Test de Project : Snowblind
écrit par Prune
 
 
Bonsoir à tous. Bienvenu dans une nouvelle météo de la région FPS présentée par votre speakerine préférée, j’ai nommé moi-même : Prune. Aujourd’hui nous nous intéresserons en détail au temps sévissant dans cette région et plus particulièrement sur la ville de Project Snowblind. Ces derniers temps, et hormis pour Halo 2 et Doom 3 qui jouissent d’un micro climat ensoleillé, il faut bien avouer qu’une perturbation durable semble s’être installée sur la plupart des autres bourgades. J’en veux pour preuve le temps couvert rencontré à Timesplitters Future Perfect ou les fortes chutes de neiges avec plaques de verglas subies par Men of Valor et autres Call of Duty. L’amateur de FPS disposant d’un intérêt à la température idéale en a été pour ses frais. Alors le temps sur Project Snowblind : Froid, Pluie ou Soleil ? (Et hop, un nouvel acronyme pour FPS… Quel talent…)
 
 
 
 
Temps nuageux avec éclaircies sur le solo
 
Les prévisions ultérieures semblaient montrer la présence d’un anticyclone sur ce mode de jeu. Pourtant, les jours passant, l’image satellite s’est affinée, et malheureusement, le solo ensoleillé est devenu nuageux.
Le premier élément qui donne du crédit à cette annonce est contenu dans la scénario. Synopsis : Difficile de trouver plus poissard que Nathan Frost. Jeune Sous Lieutenant de l’armée de la coalition de la liberté (et oui, Georges Bush a participé au développement du jeu) fraîchement affecté à Hong Kong, la première escarmouche qu’il connaîtra lui sera fatale. Que voulez-vous, on survit rarement à l’explosion d’une bombe de plusieurs centaines de kilos à quelques mètres de soi. Sur le brancard qui l’emmène vers le terme de sa courte existence, Nathan divague. Quelques soubresauts plus tard et un électrocardiogramme plat, Il ferme les yeux à jamais. Enfin ça, c’est ce qui arriverait en 2005. Parce qu’en 2065, un soldat mort se retrouve vite transformé en robot. Une opération et un boulon resserré plus tard, Nathan ouvre de nouveau ses yeux, et cette fois, il ne mourra pas avant d’avoir anéanti les forces de la république. On ne peut plus classique en quelque sorte. Malgré cela, insérer Project Snowblind dans sa console, c’est être ébloui par un bon gros rayon de soleil. Enfin au début tout du moins. En fait cela se résume en trois mots : ambiance, narration et gameplay.
Ambiance tout d’abord car le premier niveau, se déroulant en pleine tentative d’invasion de votre base par l’ennemi, est digne des meilleurs films de guerre. Non pas que la réalisation du titre soit brillante, mais parce que tout y est. Vous retrouverez donc les balles qui fusent et éclatent autour de vous, les éléments du décor qui explosent et s’effondre, les cris de vos hommes, leurs commentaires, bref tout ce qu’il faut pour créer un background saisissant et très prometteur. Certes, cela n’est pas nouveau, mais c’est suffisamment bien fait pour accrocher le joueur. Malheureusement, vous perdrez tout cela à partir du 3ème niveau. Alors que l’on pensait retrouver des scènes de bravoure encore plus fortes que celle entrevue en début de jeu, on déchante rapidement puisque l’on ne rencontrera que rarement des compagnons de combat. Au contraire, en super soldat que vous êtes devenu vous affronterez la plupart du temps les hommes de la république à un contre dix. Même si le jeu n’en demeure pas moins plaisant, la déception n’en est que plus grande.
Narration ensuite. La première cinématique est un parfait exemple de ce qui peut se faire de mieux pour captiver le joueur. Vous incarnez un Nathan mourrant sur le brancard qui l’emmène vers la salle d’opération. Sauf que vous vivez cette scène en vue subjective. Vous pouvez donc diriger le regard de votre héros, voir le décor défiler et votre vue se troubler par moment, entendre le médecin à vos côtés vous pousser à vous accrocher… Cela n’est pas forcément original, mais une fois encore, c’est suffisamment soigné pour vous immerger dans votre personnage. Alors, profitez en bien car toutes les autres cinématiques se dérouleront à la troisième personne, sans interaction possible, à la manière de tous les autres jeux que nous connaissons. Pourquoi ne pas avoir conservé cela ? Dommage car le titre bascule à nouveau dans le commun, sans se démarquer en profondeur de ses concurrents, et surtout, le joueur se détache peu à peu d’un scénario qui n’est guère intéressant.
Gameplay enfin. Celui-ci est bourré de tout un tas de nouveautés bien senties. Une fois transformé en super soldat, Nathan aura accès à de nombreuses possibilités induites par sa métamorphose. Ainsi, en plus de ses armes de combat, il pourra devenir invisible, déclencher un bouclier de protection, ralentir le temps, activer sa vision nocturne ou déclencher une super attaque. Pour corser un peu le jeu, l’utilisation de ces capacités est comptée puisque vous ne pourrez en bénéficier qu’en remplissant la jauge électrique se situant sous celle de vie. Ces pouvoirs spéciaux agissent directement sur la façon dont vous parcourrez Project Snowblind. Ainsi, il est possible d’aborder une même situation de deux façons différentes. Soit comme un bourrin, soit en faisant preuve de discrétion grâce aux nombreux passages dérobés vous permettant de contourner une difficulté ou de surprendre vos adversaires. Par exemple, il vous est possible de passer par des conduits d’aérations, ou encore de pirater les systèmes de sécurité ou les droids de combat pour les retourner contre leur propriétaires. Tout cela s’exprime parfaitement une fois la manette en main, grâce à une disposition des actions sur les touches relativement bien agencée; la sélection de votre pouvoir, des armes principales et secondaires étant réparties sur la croix directionnelle. Même s’il vous arrivera de vous y perdre un peu dans les situations où des vagues d’ennemis tenteront de vous submerger, elle reste bien pensée dans l’ensemble. Il n’en va pas de même pour les phases vous permettant des piloter des véhicules ou des robots qui sont relativement injouables. Fort heureusement, il n’est pas obligatoire d’avoir recours à ces moyens de locomotions et/ou de destruction. E t c’est la réussite de ce gameplay qui sauve le solo de Project Snowblind de la banalité.
Le ciel se couvrira malheureusement de façon définitive lorsque vous saurez qu’une dizaine d’heures vous seront nécessaires pour achever l’aventure. La replay-value n’est pas extraordinaire, du fait de l’absence d’un niveau de difficulté paramétrable et d’une aventure qui s’avère finalement peu passionnante.
Jouer à Project Snowblind, c’est avoir l’impression que les développeurs ont eu de nombreuses bonnes idées qu’ils ont malheureusement dû brider par manque de temps ou de moyens. En fin de compte, on obtient un solo agréable, mais loin d’égaler les meilleurs FPS.Néanmoins, L’équipe de développement dispose d’un fond intéressant qui, sait-on jamais, pourrait enfin donner lieu à un chef d’œuvre dans une prochaine suite s’ils parviennent à s’écarter des poncifs du genre.
 
