Halo 2. Ca sonne bien, vous ne trouvez pas ? Halo 2. Tant d’attente à espérer que Halo se prolonge, se sublime et surtout à craindre que Bungie ne soit pas à la hauteur de nos fantasmes de joueurs gâtés. Mais devant la console, je reste patient, savourant la fin d’une époque : celle ou j’attendais. Le sigle de Bungie vient de s’effacer et cela s’affiche. Halo 2. En fond, dans une brume bleue du plus bel effet, se détache lentement une cité terrienne en triste état, survolée par un vaisseau amiral Covenant, alors que le thème musical de Halo 2 m’enchante déjà. J’attends ce jeu depuis 3 ans mais croyez le ou pas, j’ai mis 3 minutes avant d’appuyer sur le bouton Start. Cela commençait plutôt bien. Halo 2.
Mon dieu, ils sont là …
Gloire et déchéance. Vous, MasterChief, êtes de retour sur une station orbitale Terrestre, en vie, même si votre état est loin d’être idéal. Le temps de vous équiper d’une toute nouvelle armure et le Sergent Instructeur Johnson approche. A votre grande surprise, il a lui aussi survécu à la destruction de Halo. Cigare vissé dans la mâchoire, verbe toujours aussi haut, celui-ci vient vous chercher. Vous êtes attendus à une courte cérémonie en hommage à vos exploits sur Halo, qui avaient vu l’anéantissement d’une flotte Covenant et des floods. A l’autre bout de la galaxie, on célèbre la même chose, mais pas de la même façon. Un Elite, commandant en chef et survivant de la flotte Covenant, encadré de deux puissants Brutes s’avance vers un tribunal. Devant lui, les chefs spirituels Covenants, les Prophètes, se dressent, accusateurs. Car le Saint Halo a été détruit par un démon humain et personne n’a pu l’en empêcher, pas même les « parasites ». Ce terme sera celui de trop et la plèbe Covenants, où toutes les espèces sont représentées, crie bientôt à l’hérésie. Et croyez bien que quelque soit l’époque, la planète ou l’espèce, les hérétiques ont toujours droit à un traitement spécial…
La réaction ne se fait d’ailleurs pas attendre. Vous avez à peine le temps de saluer la jeune Commandant de vaisseau Keyes qui vient de recevoir un hommage posthume à son père. Ce sont en effet des centaines de vaisseaux amiraux Covenants qui se déversent tel un essaim sur la Terre, réduisant le prétentieux système de défense terrien à néant et transformant tous ses combattants en… résistants.
Voilà, c’est tout ce que vous saurez. Pourquoi ? Parce qu’il est hors de question de vous priver du plaisir de découvrir la trame scénaristique de Halo 2. Car attention, si Halo nous proposait une histoire déjà très intéressante, nous sommes désormais en face d’un scénario béton qui va scotcher les plus rétifs, et même exiger la concentration des plus distraits (trop ?). Mais puisque vous m’êtes sympathique je vais vous lâcher une information vitale pour que vous vous rendiez compte de ce qui vous attend. Sans développer, une seule petite chose, afin que vous puissiez imaginer ce que cela implique pour le scénario et le jeu entier et en option vous laisser un mince filet de bave à vos lèvres d’ici 30 secondes. Voilà : dans Halo 2 vous partez au combat avec Masterchief, à la tête de ses marines, dans les villes assiégées. Soit. Mais vous #autocensure# aussi #autocensure, n’insistez pas# tout en #circulez, je dirai rien#. Rien que ça. Vous trouvez ça monstrueux ? Vous avez raison, mais laissez moi vous dire que vous êtes encore loin du compte…
Les premières minutes du jeu vous serviront surtout à poser l’histoire. Vous êtes calmement en orbite au dessus de la terre, au milieu du troupeau de baleine molles que représente la force de défense spatiale de la Terre. Ensuite accrochez votre ceinture, Halo 2 démarre ! Vous voici directement plongé dans une nouvelle bataille, à bord d’un vaisseau terrien, assiégé par la flotte Covenant. Cela ne vous rappelle rien ? Vous pourrez d’ailleurs rapidement compter les points en regardant les vaisseaux s’affronter et imploser au cours de la bataille, pour peu que vos ennemis vous laisse tranquillement profiter des nombreuses baies vitrées et des points de vue qu’elles offrent. Car question rythme, les petits gars de chez Bungie ont encore une fois assuré. Vous souvenez-vous de la dernière scène du premier opus, la course contre le temps pour évacuer Halo ? Et bien c’est simple, après quelques heures de jeu, on a déjà l’impression d’être passé plusieurs fois par là. Malgré le peu de souplesse que cela implique, je regrette même qu’ils n’aient pas inclus de chrono dans certaines phases. En effet, un joueur qui n’arriverait pas à rentrer dans le jeu pourrait faire ça, comme ma mémé, doucement, à un faux rythme. Non, Halo 2 se déguste en vivacité, en mouvement, pleinement et avec le pied au plancher, en pleine osmose avec la musique. Le souci du rythme est évident chez Bungie, et c’est un pari pour le moins réussi.
