Test de Tom Clancy's Ghost Recon Advanced Warfighter 2
écrit par Yugxul
 
 
UBISOFT a décidé de nous gâter et fait reprendre du service au Capitaine Mitchell, près d’un an après un premier opus qui avait marqué les esprits sans toutefois l’impact qu’il aurait pu mériter. Va-t-il s’enliser dans une guerre qui n’est pas la sienne ou au contraire nous démontrer sa vaillance surhumaine ? Une question à laquelle je vais tenter de répondre.
 
 
 
 
L'Amérique, je veux l'avoir et je l'aurais
 
Décidément, l’Amérique Centrale est une véritable poudrière. A peine revenu de vos pérégrinations anti-coup d’Etat, on vous annonce que l’aventure n’est pas finie. Sur le chemin du retour, dans votre Humvee des familles, on vous annonce assez froidement qu’une nouvelle tentative de soulèvement est fomentée près de la frontière américaine, dans cette belle ville qu’est Juarez. Ce traité entre le Mexique, le Canada et les USA ne fait décidément pas l’unanimité et embrase les pays de l’Amérique Centrale, qui craignent une mainmise sur leur futur.

Emmenés par le Capitaine Mitchell, les Ghosts reprennent donc du service et c’est fou le nombre d’innovations technologiques qui peuvent se mettre en place dans l’armée US en seulement un jour. Ca fait presque rêver quand on voit l’immobilisme ambiant. Tout d’abord, votre système Cross-com, une sorte de caméra embarquée qui vous permet de voir ce que voient vos équipiers, a un affichage plus large et beaucoup plus pratique. En effet, d’un simple clic, vous pourrez l’afficher en plein écran, et même donner des ordres par ce biais, notamment de positionnement et de tir. Oui, bien entendu, cela vous permet notamment de pouvoir suivre deux itinéraires différents, voire même de siroter votre margarita pendant que vos équipiers s’occupent du boulot, les avantages du grade en somme. Dans la même veine, une M.U.L.E entre en scène. Les points signifient que ce n’est pas un animal, mais un petit tout-terrain radioguidé qui transporte des munitions et des armes, et se révèle assez utile lorsque vous devez être réactif sur le terrain. Une dernière chose, humaine cette fois-ci, l’arrivée d’un médecin dans vos rangs, qui peut soigner vos équipiers, mais qui peut également vous rafistoler en cours de partie, élément non négligeable pour les plus tête brûlée.

Voilà pour ce qui est des innovations flagrantes. Pour le reste, c’est toujours un jeu de shoot à la troisième personne où vous pourrez donner des ordres à différentes unités. Comprenez notamment votre groupe de choc, qui n’est malheureusement toujours pas divisible. Trois ils sont, trois ils demeurent. Cela passe également par les troupes régulières mexicaines, un hélicoptère d’assaut, un véhicule léger avec mitrailleuse lourde, pour le contraste, et un petit tank Abrahams, lorsque l’adversité se claquemure avec trop de véhémence. Vous aurez encore droit à des passages jouables en solo uniquement, que ce soit de manière classique ou encore aux commandes d’une mitrailleuse lourde montée sur un Blackhawk. Quant aux environnements, ils sont variés et vous permettront d’en apprécier toutes les subtilités, puisque vous ferez du combat en milieu urbain ou en décor naturel avec option canyons encaissés ou désert ouvert pour les snipers les plus aguerris.

L’aventure quant à elle se boucle en 3 actes (décidément bien à la mode, ces actes) et seulement 8 h (qui est-ce qui a dit seulement ?). Je vous conseille de commencer directement dans la difficulté la plus élevée, car le challenge n’est somme toute pas aussi relevée que dans l’opus précédent. Même si le jeu demeure très immersif, il manque un petit quelque chose difficile à définir. On a presque tendance à rester sur sa faim, signe à la fois que le jeu est bon mais qu’il est aussi beaucoup trop court. Si vous n’en avez pas eu assez, vous pourrez cependant refaire chaque mission du solo indépendamment pour peaufiner vos techniques de frappes et votre stratégie.
 
 
 
 
Mitchell - Premier Clone Raelien ?
 
Avec le premier opus, UBISOFT avait semble-t-il échoué au pied du podium. En effet, en ce qui me concerne, j’avais trouvé qu’il manquait un petit quelque chose qui limitait mon enthousiasme. Il semble cependant qu’UBISOFT ait revu sa copie et nous ait pondu quelque chose qui frise l’excellence. On prend les mêmes et on les améliore. Tout est jouable en ligne, via le Xboxlive, jusqu’à 16 participants, ou à la maison jusqu’à 4, tout en pouvant combiner, ce qui donne si je ne me trompe 4 maisons remplies de 4 joueurs qui jouent sur le Live en s’affrontant. La seule restriction serait peut-être d’avoir 4 grands écrans.

Tout d’abord, il y a 6 niveaux dédiés en campagne en coopération. J’aime mieux vous dire que la difficulté va crescendo et qu’elle est suffisamment bien dosée pour vous procurer du plaisir sans trop de frustration. Là encore, les environnement sont variés et plaisant à jouer. Quant à leur réalisation, elle est quasiment parfaite. Les cartes sont détaillées, pleines de coins et de recoins, ce qui vous permet de vous mettre à couvert sans trop de problèmes, mais à l’ennemi également.

