Si les premiers visuels ne m'avaient pas particulièrement emballé, les premières notes d'intention d'Alpha Protocol avaient par contre attiré l'attention du joueur et rôliste que je suis. Le joueur parce que le concept action/infiltration n'est pas pour me déplaire; le rôliste car je ne désespère pas de voir un jour un jeu vidéo me mettre la même claque que Fallout 2 en son temps, si possible dans un univers qui ne soit pas Fantasy. Il me tardait donc de m'attaquer au test !
Un scénario classique d'espionnage
Obsidian Entertainement doit en particulier sa notoriété au second épisode de la série Star Wars : Knights of the Old Republic qui s'est fait descendre par nombre de fans pour son scénario faiblard en comparaison du premier épisode signé par Bioware. Bien que rondemment mené, le scénario d'Alpha Protocol ne brille pas non plus par son originalité: Alpha Protocol vous met dans la peau de l'agent Michael Thorton, fraîchement sorti de Langley et recruté par le programme Alpha Protocol qui n'est pas sans rappeler l'opération Threadstone de Jason Bourne. Ultra secret, ce programme opère avec des agents autonomes encouragés à financer eux-même leurs planques, armement, etc. histoire de pouvoir garantir un secret absolu et, le cas échéant, un « reboot » complet du programme sous un autre nom. Ce secret joue pour Thorton lorsqu'après sa toute première mission, il se trouve contraint d'éclaircir en solitaire les raisons de sa soudaine défection du programme.
Le voilà donc embarqué dans un jeu de piste qui va le mener d'Arabie Saoudite à Rome, en passant par Moscou et Taïwan, et ce dans l'ordre où vous le souhaitez. En effet il s'agit là de la force d'Alpha Protocol; le marketing ne ment pas : votre arme c'est le choix.
Votre arme c'est le choix
Ce jeu s'inscrit encore une fois dans le sillon de Bioware puisqu'Obsidian Entertainment réalise ici un ersatz de Mass Effect, version espionnage. Le lien entre les deux jeux est évident, en particulier sur l'importance stratégique des dialogues. Grâce à une interface très semblable à celle de Bioware, alors que votre interlocuteur parle vous essayez en fonction des choix qui vous sont offerts d'anticiper au mieux le bon et l'assumer ensuite ! Obsidian a eu la bonne idée de rajouter au gameplay de ces scènes un timer qui choisira par défaut la réponse « professionnelle » si vous ne faîtes pas un autre choix avant.
Au risque de m'attirer les foudres des pontes d'xboxlive.fr, j'ai volontairement choisi de reculer la rédaction de ce test, le temps de recommencer au moins une fois le jeu. J'étais en effet très curieux de voir s'il s'agissait juste d'une impression donnée ou si la seconde partie pouvait véritablement être différente de la première. Je le dis donc en connaissance de cause : elle peut l'être ! Certes on est loin d'un Fallout 2 précédemment cité mais faire des choix différents peut avoir des répercussions assez inattendues et effectivement des déroulements originaux. Les grandes lignes restent les mêmes mais la durée de vie du jeu en est considérablement étendue puisque la curiosité se voit récompensée et donc, renforcée (il m'aura fallu une bonne vingtaine d'heure pour venir au bout du scénario la première fois).
Mais … il y a un hic
Et oui hélas il y a un hic, un hic de taille puisqu'il s'agit de la réalisation globale. Si j'ai trouvé le story telling plutôt très satisfaisant, difficile de passer outre le fait qu'Alpha Protocol m'a rappelé un autre titre de Sega : Virtua Cop 2 ! Si j'ai beaucoup aimé ce jeu à l'époque, aujourd'hui une telle comparaison n'est guère flatteuse. Les décors semblent provenir de la génération précédente de console entre le manque de détail et la « redite » de certaines pièces. Au milieu de cela le pauvre Michael Thorton a l'air de trainer la patte avec une animation qui elle aussi date sérieusement. Ajoutez à cela la volatilisation des corps et une IA inexistante qui vous permet bien souvent de nettoyer tranquillement une pièce (les gardes attendant patiemment que vous leur truffiez la tête de plomb) et tout le brillant travail accompli par l'écriture pour construire une vraie atmosphère de polars adulte se voit sérieusement égratigné.
Je voulais également revenir sur les choix de compétences. Pour avoir échangé avec d'autres personnes et lu d'autres tests, il semble que mon expérience reste plutôt positive car j'ai apparemment fait les bons choix dans mes compétences développées. Rien ne vous prévient de la nécessité impérieuse de ne pas zapper la compétence « sabotage » mais vous pouvez vous trouver sérieusement bloqué si vous l'avez fait. De même, il est absolument obligatoire de vous aguerrir au pistolet, le tir multiple étant plutôt incontournable si vous souhaitez vous éviter la crise de nerfs lors des rencontres avec les boss ! Enfin, la maîtrise de la furtivité vous simplifiera grandement la vie en vous permettant de détecter vos ennemis de façon automatique (attention cependant à leur apparition subite lors d'un chargement intempestif!).
Même si je termine sur un gros hic, j'ai personnellement beaucoup aimé Alpha Protocol et pense y retourner encore à l'avenir, ne serait-ce que pour y chasser les succès restant. L'ambiance est très sympa; rendant d'autant plus triste le fait que la réalisation ne soit pas au rendez-vous.
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- Vraie dimension JDR
- Atmosphère bien construite
- C'est du Next-Gen, ça ?
- IA de type « tir au pigeons »