Enfin… vivacité, fluidité et rapidité, c’est quand tout se passe bien. Vous allez me dire qu’en mode Légendaire, l’Elite s’élimine moins vite et avec moins de classe qu’en Normal et devinez quoi, vous avez bien raison. Les quatre modes (Facile/Normal/Héroïque/Légendaire), garants de très longues heures de jeu, sont en effet de retour (environ 15h pour venir à bout du jeu en Normal). Et vos ennemis comptent faire plus que de vous ralentir. Les Grunts et les Jackals restent eux sur la même longueur d’onde, soit bêtes et lâches, mais que voulez-vous, ma crosse est amoureuse d’eux. Coté Elite c’est différent. Ces messieurs, n’ont pas aimé se faire ridiculiser sur Halo et ont donc décidé de se mettre un doigt cette fois ci, histoire de faire honneur à leur nom. Et là encore, Bungie frappe fort. Pas question de simplement multiplier les adversaires ou leur résistance. Il y a un vrai travail sur les Elites. Vous connaîtrez mieux leur place et leur motivation chez les Covenants et apprendrez à reconnaître les différentes classes d’Elites (des basiques aux membres des forces spéciales). Vous écouterez leurs invectives et leurs remarques (et oui ils ont désormais la parole). Cela vous fera les personnaliser beaucoup plus, oublié le temps où ils n’étaient que des ennemis grognant sous vos coups. Je ne vous cache pas que l’intérêt du jeu n’en sort pas diminué… Et ceci pourrait s’arrêter là mais coté IA (en fonction de la classe), c’est la fête à Dudulle également. Encore une fois, je vous laisse la surprise mais sachez que certains n’hésiteront pas ni sauter sur des éléments en hauteur lors d’un corps à corps pour vous aligner, ni à esquiver vos attaques à la crosse. Et que dire de ceux qui lorsque vous commencez à les tourner derrière un élément, tournent aussi pour ne pas se faire prendre. Attention les Elites sont beaucoup moins prévisibles et n’espérez pas ressortir vos vieux trucs à chaque fois, il faudra s’adapter !
Et les Hunters, plus grand, plus athlétiques, ils ont maintenant une classe folle. Fini les grosses boules pleines d’épines que vous massacriez sans difficulté pendant que votre compagne scandait ‘Ollllééé’ à chaque passe. Vous devrez désormais vous en méfier plutôt que de vous amuser avec.
Je pourrais continuer longtemps comme ça tellement Bungie nous a pondu de nouveaux ennemis aux petits oignons, aux style variés et typés. « Oui mais tout à l’heure tu as dit que tu dévoilerai rien, t’es trop nul » me fait remarquer Prune. D’abord une moustaflette derrière les oreilles pour lui apprendre à vouvoyer son aîné, et je vous l’assène directement : vous n’êtes vraiment pas au bout de vos surprises côté adversaires et Bungie vous en a caché bien plus que vous ne le pensiez…
Tout ceci est bien beau, mais tous les adversaires ont besoin, à un moment ou à un autre d’un ring. Et cela tombe bien car il s’agissait du défaut le plus évident et reconnu de Halo, qui enchaînait des niveaux d’une façon assez monotone, souvent dans les deux sens. Et là c’est le choc. Car Halo 2 fait encore pire. C’est une catastrophe abominable, vous avez l’impression de jouer sur une piste d’athlétisme. Non, je déconne c’est tout simplement le contraire et ce qui m’a le plus bluffé sur ce jeu. On retrouve volume, interactivité, dénivelés et complexité, autant de garanties d’un gameplay riche et réussi. Evidemment les niveaux dans les vaisseaux ont des contraintes et un pont à une linéarité… naturelle, mais quel bonheur de dévaler une colline ou d’avaler rapidement des escaliers pour changer son poste de tir. Quel pied de poursuivre ses ennemis sur une voie parallèle en aplomb ou arriver dans une aire immense, et de s’apercevoir que le level design seul vous offre de nombreuses possibilités pour passer l’obstacle. Vos combats qu’ils soient au cœur d’une ville (Halo en urbain c’est aussi bon que ça en a l’air), dans des grottes humides, sur une voie d’autoroute ou dans une structure Covenant, seront sublimés par ce level design léché et précis. C’est simple, certaines aires où l’on passe 5 minutes à combattre pourraient facilement être reprises telles quelles en map multijoueurs et avec succès assuré. Du très grand art.
