Test de Star Wars : Battlefront
écrit par Prune
 
 
Il n’y a pas à dire. Décidément, mon p’tit gars Georges s’y connaît parfaitement en rentabilisation de licence. Alors que la folie Star Wars bat son plein avec la sortie de la première trilogie en DVD et l’arrivée prochaine en mai 2005 du très attendu Episode III, voici que toute une série de jeux vidéo est prévue sur notre console.
Premier à se prêter à la critique, Star Wars Battlefront (SWB) regroupe plusieurs atouts de son côté. Tout d’abord, il s’agit du premier titre s’inspirant du concept de Battlefield 1942 sur notre machine. Ensuite, il a été développé par Pandemic, studio auteur du réussi Full Spectrum Warrior, pour le compte de Lucasarts. Bref, le côté lumineux de la force semble émaner du titre. Il ne reste plus qu’à espérer, qu’au fil des heures de jeu, le titre ne rejoigne pas le côté obscur…
 
 
 
 
L’intégralité du monde de Star Wars à portée de manette
 
A peine le jeu inséré dans la console, vous serez accueilli par les magnifiques compositions de John Williams. Toute personne connaissant l’univers Star Wars sera immédiatement sous le charme.

Le concept de SWB est fort simple. Il s’agit de prendre part à des batailles retraçant les plus grands moments des deux trilogies. Aussi, vous pourrez choisir de jouer soit dans la période de la guerre des clones (en incarnant au choix la République ou le CSI) ou dans celle de la guerre civile galactique (en dirigeant l’Alliance Rebelle ou l’Empire). Au début de chaque partie, vous disposez d’un capital d’hommes. Pour l’emporter, il vous faut soit anéantir toutes les troupes ennemies, soit vous emparer de tous leurs postes de commandement. Chaque camp possède 5 classes de personnages (fantassin, sniper, bazooka,…) que vous pourrez utiliser à votre guise. Non content de vous proposer d’incarner tous les protagonistes présents dans les films, SWB vous permet d’utiliser tous les véhicules disponibles sur les différentes maps. A vous les joies de piloter un Xwing, un Naboo fighter, ou encore un Walker. La reprise de l’intégralité de l’univers Star Wars est indéniablement le point fort du jeu.

Le soldat que vous incarnerez se joue à la troisième personne. Cependant, pour les habitués des FPS, il est possible de zoomer en cliquant sur le stick droit, ce qui vous fera passer dans une vue proche de la première personne. Le jeu est très maniable et les commandes s’assimilent vite. Un temps d’adaptation est cependant nécessaire pour contrôler parfaitement les véhicules. En plus de votre arme principale, vous disposerez d’armes secondaires (pistolet-blaster, grenade, mines, trousses de soin,…) qui diffèrent selon la classe de personnage choisie. Une barre de vie est présente à l’écran. Chaque ennemi abattu vous abandonnera de précieuses munitions ou des trousses de soin vous permettant ainsi de continuer votre progression. A chaque fois que vous mourrez, vous aurez la possibilité de changer de classe de personnage. Pas de frustration donc puisque vous pourrez pleinement profiter des différentes capacités qui vous seront proposées. A vous d’étudier au mieux la tournure de la bataille pour choisir un soldat adapté à la situation. Vous pouvez aussi diriger vos hommes via la croix directionnelle. Disponibles au nombre de 4 (suivez-moi, tenez la position, repos et déployez-vous), ceux-ci sont relativement bien suivis par vos troupes.

Il s’agit d’un jeu résolument tourné vers le côté multijoueur. Aussi, il était légitime de s’interroger sur la pertinence des modes de jeu en solo. Force est de constater que Pandemic n’a pas fait les choses à moitié.
Vous pourrez donc prendre part au mode de jeu «campagne historique» qui vous propose de jouer chaque trilogie en incarnant les forces présentes dans chacune d’elles tour à tour. Découpée en mission à objectifs, vous devrez tout faire pour donner la victoire à votre camp. Notez que lors de certaines d’entre-elles, d’illustres personnages viendront vous prêter main forte comme Darth Vader ou Luke «grosse taffiole» Skywalker. Chaque bataille est entrecoupée d’extraits du film destinés à renforcer l’immersion du joueur. Vous pourrez aussi débloquer de nombreux bonus sur l’univers Star Wars.

