Test de Kingdom Under Fire : The Crusaders
écrit par Prune
 
 
Rappelez-vous de Warcraft 2 et des Command and Conquer sur Playstation. Avez-vous essayé Ages of Empire 2 sur PS2 ? Autant de tentatives malheureuses et impraticables pour importer un genre à succès du PC à nos chères consoles, en partie à cause d’une jouabilité parfaitement adaptée à la souris mais incroyablement lourde à la manette. Voici donc qu’arrive dans notre froide contrée le très attendu Kingdom Under Fire : The Crusaders (KUF). Développé par un studio coréen du nom de Phantagram, et édité en Europe par SG diffusion, ce titre n’ambitionne rien de moins que de devenir la référence des jeux de stratégie, toutes consoles confondues. Pour le moins enthousiasmant, tout cela s’annonçait sous les meilleurs auspices après la déclaration d’intention faite par le producteur du jeu dans une interview, traduite de main de maître par l’excellent Prunille (nd Démosthène : il va vraiment falloir faire quelque chose pour que la tête de Prune n’explose pas). C’est donc avec une certaine fébrilité et la crainte d’être déçu que j’ai introduit le DVD dans ma Xboite Crystal toute neuve pour vous délivrer les quelques lignes qui suivent…
 
 
 
 
Les deux gameplays
 
Un titre inspiré par monsieur Tolkien et qui sied fort bien au jeu puisque l’histoire est assez semblable à celle du Seigneur des Anneaux, la quête du précieux en moins. Le continent de Bersia se retrouve en péril, 50 ans après la seconde guerre des héros. La légion noire, dirigée par le cruel Régnier est en marche pour asservir tout le territoire. Seule l’alliance des hommes pourra s’y opposer. KUF baigne donc dans une ambiance Heroïc-Fantasy, où vous retrouverez avec plaisir orcs, goules et autres elfes noirs, pouvoirs magiques, batailles épiques et sanglantes. L’histoire que vous allez vivre vous sera contée au travers de 4 campagnes qui vous proposeront d’incarner 2 personnages issus de l’alliance humaine (Gérald et Kendall) et 2 autres issues de la légion noire (Lucretia et Régnier). Bien qu’assez convenue, vous serez petit à petit happé par celle-ci ce qui vous poussera à persévérer devant les difficultés que vous rencontrerez.

Mon introduction relatait les tentatives infructueuses pour importer des RTS pensés pour le PC sur console. Phantagram n’a pas commis cette erreur. Les développeurs ont fait table rase des acquis du genre pour étudier la façon la plus réaliste de créer un jeu se rapprochant des ténors de la stratégie en temps réel tout en gardant une singularité propre au monde des consoles. Aussi, pour coller à la population visée, des éléments de gameplay typiquement issue de nos machines ont été implémentés.

Celui-ci emprunte autant au RTS qu’au Beat’em all, en y ajoutant un soupçon de RPG bienvenu. Voici une affirmation qui fait pétiller vos petits yeux de gamers, n’est-ce pas ? Alors comment tout cela se traduit-il à l’écran ?

Ce côté RTS est tout débord dû au fait, qu’avant une bataille, vous contrôlez vos différentes unités individuellement. Vous pouvez donc positionner vos archers à un endroit, envoyer votre cavalerie plus avant et mettre vos fantassins entre ces deux troupes pour les envoyer à la boucherie lorsque le combat s’enclenchera. Alors qu’habituellement, il faut l’habileté d’un poulpe pour donner des ordres, tout est ici très simple. La plupart de vos directives seront données à partir du bouton A et de la gâchette droite. Une pression courte sur cette dernière vous permettra de changer de troupes alors qu’une pression longue fera apparaître un carte vous permettant de leur assigner des points des passages jusqu’à un endroit donné. La carte de la simplicité a été jouée par nos amis coréens et force est de constater que cela est réussi. Le traditionnel curseur a été remplacé par une sorte de ligne que vous pouvez allonger ou raccourcir et qui vous permet d’observer les alentours et d’ordonner de courts déplacements à vos hommes. De même, il est possible de choisir la formation de chaque unité. Si vous disposez vos hommes de façon espacée, ceux-ci seront moins vulnérables au attaques d’armes de jet, mais moins fort dans la mélée. Inversement, une formation serrée leur donnera une meilleur puissance de feu, mais les rendra particulièrement vulnérables aux attaques à distance.

