Etre le numéro 2 n’est jamais aisé. Et en matière, RalliSport Challenge, qui faisait parti du line up de la Xbox en Mars 2002, avait marqué les esprits, notamment graphiquement, des amateurs de courses de rallye arcade.
Deux ans après, Microsoft a donc conservé la même équipe, Digital Illusions CE, pour enfoncer le clou, avec cette fois ci, une concurrence agressive sur Xbox où les jeux de courses de qualité sont bien représentés.
Réussir l’intégration du Live, éviter le syndrome « J’vous en remet un petit plus, ma bonne dame » était un pari risqué, voyons donc comment ils s’en sont tirés.
Tout seul, toujours tout seul
Occupons nous donc d’abord du jeu en solo puisque le Live en puisera tous les modes de jeu. Après avoir noté une évolution réussie de l’interface quasi Stalinienne du premier opus, on s’aperçoit assez vite que l’on se trouve en terrain connu. Au niveau des modes de jeu, seules des Courses de Croisements (affrontement sur deux tracés parallèles), se sont ajoutées aux modes déjà connus, les Rallyes (parcours en quelques spéciales), les fameuses Courses de Côtes et les Rallycross/Course sur Glace (circuits fermés) avec six parfums au choix : terre, sable, boue, neige, glace et asphalte, les cornets deux boules de ces derniers étant souvent de mise. Le tout se pratique classiquement en Time Attack, Single Race ou sur un mode carrière en arborescence peu homogène mais qui, avec ses 4 modes de difficulté progressifs, vous occupera pendant un long moment. Comme d’usage, c’est via votre réussite sur ce mode carrière que vous débloquerez circuits additionnels, bolides (et leurs gardes robes) pour vos futures joutes Live.
Et les engins proposés sont variés, largement de quoi combler vos fantasmes : Peugeot, Renault, Ford, Subaru, Nissan et les autres, ils sont tous là, avec leurs grands classiques (206, Impreza, Gran Vitara) jusqu’aux modèles réservés aux plus masochistes d’entre vous, comme la Volvo 240. Ces engins sont, chose nouvelle, paramétrables, compromis étrange avec l’option arcade du titre, mais qui a le mérite d’être présent. Et si le design de votre bête de course ne vous plait pas, autre nouveauté, vous allez vite porter la trace significative de vos excès. DICE a en effet complètement revu sa copie sur la gestion des dégâts des véhicules. Les plus barbares d’entre vous arriveront en effet fréquemment à l’arrivée en ayant ‘oublié’ pare-brise, portières, pare-chocs ou roue en chemin. Notons tout de même que cette ‘fragilité’ est paramétrable, et que si elle sert parfaitement l’ensemble, notamment l’immersion dans le jeu, ces déformations jouent faiblement sur la conduite.
Toutefois sur les plus de 90 tracés disponibles, soyez sûr que vous aurez l’occasion de ventiler, notamment dans les courses de nuit, bien plus présentes dans cet opus, et quelles que soient les conditions météorologiques. Par contre, pour les fans d’Indianapolis, j’ai peur d’avoir de mauvaises nouvelles. Coté design des tracés, c’est tout simplement du très grand art, dont vous ne réaliserez la richesse dans le rythme et la haute maîtrise affichée dans cet exercice par DICE, qu’après quelques centaines de kilomètres. Le résultat est parfait dans le dosage, l’enchaînement et l’association des difficultés : virages serrés, fossés traîtres, épingles, dénivelés (nombreux) vertigineux et bosses vicieuse, zones boueuses placées où il faut (pas ?) et arbres en plein sur l’apex, pas le temps de zapper sur votre autoradio, il vous faudra de la concentration pour briller, messieurs ! D’ailleurs question musique c’est assez vite réglé. Seul les fans de Métal (à peine recyclable) et de copilote amateur de bonbons au Valium y trouveront leur compte, ce qui vous permettra, soit dit en passant, de profiter au maximum des magnifiques ronronnements de vos nombreux bolides.
Je sais ce que vous vous disez : bon, tu nous dit si ça décroche la mâchoire ou pas !? Primo je préfère qu’on se vouvoie et secundo passons d’abord à notre centre d’intérêt, le Live.
Cool j'ai pleins d'amis
Le titre sortant tout droit des chaudrons de Microsoft, vous pensez bien qu’on attendait avec sérénité d’y goûter. L’intégration du Live nous rappelle (avec plaisir) PGR2 puisque la connexion est directe dès le lancement du jeu et vous pourrez ainsi consulter notamment les meilleurs temps mondiaux sur chaque épreuve. Une norme s’est installée, à notre plus grand plaisir. On retrouve les modes normaux Quickmatch et Optimatch et bien sûr le titre est compatible XSN pour vous permettre de créer vos compétitions et accessoirement faire le cake auprès de la populace. Les points attribués ayant le bon goût d’être serrés, les affrontements promettent d’être âpres.
Si comme on l’a vu, le mode Live n’est qu’une application simple du mode solo, on doit malheureusement distinguer les courses selon le nombre de joueurs. Pour des questions de ressources, DICE a en effet pris le parti de dissocier d’emblée les courses qui proposent plus ou moins de 4 joueurs.
Jusqu’à 4 joueurs, vous retrouverez le mode solo dans son intégralité. Autant vous dire que vu le coté arcade du jeu, les styles de conduite estampillées ‘Boucherie/Charcuterie’ sont largement répandues et il va vous falloir vous inquiéter autant si ce n’est plus de vos adversaires que de la route et ce jusqu’à l’arrivée (contrairement à des simulations ou ce style de conduite est rapidement distancé). Les collisions entre voitures (que vous pouvez d’ailleurs supprimer) sont donc importantes et les ravins des Courses de Côtes seront largement fréquentés, à n’en pas douter.
