Test de FIFA 06
écrit par Prune
 
 
Dans un monde idéal, il n’y aurait plus de racisme ; la guerre aurait disparu, la France se qualifierait pour la coupe du monde 2006, Démosthène aurait un Gamecube avec Donkey Konga, Versatil ne serait plus appelé Velsatis par les autres membres de la rédaction, et surtout, EA arrêterait de nous répéter la même phrase chaque année : «cette fois-ci, on l’a fait : FIFA est meilleur que PES». Car en effet, messieurs d’Electronic Arts, rabâcher cette phrase chaque fin septembre aboutit à deux constats. D’une part, c’est un aveu de dénigrement du FIFA précédent, et d’autre part, c’est aussi ne pas prendre en considération les joueurs qui achètent chaque opus de cette série et qui y trouvent leur compte. Si l’on ne saura jamais qui des développeurs d’EA ou de Konami ont «la plus grosse», une chose est sûre : FIFA et PES sont désormais complémentaires. Explications dans ce qui suit.
 
 
 
 
Arcade ? Simulation ? Un peu des deux m’sieur l’arbitre !
 
Depuis quelques années, Konami et son PES grappillent des parts de marché toujours plus importantes sur un terrain où Electronic Arts était le maître absolu auparavant. Et il faut avouer que les bénéfices tirés de l’édition d’un jeu de foot ne sont pas négligeables. C’est sans doute cela qui pousse EA a vouloir jouer sur le terrain de PES : la simulation.

Cette cuvée, baptisée sobrement FIFA 2006, surprendra tout autant l’acharné que le néophyte grâce à une évolution du gameplay par rapport aux opus précédents qui est assez flagrante. Faisons un test dont vous êtes le héros. Vous prenez la manette en main et vous êtes un expert de FIFA : qu’allez-vous faire ? Engager et essayer de dribbler. On sent le connaisseur, sauf que désormais, les défenseurs sont très efficaces et collent votre joueur de façon à l’empêcher de parcourir librement le terrain. Qu’à cela ne tienne, vous allez vous approcher du but en faisant des passes pour délivrer une praline façon JPP. Vous progressez donc avec intelligence, et, et ,et… pas moyen de tirer tant le bloc équipe adverse vous a suivi et vous bloque toute fenêtre de tir. Mais comme vous êtes doué, vous entrapercevez, l’espace d’un instant, une opportunité que vous saisissez. Un bon coup de tatane dans le ballon, et, et, et,… ça passe à côté. Vous comprenez désormais qu’il vous faut apprendre à cadrer vos frappes. On pourrait continuer longtemps comme cela, mais le constat est sans appel : FIFA a évolué. Désormais, le jeu se veut beaucoup plus orienté simulation. Et en effet, il va vous falloir repenser votre façon de jouer. Comme dans PES, il ne suffira plus d’aller vers l’avant, mais de construire votre jeu proprement. Exit les tirs à 30 mètres, et bonjour les débordements permettant centres en retrait et autres traîtrises. De la même façon le jeu défensif demande aussi une application de tous les instants pour reprendre le ballon à l’adversaire, l’arbitre étant peu clément en cas de faute. Si l’on ajoute à cela une IA très convenable pour l’équipe dirigée par la console ainsi qu’un placement de vos coéquipiers cohérent, il n’y a pas à douter, FIFA 2006 lorgne très fortement du côté de la simulation.
Bien sûr, pléthore de modes de jeux sont à votre disposition pour un usage optimal du titre. On retiendra notamment l’excellent mode carrière ou vous incarnez l’entraîneur d’un club et présidez à sa destinée avec la gestion des contrats des joueurs, des sponsors, du prix des billets, des transferts, et la possibilité de jouer les matchs ou d’y assister comme un Raymond Domenech lambda (oui, je sais, Domenech et lambda sont redondants…). Quand au mode Fiesta, il permet de créer des tournois avec ses amis de façon simple et intuitive, avec sauvegarde des données de chaque participant. Un très bon jeu de foot, donc, mais qui repart assez vite dans les travers habituels de la série.

