 | | Le jeudi 26 août, je suis allé faire un reportage pour vos beaux yeux. J’aurais pu tranquillement rester à buller à la maison, mais non, il a fallu que cet abruti de Démosthène me laisse sa place pour aller jouer en avant-première à Fable. J’en profite donc pour ne pas le remercier. C’est vrai quoi, ce jeu, personne ne l’attend …
Me voici donc arrivé chez Microsoft France avec une demi-heure d’avance. Bientôt, j’aperçois l’ignoble Blimblim, autoproclamé tyran de Xboxyde. Merde, il va falloir jouer à ce pauvre jeu avec l’un des plus gros boulets du live. Décidément, ça commence vraiment mal.
Accueilli par deux aimables jeunes femmes, nous nous dirigeons tous deux vers la salle de test. Heureusement, des tartes aux pommes et diverses boissons sont là pour me rassurer. Au moins, si le jeu n’est pas passionnant, je pourrai me goinfrer de gâteaux.
Je me décide à détourner les yeux des pâtisseries. 4 joueurs de la session de test précédente s’acharnent encore sur le paddle. Chez Microsoft, on ne lésine pas sur les moyens. En effet, des écrans plasma d’au moins un mètre de diagonale affichent de bien bels images.
« C’est Fable » me dit-on…
Inutile de tergiverser. Je me prends la claque de ma vie. Je me remémore les différents screenshots que j’ai pu voir de ci, de là. Non seulement les décors sont magnifiques et très fins, mais tout est animé. L’herbe bouge, des oiseaux s’envolent quand votre personnage passe dans les fourrés, les ombres et les lumières sont gérés comme cela n’a jamais été fait auparavant.
Je me tourne vers l’ami Blim. Lui aussi est sous le charme.
« Messieurs, c’est fini ! » dit l’une des jeunes femmes.
Les sièges sont enfin libres. Nous allons pouvoir nous frotter à la bête. Tel Sam Fisher, je me dirige subrepticement vers l’une des consoles. Peine perdue, je suis arrêté par nos jeunes démonstratrices, bien décidées à nous faire un petit topo sur le jeu avant de nous laisser le pad en main. Tant pis, j’aurai au moins essayé.
Nous commençons donc une nouvelle partie. Une fois la touche start enfoncée, vous choisissez le nom de votre héros. Pas de personnalisation physique de ce dernier possible. Tout le monde aura donc le même personnage. Une cinématique se lance. Il s’agit d’une succession de magnifiques images fixes qui vous content l’histoire. La musique qui les accompagnent est magnifique. Nous apprenons alors que Dany Elfman (vous savez, le compositeur de la majeur partie des musiques des films de Tim Burton et du générique des Simpsons) a collaboré à l’élaboration de celles-ci. Attendez vous donc à une musique d’inspiration médiévale avec des chœurs de toutes beautés.
L’action débute dans le village dans lequel notre héros vit. Il est encore enfant. C’est l’anniversaire de sa sœur et il doit accomplir différentes bonnes actions pour que son père lui donne de l’argent afin d’acheter un cadeau pour fêter ce jour. Il s’agit d’un tutorial vous permettant de voir les interactions basiques du héros avec les PNJ. Nous surprenons donc un homme et une femme en plein adultère. Contre une somme d’argent, l’homme s’offre notre silence. La console nous signale alors que nous venons d’accomplir une mauvaise action. Des points s’affichent sur l’écran et nous basculons du côté obscure. Heureusement, nous nous rattrapons bien vite en allant tout raconter à sa femme. Une fois cela fait, nous allons retrouver notre père qui nous sermonne. Certes, nous avons accompli une mauvaise action, mais comme nous l’avons réparée, il nous récompense et nous récupérons quelques pièces. Ce n’est malheureusement pas assez. D’autres quêtes nous attendent. Celles-ci nous sont indiquées sur la carte présente à l’écran par des points jaunes. Nous nous dirigeons donc vers ceux-ci. Un marchand nous demande alors de veiller sur ces marchandises. Un garnement vient nous trouver pour nous inciter à regarder ce qu’il y a dedans. Et les premiers choix s’offent à nous. Nous pouvons rester de marbre, mais aussi coller une claque au gamin pour lui faire cesser son manège. Une troisième quête reste à accomplir. Une fois les chocolats offerts à notre petite sœur, le village est attaqué. Un guerrier nous sauve de ce carnage. Une scène cinématique arrive alors pour nous conter cela. Encore une fois celle-ci est de toute beauté.
Les questions fusent de toutes parts. Nous apprenons donc de la bouche de nos hôtesses que la liberté d’action sera de mise avec tous les PNJ. Ainsi, il sera possible de se marier avec plusieurs femmes si nous arrivons à les séduire et de faire l’amour (!). Le héros pourra être homosexuel, boire de l’alcool jusqu’à en vomir, devenir obèse s’il mange trop. Les possibilités sont juste énormes ! Pour nous montrer cela, une partie avancée nous est présentée. Le héros à cinquante ans et les cheveux blancs. Son corps comporte les stigmates des batailles qu’il a enduré. Après un zoom sur celui-ci, nous nous apercevons du niveau de détail hallucinant des graphismes pour retranscrire cela. Impressionnant.
La présentation continue et cette fois, notre personnage se retrouve dans une sombre forêt, entouré d’ennemis. Le level design est encore une fois magnifique et le sentiment de malaise que procure cet environnement est palpable. Nous utilisons la magie pour tuer nos adversaires. Nos yeux brillent de bonheur. Le sort est incroyablement beau, mais en plus la lumière se réfléchit sur le décor et sur notre héros. Nous retournons dans un village. Notre héros ayant basculé du côté obscur, les villageois se cachent, s’enfuient ou tremblent lorsqu’on va vers eux. Nous constatons qu’un cycle jour/nuit est présent. Encore une fois, nous nous prenons une belle claque devant les couchers de soleil.