Et comme il est dit que Bungie n’aura rien laissé au hasard, l’artillerie de Halo 2 a elle aussi été revisitée. Si l’on passe les modifications esthétiques de rigueur (ne vous attendez tout de même pas à un nœud rose sur le fusil à pompe), beaucoup ont été rééquilibrées : recul sur le fusil de sniper, guidage sur le lance roquette, etc. Mais on reste toute de même dans le classique. Au mois coté humain. Coté Alien, c’est différent. L’armurerie complète est de sortie et à votre plus grand bonheur pour peu que vous demandiez gentiment au propriétaire (s’il ne veut pas, insistez). Beaucoup de nouveautés mais surtout la star, la plus belle, j’ai nommé : l’épée plasma. Enthousiasmé à l’idée, je m’étais un petit peu refroidi au mois d’août en jouant au mode multi d’Halo 2, la manipulation étant sans relief. Avec la pratique, autant vous dire que cela change. D’abord cette arme est très classe, sans aucun doute. Ensuite, vous aurez un sourire sadique assuré en faisant goûter aux Elites un échantillon de ce que vous mangiez sur Halo. Et plus important, la manipulation est rapidement riche. Attaque simple, attaque en mêlée avec un système de lock, combinaison de tout ça avec vos déplacements et surtout vos sauts, vous n’avez pas fini de vous amuser. Encore bravo (un de plus) Mr Bungie, transformer une arme passive de Halo en arme unique de Halo 2 n’était pas facile, et c’est pourtant dans le mille. Coté véhicules, Halo 2 vous propose tout simplement la totale puisque vous pourrez tout emprunter pour une virée. Oui, j’ai bien dit tout. Pour ce qui concerne les anciens ils se sont vus modifiés. A vous d’évaluer à nouveau leur forces et leurs faiblesses, pour quand viendra l’heure de faire du stop (agressif) ou de les faire exploser.
Bref, vous l’aurez compris, le mode solo d’Halo 2 est bien au niveau espéré et ne vous décevra pas, tellement il a été bien pensé. C’est simple, si on y réfléchit, c’est en y jouant qu’on voit les nombreux défauts de Halo : Combat Evolved. Ce n’est pas la moindre des choses, croyez moi, et c’est surtout bien plus que ce que l’on pouvait espérer. Vous n’êtes pas prêts de lâcher la manette…
Viendez manger les amis
Parler d’un mode multijoueurs sur un FPS est à priori limité. Si je vous la joue amorphe, disons que Halo 2 vous propose de vous affronter sur 11 maps, à 16 joueurs, en LAN aussi bien que via le Xbox Live, avec les classiques Optimatch, Quickmatch… . Etant donné que même avec une cape rouge sur le dos, je suis loin d’être « Supervalium », je préfère vous résumer bien vite la situation : avec ce mode multijoueurs Halo 2 vous offre tout simplement deux jeux distincts, qui provoquera même chez certain le fameux dilemme du « j’commence par quoi ? » ! Mieux donc qu’un baril de lessive pas ordinaire, Halo 2 va enfin répondre à l’attente des innombrables joueurs, ulcérés et frustrés à l’idée que déplacer autant de consoles, de télés et d’amis tout en évitant la rupture avec sa conjointe revient à essayer d’assommer un bœuf à coup de schamallows. Pas évident. Mais c’est de l’histoire ancienne. Halo 2 est désormais là, et pour nos fameuses LANs ce sera quand on veut, comme on veut. Et même mieux puisque personne ne sifflera ma Despé pendant que je frag dans une autre pièce.
