Vous incarnerez Frank Miller, le reporter le plus connu du monde. Enfin, il le sera quand il aura enfin LE scoop de sa vie. Et il s’avère que ce dernier va lui tendre les bras. Il apprend que des évènements très sombres se sont produits dans la petite ville de Willamette dans le Colorado. Fi des risques encourus, il loue un hélico pour se rendre sur place et éviter ainsi le cordon de sécurité très serré qui protège la ville des nuisibles de son espèce. Il assiste alors à des scènes d’émeutes assez étranges, où tout se déroule plus ou moins au ralenti. Mais en bon professionnel, il n’oublie pas d’immortaliser ces instants rares sur pellicule, son appareil photo, cette seconde partie de lui-même étant comme scotchée à lui. Il ne tardera pas à se retrouver dans ce grand centre commercial comme seul les américains peuvent nous pondre, où certains civils en plein achat se sont retrouvés coincés. Boosté par l’ultimatum de son pilote de le retrouver au même endroit dans 72 heures, il se plonge dans son enquête. Il est accueilli par Carlito, qui lui explique qu’ici, c’est l’enfer. Effectivement, Frank ne va pas tarder à le comprendre, parce qu’une émeute implique de la vitesse, des cris, et beaucoup de bruits. Ici, il assiste à une invasion maugréante, lente mais inéluctable. Et il va alors commencer à apprendre.
Sa première leçon, c’est d’apprendre qu’il faut toujours se méfier d’une dame âgée avec un caniche. Non seulement le caniche est une arme de destruction massive assez méconnue, mais la vieille a tendance à perdre rapidement ses esprits lorsqu’elle en voie. En général, c’est assez bénin, car cela se finit souvent par des propos du genre « il est gentil ce toutou, c’est mon minou. C’est mon minou, il est gentil, c’est mon toutou… ». Le problème se produit lorsque séparé de son chien par une porte en verre, qui retient sa boule de poil et une bonne dizaine de milliers de zombies affamés, cette bonne vieille grand-mère, qui sait pourtant faire un bon café, ouvre les portes à la mort pour l’accueillir. C’est ici que l’apprentissage commence. Après avoir remarqué fort justement qu’un mort-vivant peut mourir définitivement à l’aide d’un bon coup derrière les oreilles, il se saisit rapidement de tout ce qui lui passe sous la main. De la barre de fer à la batte de base-ball, de la poêle à frire au club de golf, du ballon de foot à la batterie, bref tout. Et s’il y a bien un endroit où l’on trouve de tout à toute heure, c’est un centre commercial. Bien achalandé, les étals vous permettront facilement de découvrir comment tuer un mort le plus efficacement possible, et comme c’est en forgeant que l’on devient forgeron, vous y excellerez rapidement, à l’aide d’un système de points d’expérience assez simple. Tout ce que vous faîtes, si c’est bien fait, vous rapporte des points. Pour commencer, tuer des zombies est payant, à condition de le faire à grande échelle. Mais cela fatigue les bras, et ils ont l’air d’aimer cela. Ensuite, votre métier est lui aussi gratifiant. Pour peu que vous preniez des photos sympas, instructives voire érotiques, vous gagnerez des points. Enfin, sauver les quelques survivants retranchés dans différents endroits du centre commercial sera des plus gratifiants, mais également un peu plus difficile, dans la mesure où ils semblent être inscrits au concours Dum and Dumber, comprenez qu'ils ne sont pas très intelligents et finissent souvent scotchés dans un groupe de zombies affamés. Votre niveau dont le maximum est de 50, augmentera au fur et à mesure de vos aventures et de vos découvertes, vous facilitant la tâche en augmentant automatiquement votre vie, le nombre d’objets que vous pouvez porter, votre capacité d’attaque, votre vitesse, et en vous attribuant de nombreux talents, comme l’éviscération par exemple. Le point positif est que lorsque vous mourrez, et vous mourrez, vous avez le choix entre charger et recommencer. Lorsque vous recommencerez, vous conserverez la totalité de vos acquis, ce qui facilitera d’autant votre progression. Mais tuer du zombie est vite lassant et on finit rapidement par leur tourner le dos pour progresser dans l’aventure. Bref, les zombies ne sont finalement là que pour vous empêcher d’aller vite et entier d’un point A à un point B. Point B où souvent vous attendent les ennuis. En effet, de nombreuses personnes n’ont pas vraiment réagi de manière très saines à ce changement radicale dans la vie de leurs voisins et ont un peu changé leur façon de voir les choses, bref, ils ne sont plus comme nous, ils ont une araignée dans le plafond, mais pas de monsieur tout en blanc avec des pilules roses pour les calmer. Les tuer est un peu annexe, mais ce qu’ils vous apportent en terme de moyen peut se révéler rentable, voire indispensable. Enfin, il y a la trame scénaristique en elle-même qui vous emmènera aux côtés d’agents bizarres et de cinoques, à comprendre le pourquoi de cette invasion. La progression se fait par des successions de moments clés que vous ne devez pas rater, sous peine de voir filer la vérité. Pas moins de 6 fins possibles sont au programme, selon que vous aurez découvert tous les tenants et aboutissants, que vous serez reparti avec l’hélicoptère au bout des 72 heures, etc… |
Visuellement, le jeu est une réussite totale. Le jeu fourmille de détails, que ce soit dans la réalisation des personnages et de leur animation, qu’au niveau du décor. Les décors sont variés (un peu paradoxal pour un jeu en vase clos) et réalistes, à tel point qu’on cherche vite cette odeur rance de cuisine à la graisse pleine d’histoire qui flottait dans le centre commercial de Santa Monica. Les personnages sont très crédibles, hormis un petit moins pour les mains qui ressemblent plus à des rames. La gestion des collisions est bonne, malgré quelques petits défauts, lorsque l’on tape un miroir par exemple et que l’on passe à travers.
La prise en main est assez rapide, et on comprend assez vite comment casser du zombie. Malgré le fait qu’il soit un peu difficile d’effectuer une visée une arme à la main, le jeu ne souffre d’aucun réel problème de maniabilité. Vous arriverez rapidement à faire des prises de plus en plus compliquées pour vous extirper de la marée humaine environnante. Même la conduite des différents véhicules prend assez bien en compte les spécificités de chacun, du vélo à la voiture de course, de la moto au camion de livraison…
Une attention particulière a été apportée à l’environnement sonore et vous comprendrez rapidement que la mort n’est pas si silencieuse que ça. Le beuglement environnant des zombies est bien rendu. Quant à la musique, elle n’est pas en reste et suit l’action avec discrétion mais un à propos fort bien dosé.
La durée de vie du jeu est plus qu’honorable, car vous devrez finir le jeu en mode 72 heures puis en mode 5 puis 7 jours, vous offrant de nouvelles possibilités de jeu et de recherche. La soixantaine de survivants éparpillés dans le centre commercial, ainsi que les différentes astuces et étapes du jeu vous vaudront de bien beaux moments. Une durée de vie plus qu’intéressante comparée à la moyenne actuelle.
Enfin, aucun mode live n’est à l’affiche, le jeu ne s’y prêtant pas forcément, mais un classement mondial est évidemment de mise, comme c’est le cas pour tous les jeux aujourd’hui. |