Dès qu’une bataille s’engage, le jeu bascule immédiatement en un Beat’em All inspiré de la série des dynasty Warriors de Koei. Que les moins convaincus par ce genre se rassurent, il est tout a fait possible de ne choisir que d’observer le combat en donnant des ordres. Pourtant, ne pas utiliser cette possibilité enlève tout un côté jouissif au jeu. Tout d’abord, la mise en scène est incroyable. Comprenant souvent plus de 100 personnages à l’écran, la violence et la barbarie (matérialisées par les litres de sang qui gicleront de vos ennemis) en émanant vous décrochera ce petit sourire de plaisir qui caractérise un bon jeu. Vous pouvez jongler entre vos différentes unités, mais vous ne pourrez contrôler qu’un seul personnage, à savoir votre héros. Celui-ci se manie avec aisance et dispose de combos dévastatrices. Et c’est là que la jauge de special points va vous servir. En effet, l’unité sous les ordres de votre héros dispose de deux officiers qui peuvent vous aider en échange de ces précieux points. Battre un ennemi, faire intervenir judicieusement vos différentes troupes vous permettront de la remplir. Sachez aussi que votre personnage principal ne peut pas trouver la mort au cours de ces batailles, à moins que l’intégralité de l’unité qu’il commande soit décimée. Pour espérer mener à bien une mission, mieux vaut écourter ces batailles. Aussi, il est fortement conseillé d’envoyer votre héros à la rencontre du chef ennemi. Si vous le battez, son unité se rendra, vous permettant ainsi d’économiser quelques précieux soldats. Celui-ci est facilement identifiable à la jauge de vie rouge qui se matérialise quand vous le frappez. Selon la race de votre adversaire, il est plus au moins difficile à localiser. S’il s’agit d’un ogre, vous aurez vite fait de le repérer. Par contre, quand vous affrontez des elfes noirs, c’est un peu plus compliqué puisque tous les protagonistes se ressemblent. Et c’est là que le premier défaut de KUF fait son apparition. En effet, la caméra ne vous gênera jamais quand il s’agira de combattre, mais si vous la déplacez afin de rechercher le commandant ennemi, celle-ci demeure assez lente à tourner et se bloque fréquemment à certains points de la bataille. Après quelques heures de jeu, on finit par s’y habituer, mais c’est un peu regrettable.

Dernier aspect : le RPG. Celui-ci revêt deux formes. Lorsque vous effectuez une mission, les officiers commandant chacune de vos unités ainsi que votre héros disposent de compétences spéciales. Ainsi, vous pourrez envoyer des éclaireurs (pratiques pour repérer les lieux et éloigner les unités adverses dans les missions où vous êtes en infériorité numérique), faire pleuvoir du feu, de la glace, des éclairs sur vos ennemis, tirer des flèches de feu, soigner vos hommes,… On ne peut tous les énumérer tant cela est varié. Ne sous-estimez pas ce point du jeu car il s’agit d’une condition clé pour espérer arriver à la fin de chaque campagne. Là encore, cela se réalise avec une grande facilité avec la croix directionnelle.
La deuxième forme est encore plus intéressante. A la fin de chaque mission, selon votre performance, des points d’expérience et de l’or vous sont attribués. Les points d’expérience permettent de booster les compétences de vos unités ou de leur en faire apprendre de nouvelles. Pour chaque campagne, une arborescence est disponible vous permettant de voir les évolutions possibles de vos unités. Sachez qu’une bonne vingtaine d’évolutions de celles-ci sont disponibles pour chacune des 4 campagnes. L’or vous servira à enrôler de nouveaux officiers, mais surtout à équiper tous vos hommes avec du matériel plus performant. La navigation dans les différents menus est instinctive et très agréables. Accordez donc un temps important à cette phase du jeu, en pesant le pour et le contre d’un équipement ou de l’évolution de l’une de vos unités.
La campagne solo de KUF est une réussite incroyable. Long, difficile mais jamais frustrant, disposant de missions toujours très variées, il s’agit d’un titre qui vous tiendra en haleine de nombreuses semaines. Le seul défaut notable concerne cette satané caméra, mais dites vous bien que l’on a vu bien pire dans beaucoup d’autres jeux. Pour moi, KUF ne constitue rien de moins que la pierre angulaire du RTS sur console. Il apporte au genre ses lettres de noblesse et le révolutionne de la même façon que Halo a pu le faire pour le FPS. Pour tout vous dire, cela faisait bien longtemps que je ne m’étais pas autant amusé en solo. Incontestablement le jeu de l’année sur Xbox, celui que tout joueur se doit de posséder dans sa ludothèque. Point barre !
 
