Test de Star Wars : Knights of the Old Republic
écrit par Demosthene
 
 
Si je me souviens, cela devait être au début des années 90. Mes parents venaient alors de m’offrir mon premier petit Wookie. Quel joyeux et fidèle compagnon qui avait pour mission de porter mon cartable sur la route de l’école Jedi. J’étais tellement heureux ! Evidemment quand un jour il m’a tendu en souriant mon goûter du cartable (du cake de Tattoïne, un régal), en demandant un petit bout pour goûter, j’ai bien été obligé de lui couper les deux bras (au dessus du coude, c’est plus pratique) avec mon sabre laser. Mais bon, il le savait que c’est malpoli de demander, non ? Si je me souviens encore, c’est à peu près à cette époque qu’on m’a proposé un transfert vers l’académie Sith. Question de choix qu’ils disaient…

Et de choix, il va en être question dans cette nouvelle production de Bioware avec comme terrain du jeu, excusez du peu, l’univers qui nous tient tous au cœur et au portefeuille, celui de Star Wars. Or sur Xbox, un RPG c’est parfait, on est pas saturé (sigh…), mais concernant la licence de LucasArts, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on y alterne le pas très bon et le très mauvais depuis un certain temps… Alors coup de maître ou coup de padawan ?
 
 
 
 
A long time ago in a galaxy far, far away...
 
Comme tout bon RPG qui se respecte, un minimum d’attention a été porté à la trame qui va animer toutes vos petites aventures sur Star Wars : Knights of the Old Republic ou plus simplement KOTOR (ceux qui ne comprennent pas cet acronyme sont priés de sortir. vite). Pour ne pas interférer avec « l’œuvre » (…pas de débat de ce genre ici) en cours, Bioware a eu la bonne idée de situer cette aventure quelques 4000 années avant l’Episode I et ceci en parfait accord avec LucasArts qui a veillé scrupuleusement au respect de l’univers StarWars, tout au long du développement.

Nous voici donc en l’année ‘très très longtemps - 4000’ (ma mémé était même pas née !). Vous vous réveillez sur un croiseur de la République, alors que celui ci est taquiné par tout un escadron de chasseur Sith (petit clin d’œil à l’épisode IV bien sûr). La poisse semble sur vous car vous veniez juste d’être enrôlé dans l’armée de la République sur un vaisseau qui transporte un chevalier Jedi de première classe, Bastila. Cette jeune demoiselle, au caractère de Bantha névrotique, est très précieuse dans la guerre qui oppose les forces de la République au Siths car elle possède un don rare pour soutenir les troupes, celui de la Méditation de Combat, argument décisif lors des affrontements massifs. C’est d’ailleurs à l’aide de ce don que Bastila et les Jedis avaient quelques temps auparavant mis un terme aux agissements du Seigneur noir Revan et de son apprenti Malak. Si Revan était tombé dans le piège des Jedis, son apprenti, Malak y avait échappé et a depuis repris fermement les commandes des forces Siths. Sans faire offense à l’intrigue, après vous être échappé de ce croiseur à la dérive, vous commencerez par partir à la recherche de Bastila, perdue de vue lors de l’évacuation du vaisseau. Et là je sais ce que vous vous dites : pas mal mais peut mieux faire coté intrigue, dis nous en plus. Et vous avez raison, mais, attention à vos avant bras, je rappelle que ce n’est pas poli de demander.
Sans donc vous pourrir l’intrigue sachez tout de même que Malak et Revan étaient des chevaliers Jedis avant de se couvrir de gloire aux limites de l’univers connu, dans une terrible guerre contre les Mandaloriens. Ils en sont revenus changés, après une incroyable découverte, mais vous pouvez toujours vous brosser pour que je vous en parle. Si vous rajoutez à ceci quelques épisodes de presciences lors de vos nuits agitées et votre maîtrise de la force, étonnante pour votre âge avancé, vous aurez la confirmation que Bioware nous a pondu là une histoire dont la richesse, la profondeur et les rebondissements en tiendra plus d’un en haleine. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’ils pourraient donner des idées aux scénaristes de « l’œuvre » (…pas de débat de ce genre ici) en cours mais ils peuvent en effet s’enorgueillir d’un scénario abouti et léché qui, s’il ne nous propose pas une originalité folle, s’intègre et respecte complètement son cadre assez rigide de départ, l’univers Star Wars et n’a donc aucun complexe à faire.

