Test de Return to Castle Wolfenstein : Tides of War
écrit par Prune
Si un jour vous comptez m’inviter à manger, évitez de me préparer un plat composé d’abats. Je ne suis pas particulièrement adepte de ce type de nourriture. Mais il y a des choses que je déteste encore plus. Ce sont les zombies et les nazis. Les zombies parce qu’ils sont idiots, laids et poussent des cris qui me font froid dans le dos. Les nazis parce qu’ils sont encore plus idiots et laids que les zombies, mais surtout parce qu’ils sont franchement effrayants avec leurs idées rétrogrades. Alors mon rêve a toujours été de pouvoir jouer à un jeu où il serait possible de combattre ces deux aberrations de la nature. Et devinez quoi, Grey Matter et Activision ont pensé à moi en éditant Return To Castle Wolfenstein : Tides Of War sur Xbox. L’histoire, un agent américain doit détruire les recherches nazis sur les sciences occultes afin de les empêcher de créer une armée de morts vivants, n’est que prétexte à une extermination intensive de zombies nazis et de nazis ( les pires car eux ont conscience de ce qu’ils font).
Hummm, je sens que je vais me régaler…
Anéantir zombies et nazis de façon réaliste
C’est bien beau de vouloir tuer du nazi. Mais encore faut-il que ceux-ci soient graphiquement bien représentés et cela dans des décors d’époque.
Et là, il faut bien l’admettre avec un jeu de mot foireux que m'a soumis SnakeX, RTCW est beau de loin, mais loin d’être beau. De prime abord, le jeu parait assez beau, cependant, en y regardant de plus près, on s’aperçoit de plusieurs défauts.
Graphiquement, il faut bien se dire que le jeu commence à dater. Celui-ci est d’abord sorti fin 2001 sur PC, avant d’être transposé sur Xbox en juin 2003. Inutile de dire qu’entre temps, du bump mapping a coulé sur les graphismes de nos jeux (Nd Prune : quel poète de pacotille je fais…). Nous nous retrouvons donc face à un jeu disposant de décors à l’architecture anguleuse et de textures assez pauvres lorsque l’on s’en approche. Cependant, l’utilisation d’une couleur dominante par niveau (ocre ou gris/noir) donne une réelle cohérence graphique à l’ensemble. De ce fait, lorsque l’on joue, l’aspect un peu désuet du titre n’est en rien gênant, et si l’on ne prête pas trop d’attention à ces quelques défauts, RTCW reste très agréable à regarder. Et dois-je rappeler aux esthètes que vous êtes que les graphismes ne font pas tout dans un jeu.
Le design des ennemis, bien que lui aussi assez anguleux, est réussi tant pour les humains que les mutants. Leur animation est bonne, et c’est un plaisir de les voir s’effondrer avec réalisme devant nos velléités belliqueuses (ne s’agirait-il pas du mot intelligent de mon test ? Je vous laisse juges…).
De temps à autre, une musique se fait entendre. Celle-ci est adaptée à la situation dans laquelle vous êtes, à savoir lugubre quand il n’y a pas d’ennemis et inspirée des compositions des moments de bravoure des plus grands films de guerre quand vous affrontez une horde d’adversaires. Chaque arme possède ses propres bruitages. Les balles sifflent à vos oreilles et ricochent sur les murs avec des sons crédibles. Les allemands discutent entre eux, hurlent d’effroi en vous voyant, et les mutants disposent de borborygmes (ah non, c’est peut être celui-ci mon mot intelligent) dignes des plus grands films d’horreur. Bref, l’ambiance sonore est au top.
Au niveau du gameplay, le jeu est fort bien pensé. Comme dans tout FPS sur console, le déplacement et la visée se font à l’aide des deux sticks analogiques. L’ouverture des portes se fait par une pression sur le stick droit. La gâchette de droite vous servira à vider les nombreux chargeurs gracieusement fournis par l’armée américaine ou vos ennemis, tandis que celle de gauche sera utilisée pour sauter. Vous pouvez recharger votre arme avec le bouton X, alors que les boutons Y et B servent à faire défiler votre liste d’armement de bas en haut et inversement. Cependant, il faut préciser que ce système de sélection des armes n’est pas des plus pratiques. Néanmoins, il suffit de s’y faire. Le bouton noir, quand à lui, sert à briser des objets.
Dans l’ensemble, le jeu reste donc suffisamment bien réalisé pour vous scotcher à la manette.
Remportez la seconde guerre mondiale à vous seul
Vous aurez le choix entre faire la campagne en mode solo ou avec l’un de vos amis en mode coopératif, via un écran splitté.
Chaque mission (au nombre de 33) est introduite par une cinématique réalisée avec le moteur du jeu. Celles-ci sont assez belles et le travail réalisé par les développeurs au niveau des textures des visages des protagonistes est saisissant. Elles vous permettent d’entrer de plein pied dans l’histoire.