Le mode le plus intéressant est sans doute «conquête galactique». Le camp à incarner vous est cette fois-ci imposé, mais pas de panique, vu le nombre de scenarii proposés, vous incarnerez plusieurs fois chaque camp. Ce qui est particulièrement bien trouvé dans ce mode est l’aspect stratégique non négligeable. Vous choisissez la planète à attaquer. Le premier à remporter deux batailles sur celle-ci en garde le contrôle. Mais ce n’est pas tout puisque chacune d’elles que vous contrôlez vous octroie un bonus. Par exemple, un héros pourra se joindre à vous (Darth Vader, encore lui) ou bien vos unités se régénèreront automatiquement pour la bataille suivante,… Celui qui remporte une planète prend la main et choisit le prochain lieu de combat. A vous de choisir judicieusement l’ordre de votre campagne pour atteindre la victoire finale. En remportant quatre victoires, vous aurez accès au bonus « base secrète » qui vous permettent d’utiliser un bonus très puissant. Quand vous saurez que pour l’Empire, cela vous autorise à utiliser l’étoile noire sur une planète rebelle, vous ferez tout pour accéder à ce bonus le plus rapidement possible !

Pour ces deux modes de jeu, 3 niveaux de difficultés sont disponibles, ce qui vous laisse tout loisir de refaire le jeu. Sachez que la console se défend particulièrement bien en difficulté maximale.

Enfin action immédiate vous permet de faire une bataille sur la map de votre choix, en choisissant votre période de la trilogie et votre camp (c’est bon Prune, on a compris que l’on pouvait choisir sa faction et l’époque du jeu… Désolé).

Les modes de jeu disponibles en solo sont suffisamment originaux et intéressants. L’ambiance Star Wars magnifiquement retranscrites par les compositions de Monsieur Williams font mouche et vous serez immédiatement plongé au cœur de l’action. Pourtant, il faut bien être conscient que la lassitude arrive vite, le titre n’ayant pas de réel intérêt à cause de l’absence de scénario. N’étant pourtant pas un grand fan de cette saga, je dois avouer que j’y joue avec plaisir, et que j’y reviens assez souvent histoire de me défouler dans un univers familier.
 
 
 
 
May the lag be with you !
 
Malgré le bon niveau du jeu en solo, rien ne vaut une petite partie sur le Live. Et là, autant dire que Pandemic a vu les choses en grand puisque 24 joueurs pourront prendre part à une session. Ca va saigner. Malheureusement, en confiant le développement de la partie réseau à notre grand ami Yoda, les développeurs ont commis une grossière erreur. Puissant chevalier Jedi, il faut bien avouer qu’il n’a pas très bien suivi les cours du soir proposés sur la planète Tatooine. Nous nous retrouverons donc avec un jeu où héberger une partie à 24 joueurs relève de l’utopie pour nous autres français, même pour ceux possédant une « boite libre ». Pour tout vous dire, même SnakeX, pourtant si fier de sa grosse… connexion (ouf ! un dérapage malencontreux a été évité) ne peut créer de parties sans lag.

Car votre pire ennemi sera bel et bien le lag. Et même en allant jouer sur les serveurs d’autres participants, la qualité de la connexion réseau ne dépassera jamais l’indice jaune (moyen donc) pour un joueur doté d’une ligne ADSL normale (1024/128). Dans les faits, cela se traduit donc par des temps de latence insupportables et l’impossibilité d’ajuster ses tirs correctement. Tout le plaisir et le trip Star Wars disparaît donc devant ces défauts majeurs.

Quand vous saurez qu’il est impossible de choisir la langue de votre partie, vous vous apercevrez que tout l’aspect stratégique du titre s’estompe. En effet, pour pouvoir l’emporter, il faut parfaitement équilibrer les classes de personnages présentes dans votre équipe. Or, quand vous tombez avec des joueurs étrangers, la communication n’est pas optimale et chacun y va dans le but de ramener le plus de frags possible. Et comme il y a peu de français sur ce titre, je vous laisse imaginer le sort que vous réserverez au DVD.

Mais ce n’est pas tout. Il existe un réel déséquilibre entre les troupes à pied et les utilisateurs de véhicule. Dès qu’un joueur prend possession d’un engin, il lui est facile de semer mort et chaos dans les rangs ennemis tant il est difficile de le détruire.

