Test de Tom Clancy's Rainbow Six : Lockdown
écrit par Prune
 
 
Depuis la sortie de la Xbox, force est de constater qu’Ubi Soft rime avec jeux de qualité. Si je vous dis Beyond Good and Evil, Prince of Persia, Ghost recon , Splinter Cell, ou encore Rainbow Six, voici autant de jeux originaux ou de séries qui ont été adaptées avec réussite par cette société sur notre console. On aura beau chercher, rien ne vient ternir la réputation d’Ubi Soft, nous montrant aussi qu’un éditeur français pouvait damer le pion aux développeurs japonais et américains. Mais voilà, l’annonce d’un nouveau Rainbow Six sur Xbox, baptisé Lockdown nous a fait craindre le pire. De screenshots peu enthousiasmants en soirées de présentation peu convaincante, il n’en fallait pas plus pour commencer à douter des intentions « Electronic Artsienne » de notre champion national et se demander s’il ne s’agissait pas avant tout de soulager le quidam de quelques billets de 20 euros sans rien lui offrir de nouveau … Rainbow Six Lockdown sonnera-t-il le glas de la relation de confiance qui unissait joueurs et Ubi Soft ? Réponse dans ce qui suit.
 
 
 
 
L’habit ne fait pas le moine…
 
La vie de contre terroriste n’est pas aisée. Découverte avec Rainbow Six 3, il faut avouer qu’elle était bien loin de l’image que nous nous en faisions. Alors que l’on pensait qu’il s’agissait des missions palpitantes et variées au 4 coins du monde, la réalité nous rattrapa bien vite, en nous montrant qu’à part de « l’ouverture, frag, nettoyage », il n’y avait pas grand chose d’autre de réellement intéressant. Et si Black Arrow n’offrait rien de plus qu’une simple redite pouvant se partager à deux via un mode coop, voici qu’Ubi Soft se propose de nous replonger une fois encore dans le monde climatiquement instable de l’équipe Rainbow. Le joueur blasé pourrait immédiatement faire une croix dessus et se concentrer sur le mode multi. Pourtant il aurait tort, car un léger vent de renouveau souffle sur l’arc en ciel.

En ces temps de tension sociale, le papy boom tant annoncé a enfin eu lieu. On se souvient avec émoi ou effroi (c’est selon) des aventures de Chavez, Pryce, Loiselle et Weber. Ce temps est révolu. Des plans de préretraite ont été mis au point. Si Chavez et notre frenchy Loiselle les ont refusé, Pryce s’en est retourné élever le mouton dans son Angleterre natale pour laisser la place à la nouvelle génération. Weber, sniper professionnel, a choisi de rester dans l’équipe Rainbow, mais en soutien. Après tout, faire ouvrir des portes à un tireur d’élite et lui proposer de tuer du terroriste au corps à corps, voici qui paraissait bien loin des prérogatives habituelles d’un tel combattant. Ding se retrouve donc constamment avec deux bleus sous ses ordres dont l’un qui peut saigner 5 jours par mois sans pour autant mourir. Oui, vous avez bien lu, la féminisation galopante de notre monde se retrouve aussi dans l’équipe Rainbow.

