Test de Kameo : Elements of Power
écrit par Yugxul
 
 
Après vous être langui pendant des mois dans l’attente de la « trisiquestie » comme dirait ma grand-mère, après avoir été inondé d’images concernant Kameo, diffusées à grande échelle par les équipes de RARE, il est enfin temps pour ce jeu de passer son baptême du feu. En effet, faisant partie des quelques jeux qui ont été maintenus pour le line up de la nouvelle console de Microsoft, Kameo va forcément essuyer les plâtres auprès des quelques chanceux du 2 décembre adeptes du genre. Même si tout ce qui nous a été donné de voir au sujet de ce hit annoncé nous semblait des plus prometteurs, l’histoire vidéo ludique regorge d’exemples de jeux promis à un grand avenir et qui tombent à deux pas du triomphe suite à une finition bizarrement hasardeuse et c’est quasiment ce qui est arrivé à Kameo, tant ce soft a connu de plates-formes et de dates de sortie. C’est donc le cœur battant que j’ai inséré ma première galette dans cette superbe machine pondue par Billou, prêt à entrer de plein pied dans la next-gen du jeu vidéo.
 
 
 
 
Le manicheisme à partée de tous
 
Vous laissez donc le jeu se charger et il est alors grand temps de choisir ce que vous voulez faire. Vous avez alors la possibilité de choisir entre le mode solo, un mode coopération ou encore de voir les classements mondiaux. Nous reviendrons bien sûr sur ces deux derniers modes par la suite. En effet, la part la plus important de ce soft est la partie solo. A peine le temps de glisser le nom de votre sauvegarde et vous voilà projeté dans une sorte de remake de la guerre des Terres du Milieu, où elfes et trolls se partagent difficilement un bout de terre enchantée.

Bien évidemment, les trolls sont avides et usant de leur force physique sans commune mesure avec celle des elfes, ils décident vite de prendre le pouvoir à ces créatures si faibles. Leur chef, Thorn, sera finalement défait et changé en statue de pierre. Quant à la race des trolls, elle est boutée hors des limites du royaume enchanté. Toute ressemblance avec un best-seller datant de l’antiquité est cependant tout à fait fortuite. C’est donc dans ce royaume qu’a vu le jour la belle Kameo qui reçoit de sa mère un pouvoir fabuleux, celui de se changer à volonté en petites créatures, nommées guerriers et diablement puissantes. Sa sœur, Kalus, très jalouse et envieuse de ce pouvoir, délivre Thorn de sa prison de pierre et enlève la famille de Kaméo pour arriver à ses fins.

Vous commencez donc le jeu dans un château digne des tours de Barad-Dûr à la quête de votre famille si injustement traitée. Et là, vous êtes immédiatement dans le bain. Vous avez à votre disposition seulement trois créatures en lesquelles vous pouvez vous changer à volonté. L’un est une plante qui a hérité des gènes et de l’habileté de Mike Tyson, l’autre, une sorte de yéti lanceur de pilum glacé et enfin, un tatou à l’air ahuri, mais capable de cabrioles fort utiles pour votre progression. Je vous préviens tout de suite, ce premier niveau devrait vous faire un peu galérer. En effet, la prise en main est relativement ardue de prime abord, mais rassurez-vous, cela colle à merveille avec la trame du jeu. Vous allez donc normalement, vous emmêler dans les commandes et chercher votre chemin.

Pour parvenir à ses fins, Kameo est dotée d’une barre de vie et d’une barre d’énergie. La vie baisse quand vous êtes touché et l’énergie quand vous utilisez des techniques particulières. Chacun de ses guerriers est également pourvu d’une barre de vie et d’une barre d’énergie et c’est dans leur cas que cette dernière est particulièrement utile. En effet, chacun des 10 petits guerriers que vous allez glaner au cours de votre aventure aura des compétences propres qui vous seront utiles à un moment ou un autre de votre quête. Un des regrets que l’on puisse avoir est le peu d’intérêt que revêt la barre de vie dans ce jeu, car lorsqu’elle est vide, vous recommencez au dernier point de sauvegarde. Dans la mesure où ces derniers sont légions et où il n’y a pas de nombre de vies, cela n’est réellement pas gênant. Vous pourrez bien sûr augmenter la taille de cette jauge en ramassant des fioles disséminées à travers le monde, mais ce n’est malheureusement pas vital pour cette raison. Vous pourrez également upgrader vos petits guerriers en leur adjoignant des capacités supplémentaires à l’aide de fruits que vous trouverez au hasard de vos aventures. Ici, cela est un peu plus important mais sachant qu’il y a plus de fruits disponibles que ce que vous pourrez utiliser, l’urgence n’est pas vraiment au rendez-vous.