Et c’est bien dommage car tout avait été fait pour qu’il y ait le moins de prises de tête entre Livers. Exit donc tout classement mondial et toute statistique. Ces dernières apparaissent uniquement en fin de partie pour annoncer aux protagonistes quel joueur a détruit le plus de véhicule, celui qui a été le plus précis... Prenant des noms aussi drôles que broyeur de tôle, fourrage pour bantha ou traître, cela permet de se chambrer entre deux parties. De même, vous pouvez faire participer des bots contrôlés par la console qui remplaceront les joueurs humains le temps d’atteindre le quorum que vous avez préalablement défini.

Vous avez donc compris que le jeu est plutôt désastreux sur le Live. Et contrairement à un Return to Castle Wolfenstein, qui subit les mêmes affres, mais où il est tout de même possible de s’amuser, SWB devient rapidement impraticable et énervant devant cette gestion catastrophique du réseau. Et ce n’est pas la mise à jour disponible qui arrange les choses. A éviter en attendant une éventuelle amélioration par le biais d’un patch correctif…
 
 
 
 
Mais c’est de toute beauté !
 
Si vous avez lu mes précédents tests, vous savez que je suis un éternel insatisfait du point de vue technique des jeux. Je dois être l’un des rares à avoir trouvé que Ninja Gaiden était fortement aliasé par endroit, que the Chronicles of Riddick avait un moteur de jeu chaotique… Bref, Je suis le poil à gratter du site, ce qui me vaut les railleries de SnakeX et de Démosthène, ainsi que des jets de pierre de la part des enfants quand je me promène. Enfin, on finit par s’y habituer…

Donc pour SWB, je prends tout le monde à contre-pied en clamant que le jeu est magnifique.
Le level design est réussi. Chaque map retranscrit bien l’univers de la planète sur laquelle elle se situe. Ainsi, sur Tatooine, vous aurez le plaisir de vous battre contre votre adversaire, mais il n’est pas à exclure que les hommes des sables viennent s’immiscer dans la partie. Bref, Il y a pas mal de détails qui viennent renforcer votre immersion dans le jeu.
Les textures, sans être exceptionnelles, sont très fines. Seules les couleurs un peu ternes viennent légèrement écorner ce tableau fort réussi.

Le moteur du jeu est très bon lui aussi et ne donne jamais de signe de faiblesse malgré le nombre de protagonistes présent à l’écran, les véhicules, les explosions… Du très bon boulot. Tout au plus, il est possible de reprocher l’effet de pop up de certains éléments du décor comme l’herbe qui grandit au fur et à mesure que vous vous approchez d’elle. Mais il s’agit sans doute là d’un passage obligé pour que le titre conserve sa fluidité exemplaire. Et honnêtement, seuls les esprits ronchons le remarquerons.

Et que dire de l’ambiance épique qui se dégage des batailles. Cela vient du fait qu’un grand soin a été porté au côté sonore. Le plaisir des oreilles est total puisque tous les bruitages (blaster, engins, etc…) sont retranscrits avec fidélité. Quand vous saurez qu’en plus ceux-ci sont appuyés par les excellentes compositions de John Williams, nul doute que vos yeux brilleront de mille feux !

La réalisation, sans atteindre les sommets, est d’excellente facture. Cela renforce la bonne impression laissée par le jeu.
 
 
 
 
Star Wars Battlefront laisse donc un sentiment mitigé. Intéressant en solo, mais aussi assez rapidement lassant même si l’on y revient avec plaisir, le ratage du mode Live est frustrant. Ce qui aurait du donner ses lettres de noblesse au titre le rabaisse en fait beaucoup. Inutile de vous dire de réfléchir à deux fois avant de l’acquérir. Cependant, le fan absolu des deux trilogies se doit de posséder le jeu. Il pourra ainsi vivre pleinement sa passion en incarnant tous les personnages, véhicules et vaisseaux de cette saga culte.
 
 
 
 

+ -
- Le jeu le plus complet sur l’univers Star Wars
- La réalisation et l’ambiance
- Un mode solo sympathique
- Trop de lag sur le Live
- Peu de français
- Lassant à la longue

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