Qui ne rigolait pas en voyant les premiers joueurs de paintball. Affublés d’un équipement situé à mi-chemin entre le peintre en bâtiment et le motard, la dégaine affichée par ces petits soldats du dimanche était pittoresque. Pourtant aujourd’hui, ce sport s’est développé à une vitesse hallucinante, entraînant son cortège de professionnels, de ligues et de compétitions mondiales. Un succès somme toute mérité pour un sport terriblement prenant.
Malheureusement, pratiquer le paintball avec assiduité peut vite provoquer un ulcère à votre banquier. C’était sans compter sur Activision qui, soucieux de la santé de cette charmante personne habituée à ponctuer votre quotidien de « non », « soyez raisonnable » ou « 33% de taux d’endettement, ça vous dit quelque chose ? », sort aujourd’hui sous nos latitudes une simulation de paintball intitulée Greg Hastings’Tournament Paintball (GHTP). Pour autant, vaut-il mieux continuer à dépenser des fortunes pour arroser vos congénères à coup de billes de peinture en plein air ou investir 30 euros dans un jeu vous permettant de réaliser cela confortablement installé dans votre canapé ? Une question qui mérite d’être posée et dont la réponse se situe dans les lignes qui suivent…
Comment se joue le paintball ?
Avec un fusil à air comprimé et des billes de peinture. Fort de ce constat, WXP, développeur du soft, s’est demandé comment retranscrire cela à l’écran. Quel genre de jeu pourrait convenir ? Un FPS pardi. Et ça tombe bien, car c’est un genre tout à fait sous-représenté sur Xbox. C’est vrai, hormis Halo, Halo 2, Return to castle Wolfenstein, Chronicles of Riddick, Doom 3, Project Snowblind, les Rainbow Six, les Ghost recon, les Time splitters, les medal of honor, et les futurs Pariah et autres Far Cry, on ne peut pas dire que l’amateur soit comblé. Quoique… Si l’on laisse de côté l’ironie, il faut bien avouer que GHTP, de par son univers, avait tout du projet casse-gueule devant les illustres représentants précédemment cités du genre roi sur notre console: le FPS. Sauf qu’une fois le jeu lancé, on ne rigole plus.
Véritable simulation, Greg Hastings’ Tournament Paintball réussit là où nous ne l’attendions pas: dans son gameplay. Très réaliste, celui-ci retranscrit parfaitement les sensations que l’on peut connaître en pratiquant réellement ce sport. Jouer au paintball en vrai, c’est avoir son arme collé à son casque, se déplacer accroupi, se planquer derrière des boudins gonflables ou encore plonger pour éviter une rafale tirée par l’adversaire. Tout cela est retranscrit à merveille ici et se réalise très facilement. Votre champ de vision sera donc relativement restreint du fait que la moitié de votre écran est occupé par votre fusil. Cela est-il gênant pour autant ? Non. En effet, selon la localisation de vos adversaires, vous gardez la possibilité de positionner votre arme sur votre droite ou votre gauche, ce qui vous permet de bénéficier aussitôt d’une perspective adéquate. Mais le paintball, c'est aussi une relative imprécision des tirs. Il faut envoyer des rafales de billes au jugé en ajustant chacune d'elle par rapport à la précédente. Encore une fois, le jeu reste fidèle à la réalité et dès que vous aurez localisé une cible, il vous faudra placer quelques coups de semonce sur son abris pour règler votre tir et avoir une chance de l'aligner au moment où elle sera à découvert. Bien entendu, des mouvements tels que plonger ou se pencher derrière un abris pour arroser l’équipe adverse sont aussi réalisables. Lorsque vous vous faites toucher par une bille de peinture, votre joueur est normalement éliminé. En théorie seulement, car la possibilité de tricher vous est offerte. Dès que votre joueur est atteint, une jauge apparaît sur votre écran. Si vous arrêtez le curseur dans la partie verte, l’arbitre ne vous disqualifiera pas. Cependant, si vous échouez et que vous le stoppez dans la partie rouge, vous serez pris en flagrant délit de triche et une pénalité vous sera infligé ce qui peut se traduire par l’élimination de plusieurs personnes de votre équipe. En fonction de l’évolution de la manche, vous serez seuls juges de l’utilité de prendre ou non ce risque. L’emplacement des actions sur les touches de la manette est idéal et au bout de cinq petites minutes, vous maîtriserez pleinement les différentes subtilités de ce gameplay. Il contribue incontestablement à rendre le titre immersif. Et l’air de rien, cela confie à GHTP le statut de Counter Strike du paintball. Avec ses avantages (multijoueur) et ses inconvénients (solo).
En effet, les développeurs ont pensé à l’amateur de ce sport ne disposant pas du Xbox Live en incluant un mode solo. Et même s’il a été travaillé, force est de constater qu’il est lassant. La faute au principe même du jeu qui n’est qu’un prétexte à l’enchaînement de tournois. Vous devrez donc former un personnage entièrement customisable dans le dessein de le conduire à la première place de cette discipline. Disposant d’une équipe de bras cassés, vous pourrez, au gré de vos exploits dans les différentes compétitions, upgrader les capacités de votre avatar, acheter du matériel plus performant et des fringues plus fashion, ainsi que recruter de meilleurs joueurs. Bien que très plaisant pour maîtriser le gameplay et disposant d’adversaires avec une IA de très bonne facture, ce mode de jeu ne retiendra pas votre attention longtemps. La faute à la répétitivité, qui aurait pu être brisée en incluant des épreuves diversifiées, à l’impossibilité de donner des ordres à vos coéquipiers en pleine manche, mais surtout au fait que booster votre joueur au maximum ne sert à rien puisque vous ne pourrez pas le réutiliser sur le Live. Dommage certes, mais les bases sont bonnes, ce qui laisse penser qu’avec un tout petit peu plus d’imagination, WXP peut proposer un solo intéressant pour Greg hastings’ Tournament Paintball 2 qui est d’ors et déjà en chantier.