L’innovation de ce jeu par rapport aux autres du même genre vient du fait qu’il n’y pas d’arme à rechercher, mais que les armes sont remplacées par des créatures aux talents divers et diablement utiles. Même leur coordination sont parfois intéressantes : ainsi aspergez vos ennemis d’huile avec Grand Bleu, l’un de vos guerriers, et utilisez ensuite Cendre, qui pourra les fera exploser d’un coup de flamme. D’autres encore vous permettront de projeter un ennemi sur un mur recouvert d’épines ou des abîmes sans fond. Les phases de combat ont une importance capitale dans ce jeu. En effet, non seulement votre habileté à défaire vos ennemis sans vous faire toucher vous permettra de gagner énormément de points, mais c’est en plus très jouissif de trouver les différentes façons existantes de tuer un troll… Chaque mort vous rapporte un multiplicateur. BRUTAL si la mort est particulièrement gore, comme de jeter un troll dans le vide ou sur un mur de piques, CARNAGE, qui augmente à chaque mort et FRENETIQUE qui augmente lorsque vous tuez beaucoup d’ennemis dans un laps de temps très court. Ces multiplicateurs augmentent tout au long du niveau pour vous permettre d’atteindre des scores astronomiques. Cependant, à chaque fois que vous êtes touché, ces multiplicateurs baissent, le but étant de traverser un niveau sans vous faire toucher, chose qui est assez difficile.

Vous pourrez également entrer dans une sorte de transe, la Puissance des Guerriers, si vous touchez de nombreux ennemis dans un laps de temps relativement court. Une jauge se remplit à chaque coup asséné et se vide ensuite automatiquement. Vous devrez donc donner coup sur coup pour la remplir. Une fois pleine, elle vous permet d’entrer en Bullet Time et de vous déplacer très vite dans la mêlée. Vous devrez continuer de donner des coups en permanence et ainsi rester dans cet état le plus longtemps possible.

En ce qui concerne la quête en elle-même, elle est relativement classique, avec des quêtes principales, quelques missions annexes et d’autres cachées (relativement). Une fois le jeu pris en main, la durée de vie du soft est malheureusement assez courte. Seules, une quinzaine d’heures de jeu sont nécessaires pour finir ce dernier. Vous pourrez rajouter les quelques quêtes annexes qui parsèment les niveaux, qui consistent souvent à aider un villageois en détresse physique, morale ou financière, mais la durée de vie n’en est pas pour autant grandement augmentée. Vous pourrez cependant découvrir ainsi un élément supplémentaire du jeu, les yeux de cristal. Ils vous permettent d’améliorer certaines de vos caractéristiques au combat, par exemple votre résistance aux coups, mais vous pénalisent souvent dans un autre aspect du jeu, comme la dureté des coups que vous assénerez… Pour les plus enragés d’entre vous, vous chercherez comme moi à glaner toutes les fioles, tous les fruits, ou encore tous les yeux de cristal, mais ce n’est pas pour autant que la durée de vie augmentera de manière significative.
 
 
 
 
Et qui c'est l'elfe le plus puissant ?
 
Voici venir le mode « online » de ce soft. C’est assez limité, mais va vous permettre d’appréhender l’avenir des jeux sur la 360. Ainsi, pour ceux qui disposent d’un accès internet et d’une connexion au Xbox LIVE, vos scores feront l’objet d’un classement et vous pourrez ainsi vous comparer aux autres joueurs du monde entier. Ce système sera valable pour tous les jeux qui sortiront sur ce support.

En effet, chaque phase de combat dans les différents temples ou châteaux que vous traverserez fait l’objet de ce classement. Le nombre de points que vous aurez amassés dans ces 6 niveaux apparaît ici. C’est là tout l’intérêt des multiplicateurs. Vous aurez ainsi la possibilité de refaire ces niveaux pour améliorer votre classement, et votre performance fera l’objet d’une note de A à F, A étant bien sûr l’excellence. On sent cependant que cette partie du jeu ne sert malheureusement qu’à augmenter de manière assez artificielle la durée de vie du jeu.

