilà, c’est fait.
 
 
 
 
C’est l’heure du jugement. Fable n’est pas le jeu qu’on attendait, les promesses qui nous ont fait rêver ne sont pas toutes tenues mais Fable pose surtout problème avec un déséquilibre entre son aventure principale clairement limitée et ses innovations comportementales et sociales qui sont des nettes avancées dans le genre présent. C’est d’autant plus rageant que c’est à priori la partie la plus facile et la plus classique qui a été la moins réussie avec ce scénario moyen et cette quête principale trop coupée du reste de l’aventure. Manque t’il 6 mois de travail ?

Mais que Fable ne soit pas le jeu du siècle annoncé ni une révolution ne doit pas nous empêcher de le juger objectivement et de se rendre à l’évidence : Fable est un jeu magnifique, envoûtant, qui vous prendra pour de longues heures pour peu que vous ayez l’intelligence de comprendre où se trouve son intérêt. Fable est un jeu indispensable, n’en doutez pas, qui trace de nouvelles voies pour le genre.
 
 
 
 

+ -
- Immersion totale
- Qualité et cohérence artistique
- Plaisir à découvrir les possibilités du jeu
- Replay value
- Intuitif, à bas les stats
- Quête principale trop courte et trop isolée du reste
- Scénario sans saveur

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