La phrase tant attendue arrive enfin.
« Messieurs, vous allez pouvoir jouer ! »
Tout le monde est ensorcelé par le jeu, si bien que personne n’ose prendre la mannette. Après quelques longues secondes, chacun se dirige vers une console. Nous reprenons donc l’aventure après l’incendie de notre village. Le guerrier qui nous a sauvé fait partie d’une guilde. Cette dernière va nous former aux rudiments des combats. Trois épreuves nous attendent pour maîtriser les armes de corps à corps, les armes de jet et les sorts magiques. La prise en main du héros est excellente. Il répond au doigt et à l’œil. Les combats à l’épée sont cependant un peu confus. Il est possible d’effectuer des combos qui vous autorisent par la suite à faire un coup spécial, le flourish. L’utilisation de l’arc se révèle simple, un système de lock de l’adversaire est présent, ce qui permet de faire mouche à tous les coups. Plus on maintient le bouton de tir enfoncé, plus la flèche sera puissante. Ajoutons qu’une vue subjective avec deux modes de zoom est disponible pour les perfectionnistes du headshot. Les sorts bénéficient d’une ergonomie à toute épreuve. Bref, après quelques minutes, nous maîtrisons parfaitement le personnage. Le passage de l’épée à l’arc ou à la magie se fait par simple pression d’un bouton, ce qui est appréciable.
Nous en profitons aussi pour utiliser les diverses possibilités d’interactions disponibles. Il faut savoir que celles-ci s’apprennent tout au long de l’aventure. Au début, vous pourrez donc péter ou roter sur les gens, les séduire, ou parler avec eux. Encore une fois la maniabilité pour ce faire est bien pensée. Vous ne passerez donc pas votre temps à naviguer dans des menus puisque vous pouvez les assigner sur la croix directionnelle.
Etant un rebelle dans l’âme, je décide d’attaquer mon maître d’arme. Je suis bon pour un avertissement du chef. Soit je cesse immédiatement d’agir ainsi, soit je suis exclu de la guilde. Bouarf, même pas peur. Je recommence. Deuxième avertissement. Le temps m’étant compté, je décide d’abandonner cette idée saugrenue. Mais visiblement, il semble possible de faire ce que l’on veut. Il est l’heure d’accomplir nos premières missions. Tout d’abord, il s’agira d’aller affronter des guêpes géantes qui perturbent le pique nique des villageois. Sitôt dit, sitôt fait ! Les combats sont agréables et l’on apprend vite à utiliser les différentes armes.
En effectuant cette mission, on s’aperçoit du premier défaut du jeu. En fait, l’endroit où vous allez l’effectuer est un niveau découpé en tableaux. Les amoureux de liberté à la Morrowind seront donc déçus d’apprendre qu’il leur faudra suivre un chemin prédéfini pour avancer.
Le boss battu, notre niveau d’expérience nous permet de booster notre personnage. Retour à la guilde pour effectuer cela. Vous pourrez donc acheter des capacités nouvelles avec les points gagnés. Par exemple, vous pouvez augmenter votre niveau de vie, apprendre un sort magique plus puissant, etc.. Les habilités que nous avons pu voir sur un personnage plus avancé laissent augurer du meilleur quant à leur nombre.
Juste le temps de faire une deuxième quête où l’on peut choisir d’aider des villageois contre des bandits ou de prendre partie pour ces derniers et… et … et…, on me retire la manette des mains. J’ai beau faire des yeux identiques à ceux du chat-poté de Shrek 2, rien n’y fait. Les femmes sont cruelles parfois…
Fable m’a véritablement conquis. Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre avant d’y jouer, mais tous les détracteurs du jeu peuvent se trouver un autre os à ronger. Le titre sera, à n’en pas douter, un gros hit de la Xbox. Plusieurs raisons à cela. Tout d’abord les graphismes hallucinants dont il dispose et son univers féerique qui fait mouche dès les premières minutes. Ensuite, même si le titre n’est pas la révolution espérée, il présente toutes les caractéristiques d’un excellent jeu d’aventure. Il faut chercher son côté novateur dans les interactions possibles avec les PNJ (qui sont vraiment très, très nombreuses). Ainsi, pouvoir tuer qui l’on veut dans les villages ou passer une heure à glandouiller est vraiment jouissif. La durée de vie annoncée est de 20 heures si l’on se concentre sur la quête principale et de 40 si l’on fait les quêtes annexes. Cependant, le joueur perfectionniste utilisera les possibilités offertes par les interactions avec les PNJ, ce qui pourra vraisemblablement multiplier la durée de jeu par deux, voir plus.
Ajoutons que le titre est compatible Live Aware (et oui, Microsoft a engagé Jean-Claude Van Damne), c’est à dire que vous pourrez consulter votre liste d’amis pendant que vous jouer pour aller, si le cœur vous en dit, expliquer aux autres joueurs que le monde de Fable vous écartera du Live pendant plusieurs dizaines d’heures.
Différentes fins seront disponibles, vu que l’ont peut incarner un héros démoniaque ou angélique. Le jeu sera entièrement doublé en français, avec vraisemblablement la possibilité de choisir la VO qui s’avère d’excellente facture. Par contre, l’édition américaine comportera un DVD bonus qui devrait être absent de la version européenne.
Le jeu sortant le 8 octobre, il vous reste un petit mois pour économiser les 60 euros nécessaires à son achat. Faites-moi confiance, vous ne serez pas déçus. |