 
 
 
La communauté du Xbox Live
 
Lorsque vous rencontrerez des difficultés à passer une mission, un petit tour sur le Live vous aidera à vous détendre avant de reprendre le jeu en solo. Il s’agira donc d’affronter un autre joueur en 1 contre 1 sur l’une des 9 cartes disponibles. Vous ne pourrez réutiliser les unités que vous avez créé durant vos parties offline. Vous devrez donc choisir lequel des 4 héros vous souhaitez incarner en réseau et faire évoluer vos troupes afin de devenir de plus en plus puissant et pouvoir truster la première place du classement général. Trouvez une partie ou créez en une, sélectionnez les 4 unités qui vous semblent nécessaires pour défaire votre adversaire et c’est parti !

Les joueurs de mauvaise foi ne pourront pas se cacher derrière le lag pour excuser une défaite puisque la connexion réseau est tout à fait satisfaisante. Durant la partie vous pouvez communiquer avec votre l’autre joueur en toute tranquillité.

L’aspect tactique est plus que jamais présent et il est nécessaire de rapidement disposer d’unités aériennes pour localiser les forces adverses et voir la tactique développée. Il est aussi recommandé de réellement placer vos unités avec réflexion et de ne pas foncer bêtement dans le tas. Utilisez donc au mieux les compétences de chacune de vos troupes et de vos officiers. Tout cela s’annonce très bien.

Malheureusement, le jeu ne dispose pas d’un optimatch proposant le choix de la langue. Les français étant relativement peu présents, vous aurez de fortes chances de rencontrer des joueurs étrangers. Plus gênant, vous ne pouvez pas voir le niveau de votre adversaire avant le début du combat. Vos premières parties risquent donc de ressembler à une boucherie où une seule attaque ennemie suffira à réduire à néant votre armée. Si vous êtes la personne ayant un niveau trop élevé et que vous avez la chance de rencontrer un joueur sympathique avec qui vous aimeriez refaire une partie, je ne saurai que trop vous conseiller de le laisser vous battre pour ensuite disputer des matchs où seul votre génie tactique vous permettra de l’emporter. Pour ce faire, choisissez uniquement des troupes au sol et envoyez les individuellement vers votre adversaire afin que celui-ci les combatte avec ses quatre unités. Normalement, il vaincra et cela devrait lui permettre de disposer d’une armée respectable. C’est ce qu’un anglais fort sympathique a fait avec moi. A notre deuxième partie, je disposais d’une armé avec un niveau moyen de 30, relativement équivalente à la sienne. Et nous avons pu enchaîner les parties en nous amusant…

Plusieurs autres points négatifs viennent ternir ce tableau. Tout d’abord, Vous ne pourrez jouer qu’avec des européens. Exit donc les américains et les japonais. Le royaume ne sera en guerre qu’en Europe. Et sachant qu’il n’y a pas pléthores de parties…
Plus rageant, Le titre ne dispose que du seul mode duel. Si à l’origine, il était annoncé que quatre personnes pourraient prendre part à des batailles acharnées sur le Live, cela n’est resté qu’au rang des bonnes intentions. Des téléchargements de contenus sont semble-t-il prévus. Peut être pourrons-nous avoir de nouveaux modes ? Car il faut bien avouer qu’enchaîner des duels à l’infini est très lassant sur la durée.

Bref, on sent bien qu’une grande partie de l’attention des développeurs s’est portée sur le mode solo de KUF, la partie multijoueur semblant avoir été développé à la hâte… Dommage. A Phantagram d’y remédier !
 