Coté scénario c’est donc du lourd, du solide. Passons donc au style de jeu, c’est à dire au RPG. Classiquement, vous allez y être rapidement immergé puisque vous commencerez par créer votre personnage. De premier abord, c’est la première petite déception puisque seuls des humains (homme ou femme tout de même) vous sont proposés. Pour ceux qui rêvait d’un concours de Houla houp avec un Hutt, désolé ce sera pour la prochaine fois. Vous aurez le choix du sexe (choix qualitatif, pas quantitatif) et du métier de base de votre personnage (soldat, éclaireur ou voyou) chacun influant bien sur vos caractéristiques personnelles. Celles-ci se déclinent ensuite en catégories extrêmement classiques du RPG même si adaptées à l’univers Star Wars (force, dextérité, intelligence et toute la clique mais aussi capacité à la réparation des droïdes, hacking de terminaux, prédispositions au combat à deux armes etc …).
Tout ceci se compliquera heureusement un peu quand vous arriverez sur Dantooine, siège de l’académie Jedi. Mais je vous laisse découvrir cela par vous même, je ne voudrais pas notamment gâcher les 44 pouvoirs Jedis qui vous y attendent … ok je m’arrête là, la suite sera surprise. Inutile de s’enfoncer dans plus de détails pas vraiment passionnant par ailleurs, retenez juste que tout ceci repose donc sur un système de jeu plateau logique, éprouvé, simple et efficace (je ne suis pas spécialiste mais ceux de JdR auront déjà reconnu).

Ceci étant dit, comment qu’on gagne t’y dont les sacro-saints XP, graal de tout RPG ? Qui a dit en demandant une licence à Billou ? Dehors. Vite. Non, en combattant bien sûr (terminer une quête en rapporte aussi mais c’est nettement moins drôle, il faut l’avouer). Et pour les combats, nous avons ici une sorte de mixture de temps réel et de tour par tour. Avant de faire cette moue pas très fraîche, laissez le petit Démosthène s’expliquer : tour par tour dans le sens où chaque personnage agira chacun à son tour selon l’action que vous lui aurez assigné manuellement ou automatiquement dans la situation rencontrée, ceci étant valable aussi pour les ennemis qui se trouvent en face. Mais aussi en temps réel, puisque vous pourrez à tout moment mettre le jeu sur pause pour changer toutes les actions programmées ou reprendre en main le déplacement de votre joueur pour esquiver, fuir ou pour simplement le replacer de façon adéquate, annulant de fait l’action qui était prévue pour lui. Ce choix est réellement très appréciable car il vous permet de garder une bonne marge de manœuvre tactique avec une interactivité directe et immédiate, et vous conservez surtout une dynamique dans les combats qui les rends beaucoup plus vivants. Pour ceux qui sont fanas des affrontements entre deux rangs d’oignons (quasi confits) bien sages et bien rangés, cela vous changera et je pense dans le bon sens.

Là aussi donc un système solide et que vous devrez maîtriser rapidement pour faire face aux hordes de pas beaux qui pullulent dans l’univers de Star Wars. Chasseurs de primes, gangs mafieux, Hommes des Sables, trouffions ou gradés Siths, pas moyen de déguster un steak d’Hewoks (en chanson c’est dégueu, mais à la braise…) sans qu’on vienne vous chercher des noises. Avec un plaisir non dissimulé que vous tâterez donc des pistolets lasers, sabres mais surtout du coton tige ultime, le sabre laser dans sa version simple ou double, selon vos goût et compétences. Notez une petite originalité pour les sabres lasers puisque vous pourrez customiser ceux ci. Pas question évidemment d’y mettre des jantes sport, mais plutôt de glisser dans celui ci jusqu’à trois cristaux, plus ou moins puissants, qui en modifieront couleurs et attributs. Un gadget pour ceux qui ne veulent pas trop se prendre la tête dans les RPG mais un ajout bien sympathique pour ceux qui aiment optimiser leurs personnages ; si vous ne l’aviez d’ailleurs pas remarqué, cet exemple montre bien que Bioware a voulu faire un titre accessible, où newbies et habitués du RPG se retrouvent.