 
 
 
Grèle, avalanche, plaques de verglas à prévoir sur le multijoueur
 
Attention, parapluie et après-ski sont à réunir près de vous avant de vous connecter au mode Xbox Live de Project Snowblind tant celui-ci est bancal. Praticable jusqu’à 16 joueurs simultanément, le concept proposé est intéressant et reprend, en partie, ce que l’on a pu voir dans Return To Castle Wolfenstein . Il s’agira donc, avant chaque manche, de sélectionner une classe de personnage. Et cela ne doit pas être pris à la légère. En effet, selon le type de combattant sélectionné, un pouvoir bien précis (issu du solo) sera utilisable. De plus, Cela déterminera tout l’arsenal à votre disposition. A chaque décès de votre part, vous aurez la possibilité de changer de combattant. Certes, ce n’est pas novateur, mais ce système a déjà fait ses preuves et à au moins le mérite d’être efficace. Ce n’est pas non plus à cause des maps proposées (9 + 1 téléchargeable); celles-ci jouissant d’un level design réussi et d’une taille tout à fait convenable. Non, il faut plutôt chercher cela du côté de l’originalité et du code réseau.
En effet, à une époque où la Xbox croule sous les FPS, peu d’entre eux arrivent à avoir un mode Live original. Et là, Project Snowblind fait preuve d’un classicisme incroyable en proposant des modes de jeux aussi surprenant que des matchs à mort, de la capture de drapeau, de l’assaut ou de la démolition. Tout cela a déjà été vu dans des FPS sortis bien avant, et certains, comme la série des Rainbow Six 3 ou Halo 2 disposent des mêmes modes avec une réalisation online en béton armé. Les joueurs ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, puisque bien que le titre soit disponible depuis quelques semaines seulement, le nombre de partie est tout simplement famélique, dépassant rarement le nombre de 4 par recherche d’optimatch. De surcroît, la présence française est quasi-inexistante, ce qui n’aide pas pour apprécier le jeu. En effet, le test n’a pu être réalisé qu’avec des joueurs américains. Nonobstant le fait qu’il faille supporter leur comportement et leur langage fleuri durant toute la partie, la médiocrité du code réseau fait son apparition. Ainsi, aligner proprement un adversaire est tout bonnement impossible, celui-ci se déplaçant par bond. Ah, le lag et ses péripéties. On oublie donc les joies du Snipe pour s’apercevoir que, même si ce problème gêne moins avec les armes de combat rapproché, il demeure toujours présent. On en vient à se demander si ce ne sont pas les américains qui devraient être surnommés Froggies…
Tout cela vous fera bien vite abandonner un mode online qui n’a pas grand chose pour lui, même s’il intègre toutes les nouvelles fonctionnalités du Live, un système de classement et une bonne gestion de la voix.
 