Ensuite, vient le tour du multijoueur proprement dit. Vous pourrez vous affronter sur 18 cartes reprenant différents types d’environnements. Là encore, la qualité est au rendez-vous puisque les cartes sont très réalistes. Le plus est le nombre de paramètres possibles pour chaque parties. Sorti du classique nombre de participants, entre amis, en classé ou en clan, type qui fait d’ailleurs son retour puisque qu’ils sont rares les jeux à proposer ce type de parties, vous aurez un choix de paramètres frisant l’indigestion. Vous devrez choisir entre le combat en solo, par équipe ou en coopération, ce qui revient à dire que vous choisissez de jouer seul, avec des amis contre d’autres moins amis, ou tous ensemble pour écraser l’IA du jeu. Ensuite, vous pourrez choisir, selon votre humeur, l’ELIMINATION, classique, le TERRITOIRE, une défense de zone, l’OBJECTIF, qui vous obligera à aller chercher un drapeau ou à vous occuper d’un officier, la BATAILLE, qui vous amènera à contrôler différents points de la carte, ou encore la MISSION, qui vous amènera à détruire des objectifs sur la carte. Des modes de jeu sont paramétrables à votre guise dans chaque mode de jeu, en jouant sur le nombre de résurrections disponibles, à titre individuel ou collectif, le nombre d’objectifs, de zones, d’officiers, de drapeaux, de joueurs IA, d’hélicoptères, … Bref, cela me rappelle un bon vieux Halo2.

Pour finir, vous aurez le choix entre différentes classes de personnages, choix qui se révèle assez pertinent selon votre style de jeu, puisque un tireur d’élite est plus précis à distance avec un fusil de sniper alors qu’un fusilier le sera avec un fusil d’assaut. Idem pour le fusilier auto ou l’artilleur, sorte de démolition man. Pas de classe de médecin dédiée, puisque chaque joueur peut soigner ses frères d’armes blessés. Pour conclure, la kikitoudur attitude n’est pas à la fête avec ce soft, puisque l’on meurt vite et seul la cohésion du groupe et son organisation seront mis à l’honneur. Revoyez donc votre guide stratégique et ressortez votre manuel « La Stratégie Militaire pour les Nuls ».
 
 
 
 
Le nerf de la guerre est surtout optique
 
Côté graphisme, le moteur du jeu ne fait pas défaut. Certes, on sent qu’il pourrait être amélioré, mais il n’a pas à rougir et les textures, notamment celles des ghosts, sont très fines. On peut voir certains petits défauts, mais l’ensemble est vraiment de qualité. Le survol de Juarez en hélicoptère est tout simplement splendide, tant les effets de fumées et de flammes sont réussis. La poussière semble s’enrouler autour de vos chevilles lorsque vous sortez de l’hélicoptère et les différents éléments du décor sont bien modélisés et très variés. Bref, que du bon.

Pour la bande-sonore, là encore, la qualité est au rendez-vous, puisque les musiques sont justes. Non pas qu’il n’y ait pas de fausses notes, quoique ce soit le cas, mais je trouve qu’elles se marient parfaitement avec les évènements qui égrènent l’aventure. Quant aux bruitages, ils sont de bonnes qualités. Je reste réservé car certains aspects demeurent un peu trop légers. Les communications radio, notamment lorsqu’elles proviennent d’un mexicain en goguette, frisent la caricature. Les bruits des armes sont réalistes mais il manque toujours cet impact qu’un vrai coup de feu procure, mais le trauma sonore ne fait pas vraiment partie du plaisir de jeu, donc, cela passe. Vous serez soufflés lors des raids aériens sur des tanks un peu trop résistants par exemple.

Le gameplay est parfait et la prise en main est rapide et très intuitive. Pour les habitués du premier opus, la prise en main est immédiate. Quant aux autres, le tutoriel initiatique est largement suffisant pour maîtriser la base du déplacement d’un fantôme naturel. Je regrette un peu l’IA quelque peu basique de vos ennemis, qui malgré quelques petites tentatives n’arrivent pas à vous surprendre, hormis avec une petite grenade dans vos pieds de temps en temps. Quant à vos ghosts, ils sont parfois un peu trop imprécis et inactifs à mon goût. La médaille du manque d’initiative revenant sans doute au conducteur de tank qui, une fois sa cible désignée, ne daigne pas se déplacer seul pour avancer jusqu’à obtenir un visuel sur l’objectif. Il se contente de confirmer l’ordre, d’un ton moqueur qui frise la cour martiale.

Un petit plus pour ma part, en tant que Gamerscore Addicted. Pour chaque succès, vous pouvez savoir quelle est votre progression pour obtenir le succès, sous forme d’un pourcentage. Une idée simple, mais efficace, qui mériterait d’être reprise largement par tous les concepteurs.
 
 
 
 
Bref, la tendance est inversée par rapport au premier GRAW, car on voit que l’accent a été pleinement mis sur le jeu en ligne et que le solo est quelque peu écourté. On peut le regretter pour la « shortitude » du solo mais il demeure que GRAW 2 est un excellent jeu, que je conseille à tout le monde.
Note du rédacteur : Shortitude est un néologisme qui ne veut pas dire la « short attitude ».
 
 
 
 

+ -
- Une réalisation excellente, tant côté gameplay que graphique
- Un panel de possibilités de configuration pour le multijoueur quasi infini
- Une immersion totale
- Une véritable version 2 et non 1.5
- Un solo trop court
- Une IA un peu simple, parfois butée
- Pas de filtre de langue pour un jeu aussi orienté multijoueur

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