Vous choisirez un niveau de difficulté parmi les 4 présents. Cela va de facile à très difficile. Ceux-ci ont une réelle influence sur le comportement de vos ennemis. Le test a été réalisé en mode difficile, et force est de constater que l’intelligence artificielle de vos adversaires est tout à fait satisfaisante. Ainsi, lors d’un combat, ceux-ci s’abritent, essaient de vous contourner, où vous foncent dessus s’ils n’ont d’autres choix. Cela est appréciable, d’autant plus que celle-ci est rarement prise en défaut. Selon votre choix de difficulté, votre parcours relèvera donc plus du calvaire que de la promenade de santé. Mais on en redemande. Et pour corser le tout, certains niveaux comportent un boss. Ceux-ci sont bien moins malins que les simples soldats, mais sont lourdement armés. L’observation jouera donc un rôle clé pour trouver leur faiblesse.
Les dégâts sont localisés pour vos ennemis. Ainsi, une balle dans la tête leur sera fatale, tandis que vous devrez vider un chargeur pour les abattre si vous visez les autres parties du corps. Les headshots ne sont pas évidents à réaliser, mais un peu d’entraînement, et les nazis verront qu’ils ont eu tort de vous provoquer.
L’arsenal a votre disposition est lui aussi excellent. Vous débuterez donc avec un couteau et un pistolet. Bien vite vous vous emparerez de la sacro-sainte mitraillette et du puissant lance-flamme. Un peu plus tard, vous découvrirez les joies de la finesse avec le snipe et du bourrinage avec le lance-roquette, pour enfin vous emparer d’armes secrètes (citons un fusil à tesla et la mitrailleuse Venom, une gatling portable). Il est à noter que vous prenez possession des armes de vos adversaires lorsque vous les tuez. Ainsi vous disposerez de tout l’arsenal allemand disponible durant la seconde guerre mondiale. Les grenades et la dynamite sont aussi de la partie, mais leur utilisation est assez aléatoire. Lancer sa grenade avec précision relève de l’exploit, quant à la dynamite, mieux vaut ne pas l’utiliser en plein combat. Les munitions pour les armes les plus puissantes sont assez rares, aussi, il vaut mieux les réserver pour les boss.
Vous serez rapidement happés par l’ambiance qui se dégage du jeu, et à partir du moment où vous rencontrerez les abominations créées par les nazis, la tension sera palpable. Si vous aimez le gore, vous allez être servis. Des quelques gerbes de sang laissées par vos ennemis lorsque vous utilisez des armes conventionnelles, on passe vite aux cendres (lance-flamme) et à la bouillie d’ennemis ( lance-roquette et venom). Bref c’est excellent.
Le dépaysement est de mise. Ainsi, vous pourrez prouver aux nazis que la race inférieure, c’est bien eux, en les anéantissant en Afrique de l’ouest, en Norvège et en Allemagne.
Les sauvegardes se font par le biais de checkpoints répartis au gré des niveaux. Si vous mourrez, vous recommencerez au dernier point de sauvegarde. La durée de vie, une bonne quinzaine d’heures de jeu, est tout à fait honnête.
Dans chaque niveau, plusieurs objets bonus sont cachés. Trouvez les tous et vous disposerez de munitions supplémentaires ou de nouvelles armes pour les niveaux suivant. Croyez moi, ils ne sont pas tous évidents à dénicher. Enfin, en terminant le jeu , vous débloquerez le premier FPS de l’histoire, à savoir Wolfenstein 3D. Celui-ci a vieilli, mais les joueurs qui , comme moi, l’ont connu à sa sortie verseront leur petite larme et mesureront le chemin technologique parcouru par notre industrie en une dizaine d’années.
Bref, ce jeu est une tuerie en solo. Tout amateur de FPS se doit de l’avoir dans sa ludothèque. D’ailleurs demain, je passerai chez chacun d’entre vous voir si vous possédez le jeu.
Le jeu, comme l’enfer, est pavé de bonnes intentions, et accessoirement de lag…
La question qui demeure est de savoir si le mode live dont bénéficie le jeu est aussi soigné que le mode solo. Ce jeu se joue en équipe sur des serveurs pouvant accueillir jusqu’à 16 joueurs. Ainsi, si vous êtes asocial, n’espérez même pas pouvoir faire ne serait-ce qu’une toute petite partie en deathmatch classique où vous pourriez exterminer tous les joueurs. Ici c’est la guerre, et pour gagner une guerre, il faut d’abord avoir des équipiers. Vous incarnerez donc soit une équipe de l’axe, soit une équipe d’alliés.