Owned !
La raison même de ce jeu est clairement son mode multijoueur. Et là, force est de constater que GHTP remplit parfaitement son contrat. Avant de commencer à jouer, vous devrez donc créer un avatar. Contrairement au mode solo, toutes les armes, upgrades et vêtements sont disponibles d’emblée, ce qui vous permet d’avoir une personnalisation très poussée et surtout, d’assurer l’équité entre tous les joueurs. Trouvez ensuite une partie (le choix des langues est disponible dans l’optimatch) et repeignez le monde à votre couleur. Deux équipes de sept joueurs maximum chacune (les plus matheux d’entre vous auront donc compris que l’on peut jouer jusqu’à 14…) se feront face pour disputer trois types de parties (deathmatch, center flag ou capture the flag). Bien que très classiques, l’absence de modes fantaisistes contribue à renforcer le côté réaliste du titre. Ajoutons que l’hôte peut tout paramétrer dans la partie (nombre de manches, terrain, équipement autorisé, triche etc…). Et une fois le match commencé, toutes les sensations du paintball seront vôtres. En effet, il devient essentiel de communiquer afin d’assurer un minimum de stratégie. Chaque action se doit d’être calculée, et chaque coup d’œil hors de son abri pour évaluer la position de vos adversaires est un risque d’élimination. Bref, comme dans la réalité, un petit stress fait son apparition et il faut plus que jamais être aux aguets et donnez chaque information en sa possession à ses coéquipiers. Vraiment intéressant, d’autant plus que techniquement, le jeu tient ses promesses. Entre une qualité de connexion quasi irréprochable et une gestion de la voix de très bonne facture, à aucun moment, vous ne pesterez.
Malheureusement, si un titre comme Counter Strike peut se jouer sans réelle stratégie du fait de la grandeur des aires de jeu, il en va autrement ici. En effet, chaque arène est relativement petite. Aussi, chaque défaillance ou omission de la part d’un coéquipier vous met plus que jamais en danger, laissant des brèches béantes dans votre défense. Le maître mot est donc communication. Et là, le principal problème fait son apparition. Si une team peut s’acheter le jeu pour disputer matchs sur matchs entre ses membres, le joueur qui n’a personne disposant du titre dans sa liste d’amis rencontrera peu de français. A moins de tomber sur des américains sympathiques et de savoir parler leur langue (deux conditions liées entre elles et pas forcément évidentes à réunir), le néophyte se coupera d’une grande partie de l’intérêt du titre devant l’impossibilité de communiquer et se fera donc copieusement repeindre le portrait. Vous voici donc prévenu.
Peinture à l’eau…
Pratiquer le paintball, c’est se retrouver dans un enclos. A l’intérieur de celui-ci, et à condition d’être dans un cadre sylvestre, on peut trouver des arbres, ou tout du moins un peu de végétation. Hormis cela, c’est boudins gonflables, bidons vides et palissades à gogo. Alors, il ne faut pas s’attendre à une débauche graphique pour retranscrire cela. Greg Hastings’ Tournament Paintball est donc un titre à des années lumières de ce qui se fait de mieux sur notre machine. Il reste cependant agréable à regarder. En échange de ces sacrifices esthétiques, le moteur du jeu tourne sans coup férir. Et c’est bien là l’essentiel.
La réciproque est aussi vrai au niveau sonore. Donc, les « schplok » et autres « swiiiirft » des billes de peintures s’écrasant sur un joueur ou un abris sont très fidèles à la réalité, de même que le son émis par leur écoulement dans votre réservoir quand vous rechargez votre arme. Après, dans le paintball en plein air, et avec un casque sur les oreilles, on entend pas grand chose, hormis son souffle bovin parce que l’on vient de foncer comme un veau derrière un rondin de bois. Ce qui est impeccablement rendu ici. Pour égayer un peu le tableau, il est possible de mettre vos propres bandes-son en musique de fond, ce qui procure un plus non négligeable pour le joueur qui compte passer des heures sur ce jeu.
La réalisation, tant graphique que sonore, oscille donc entre le moyen et le médiocre. Pour autant, cela nuit-il au plaisir de jeu? Pas le moins du monde.
Premier jeu à se risquer dans la simulation de paintball, Greg Hastings’Tournament Paintball est une réussite. A ne surtout pas acheter pour son mode solo, qui même s’il est soigné, n’a que très peu d’intérêt. Par contre, en multi, nous tenons là un First Paintball Shooter (ah ah ah) terriblement accrocheur, à condition de parler anglais ou d’avoir des amis prêt à vous suivre dans votre investissement.
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- le gameplay
- le mode Live réussi
- la possibilité d’utiliser ses propres bandes-son