De nouvelles têtes donc, mais qui ne suffisent pas à balayer les à priori suite aux expériences offertes par les deux précédents opus. Tous ceux qui ont les ont parcourus se souviennent de la linéarité des niveaux, de la répétitivité de l’action, ou de l’IA édifiante des terroristes et de vos hommes. Ubi Soft remédie partiellement à cela dans Lockdown.
Le principal point positif de ce nouveau Rainbow Six solitaire réside dans la variété du gameplay. Ainsi, au cours d’une même mission, vous pourrez alterner entre Ding Chavez pour l’infiltration d’un bâtiment et Weber pour la couverture de l’équipe depuis un hélicoptère ou un toit d’immeuble. Bien évidemment, ces différentes phases vous sont imposées, mais le jeu devient irrémédiablement moins monotone. Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, les défauts majeurs des deux précédents opus ont été partiellement corrigés. Ainsi, et l’exploit n’est pas mince, l’intelligence artificielle des terroristes a enfin subit un lifting. Entendez par là qu’ils s’avèrent enfin relativement aptes à remplir leur fonction de semeurs de terreur plutôt que de n’être que de vulgaires poules mouillées terrorisées. Leur acuité varie en fonction de la difficulté sélectionnée, mais sachez que la plupart d’entre eux cherche à s’abriter avant de vous tirer dessus. Voici qui aide à rendre le jeu un peu plus passionnant et réaliste, malgré la similarité de leur emplacement d’une partie à l’autre et leur lenteur de déplacement qui les rend très vulnérables. Ajoutons à cela leur absence d’initiative (une fois à couvert, ils ne chercheront pas à bouger en fonction de vos déplacements). Le système d’ordre a définitivement délaissé la gestion de la voix proposée par le premier opus. Tout se passe par l’intermédiaire du bouton A pour une utilisation s’avérant intuitive et efficace, d’autant que le pathfinding de vos 3 équipiers est quasi parfait, ceux-ci n’hésitant pas à se pousser pour vous laisser passer ou ne restant plus bloqués derrière un élément du décor. De surcroît, ils font preuve d’initiative, n’hésitant pas à tirer dès qu’ils ont repéré un ennemi. La prise en main demeure toujours aussi bonne, mis à part le lancer de grenade d’une imprécision totale, qui sera la cause fréquente de l’anéantissement de votre groupe.

Lockdown ne se contente donc pas de reprendre la campagne de ses deux ainés. Malgré tout, si l’on ne peut que saluer les quelques nouveautés apportées et les corrections de certains défauts, seuls les amateurs inconditionnels de Rainbow Six iront au bout de la campagne, les autres s’en lasseront beaucoup plus rapidement. Un plaisir de jeu assez fort au début, qui tend à s’amenuiser rapidement, devant la répétitivité de l’action. Quoique, avec un ami à la maison, un coop en écran partagé ne se refuse jamais…
 
 
 
 
Je voudrais être un nain, pour avoir une grosse…
 
Ceux qui ont acheté les deux premiers opus le savent : Rainbow Six vaut principalement le détour pour son Live. Et toute cette communauté attendait impatiemment de voir ce que valait ce mode PEC annoncé comme révolutionnaire par l’éditeur.

Qu’est-ce donc que ce système ? Ne faisant aucune référence à l’excellent film « Willow », où le mot Pec signifie personne de petite taille à l’entrejambe bien pourvue, il s’agit ici du Persistent Elite Creation ou comment intégrer des éléments typiquement RPG dans un FPS. Ainsi, après avoir créé votre avatar, une spécialisation vous est demandée. Au choix, vous pourrez vous orienter vers un médecin, un sniper, un commando, un ingénieur ou un agent spécial. Cela ne doit pas être pris à la légère, puisque chaque classe de personnage dispose de compétences propres. Là où un commando sera utile pour défourailler à tout va, un médecin sera un support non négligeable pour le soutien de l’équipe. Au fur et à mesure des parties, et en fonction de vos résultats, des points d’expérience vous sont attribués pour booster les compétences de votre avatar et de l’argent vous est donné pour acheter un équipement offensif et défensif de bien meilleure qualité que celui dont vous disposez en début de partie. Des éléments alléchants sur le papier, mais qui le sont un peu moins dans les faits.

Tout d’abord, quiconque viendrait à acheter le jeu après ce test se retrouverait aux prises avec bon nombres de personnes ayant un niveau avancé. De ce fait, un affrontement en 1 contre 1 entre un niveau 20 et un niveau 1 tourne court, le niveau 20 ayant un équipement et des capacités boostés par rapport au niveau 1. On pourra toujours arguer que plus que jamais, il conviendra d’être fin tacticien et de privilégier discrétion et tirs lointains plutôt que bourrinage et corps à corps, mais il est à parier que nombres de débutants seront rebutés par cette inégalité relative. En même, temps, il fallait acheter le titre le jour de sa sortie.
Le système de classe est lui aussi soumis à caution. En fait, Lockdown, tout comme ses aînés, n’offre pas vraiment de moment de répit en pleine partie, le plus souvent du fait de la taille de la map. Aussi, la question de l’utilité du médecin se pose là, sachant qu’un headshot signifie la mort. De plus les joutes sont souvent très regroupées, et il est rare que vous ayez le temps de vous échapper d’un combat pour vous faire soigner. Plus que jamais, l’esprit d’équipe et la discipline doivent régner pour espérer sortir victorieux de vos parties. Dommage pour le joueur solitaire. Il n’empêche qu’il s’agit de la marque de fabrique de la série, et que maîtriser le jeu demande un investissement en temps non négligeable.

