Le studio Human Heads, sponsorisé par 3D REALMS et 2K GAMES, nous a au fil des mois fait saliver, à grand renfort d’artworks et d’images ingames tirés de leur nouveau titre PREY. Ayant pu tester le jeu en multi joueur lors du salon de l’E3, ce titre m’avait rendu un peu sceptique sur le concept de l’indien qui combat des méchants de l’espace. Lorsque mon serpent préféré m’a proposé de tester ce titre, je n’ai cependant pas hésité, ma curiosité étant tout de même piquée.
Un indien dans l'espace
Je me suis donc de prime abord lancé dans le mode solo, qui donne très souvent le ton des jeux de type FPS. Tout d’abord, l’introduction est très sympa et elle ne consiste pas en une cinématique où vous ne pouvez rien gérer, mais vous restez dans votre personnage. Vous découvrez donc Tommy, un indien cherokee, l’anti-héros de base. Il n’aime pas les indiens qui vivent en réserve mais est fou de Jen, une tenancière de bar fort alléchante mais très enracinée dans ses terres Cherokee. Dilemme shakespearien qui sera vite mis de côté, puisque assez rapidement, vous serez la victime d’un enlèvement massif perpétré par des extraterrestres. Vous vous retrouvez dans un vaisseau en orbite autour de notre bonne vieille Terre, en compagnie de Jen et de votre grand-père, un chaman puissant. Vous serez libéré par une espèce de Fox Mulder provenant du vaisseau extra-terrestre et vous n’aurez alors de cesse que de retrouver votre bien-aimée pour l’arracher aux griffes des méchants petits hommes verts, pas verts, pas petits mais très méchants.
Vous découvrirez alors votre nouvel environnement que vous pourrez à loisir aseptiser. Vous évoluez dans un univers moitié organique et moitié mécanique, dans lequel vous devrez apprendre à dompter la gravité pour évoluer facilement. Excepté une clé à griffe « redoutable », vous utilisez des armes ramassées au gré de vos rencontres, armes qui sont du plus bel effet et raviront petits et grands par leurs effets pyrotechniques spectaculaires. A noter qu’elles ont toutes une fonction secondaire bien utile mais hormis cela, rien que du classique, jugez par vous-même : un fusil qui se transforme en sniper, un fusil à plasma à option gel, foudre, laser ou flamme, une bestiole hautement explosive, à servir en apéritif sous forme de grenade ou de mine, une mitrailleuse avec lance-patates incorporé, un fusil à acide hautement corrosif pour remplacer le fusil à pompe et le lance-grenades qui vous permet également de créer un bouclier devant vous. Je regrette juste qu’il n’y ait pas de sélection directe de l’armement, vous devez switcher de l’une à l’autre pour trouver la bonne arme.
On se dit alors qu’il n’y rien de bien nouveau sous le soleil. Mais en fait, l’immersion est totale. Les ennemis sont présents mais ne fourmillent pas, ce qui vous obligent à rester vigilant en permanence. Le système de gravité variable vous oblige à regarder devant, derrière, mais également au plafond et sur les côtés, pour trouver les issues mais également vos ennemis qui apparaissent souvent par des portails qu’ils ouvrent selon leur besoin. Le scénario, sans être bien évidemment d’une originalité sans borne, vous entraînera au gré des missions vers la vérité ultime, vous n’êtes que de la viande sous cellophane élevée au grain. L’histoire est découpée en 22 séquences que j’ai trouvées pour ma part relativement courtes. Vous apprendrez alors à utiliser le pouvoir des indiens cherokees, notamment à utiliser votre corps astral, guidé par votre totem, un faucon, fantôme de votre enfance. Dans cet état, vous pourrez facilement déjouer les écrans de force et vous pourrez surprendre vos ennemis, qui ne pourront qu’affaiblir votre esprit dans cet état. Pour finir le jeu en normal, il m’a fallu moins d’une dizaine d’heures de jeu, et la version difficile ne change pas grand-chose hormis une plus grande dispersion des soins, dispersion facilement palliée par un système de respawn. Car une fois mort physiquement, votre esprit et votre corps se ressourcent dans une grotte aux esprits, avant que vous ne retourniez à l’endroit de votre décès, ce qui facilite grandement votre avancée.
