Test de Ninety-Nine Nights
écrit par Yugxul
 
 
Microsoft Studios communique depuis de nombreux mois sur Ninety Nine Nights, de Phantagram et Q Entertainment. Il espère ainsi damer le pion des Dynasty Warriors et autre Samuraï Warriors. Ce genre de titre, au vu du nombre de personnages affichés à l’écran, est souvent une gageure pour les développeurs qui doivent souvent limiter leurs prouesses dans d’autres domaines. Ensemble, vont-ils éviter les écueils du genre ?
 
 
 
 
Un coup d'épée dans l'eau
 
Vite, vite, on se lance dans l’aventure. Vous entrez donc dans l’univers de ce monde où ombre et lumière s’affrontent depuis longtemps. Ici, le monde a été créé grâce à un orbe qui s’est divisé par la suite en orbe de lumière et orbe de ténèbre. Le manichéisme n’en étant pas à son tour d’essai, chacun veut bien entendu exterminer son alter-ego même si le prix à payer est la destruction totale. Vous aurez donc, au gré de votre avancée dans le jeu, accès à 7 personnages. Tout d’abord Inphyy, une guerrière se battant à l’épée dont la psychologie s’approche de très près de celle du paladin. C’est normal, elle est templier et œuvre pour la lumière, mais sa vision de la lumière est parfois bien sombre et elle n’hésite pas à oublier toute pitié pour assouvir sa soif de vengeance en éradiquant la race des gobelins. Son frère, Aspharr, un lancier hors-pair, est quant à lui plus posé et s’approche de ce que l’on attend d’un homme de bien. Vous aurez ensuite Klarann, prêtre-guerrier, armé de sa foi et d’un bâton de pèlerin d’une taille suffisante pour assommer un éléphant, dont la perception du monde lui permet de sentir que le conflit qui se prépare ne servira ni la lumière, ni les ténébres. Myifee, un barbare tel qu’on les aime. Il aime les belles filles et s’engagera comme mercenaire à cause de son penchant pour une jeune guerrière en cuissarde de cuir. Il utilise une double lame qu’il peut lancer, tel un samuraï manchot pour ceux qui connaissent. Arrive Tyurru, une magicienne très désinvolte et ingénue qui a visiblement un gros faible pour les sapeurs-pompiers, car elle utilise la magie de l’eau pour éteindre le feu de la guerre… Dwingvatt, un gobelin blanc, un ambidextre adepte du dual-wield, dont l’objectif principal est de défaire une guerrière habillée de rouge qui a tué son frère et ainsi assouvir un peu sa haine des humains. Et enfin, un personnage mystère, dont je ne vous dirais rien, parce qu’il ne faut pas gâcher, mais bon, il aime la nature mais a une force herculéenne, c’est tout ce que je peux en dire. Chaque personnage est plus ou moins agréable à utiliser, Tyurru étant la plus inutile à mon goût.

Vous progresserez avec chaque personnage au gré des différentes missions du jeu dont les histoires se recoupent relativement bien, avec un résultat plus ou moins heureux, dans la mesure où chaque histoire est plus ou moins individuelle.Chaque personnage, utilisant des combos variants suivant le type d’arme utilisée, va ainsi débroussailler les rangs ennemis et défaire quasiment à lui tout seul une armée. Lorsque vous tuez un ennemi, vous ramassez un orbe rouge qui remplit votre jauge d’attaque de l’orbe. Cette jauge, une fois remplie, vous permet de déclencher cette attaque et de faire des ravages dans les rangs ennemis tel un derviche danseur des plaines de Sto Lat. Lors de cette attaque surpuissante, vous recueillerez des orbes bleus, qui rempliront la jauge de l’Eclat de l’Orbe. Cette attaque d’une puissance incommensurable devrait vous ouvrir un chemin plus facile dans les rangs de vos ennemis, à condition de bien l’utiliser. Vous serez accompagné de deux unités de combat, pour ce qui est de Inphyy, Aspharr et Myifee, qui pourront être des fantassins, des fantassins lourds, des lanciers ou des archers, selon votre choix et vos affinités. Leur présence n’est pas vraiment indispensable, mais vous devrez assurer leur bien-être final pour obtenir un classement digne de ce nom. Vous glanerez au cours de vos combats points d’expérience et objets utiles. Ainsi, vous améliorerez votre personnage avec des objets magiques, des armes plus puissantes et aurez accès à des combos plus puissants, le nec plus ultra étant d’arriver au niveau 9. A la fin de chaque niveau, vous obtiendrez une évaluation de votre prestation, selon votre temps de jeu, le nombre de morts à votre actif, le nombre d'orbes obtenus, le combo maximum et le taux de survie des gardes, ce classement allant de S (excellent) pour passer à une alphabet plus classique, A, B, C, bref du connu.
 