Au dessus de 4 joueurs et donc jusqu’à 16, seule votre voiture est normalement représentée. Pour tous les autres concurrents, un ghost en style fil de fer (on s’habitue vite) est de mise. On passe donc de force dans un style et une attitude de conduite qui conviendra bien mieux aux techniciens pacifistes.
Evidemment ce choix de DICE est critiqué. On ne peut néanmoins pas leur en vouloir de privilégier des conditions de jeux on-line optimales et vous pensez bien que si nos connexions pouvaient avaler 8 ou 16 joueurs dans un jeu comme celui ci, ils l’auraient fait avec plaisir. Quand à imaginer 16 joueurs avec des collisions activées, autant abandonner directement les jeux de Rallyes et dépoussiérer Destruction Derby.
Je suis par contre beaucoup plus embêté concernant le son, même si la raison est sans doute identique. Vous ne pourrez en effet ne communiquer qu’avec les pilotes placés devant et derrière vous en course, et ce même à 4 joueurs. Si vous comptiez vous excuser longuement auprès d’un concurrent que vous auriez par erreur (bien sûr) envoyé réviser les lois de l’inertie en milieu aérien, c’est loupé. Le temps a désormais bien passé depuis ce système de communication à la MotoGP et on s’est habitué à autre chose depuis. Encore une fois, même si les performances ont dicté ce choix, une certaine frustration persiste puisque la convivialité est directement touchée.
Peu d’espoir donc que la rubrique Téléchargements nous offre des patchs majeurs concernant le nombre de joueurs et le son (peut être en dessous de 4 joueurs…). Sa présence nous laisse par contre entrevoir de nous enrichir de nouveaux circuits et voitures que l’on espère de la même qualité (le manuel prévoit des nouvelles armes…). Et pourquoi ne pas en profiter pour satisfaire mon coté maniaque en corrigeant par exemple le signal d’invitation beaucoup trop discret et l’initialisation des scores entre deux courses ?
Plein les yeux
Les vidéos diffusés depuis quelque temps sur le site nous avaient pour le moins fait tomber la mâchoire, même avec une faible définition. Etait ce exagéré ? Oui, c’est très moche. Quand vous aurez fini de réanimer mémé, rassurez la, je plaisante; ce jeu est tout simplement magnifique et les gars de DICE ne se sont pas non plus endormis de ce coté en deux ans. Je pense même que la difficulté ridicule du mode amateur n’est là que pour vous permettre de flâner et d’en prendre doucement pleins les yeux, tout en finissant la course avec 1 mn sur le deuxième. Les environnements sont magnifiques, variés et travaillés (défaut de RSC) et on sent parfaitement que tout a été revu et affiné pour ne souffrir aucune critique . Vos sorties de routes vous permettront même de constater certains arbres modélisés se pliant sous la voiture et vos traces feutrées dans la poudreuse. Quel plaisir de s’approcher de l’écran en fronçant les sourcils pour les courses de nuit sous la pluie (à la mode MotoGP2, c’est pour dire), l’immersion est totale, on savoure sans compter. De la Xbox à très haut niveau.
Coté gameplay, soyons bien clair que malgré les réglages ajoutés à ce deuxième épisode, ici ,c’est de l’arcade pur . Le petit bouton permettant de re-positionner votre véhicule est toujours là, certains éléments du décor servent plus à rebondir dans les virages qu’autre chose mais quel plaisir ! La sensation de vitesse est impressionnante, votre voiture est réactive comme jamais et réponds sans défaillir à toutes vos sollicitations. Pas besoin d’ailleurs d’ouvrir votre notice pour maîtriser le tout. Laisser faire vos petites mimines novices toutes seules, après cinq minutes elles vous sortiront des dérapages contrôlés spectaculaires (on verra plus tard pour l’efficacité), les pilotes expérimentés y trouvant également à exprimer précision et sens de la trajectoire à défaut de beaucoup de réalisme. A noter la très bonne vibration de la manette associée aux vrombissements, déjà vantés, des moteurs.
Concernant le jeu Live, comme on l’a vu, cela a été une préoccupation majeure des développeurs. Et quand on voit la beauté et la vitesse du titre, on comprends mieux leurs contraintes et leurs choix. Pas de problèmes particuliers de lag rencontrés, ils ont atteints leur but.
Un grand coup de chapeau à DICE, RalliSport Challenge 2 fait honneur à son prédécesseur et à la Xbox. Ce jeu est un concentré de plaisir visuel sur lequel un gameplay et un design des tracés de haut vol a été appliqué. La réussite est d’autant plus frappante, qu’objectivement il n’y a pas d’évolution majeure ni de surprise par rapport à RSC premier du nom, chaque facette du jeu étant améliorée à différents degrés mais avec réussite. Après les louanges, pour expliquer la note finale, je vous rappelle que nous notons ici le jeu en Live. Et force est de constater que la vitesse et le rythme arcade si appréciés en solo ont limité le mode Live. Sans oublier d’être complet et très bien intégré, on ne peux s’empêcher, pauvres enfants gâtés que nous sommes, de se sentir quelque peu bridés, les contraintes du Live n’ayant pas l’habitude d’être si visibles. Pas grand chose a reprocher donc à DICE, le jeu à 4 permettant vraiment de profiter à fond, en Live, de cet excellent titre. Mais la note finale en Live s’en ressent forcement .
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- Des graphismes sympas
- Des tracés vraiment peaufinés
- Un Live bien intégré au jeu
- Tout le mode solo jouable en Live
- Communication limitée à 3 joueurs
- A quand le très très très haut débit ?