 
 
 
Une réalisation comportant des passages maussades à ensoleillés
 
Certes, Project Snowblind ne flatte pas la rétine. Mais il n’est pas affligeant pour autant. Développé originellement sur PS2, le moteur du jeu n’a clairement pas été optimisé pour notre machine. Mais quelques effets de lumières et de gestion de particules ont tout de même été ajoutés. Ainsi, lors de l’utilisation de vos pouvoirs, les contours de l’écran se parent d’effets spéciaux plutôt réussis. Nous nous retrouvons donc avec un titre propre, dans la moyenne de ce qui se fait à l’heure actuelle sur Xbox. Les couleurs sont relativement vives, les textures très moyennes (évitez de vous en approcher), mais les décors parviennent malgré tout à avoir un rendu agréable, surtout pour les niveaux en extérieur. En contrepartie, et heureusement, le moteur graphique tourne très bien et le frame rate ne subira jamais de baisse de régime. En fait, deux points sont à revoir. Tout d’abord, les cinématiques qui sont juste lamentables et vous donneront envie d’appuyer sur start dès qu’elles se déclenchent. Ensuite, et surtout, le point le plus bloquant, mais aussi le plus subjectif, concerne le design général de Project Snowblind. On aime ou on aime pas. Personnellement, le design des ennemis me laisse de marbre et manque surtout de variété. Idem pour les armes, qui bien que nombreuses et originales pour certaines d’entre elles, ne tapent pas dans l’œil.
A côté de cela, l’aspect sonore a fait l’objet d’une grande attention. Entièrement localisé, le doublage et la traduction s’avèrent de très bonne qualité, et surtout, les bruits composant chaque niveau sont très réussis, qu’il s’agisse des alarmes, des armes, des commentaires des soldats. L’excellence sonore contribue réellement à donner une ambiance que l’on peine à retrouver dans bon nombre de FPS. Et c’est sans doute ça, allié au très bon gameplay qui donne au joueur l’envie de s’accrocher.
 
 
 
 
Comme vous l’avez constaté, le temps ne sera pas au beau fixe sur Project Snowblind. Que les plus frileux restent dans leur bonne ville de Halo 2 où le soleil continue à briller. Rien n’empêche malgré tout les plus courageux de sortir de chez eux et de s’aventurer à Project Snowblind. En effet, la météo s’annonçe tout de même plutôt dégagée dans la partie solo. Demain, nous fêterons la saint Démosthène. Et n’oubliez pas le dicton suivant : «à la saint Démosthène, tout joueur de FPS doit prendre son Vogalène».

PS : Pourquoi un tel dicton ? Sachez que lors de la réalisation du test de Timesplitters Future Perfect, et devant la vitesse de l’animation, notre ami Démosthène laissa son estomac s’exprimer librement dans ses toilettes. Pour ceux qui l’ignorent, le Vogalène est un anti-vomitif.
 
 
 
 

+ -
- L’ambiance (au début du jeu)
- Les nouveautés de gameplay
- Un mode solo plutôt réussi
- Un mode Live à oublier
- Des cinématiques innommables
- Certaines idées sous exploitées

voir la fiche du jeu 7 14
voir la galerie complète Note online Note offline

 

Acheter sur

  Prix Neuf : 29.99€ 
  Prix Occase : 24.9€ 


   

Copyright Xboxlive.fr 2002-2011 - Tous droits réservés - 49 connecté(s)  Publicité