En effet, l’embellie constatée plus haut ne dure qu’un temps. Si au début, on se demande comment faire pour marquer, deux heures de pratique suffisent à comprendre la façon de défendre et comment s’assurer un score large. En effet, une fois que vous aurez acquis les petits trucs, vous passerez quasiment tout le match dans le terrain adverse, multipliant les centres, les têtes, les tirs afin de tromper le gardien adverse directement ou à la faveur d’une balle relâchée. Il est vrai que cela arrive aussi dans PES, mais, ici, vous ne subirez jamais de pression une fois que vous maîtriserez le gameplay. Alors qu’un match n’est jamais gagné jusqu’à la dernière seconde chez Konami, les tentatives d’attaque ou de contre-attaque se font très rares ici. De même, et si l’on peut construire son jeu comme on le veut, vous enchaînerez assez souvent les même phases de jeu, contrairement à un PES où toutes les situations existantes dans un match de foot sont faisables et nécessaires pour espérer l’emporter. Chassez la jouabilité arcade, elle revient au galop…Bref, au bout d’un moment, cela rend le mode solo assez rébarbatif, et surtout, le dénue totalement de la moindre émotion durant un match. Cependant, EA a réussi son pari : repenser son gameplay.

Ne nous laissons cependant pas aller à la déception. Ce FIFA 2006 prend toute sa saveur à plusieurs. Alors qu’un PES demande un temps d’apprentissage conséquent pour qui ne le connaît, FIFA bénéficie d’une prise en main aisée pour un néophyte. Résultat, au bout de quelques matches, il n’est pas exclu qu’il commence à vous poser des problèmes. Et c’est sur cet aspect là que ce titre marque des points par rapport à PES. Sur ce dernier, il faudra systématiquement jouer contre une personne de sa valeur sous peine d’ennui ou de découragement. Par contre, dans le jeu d’EA, le fun est immédiatement perceptible et chaque protagoniste, quelque soit son niveau, s’amusera immédiatement. Et quand on sait que le mode Fiesta permet de créer des tournois en un tour de main, à vous les soirées «pizzas bières foot».
 
 
 
 
J’en ai rêvé, EA l’a fait
 
Un très bon jeu de foot à plusieurs disais-je un peu plus haut. Cela n’a jamais été aussi vrai que sur le Live. On se souvient du mode réseau déjà très réussi de FIFA 2005, mais avec l’opus 2006, on atteint des sommets de fun et de plaisir. Un grand nombre de joueurs vous attendent constamment pour vous défier. Chaque match disputé est compté dans votre carrière Live, avec des statistiques très détaillées, un classement… Bien évidemment, il est possible de participer à un match amical, celui-ci n’entrant pas alors dans vos statistiques. Bref, tout ce qu’il faut pour que vous vous impliquiez à fond. Surtout qu’en plein match, le nouveau gameplay fait vraiment mouche. Plus que jamais il vous faut construire votre jeu, éviter les fautes et les coups de pied arrêtés. Mais EA ne s’est pas arrêté en si bon chemin, offrant la possibilité de créer des tournois à 4 ou 8 participants, l’éditeur réussit là où Konami a lamentablement échoué l’an passé.

Néanmoins, tout n’est pas rose. Tout d’abord, un lag assez persistant fait son apparition dans la plupart des matchs. Ce défaut, qui était absent du précédent FIFA est rageant, mais n’empêche nullement de jouer convenablement. Entendez par là que ce léger lag n’a aucune incidence sur vos passes et que les commandes réagissent très bien. En fait, cela peut être fatiguant pour votre vue après quelques matchs d'affilée. Avant chaque partie, vous pouvez voir la qualité de la connexion de votre adversaire, mais même quand les deux joueurs ont une bonne connexion, le lag fait son apparition par moment.

Un autre défaut est niché au cœur de l’optimatch, qui bien que très complet n’offre pas de sélection de l’adversaire par sa langue. Il vous faudra donc avoir des joueurs dans sa liste d’amis pour pouvoir se la donner entre français. En même temps, cela garantit un classement international cohérent, puisque vous serez obligé d’affronter des joueurs de tous les pays.