Et pour optimiser vos personnages vous aurez du travail. Car Kotor se joue offline mais en équipe. Si vous n’évoluerez jamais avec plus de deux compagnons (2+1 = équipe de trois), vous aurez au final à choisir ces deux compagnons sur un total de 9 personnages qui vous accompagneront dans vos aventures. Le choix de ceux ci s’effectue la plupart du temps avant de sortir de votre base, en l’occurrence votre vaisseau spatial. Sans trahir de secrets, ceux ci sont variés et assez bien équilibrés. Une boule de poils, deux droïdes, trois humanoïdes et trois Jedis, vous serez presque responsable d’un zoo ! Notez que ceux ci ont un alignement différent, ce qui enrichit considérablement l’aventure, et que celui ci peut être infléchit !

Et nous abordons donc le point central de KOTOR, l’éternelle dualité de notre univers, ce choix cornélien qui trahira vite les plus fourbes d’entre vous : fromage ou dessert. Sérieusement, il sera donc ici question de choisir perpétuellement entre le bien et le mal. Ne croyez pas que cela sera aussi simple, et c’est d’ailleurs la réussite du titre. Car si en fonction de vos actes et de la réussite de vos quêtes, des points ‘Lumineux’ ou ‘Obscurs’ vous seront attribués (points importants, notamment pour vos pouvoirs), vous en arriverez vite à avoir des problèmes de conscience sur des détails où ces fameux points ne sont même pas attribués. Dévaliserez vous un appartement devant des occupants apeurés si vous savez que votre personnage du coté clair de la force n’en sera pas pénalisé ? Provoquerez-vous perfidement la chute d’une innocente danseuse de la cantina de Taris comme tout être mauvais qui se respecte ? Arriverez-vous à condamner un de vos compagnons ? Tout va être question de choix dans ce jeu, et pour une fois, cela influera réellement sur votre quête. La plupart du temps, je vous l’accorde, ce choix se résume a être plus ou moins agressif ou serviable lors d’une conversation (nombreuses dans le jeu, via un choix de textes) avec un PNJ. Toutefois, dans nombre d’autres cas, ces conversations feront pencher certaines quêtes de façon irréversibles, et pas des moindres…
Et ces choix changeant le cours des quêtes (notamment principale !), signifient un grand intérêt pour le replay value (comme on dit). Soyez sûr que le coté lumineux de la force soulagera votre conscience et vous facilitera le jeu mais que le coté obscur, s’il est plus difficile (et oui !) n’en est pas moins attirant notamment pour les pouvoirs Jedis alors disponibles. Vous vous apercevrez d’ailleurs assez vite que la vie n’est jamais complètement noire ou blanche…

A mon avis c'est le point fort du jeu, très bien intégré et croyez moi vous hésiterez plus d’une fois sur vos actions, même en ayant choisi fermement un coté de la force (tentation…). Nombreux seront d’ailleurs ceux d’entre vous qui finiront le jeu d’un coté de la force pour le recommencer plus tard de l’autre coté. Comme gage de qualité, excusez du peu. Puisque nous en sommes là, évoquons de suite la durée de vie du jeu. Si la quête principale est très prenante, elle n’est pas aussi linéaire qu’elle paraît. Vous pourrez donc enchaîner les planètes dans l’ordre qui vous convient et pourrez résoudre des quêtes de bien des façons différentes selon votre style. Avec une foule de mini quêtes annexes (très bien intégrées) à découvrir ainsi que des mini jeux assez inégaux en intérêt, comptez donc une moyenne de 40 heures pour le plier complètement … d’un coté de la force (petit détail, les sauvegardes sont illimitées, à n’importe quel moment). Vous en avez donc pour vos sous ma bonne dame, pas de problème.
 
 
 
 
Far, far away is the download…
 
Coté Live, vous aurez remarqué que le jeu est prêt pour le téléchargement de contenu (Yavin base). Malheureusement, celui ci n’est pour l’instant disponible que pour nos amis anglophone. Scandale me direz vous ? Dans un sens oui, il n’y a en effet aucune raison que l’on en soit privé, une traduction n’est pas insurmontable.
Et puis d’un autre coté, ce téléchargement ne vous proposera que des choses bien accessoires (une base à visiter, quelques cristaux et armes..) pour rallonger une durée de vie qui n’en a pas besoin. Souhaitons donc que cet état de fait soit exceptionnel pour Bioware, afin de ne pas être oubliés la prochaine fois.
 
