Bonjour les petits français, moi c'est Hugh Hefner. Comment ça vous ne connaissez pas ? Mais si, Hugh Hefner, le patron de Playboy ! Je suis facile à reconnaître pourtant : dans les soirées bimboland, au milieu des dindes siliconées panachées de musclors tout durs de partout, le papy en robe de chambre qui mâchonne sa pipe, c'est moi. Oui je sais, c'est pas classe, c'est kitch à souhait et ridicule, mais je m'en fous, moi j'y suis dans ces soirées, pas vous !
Car pour en arriver là, il m'a fallu bosser dur, « tester » un nombre incroyable de filles depuis plus d'un demi siècle et faire le magazine sexy de référence planétaire. Plutôt pas mal comme carrière, non ? Alors, ça vous tente ? Et bien suivez moi, direction la Hefner Academy.
Un cerveau de poule enrhumé est il dérangeant sur un corps de rêve ? Quelle question, ah ah ah...
Bienvenu dans le manoir Playboy, les gars (et rangez votre matos, on verra ça plus tard). Ne faîtes pas attention à la décoration simpliste, vous aurez tout le loisir d’en faire un temple du mauvais goût quand votre compte en banque aura fleuri. Et pour ça, pas de secret, il va falloir faire un magazine qui déchire le slip.
Vous allez voir ce n’est pas sorcier et il faudra appliquer la même recette tous les mois. Commencez déjà par recruter un photographe et un journaliste, car dans Playboy, on a aussi du texte même si c’est aussi lu que la page Sport du Monde. Après les petites mains, il vous faut organiser des orgies pour attirer les Peoples, pour que votre magazine fasse rêver les gens. Castaldi nu au bord de la piscine c’est limité, mais une actrice à la mode ou une sportive très en forme, pas très gênées par des poses lascives, c’est très vendeur. Alors évidemment, il faudra les convaincre de poser. Pour cela, patience est mère de lubricité. Car dans la vie, les gens sont intéressés par 3 choses essentielles : le fric, les copains et le sexe. Il suffit donc d’être amical avec eux, de leur parler de la bourse et d’une dose de drague, pelotage et caresses intimes pour se les mettre dans la poche. Comment ça vous n’êtes pas doué pour ça, vous n’arrivez même pas à vous faire des amis dans « Les Sims » ? Mais vous oubliez la magie du manoir, ici c’est « easy life » « no soucy » et « slip party » en permanence ; et puis n’oubliez pas que vous avez des QI de bulots en face. Répétez donc 10 fois la même phrase, le même geste et tout les indicateurs passeront au vert, votre cercle privé s’agrandira très vite. Oui je sais c’est répétitif, chiant et surtout très long, d’autant plus qu’on ne vient pas pour ça, donc imaginez le calvaire si c’était en plus difficile.
Ah rectification ! Je vois que Monsieur Démosthène vient de se prendre un coup de genou dans les parties génitales. Proposer à un Capricorne timide, dont il a échangé la tenue sportwear pour un string furtif, de faire l’amour sur le canapé du salon, ce n’est peut être pas la meilleure technique. Chaque invité à quand même un minimum de personnalité, même si minimum est un terme adéquat. Bref, pour fâcher quelqu’un ou ne pas le convaincre, il faudra vraiment y mettre du sien. Et si ça ne suffit pas, faîtes venir quelques Bunny Girl pour accompagner vos invités, organiser des rencontres selon les affinités et tout roule.
Quand tout ce petit monde rira bêtement autour de la piscine, choisissez une amie victime qui devra être populaire (donc chère…) et bien foutue, habillez là (mes penderies sont d’une légèreté et d’un goût extrêmes) et c’est parti pour une séance de photo dans divers pièces du manoir. Objectif page de couverture ou poster central. Oui, je sais, cette partie est mal foutue au possible avec une caméra exaspérante de maniabilité, pas de zoom et des décors qui se mettent en permanence devant nous. C’est agaçant, n’est ce pas ? Vous pensiez que c’était la meilleure partie de la Hefner Academy et c’est frustrant. Mais vous savez quoi ? C’est quand même la meilleure partie du jeu, c’est vous dire pour le reste.