4 modes de jeu sont disponibles :
« Elimination » où l’équipe qui élimine l’autre en totalité remporte la partie,
« Objectif » dans lequel les deux équipes ont des objectifs précis à accomplir dans un temps limité afin de remporter la partie,
« Partie chronométrée » qui est un mode similaire au mode « objectif », à ceci près que les équipes échangent leur place à la fin de la manche et doivent battre le temps réalisé par l’équipe victorieuse lors de la partie précédente,
« Checkpoint » où les deux équipes s’affrontent pour gagner le contrôle de drapeaux répartis à différents endroits de la map. L’équipe qui contrôle tous les drapeaux ou qui en a le plus à la fin du temps imparti remporte la manche.
Alors je vous entends déjà me dire que les modes de jeu n’ont rien de révolutionnaires, et que donc, il s’agit d’un FPS de plus sur le live. Oui, mais non !
En fait, la petite originalité repose sur le fait que vous pouvez choisir entre 4 classes de personnages (soldat, médecin, ingénieur et lieutenant) au sein de votre équipe. Le soldat dispose d’un arsenal beaucoup plus étendu que les autres classes de personnages. L’ingénieur n’a le choix qu’entre deux types d’armes. Par contre, il peut poser des explosifs pour détruire des obstacles vous empêchant d’atteindre vos objectifs (mur, porte, etc…) et désamorcer ceux de vos adversaires. Le médecin dispose du même choix d'armes que l’ingénieur, mais il peut soigner les blessés et ressusciter les morts. Le lieutenant, avec un choix d’armement tout aussi limité, peut distribuer des munitions et lancer des raids aériens sur les lignes ennemies, ainsi qu’un pilonnage d’artillerie au moyen de ses jumelles.
La victoire passera donc par un équilibre entre les différentes classes au sein de votre équipe. Si tous les joueurs jouent bien, cela devient extrêmement stratégique. Et trippant. Vous pouvez changer de classe pendant la partie à chaque fois que vous mourrez. Bref choisissez votre classe en fonction de votre style de jeu et surtout des besoins de l’équipe dans laquelle vous jouez.
La localisation des dégâts a été intégrée, ce qui ajoute encore un peu plus au réalisme du jeu. Visez donc en priorité la tête de votre ennemi pour l’abattre.
Les maps présentes au nombre de 13 (+ 3 à télécharger) , sont toutes très bien pensées et intéressante à jouer, avec une mention spéciale à « Beach Invasion » qui vous fera revivre le débarquement de Normandie.
Un système de classement mondial est disponible, mais il relève vraiment plus de l’anecdote que d’autre chose. Les joueurs présents jouent surtout pour le fun, et non pour celui-ci.
Du coup, vous vous dites que ce petit jeu à l’air bien sympa sur le live. Sa note va donc être excellente et vous allez courir l’acheter. Oui, mais non (encore une fois) !
Techniquement parlant, le jeu demande une très grosse connexion. Et c’est là que le bât blesse. Car jouer à plus de 8 joueurs sur un même serveur, sans lag, relève de la gageure. Avec une connexion 1024/128, il est possible de créer une partie pour 5 joueurs maximum. Si votre upload est de 256 , vous pourrez aller jusqu’à 8 joueurs. A 4 contre 4, le jeu est encore stratégique, mais à 2 contre 2 , le titre perd beaucoup de son intérêt. Et même si vous créez en respectant ces critères, le lag peut malgré tout être présent. De surcroît, même si vous décidez de ne pas créer de partie, mais de jouer sur le serveur d’un autre joueur, le lag se fera souvent ressentir. Le mieux est de jouer sur des serveurs dédiés où ce dernier est quasiment absent et où l'on peut jouer à 16. Mais ceux-ci restent assez rares.
Ainsi, vous vous doutez bien qu’avec d’autres titres du même calibre sortis entre temps (counter strike, rainbow six 3), mais bénéficiant d’une meilleure gestion du réseau, les français ont déserté le jeu. Vous trouverez donc en majorité des serveurs américains (et ils sont nombreux), où les conditions de jeu sont très variables. Pour ajouter à cela, vous ne pourrez pas faire le tri des serveurs par langue, vous devrez donc prier très fort pour trouver un serveur français.
Bref, tout cela tend à gâcher le plaisir de jeu. Dommage car pour reprendre une publicité pour les automobiles, il avait tout d’un grand.
Doté d’un mode solo parfaitement réussi, ce qui hisse le jeu juste derrière Halo pour les FPS sur Xbox, RTCW bénéficie d’un mode live très bien pensé, malheureusement assez mal optimisé. Le jeu étant passé à 29,90 euros en magasin, il s’agit d’un achat indispensable pour tout amateur de FPS, ne serait-ce que pour son excellent mode solo. Après, libre à vous d’aller essayer le mode live pour voir s’il en vaut la peine. Personnellement, j’y retourne…
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- Le mode solo réussi
- L’intérêt du mode live
- Le mode coopération en solo
- Une réalisation graphique qui commence à dater
- Le lag