De plus, chaque jeu fait désormais l’objet d’un certain nombre de succès, une sorte de challenge sur des points particuliers du jeu, qui se débloquent au gré de votre progression et augmentent les points de votre profil Xbox LIVE. En ce qui concerne Kaméo, vous devrez non seulement terminer le jeu à 100%, mais vous devrez également être classé A dans les différents niveaux de jeu en classement pour obtenir la totalité des 1000 points adjoints à ce soft. Veillez cependant à toujours être connecté au LIVE lorsque vous jouez, car pour parler d’expérience, si vous avez une déconnexion lors de la phase finale d’un niveau, toute la progression suivante n’est pas prise en compte pour ce qui est des succès. Ainsi, pour avoir fini le soft et souffert de cette déconnexion, je n’ai pas obtenu tous les points de succès, ce qui est plutôt ballot.

On peut également noter la possibilité de jouer ces mêmes niveaux avec un ami en coopération. Cette coopération ne pourra cependant intervenir qu’à domicile, en écran splitté. Vous aurez alors la possibilité de refaire les niveaux de jeu en classement pour mesurer votre paire à l’aulne du monde entier. Qui c’est qui a la meilleure paire, hein ???
 
 
 
 
Et c'est beau un royaume enchanté ?
 
Graphiquement, le jeu est de toute beauté. Les premiers jeux à sortir vont certes essuyer les plâtres, mais les textures et les effets de lumière sont particulièrement réussis pour Kameo, qui brille dans cet exercice. Les couleurs sont fabuleuses, les personnages tous finement modélisés et articulés. Quand on voit la qualité graphique des animations et le nombre vraiment incroyable de personnages affichés à l’écran dans certaines scènes, on ne peut que saliver sur les prochaines productions de la 360. La gestion du jour et de la nuit en une espèce de temps réel (compter environ 5 minutes pour une journée) vous permettra notamment d’apprécier les paysages sous différents éclairages.

Mais comme tout ne peut pas être parfait, à fortiori dans un monde factice, ce jeu n’est pas exempt de petits défauts. Outre la durée de vie courte, la gestion de la caméra est assez pénible par moment. En effet, d’un stick vous maniez votre personnage et de l’autre vous dirigez la caméra. Un exercice de style assez commun dans les jeux du genre, et alors me direz-vous ? Très peu perceptible lors des phases de déplacements, le problème de la gestion de la caméra est particulièrement sensible lors des combats. En effet, avec son système de lock automatique, vous êtes dirigé automatiquement vers un ennemi, généralement le plus proche. En mêlée, il est impossible de choisir votre ennemi ce qui oblige à vous déplacer vers votre cible pour qu’elle le devienne. De plus, lorsqu’un ennemi est dans les parages, vous êtes obligatoirement dirigé dans sa direction. On pourrait penser que ce n’est pas si terrible que cela, mais imaginez comment diriger une caméra lorsque votre déplacement, et donc votre orientation, se fait en fonction d’un ennemi qui bouge autour de vous. Ajoutez à cela des commandes parfois différentes selon que vous dirigerez tel ou tel de vos guerriers, et vous pourriez parfois tourner bourrique.

Une dernière chose, les sauvegardes sont automatiques et gérées par la console. Ainsi, chaque moment clé d’une quête, changement de décor, etc…fait l’objet d’une sauvegarde. Vous ne pourrez pas jongler entre plusieurs sauvegardes pour revenir sur vos pas car vous n’avez qu’une sauvegarde et qu’elle est justement automatique.
 
 
 
 
Dans l’ensemble, Kameo est une réussite totale malgré sa courte durée de vie. En innovant sur le gameplay des jeux d’un genre pourtant bien éprouvé, Rare fait une bonne opération. On a envie de poursuivre son aventure malgré les heures qui s’égrènent, et c’est bien là que l’on reconnaît un bon jeu.

C’est également pour cela que l’on trouve un jeu trop court, ce qui est malheureusement le cas pour ce dernier. On peut penser que le jeu a été quelque peu raccourci pour pouvoir sortir en même temps que la console et c’est bien dommage, tant on prend du plaisir à parcourir le monde de Kameo.
 
 
 
 

+ -
- Une réalisation sans tâche
- Un gameplay innovant et varié
- Une durée de vie bien trop courte
- Une gestion de caméra parfois bien difficile à maîtriser et gênante pour la maniabilité

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