Le principe de fonctionnement sur le Live est assez simple. Deux options s’offrent à vous. Premièrement, vous jouez entre amis, pour le plaisir, sans statistiques à la clé avec un contrôle total sur la partie (mode, carte etc…). Pour cela, vous devez créer un Groupe (qui durera le temps de votre connexion) et inviter vos amis à vous rejoindre. Pour jouer ce type de partie, vous devez donc inviter ou être invité, les asociaux ne seront donc pas gâtés. La deuxième option correspond au système classique QuickMatch/Optimatch. Là c’est différent, car vous choisirez d’abord une catégorie de jeu parmi 7. On y trouve les affrontements classiques en solo ou en équipe jusqu’à 8 ou jusqu’à 16 (et même en 1 contre 1), des modes spéciaux pour les clans (en groupe de 3-4 ou 6-8) et même un mode entraînement. Ensuite une partie est lancée sans que vous ayez la main pour le choix de la carte ou les options de jeu.
C’est uniquement dans cette deuxième option que vous jouerez pour un classement mondial. Les paramètres de partie étant aléatoires, la spécialisation à outrance pour gonfler les stats n’est donc pas possible. Il faudra être bon, point barre. Idem pour ceux qui comptent sur leurs invités (jusqu’à 3 par compte) pour les aider à marquer facilement, ce n’est simplement pas autorisé. Si vous voulez jouer avec vos amis sur ce mode, créez un groupe et ensuite lancez un Optimach.
Ces deux modes étant posés, vous avez maintenant compris qu’il va falloir les assimiler et apprendre à jongler avec. Et ce n’est pas facile, soyons clairs. L’interface n’est pas vraiment à blâmer même si beaucoup tourneront longtemps dessus comme des chiens ivres. Car cette interface est ouverte, vous permettant d’accéder pratiquement à tout, de n’importe où. Il faudra donc de la patience pour découvrir tous les avantages du système et accepter sa philosophie qui tranche avec ce qui se fait aujourd’hui sur le Live. Mais en gros, vous ferez souvent une partie en Optimatch et si les gars sont sympas, à l’issue de la partie vous leur enverrez une invitation d’ami ou de groupe. Puis une fois le groupe formé, à vous de décider ensembles à quoi vous voulez jouer.
Je note que nous avons tout de même une séparation franche entre le jeu classé et le jeu entre amis. Il est quand même désolant d’avoir dû attendre autant de temps sur le Xbox Live pour séparer ces deux populations de joueurs (les kikitoudurs et … les autres). Mais bon, Bungie le fait, c’est tout ce qu’on demandait.
Coté modes de jeu, 7 vous seront proposés : Assassin, Roi de la Colline, Crâne, Mastodonte, Capture du drapeau, Assaut (fans de Counter…) et Territoires (contrôle simultané de zones). Aucun ne manque donc au rendez vous et c’est seulement notre coté archi gâté qui nous fait regretter l’absence de réelle nouveauté. Il faut cependant savoir que celles-ci se déclinent en sous modes que vous pourrez compléter des vôtres, comme sur Halo 1. Et bienvenu dans le monde des nuits blanches. Quel plaisir de jouer en équipe au Crâne où chaque membre doit tenir le crâne 30sec pour gagner où faire un Roi de la Colline où tout le monde est invisible. Et le Mastoninja, seul contre tous, mais invisible ! Des plus classiques au plus délirantes, c’est ni plus ni moins que 40 types de parties qui vous seront proposées pour des scéances endiablées.
