Après Worms Fort, Worms Blast, Worms au zoo ou encore Worms Vs Taenia : Le Trou Noir, Team 17 revient aujourd’hui à la charge avec Worms Mayhem (5 titres en 5 ans tout de même). On ne peut que se réjouir du succès mérité de cette série mais depuis 3 épisodes cela n’est plus aussi évident. Le passage naturel à la 3D n’a pas été de tout repos et s’il est acquis, il n’en est pas pour autant digeste. Reste donc à savoir si l’épisode 2005 a pu redresser la barre..
Un ver solitaire c’est attachant mais fatiguant à la longue
Le scénariste de Worms a été dernièrement admis à la confrérie des « Fainéants Professionnels ». Il y côtoie le photographe du « Monde », Sam, le poulpe décérébré qui dirige les invités de Bataille et Fontaine dans un couloir de 10 m (des fois qu’ils ne veuillent prendre à gauche en plein milieu du couloir) et le pointeur de doigt de Julien Courbet. Bref du beau monde, une élite, qui ne se pose qu’une question : « qui m’en veut au point de me ridiculiser ainsi ? ». Le fait qu’il y ait encore un mode solo à Worms est donc déjà une surprise en soi, dans cette série qui ne vaut que par ses affrontements débridés entre deux poignées d’asticots surarmés.
Ce mode reste donc un didacticiel complet et avec une pointe d’histoire. Il y a bien eu un essai d’humour, mais soit je n’y suis pas sensible (Prune, c’est de toi ?) soit le coté horripilant des sons qui ponctuent les lignes de dialogues et le rythme Derrickien des scènes m’a achevé. Il ne s’agira donc ici que de se refaire la main avec les Worms avant d’abandonner une fois la confiance retrouvée.
Car de la pratique, il en faudra aux novices pour vraiment maîtriser vos petits vers. Non pas que le stock très fourni d’arme (qui accueille quelque nouveautés à l’occasion) ne soit difficile à maîtriser, non, c’est très intuitif et rapide à assimiler, même pour ceux qui n’ont jamais tripoté leur asticot. Non, le problème dans Worms reste toujours le passage à l’acte (souvent l’étape qui suit le tripotage d’asticot), bref la maniabilité. Et oui, fin du suspens, très peu de progrès concernant notre fameuse caméra que l’on se coltine depuis la passage à la 3D. Evidemment, un zoom efficace arrive pour améliorer le tableau mais cela reste tout de même plus Waterloo qu’Arcole. Lente, peu maniable, pas précise pour un sou (même pour deux), voici le tableau. Rajoutez y des bugs vous gênant un maximum pour viser (merci les endroits exigus) et vous conclurez avec raison que le Worms 3D continue à montrer de sérieuses lacunes. D’autant que le résultat premier est de vous faire perdre du temps. Or celui ci vous est précieux dans les Worms (tour par tour oblige). La dure loi s’applique donc : ne pas (ou mal) tirer sur l’ennemi faute de temps, c’est un coup de perdu souvent décisif !
C’est ainsi le plus gros défaut du jeu. Vous pouvez bien sûr rentrer dans le moule, vos doigts se pliant aux exigences tordues du titre. Cependant, le joueur devant s’adapter au jeu, c'est un concept de gameplay qui n’est pas mien. Ou alors, il vous reste la frustration, car le jeu reste drôle et le principe en béton armé : décors destructibles, armes variées et délirantes, précision et intelligence pour vaincre, associés à juste ce qu’il faut de nouveautés (armes, Worms et arme spéciale personnalisables). Tout y est, on se marre toujours, cela reste une référence ludique ! Seulement, si vous n’êtes pas un mordu de la série, vous devrez souvent accepter de vous louper, juste pour un défaut de maniabilité. Avouez qu’il y a de quoi enrager.
Comme plonger la main dans une boîte d’asticots
C’est évidemment sur le Live que Worms Mayhem prend son intérêt. Toujours jouable jusqu’à 4 joueurs, au classique Deathmatch s’ajoutent 4 modes qui alternent destruction totale, défense d’objectif, duels ou survie de lombrics. Rien d’extraordinaire mais bien assez pour diversifier un jeu qui ne vit que par les affrontements multijoueurs. Mais une fois encore, le tableau idyllique a ses failles. La plus flagrante est le décalage de 5 sec qui existe entre celui qui joue et les autres, alors que la voix reste synchrone. Vous pouvez donc entendre un joueur crier de joie et vous annoncer vos dégâts alors que sur votre écran, le coup n’est pas encore parti… vous avouerez que question convivialité, on fait difficilement pire. Ceci explique t’il les trop rares joueurs présents sur le Live ? Ca ne le justifie en tout cas pas complètement.
Par définition, un ver se redresse lentement
Graphiquement Worms reste dans son trip cartoon assez réussi. On se régale donc autant des expressions variées des Worms que des décors tout à fait dans l’esprit et suffisamment riches pour contenter tous les styles de joueurs, des plus vicieux aux plus bourrins. Du travail cohérent dans la simplicité, servi par quelques effets réussis comme les explosions devant lequel on ne peut qu’être satisfait.
Malgré quelques progrès, il serait bon que notre chère Team 17 se remette un doigt et en question pour le prochain Worms. Comme un enfant chéri auquel on pardonnerait tout, les développeurs comptent bien trop sur un jeu adoré des fans à juste titre pour nous faire avaler de trop récurrents défauts. A ce rythme, peu de nouveaux joueurs feront l’effort de passer outre certains défauts, et on peut redouter un beau gâchis à moyen terme.
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- Un fond de jeu en béton armé
- L’effort (justifié) sur le prix
- Une caméra toujours horripilante
- Le décalage de l’action sur le Live