 
 
 
Do not underestimate the power of the Xbox, Luke !
 
Mon dieu, il semble que KOTOR fasse jusqu’ici le plein de compliments. Pour les habitués, ce genre d’intro à deux balles signifie que les choses qui fâchent ne vont pas tarder à arriver.

Coté graphismes en tout cas, on ne peut pas crier au scandale. D’un autre coté, on ne peut pas non plus crier au génie, c’est un peu le problème. Les cinématiques pré-calculées sont très réussies mais laissons les à leur place, celle d’entractes. Notons tout de même que les autres scènes de transition ont le bon goût d’utiliser le moteur du jeu, cela maintient l’immersion et évite surtout de prendre les joueurs pour des truffes (cf. une certaine série, franchement finie). Bref. Pour les différents mondes du jeu, l’ensemble est correct mais on s’attendait à mieux soyons honnêtes. Certains plans valent le coup d’œil, telles les plaines de Dantooine, mais de façon générale tout cela est bien terne et fade. Je sais, une base spatiale n’est pas ce qu’il y a de plus gai et Star Wars ce n’est pas le Carnaval de Rio, mais même les forêts luxuriantes de Kashyyyk (3 y, je confirme) sont bien tristes. Coté personnages, la variété n’a pas non plus été privilégiée pour les PNJ, mais rien de bien affolant.
Et comment notre petit monde bouge t’il ? Et bien pas si bien que ça, malheureusement. Coté pathfinding, vos personnages vous agaceront régulièrement mais c’est sur les phases de combats que ça se complique. On constate en effet que le frame rate tombe un peu dans les chaussettes à gravité dès que les sabres lasers s’entrecroisent un peu trop. Un peu surprenant, tout de même sur Xbox, eu égard au niveau général du jeu…
Mais finissons sur des notes positives. Tout d’abord, le gameplay. Pas de problème de ce coté là, vous manipulerez facilement votre petite troupe et naviguerez rapidement dans les menus et diverses options, très naturellement. Le premier niveau étant, comme d’habitude, un didacticiel bien réalisé, vous n’aurez pas cette excuse pour vos premières roustes. Les phases de combats sont d’ailleurs suffisamment simples à diriger pour vous concentrer sur l’aspect tactique de ceux ci. Bouton blanc pour arrêter l’action, bouton noir pour passer d’un personnage à l’autre, système d’ordre complet sur l’écran principal, à diriger avec la croix gauche. Simple. Efficace. Bon boulot.
On fini par une bonne note ? Eh bien oui, vous en entendrez de bien belles dans KOTOR (www.transitiona2balles.com). John Williams pourrait être fier du travail réalisé sur ce jeu, on se retrouve immergé dans du Star Wars du début jusqu’à la fin. Les variations du thème sont réussies notamment pour souligner le coté de la force que vous aurez embrassé. Fait exceptionnel, même le doublage français des personnages est plutôt réussi. Bon évidemment faire la causette avec un Wookie vous rendra psychopathe, mais c’est finalement assez juste non ? Du très bon boulot, assez pour que je cite celui qui en est responsable, Jeremy Soule. Dont acte.
 
 
 
 
Soyons concis, KOTOR est tout simplement une réussite. Coup de maître pour Bioware avec ce premier RPG Xbox, qui accrochera aussi bien les novices du RPG que les pros, qu’ils soient ou non fans de l’univers de StarWars première ou deuxième génération (… pas de débat de ce genre ici) et ceci n’est pas la moindre des qualités. Alors bien sûr on aurait aimé que la Xbox soit un peu mieux exploitée techniquement mais reconnaissons qu’il n’y a aucune erreur majeure sur le titre. Des petits défauts qui ne gâchent donc en rien la qualité magistrale du titre et qui seront, on en doute peu, corrigés pour le deuxième opus, attendu pour début 2005. Et cette fois, ci, que tout le monde soit servi pour le Live !
 
 
 
 

+ -
- Dualité éternelle du bien/mal
- Scénario
- Musiques
- Durée de vie
- Pouvoirs Jedis
- Techniquement moyen
- Décors et PNJ fades
- Mini jeux inégaux

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