La proie, c'est l'autre
Le mode solo étant ressourçant et fort sympathique à jouer, malgré quelques petits défauts anodins, je me suis tourné avec confiance vers le multi et le mode Live proposé par ce soft. Et là, première grosse déception, il n’y a que deux modes disponibles, le deathmatch et le deathmatch par équipe. On pourrait considérer qu’il s’agit d’un retour aux sources salutaires face à une surenchère de modes de jeu dans d’autres licences du même type, mais on a plutôt l’impression que la source est tarie. C’est plutôt frustrant. Certes, les cartes, au nombre de huit, sont suffisamment intéressantes pour que l’on s’y intéresse un tant soit peu, d’autant plus que le système de portails et de gravité murale augmente les possibilités spatiales, mais l’engouement n’est pas vraiment là. Cette impression de gâchis est vite renforcée lorsque l’on entame les premières parties en réseau. Amis joueurs, armez vous de courage. Le lag est omniprésent. Je n’ai pu vraiment jouer qu’en faisant une partie avec un frenchie bien de chez nous. Hormis cela, si vous voulez rejouer la bataille de l’Atlantique version US/France, aucune chance. Si vous hébergez, vous pourrez certes vous déplacer normalement et viser facilement mais vos adversaires feront des déplacements téléportatifs déroutants pour une visée correcte, et cet état de fait est encore plus palpable lorsque vous irez sur une session étrangère. Par exemple, lors d’une partie mémorable en matière de téléportation où la limite de frag était à 50, partie visiblement créée par un masochiste averti, le créateur de la session avait 50 frags lorsque les autres, moi y compris, stagnaient à égalité autour de la dizaine…
De plus, en cause cette mauvaise qualité ou la jeunesse toute relative du titre, il n’y pas vraiment foule et vous vous retrouverez souvent avec les mêmes joueurs lors d’une session de 2 ou 3 heures, c’est-à-dire une dizaine… Rien de bien folichon, et en tout cas, rien qui n’invite à renouveler cette expérience mystifiante.
La qualité à la mode indienne
Tout d’abord, ce titre se distingue par sa qualité graphique. Les décors sont somptueux et déroutants, tant par leurs textures finement réalisées que par un univers inédit et bien rendu. Les éclairages ou leur absence ne rendent que plus glauques et immersifs l’univers de ce jeu et servent donc à ravir le titre. Les personnages sont très bien rendus et lorsqu’ils vous parlent, ils vous suivent du regard, petit détail certes, mais cela évite de passer pour un blaireau. De plus, si vous vous éloignez trop d’eux, ils s’arrêtent de parler. J’ai juste un petit problème anatomique avec Jen, qui porte un collier indien et qui par la même occasion, donne l’impression d’avoir une tête assez bizarrement collée au torse.
L’immersion est encore plus intense grâce à la qualité des musiques et des bruitages du jeu. Ainsi, s’entremêlent au gré des couloirs et des ennemis des musiques pêchues et des salves de tir réalistes et très distinctives. Vous vous retournerez rapidement lorsque vous entendrez un portail s’ouvrir dans votre dos pour laisser passer un chasseur à vos trousses.
L’animation n’est pas en reste car le jeu est rapide, et vos mouvements sont très fluides et faciles à réaliser. Je n’ai pas rencontré un seul bug de collision, ou d’affichage même si vous aurez parfois quelques panoramas très profonds.
Seul la partie en réseau demeure sombre, n’étant visiblement pas le but ultime du titre.
Bref, hormis un mode multi joueur dont je préfère ne pas reparler, je conseille à tous les joueurs adeptes de FPS de se procurer ce titre. Son univers original et sa réalisation propre et immersive vous feront sans aucun doute craquer pour l’anti-héros du moment.
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- Une réalisation soignée
- Un scénario intéressant et bien ficelé
- Une aventure haletante
- Un mode multi joueur poussif et anémié
- Un lag inévitable lors des sessions internationales
- Une durée de vie peut être un peu courte