Pour les maps, 11 sont donc présentes et cessons toute cruauté inutile, Bungie a en effet décidé d’honorer deux cartes de Halo, premier du nom. Ainsi Battle Creek et Blood Gulch sont de retour mais attention, modifiées. Si Battle Creek est quasiment la même (je vous laisse juste deviner comment tuer de la position de sniper… à coup de crosse), Blood Gulch, elle, est passée de la taille L à XL mais reste sur la même structure. Vos bases sont ainsi plus grandes, accueillent un Banshee au sous sol et de nombreux abris vous permettront de la traverser à pied sans avoir l’impression de participer à « Histoires Naturelles ». Du très bon tout cela. Il est cependant bien trop tôt pour vous dire si ces 11 maps sont aussi réussies qu’elles en ont l’air. Et elles en ont l’air. Seules quelques dizaines d’heures de jeu nous le diront. Ce que l’on peut noter c’est qu’elles sont variées dans leurs environnements, asymétriques pour la plupart et que l’on n'a pas fini d'en faire le tour pour trouver tous les postes de tir, raccourcis, ascenseurs et passage de téléportation pour en profiter. On pourra jouer bourrin dans ces cartes mais faîtes moi confiance, ce n’est pas toujours la meilleure option…
Vous allez me dire que je ne vous parle pas de la qualité de connexion. Comme ce n’est pas un détail, une goutte commence à perler sur votre front, et descend lentement, doucement. On n’est pas dans un manga, essuyez-moi donc ça. Ca tourne nickel chrome ! On s’en doutait déjà vous me direz, quand Bungie nous avait dit qu’Halo 2 déterminerait seul la meilleure connexion possible entre les joueurs. Mais c’est désormais une confirmation qu’il est toujours bon d’entendre. Nous avons pu expérimenter des parties à 8 joueurs, et en grand chasseur de lag, je peux vous assurer que nous sommes revenus bredouilles. Rien, pas un poil. Elle est pas belle la vie ?
Le tableau semble donc idyllique. Vous y ajoutez la gestion de la distance pour la voix (vous entendez les joueurs proches de vous, amis et surtout ennemis), la gestion intégrée des clans (qui ne sont que des Groupes qui durent en fait), les blasons et tout semble parfait. Si on y rajoute un site, Bungie.net, qui rassemble des stats de folie sur vos parties classées (c’est ouvert, allez y jeter un coup d’œil), on est au paradis. Oui, mais si le paradis existait cela se saurait. J'ai donc un reproche à formuler à Mr Bungie. Et cela concerne la gestion de la voix, encore une fois. C’est un point tellement crucial sur le Live que l’on se doit de pointer ce défaut du jeu Live. En effet, pour parler pendant une partie, vous devrez utiliser le bouton blanc. Et appuyer dessus à chaque fois que vous voudrez prendre la parole. Les plus avertis auront déjà compris que cela est difficilement compatible avec une visée surtout en plein affrontement. Les peu-causants trouveront sera insignifiant. Mais avouez que pour jouer en équipe ou tout simplement pour assurer une convivialité, c’est un petit peu embêtant. Cependant, si on y réfléchit, je préfère adapter ma communication et conserver la qualité de connexion. Les joueurs Live (vous !) sont suffisamment mâtures pour savoir qu’un tel choix de Bungie n’est dicté que par les limitations d’une partie Live, et feront certainement comme moi. Mais un petit goût de frustration reste, même s’il doit être remis à sa place et on s'y fera vite.
Comme vous le voyez donc, Halo 2 est bien la tuerie annoncée sur le Live. Bien sûr cela aura pu être mieux avec un mode coopération Live même si celui-ci fait son retour en écran partagé (joie !). Mais le mode solo de Halo ne s’y prête clairement pas. Techniquement, cela reste donc au stade du fantasme et on ne peut en vouloir à Bungie, qui a juste eu le tort de laisser courir la rumeur. Enfin, ils ne se sont pas moqués de nous et nous livrent bien le héros du Live pour quelque temps. Et si on y ajoute les downloads qui verront arriver nouvelles maps et modes de jeu, ce n’est pas près de s’arrêter. On aurait décidément peu de raisons de se plaindre. Cette nouvelle interface et la gestion de la voix in-game ne seront pas de bonnes raisons, vous vous y ferez vite.
Elle est où la claque ?
La qualité graphique d’un titre comme Halo est assez contradictoire. En effet si celle-ci est un standard, ça n’a jamais été la raison de son succès. Halo 2 ne vous mettra ainsi pas une claque graphiquement, peut être la faute à son aîné (blague mammaire). Mais rapidement, vous allez vous rendre compte que les gars de Bungie n’ont pas laissé la Xbox tourner au ralenti. Les moteurs qui gèrent les sources de lumière, les particules, ou la physique sont passés à la vitesse supérieure, tout comme vos ennemis qui sont désormais bien plus beaux et les décors traversés bien plus variés et réussis (quoi que certaines textures soient assez inégales). Quant à la profondeur de champ, elle est tout simplement monstrueuse. Regardez bien la structure là-bas, tout au fond et ne pensez pas que c’est un simple décor apposé : vous y allez directement et on vous y attend. Et que dire des cinématiques dont on a peine à croire qu’elles utilisent le moteur du jeu tellement certaines sont magnifiques ! Qu’elles sont parfaitement scénarisées ? Qu’elles vous gardent dans le jeu, complètement immergé ? Allez disons simplement qu’elles sont presque parfaites (la faute à certaines animations, pas tout à fait au niveau) ce qui est déjà pas mal.