 
 
 
La réalisation, le piège de ce type de jeu
 
Pour permettre l’affichage d’autant d’unités à l’écran, il faut faire de nombreux sacrifices. Ici, les graphismes sont plutôt réussis, mais loin d’être sans défauts. Les animations sont de bonnes factures, mais lors d’attaques quelques peu riches en effets pyrotechniques, vous ne pourrez couper à des ralentissements incroyables, quasiment dignes d’une partie multi sur Prey (j'exagère tout de même, on ne peut pas rivaliser avec ce multi). Pour ce qui est des environnements, ils sont plutôt réussis, et on est loin assez loin d’un gris uniforme utilisé pour cacher le manque de profondeur. Ils sont souvent accompagnés de flous pour le lointain, mais la pollution n’existe pas que chez nous visiblement et l'impression de profondeur est tout de même bien rendu. Je regrette tout de même le déplacement des unités dans le lointain, unités qui ressemblent à des cibles de tir au pigeon qui se déplacent sur un tapis roulant. Il y a également d’énormes bugs de collision. Pour exemple, prenez Aspharr, qui lorsqu’il court avec sa lance, la tient sur le côté. Ainsi, selon le relief du terrain, il n’est pas rare de la voir passer sous terre jusqu’à la hampe. Même chose pour les décors. Il est rageant de ne pouvoir accéder à un bonus parfois intéressant, parce que ce bonus se trouve dans le corps d’un ennemi, ou dans le mur d’une maison. Un autre point qui m’horripile, est l’impression de voir un film asiatique mal doublé lors des cinématiques, tellement le mouvement des lèvres ne colle pas avec les mots prononcés. Ca fait mal au cœur.

La musique est quant à elle de grande qualité. Le côté épique est très bien rendu et les musiques accompagnent avec réussite les différents moments du jeu. C’est très classique comme musique mais c’est ce qui se marie le mieux avec l’heroic fantasy après tout. Les sons des combats sont bien rendus également, et l’ambiance est donc plutôt bonne.

Pour ce qui est de la durée de vie du titre, il faudra compter une quinzaine d’heures de jeu pour finir les différentes histoires, durée de vie encore artificiellement allongée pour les Gamerscore Addicted comme moi, puisque l’on vous propose de finir les niveaux avec un classement de A au moins et de monter tous les personnages au niveau 9. On commence à être habitué, excepté que refaire sans cesse les mêmes niveaux est plutôt ennuyeux.
 
 
 
 
Bref, le résultat final, bien que distrayant, est plutôt moyen. Les nombreux défauts du titre finissent par lasser et on est parfois frustré par la réalisation finale. Les ralentissements, les différents personnages plus ou moins passionnants, leur nombre limité, bref, on s’ennuie assez rapidement. Sans pour autant être complètement raté, cet essai ne peut pas rivaliser avec un Dynasty Warriors, qui a certes plus d’ancienneté.
 
 
 
 

+ -
- Un univers différent des autres titres du même genre, on sort enfin des guerres japonaises ou chinoises
- Le côté aventure avec son système d’expérience et d’équipement
- Une bonne musique
- Des ralentissements lors des attaques de l’orbe et des éclats de l’orbe
- Enormément de bugs de collision, beaucoup trop
- Des personnages pas toujours agréables à utiliser

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