 
 
 
Le retour du roi RTS sur console
 
Avouez-le ! Vous avez bavé devant les screenshots disponibles avant la sortie du jeu. Je ne peux vous blâmer puisque je faisais partie des premiers joueurs à surveiller ce titre. Pourtant, en lançant la première campagne, vous serez indubitablement déçus. L’ensemble est beau, mais les décors s’avèrent assez vides, les personnages, bien que très détaillés disposent de textures grossières, et la musique qui accompagne les premières cinématiques se résume à un bon vieux métal des familles, qui bien qu’assez réussi, ne colle pas à l’univers. Bref, on commence à suer à grosses gouttes…

Il faut attendre d’avoir la main pour réaliser le travail accompli par les développeurs. On commence donc à ordonner à une unité de se déplacer. Composée d’une quarantaine d’hommes, vous allez subir votre premier choc : la qualité de l’animation. Ceux-ci ont une attitude des plus crédibles. Le métal a disparu pour laisser place aux bruits de pas et aux cliquetis des armes et armures qui s’entrechoquent. Bien sur, tout cela s’effectue sans ralentissement.

Tiens, une unité d’orcs à l’horizon. Allons les titiller. Les troupes se rencontrent avec forces cris et grognements. Le bruit sourd du point de collision entre les deux régiments se fait entendre. On atteint rapidement les 100 protagonistes à l’écran. Toujours pas de ralentissement. Vous prenez le contrôle de votre héros. Tout le monde se bat autour de vous. L’un de vos hommes tombe, exsangue. Un orc titube avant de s’effondrer. Votre coup d’épée fait jaillir du sang de votre infortuné adversaire. Un autre orc un peu plus fourbe vous attaque par derrière. Aussitôt, 2 de vos soldats accourent pour vous protéger. Bien entendu, les grognements de souffrance, d’encouragements et de haine de vos ennemis se mêlent à vos interventions orales pour invectiver vos troupes. Entre temps, les archers ont commencé à tirer leurs flèches. Malgré les soldats qui se battent encore, les corps des victimes, vous voyez les flèches se planter sur vos adversaires et dans le sol. Enfin, vous goûtez à la victoire.

Le sol est jonché des cadavres de vos hommes et de vos ennemis. S’il vous prend l’envie de revenir sur ce lieu de mort avant d’achever votre mission, les corps et autres signes de lutte seront encore présents. Votre éclaireur a repéré une unité d’elfes noirs en embuscade dans les bois. Vous ordonnez à votre officier d’envoyer un météore sur ces pleutres. L’effet graphique qui s’ensuit est impressionnant. Votre projectile atterrit enfin sur vos malheureux adversaires. La forêt s’embrase. En fin stratège, vous attendez que le feu se calme pour charger. Quelques ennemis sont encore en vie. Les autres gisent déjà sur le sol. Les arbres si verts quelques instant auparavant sont désormais calcinés…

Nous allons arrêter ici le petit délire. Pour résumer le sentiment que vous éprouverez, dites-vous que chaque bataille ressemble au combat final du film « les deux tours ». Si l’on peut donc déplorer les textures assez pauvres et quelques décors assez vides, l’ambiance du jeu est incroyable. Il faut voir le nombre de protagonistes présents à l’écran, l’animation qui ne faiblit jamais, le soin apporté à tout l’aspect sonore et la violence se dégageant de chaque affrontement. Tout simplement impressionnant et jamais vu sur console.

Pour terminer, sachez que KUF est intégralement localisé en français. Si certaines voix collent mal aux personnages, la plupart sont dans le ton ce qui est appréciable. Mission Accomplice comme l’indique l’écran lors d'une victoire…
 
 
 
 
Comme dit précédemment, KUF est LE jeu de cette fin d’année sur Xbox. Proposant un gameplay jamais vu sur console, celui-ci ne cessera jamais de vous surprendre et de vous enthousiasmer. Terriblement prenant en solo, disposant d’un mode Live intéressant, bien que très vite lassant, et d’une réalisation en béton armé, il s’agit du titre à acheter ou à commander au Papa Noël. Un incontournable, tout simplement.
 
 
 
 

+ -
- Une réalisation sans failles
- Un gameplay novateur
- Une durée de vie énorme
- Un mode Live sympa mais lassant
- La gestion de la caméra

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