Enfin, et c’est totalement subjectif, mais plus encore que pour un FPS, le comportement de votre adversaire peut être très désagréable, jeu de sport oblige, rappelant les plus sombres heures de Top Spin, où l’on passait le match à subir des insultes. Et là, croyez-en mon expérience pour le test, qu’il soit français, anglais ou biaffrogalistandais, les noms d’oiseaux volent.

Et pour finir, il est dommage que la possibilité de faire match nul soit passée aux oubliettes, tout match subissant des prolongations et tirs au but si nécessaire. Si comme moi, vous êtes le champion du match nul et que vous êtes une quiche aux tirs aux buts, alors la frustration vous guette.
 
 
 
 
Beau comme Ginola… ou comme Ribéry, c’est selon ses goûts…
 
FIFA 2006, c’est un jeu de foot agréable. Mais c’est aussi un habillage et une base de données capable de rendre fou tous les supporters. On retrouve donc toutes les licences officielles, avec maillots et sponsors adéquats, tous les transferts à jour à la date du 28 août. Tout cela est bien entendu mis en oeuvre par un moteur graphique d’excellente facture, avec visages des joueurs très proche de la réalité. On pourra toujours reprocher à ces derniers leur aspect chétif et longiligne, mais globalement FIFA 2006 laisse une très bonne impression grâce à sa réalisation. Les animations sont très détaillées, et relativement fluides, même si elles sont encore assez loin de celles entrevues dans un PES. Toute cette débauche graphique a un prix. En effet, le jeu rame inexplicablement par moment, avec force ralentissements. EA ne nous avait pas habitué à cela, mais même si cela ne gène pas la jouabilité, cela fait indéniablement tâche.

Le parcours est quasiment sans faute sur le plan sonore. Ainsi, lorsque vous lancez le jeu, vous serez accueilli par les meilleurs commentaires du duo Larqué-Rolland durant la coupe du monde 98. Les nostalgiques ne manqueront pas de verser leur petite larme à l’écoute de ces moments inoubliables. En plein match, ce sont Franck Sauzée et l’excellent Eugène Saccomano qui s’y collent. Ceux-ci sont quasiment toujours fidèles à l’action qu’il décrivent et s’enchaînent avec naturel, vous laissant croire que ces deux prestigieux invités sont dans votre salon. Du très bon boulot, surtout lorsque l’on compare cela avec ce qui est disponible dans PES. Si l’ambiance est, elle aussi, très bonne dans le stade (chants des supporters, clameurs…), on sera un peu moins catégoriques en ce qui concerne l’explosion de joie suivant un but, puisque celle-ci est quasiment absente. Voir les joueurs célébrer leurs buts sans réelle ambiance sonore laisse une impression bizarre. Néanmoins, cela demeure réaliste si vous choisissez de jouer avec l’Olympique de Merd…euh, Marseille et son niveau de jeu digne d’une équipe de division d’honneur. Enfin, la bande son disponible dans les menus est éclectique (rock, rap…) et internationale, se payant même le luxe de proposer un titre des excellents frenchies djeunz destroy ‘achement rebelles de la life, j’ai nommé : les impayables Kyo…
 
 
 
 
FIFA 2006 demeure donc un très bon jeu de foot. Son gameplay à mi-chemin entre l’arcade et la simulation, sa réalisation de haute volée en font un titre très attractif pour tout fan de football. Néanmoins, soyez conscients que l’on s’y ennuie assez vite en solo par manque de challenge durant les matchs. Mais si vous avez une bande de potes, alors il est à parier que ce titre tournera durant des soirées interminables. Et, en Live, FIFA 2006 reste très bon. Complet, jouable, intéressant (même pour un amateur de PES), seul le lag assez fréquent (mais sans réelle conséquence) pourra agacer. Donnez-lui sa chance, vous ne serez pas déçus.
 
 
 
 

+ -
- Un gameplay lorgnant vers la simulation tout en restant abordable pour un néophyte
- Un mode Live très réussi
- Très prenant à plusieurs
- Intensité des matchs en solo à retravailler
- Un lag très fréquent sur le Live

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