Donc je résume, vous invitez des peoples à vos fêtes, vous les charmez, vous les payez et ils vous donnent des interviews, des articles, posent pour vous, vous permettant de remplir votre Playboy du mois. Ensuite vous publiez et les dollars tombent. Et après ? Vous recommencez. C’est tout ? Oui.
Video kill the radio Star…
Le Live ? Oui, parlons en du Live. Avec tous ces sites gratuits qui pullulent, on a failli mettre la clé sous la porte. Sous prétexte qu'il est plus facile de faire croire à ses parents qu'on fait des recherches sur les granulocytes, plutôt que de cacher Playboy entre Télérama et Libé en tendant un billet à la vieille Madame Graffnick (celle qui rit ...) de la librairie. Donc Internet, merci bien. Pour la Hefner Academy, on se contentera d'un Live Aware et de contenu téléchargeable (comptez 1 bloc pour une tenue complète), ce sera déjà pas mal.
Le silicone est triste ces derniers jours
Allez, Papy Hefner va vous livrer un secret. On a vendu les droits de développement sur la Hefner Academy pour faire de la pub pour notre magazine papier. Malin, non ? Mieux vaut acheter un mag, c’est vraiment plus excitant. Ici les filles, comme le reste sont d’un autre âge, niveau graphisme, avec un mention spéciale pour l’eau qui m’a valu une dystonie urétro-pénienne (bref, j’en ai pissé de rire dans ma culotte). L’animation de vos invités n’est pas en reste. C’est assez mal fait et surtout c’est doublé. On fait les gestes une fois pour comprendre ce qui se passe et une deuxième fois, pour ceux qui sont tombés trop tôt du berceau. Ceci ralenti un jeu qui n’en avait pas besoin, le système de jeu exclusif par menu s’en chargeant déjà très bien. Car je confirme, vous allez jouer d'une main, mais ce n'est pas l'excitation ambiante qui vous y poussera.
Coté manoir, vous pourrez, à la mode Sims, reprendre la déco de A à Z mais soyons honnêtes, cela n’a strictement aucun intérêt, la pauvreté graphique n’aidant pas non plus.
Seconde rectification ! Je vois que Démosthène a disposé son lit en plein milieu du manoir, l’a entouré de jacuzzi et de baignoires immenses et a fait abattre tous les murs pour disposer grande baies vitrées et miroirs à gogo. Il vient de mettre « vesti la guibba » par Placido Domingo sur la chaîne HiFi (directement de son disque dur) mais sa nouvelle conquête s’est arrêté de rire comme une dinde pour danser dessus façon disco… De dépit, il a décidé de se la taper dans toutes les pièces, devant ses invités en finissant par la tournée des baignoires et le lit à eau. En voilà un au moins qui a compris l’esprit du Manoir Playboy, et qui ira loin.
Du grand n’importe quoi, mais du sexe partout, c’est ce qui compte. Et puis dites vous que vous ne souffrirez pas longtemps. Car si sa durée de vie n’a pas de réelle limite (malgré moult bonus à débloquer, comme les meilleures « unes » depuis les années 50), la Hefner Academy, c’est comme un film de cul, on est curieux avant, et au bout de 2min on se demande ce qu’on fout là.
Pied de nez à sa légende, le pape de la presse rose papier n'a donc pas réussi à conclure sur Xbox, ce pauvre ersatz des Sims ne vous amusera en effet qu’une heure au plus. S’il n’est nul part catastrophique, le jeu souffre d’une lenteur, d’une pauvreté ludique, soit tout simplement d’une cruelle absence d’intérêt qui vous fera regretter amèrement vos 45 euros. Et même s’il permet de conclure avec les playmates, le premier qui durcit en jouant peut aller consulter directement un psy.
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- On se tape qui on veut… sauf le photographe
- Pas excitant pour un sou
- Intérêt proche du QI d’une Playmate
- Ne justifie même pas 45 euros