Cela fait bien longtemps que l’on vous dit que Halo 2 n’est pas une révolution graphique. C’est vérifié mais au moins, Halo 2 n’a pas besoin de ça pour s’affirmer et les jeux à déjà atteindre ce niveau sont plus que rares.
Non, ce qui compte c’est le plaisir que l’on ressentira au bout des doigts. Et eux ne le bouderont pas leur plaisir, croyez-moi. Laissez-leur 30 secondes et ils maîtriseront déjà complètement la manœuvre. Car pourquoi changer un gameplay éprouvé et approuvé ? Halo 2 ne change rien de ce coté là et c’est tant mieux. Si ! On ajoute juste quelques éléments. D’abord le saut, qui se trouve allonger de 20-30% et qui devrait vous ouvrir des possibilités intéressantes. Le Dual Wielding permettant de contrôler une arme dans chaque main (amis stratèges, y’a bon). Le Vehicule Hacking qui vous permettra de voler un véhicule en marche. Ce dernier point est tout bonnement magnifique et quand vous le placerez pour la première fois en multi, après quelques essais infructueux, je vous prédis un cri de joie que vous ne pourrez contenir. Ces deux dernières nouveautés sont parfaitement intégrées au gameplay puisque qu’une simple pression prolongée sur Y ou X vous suffira à les déclencher. Mais la grosse nouveauté vient du bouclier d’énergie et de votre santé. Finies les trousses médicales puisque vous n’aurez plus qu’un bouclier, sans niveau de santé. Système assez intéressant qui évitera une gestion comptable de votre vie dans certains passages difficiles et limitera la grosse brute qui sommeille en vous. Parfait !
Techniquement cela reste du haut standing. Pour les chargements, pas de changement, un bon chargement en début de niveau et des chargements intermédiaires discrets et rapides, qui ne coupent en rien le rythme. Un des points forts de Halo, bien évidemment conservé. N’espérez pas non plus voir votre animation saccadée, ralentie et autres soucis de ce genre. Du très grand, je vous dit !
J’ai voulu garder le meilleur pour la fin. Si la référence aux abeilles n’est pas celle que l’on croit (vous vous en rendrez vite compte), vos cages à miel vont prendre un pied pas possible sur Halo 2. Tout d’abord la couleur musicale est conservée, simplement retouchée, pour le meilleur. Vous serez parfaitement conservé dans l’ambiance. Les dialogues des autres personnages ont passé la surmultipliée et qu’il s’agisse de phases plus ou moins rythmées, calmes ou haletantes, les compositions sont parfaitement adaptées. Le 5.1 donne toute sa mesure et dans les affrontements dantesques personne ne s’en plaindra à part vos voisins (pensez à eux… offrez leur Halo 2). Bref l’immersion est totale, et la meilleure preuve reste certains passages où je me suis surpris à jouer de façon dynamique et risquée, complètement emporté par la musique alors que rien ne m’y forçait. Ce n’est pas beau ça ?
Il est difficile de parler d’Halo 2 tellement il y a de choses à dire et tellement il y a de choses que vous devez découvrir par vous-même pour en profiter au mieux. Avec du recul, le silence radio total de Bungie sur son titre me paraît alors complètement justifié, on peut donc leur pardonner cette longue attente. Car au final, il faut se rendre à l’évidence : ils y sont arrivé, ils l’ont fait ! Ne doutez pas un seul instant que Halo 2 va provoquer un raz de marée (qui à dit Tsunami ?) sur le Xbox Live, qui sera marqué de son empreinte de géant.
Les promesses sont tenues et les détracteurs ne le seront que par principe car ce jeu est grand ! Il a évolué intelligemment en corrigeant tous les défauts de son prédécesseur, analysant ses points forts et en gérant parfaitement ses nouveautés. Qui aurait cru qu’il enterrerait à ce point Halo : Combat Evolved ? Pas moi en tout cas.
Halo était et reste un jeu à part. Merci Bungie, Merci Halo 2. Foncez.
+
-
- A peu près tout…
- Textures inégales ?
- La fin (je sais je suis cruel…)