Néanmoins, il demeure possible de ne pas jouer en mode PEC, ce qui fait alors basculer le titre vers un Rainbow classique, dont le seul intérêt est de proposer de nouvelles maps ou de parcourir les missions de la campagne dans des chasses au terroriste endiablées. Les modes de jeux n’ont pas évolué non plus ( Team Deathmatch, conquête,…) mais sont malgré tout efficaces. Bien entendu un classement est disponible et toutes les fonctionnalités du Live 3.0 sont intégrées (messages vocaux, clan,…). A côté de cela, le jeu tourne relativement bien, mais il n’est pas exclu que du lag fasse son apparition. Du classique donc, mais très bien fait, disposant d’un mode PEC attrayant et motivant pour celui qui souhaite s’y investir. Une fois de plus, Lockdown suit la voie de ses aînés et demeure un titre Live d’excellente facture. Une valeur sûre et une alternative à Halo 2. Bref, un très bon titre Live, mais qui doit avant tout se concevoir comme un jeu à pratiquer en équipe, afin de progresser et de profiter pleinement des possibilités tactiques offertes.
 
 
 
 
Qui veut voyager loin ménage sa monture
 
Quel amateur des deux premiers épisodes n’a pas été effrayé à la vue des screenshots dévoilés par l’éditeur avant la sortie du jeu ? Personne ! Une fois le jeu dans la console, le constat est loin d’être aussi catastrophique que nous l’imaginions.

Il est clair que graphiquement, le moteur de jeu accuse sévèrement son âge. Non pas qu’il propose des graphismes hideux, ceux-ci étant lissés par l’utilisation d’un effet de blur réussi. Les animations des différents protagonistes ont encore été améliorées, de même que l’aspect sonore qui propose enfin des voix dépourvues d’accents caricaturaux pour vos équipiers (sauf pour Weber, mais que voulez-vous, c’est un allemand en short…).En fait, c’est plus le moteur physique qui agace. Si la chute d’un ennemi est cohérente, il est toujours aussi dommageable de voir que l’interaction avec le décor réponde aux abonnés absents, ce qui est particulièrement dommageable pour la campagne solo. En effet, hormis faire exploser les vitres des voitures, il est toujours impossible de détruire des lumières pour plonger une salle dans l’obscurité, de détruire un vulgaire distributeur de cannettes… Bref, tout cela enlève énormément de crédibilité. Et surtout, De nombreux jeux proposent cela depuis longtemps, comme Splinter Cell, un titre d’… Ubi soft !

Bref, une réalisation qui s’améliore sur de nombreux points, mais qui demeure décevante sur d’autres et pénalise le jeu, surtout pour la campagne solo. Bref, on remet légèrement au goût du jour un moteur que l’on a amorti depuis longtemps… Un peu de j’m’enfoutisme. Gageons que la révolution graphique de cette série sera réservée à la Xbox 360.
 
 
 
 
Que penser de ce Rainbow Six Lockdown. On peut dire qu’il s’agit d’une réussite de plus à mettre sur le compte d’Ubi Soft (merci pour le chèque). Un solo intéressant et amélioré, mais toujours perfectible, à ne conseiller qu’aux fous-furieux des deux premiers épisodes, un mode Live demeurant une valeur sûre, disposant d’un gameplay subtil et d’un mode PEC innovant, mais qui en contre partie demande beaucoup d’investissement. Bref un bon petit jeu en solo et une réussite sur le Live. Néanmoins, gardez bien à l’esprit qu’il ne s’agit que d’un Rainbow Six de plus…
 
 
 
 

+ -
- Le mode PEC très intéressant
- les corrections de certains défauts des précédents opus
- Une valeur sûre pour jouer en réseau
- Un moteur physique qui agace
- Le lancer de grenade imprécis
- Une campagne lassante

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