PES 2010 (Xbox 360)

par Stephmomo
Oui, je l'assume, j'ai changé de crèmerie. Gros fan d'ISS puis de PES au début des années 2000, j'ai clairement retourné ma veste l'année dernière pour aller chez le gros concurrent, FIFA. Ce n'est pas sans une certaine tristesse que j'ai vu Konami, depuis l'arrivée de la next gen, se contenter de jeux qu'on qualifiera gentiment de « moyens ». Pendant ce temps, soyons clair, les gars d'EA se déchiraient et nous pondaient des jeux de plus en plus intéressants, avec en point d'orgue un FIFA 09 monumental. Ce PES 2010 arrive donc à un moment crucial, désormais en position de challenger dans le cœur des amoureux du foot virtuel il doit prouver que l'esprit « football tribe » n'est pas mort...
Titulaire ou remplaçant?
Les premières minutes de jeu sont déconcertantes, surtout pour quelqu'un comme moi qui a des tonnes d'heures de jeu sur le concurrent direct... Un gameplay nerveux, rapide, limite « sous acide ». Un bon gameplay? J'aurais tendance à acquiescer discrètement si on me posait la question. Acquiescer parce que on sent une vraie maitrise de Konami sur ce point, le jeu est instinctif et on ressent un vrai plaisir à faire tourner la baballe pour trouver la faille et marquer. Discrètement parce que le jeu est décidément trop nerveux à mon goût: Les joueurs courent très rapidement et enchainent les passes à la vitesse de l'éclair. Malheureusement cette vitesse excessive plombe assez nettement le réalisme du jeu et c'est bien dommage.

Toutefois, comme je l'ai dit plus haut, le jeu est agréable, avouons d'ailleurs que marquer un but est très jouissif dans cet opus, ceci étant dû, en grande partie, aux filets des cages qui tremblent de manière très réaliste. Cela peut paraître anecdotique mais dans le feu de l'action et à la vision du ralenti c'est jubilatoire! D'autant plus que les footballeurs sont très bien modélisés, mais ça nous y reviendrons plus tard.

Les joueurs n'ont, malheureusement pas, des postures très naturelles. On a parfois l'impression d'avoir affaire à des hommes préhistoriques. Notons aussi les courses robotisées qui prêtent parfois à sourire. Vous l'aurez compris, même si les animations sont globalement bonnes, il reste des points dérangeants.

Pour ce qui est des menus, ils sont très dynamiques, didactiques et clairs. La gestion tactique des équipes est donc facile et agréable. C'est ici que vous pourrez utiliser le fameux système de cartes qui vous permettra de paramétrer les forces relatives des joueurs. On y voit là la réponse à certains abus du type « je suis tellement rapide que je traverse le terrain de long sur toute sa longueur pour aller marquer... ». Ajoutons que vous aurez la possibilité de configurer certains aspects du jeu jusqu'à l'extrême (possibilité que l'IA fasse les changements pour vous...).

Les modes de jeu sont, eux, ultra classiques pour un PES. Malgré ses difficultés congénitales à chopper les licences officielles (Cela commence sérieusement à devenir rébarbatif...) les p'tits gars de chez Konami ont réussi, l'année dernière à faire signer l'UEFA pour avoir la Champion's league. Contrairement à l'année dernière la compétition est bien intégrée au jeu. Vous pourrez la jouer de manière indépendante ou intégrée à la fameuse Ligue Master. Cette dernière est d'ailleurs très complète et bien longue à souhaits. Comme l'année dernière vous pourrez également prendre part au mode « deviens une légende » qui permet de contrôler un seul et unique joueur.
The football tribe.
En terme de contenu, le LIVE de PES paraît bien maigre comparé à son concurrent. Vous aurez toutefois la possibilité de jouer à deux contre deux sur internet. On est quand même loin du 10 contre 10...
Malheureusement, sur le LIVE vous aurez tendance à faire face, de temps en temps, à une certaine latence dans le jeu, notons d'ailleurs que le jeu paraît plus lent qu'en « offline ».
Toutes les semaines vous pourrez mesurer votre évolution dans les classements, il existe en effet, cinq divisions (1, 2, 3A, 3B et 3C), à vous de progresser dans la hiérarchie mondiale. A noter, mais vous en vous doutiez que vous n'aurez aucune difficulté à trouver du monde sur le jeu.
Une-deux...
Comme je l'ai déjà dit, la jouabilité de PES est bonne ; bonne car adaptée à tout le monde. En effet chacun peut y trouver son compte et il ne faut pas faire 40 matchs pour prendre plaisir à jouer. Par contre plus les matchs s'enchainent plus on maitrise les subtilités du jeu... A noter une des particularité du gameplay: Les passes en profondeur (la fameuse touche Y) s'avèrent être très (trop?) efficaces, ce qui a tendance à inciter à l'utilisation de la touche. Dommage, la variété dans les phases de jeu en prend un petit coup derrière la tête. Rien de très grave toutefois...

Un des gros points fort du jeu reste, car c'était déjà le cas dans les éditions précédentes, la physique exceptionnelle de la balle. On s'y croirait et on est quasiment jamais surpris par un rebond irréaliste ou une passe en profondeur fantaisiste. Du grand art. Et il est bien dommage que certains duels de joueurs (épaule contre épaules ou duels aériens) ne soient pas du tout à la hauteur visuellement. Je m'explique: Comme je l'ai déjà abordé le jeu est nerveux et rapide et les duels ont tendance à ralentir brusquement le rythme du jeu. Dans le feu de l'action ça saute nettement aux yeux.

Graphiquement un bond énorme a été franchi, les joueurs sont très ressemblant et c'est vraiment bluffant. Toutefois j'ai toujours ce sempiternel sentiment de musée de cire style Musée Grévin... Si Konami bosse un peu plus sur le grain de peau des joueurs on pourra parler de photo réalisme, pour l'instant ce n'est pas encore tout à fait le cas. Dans le même genre, certains détails sont superbes, notamment les plis des maillots absolument étonnants. Dans les points positifs on peut noter aussi les temps de chargement d'avant-match relativement courts.

Pour ce qui est de la bande sonore, les musiques sont sympas quoi qu'assez anecdotiques et cette année exit Christian Jeanpierre et Laurent Paganelli, c'est Grégoire Marmotton (Canal plus) et Christophe Dugarry qui officient aux commentaires. Encore une fois ça ne casse pas des briques car même si les commentaires collent à l'action les phrases reviennent beaucoup trop vite. Sans parler du pauvre Christophe Dugarry qui semble être sous Prozac...
Conclusion
Alors oui, PES progresse. La version 2010 est meilleure que la 2009, qui elle même était bien meilleure que la précédente. Malheureusement, ça ne suffit pas. Dire que ce PES est mauvais jeu serait mentir mais la concurrence a imposé un tel standard qu'on en vient systématiquement à comparer. Alors oui PES prend le dessus sur certains points (graphismes, physique de la balle...) mais globalement, et à mon sens, il perd encore assez nettement le duel face à son meilleur ennemi. Konami va encore devoir travailler, notamment sur le réalisme de son jeu pour espérer reconquérir les fans boys qui comme moi sont passés chez l'ennemi. Allez courage!
Note 6/10
On aime
- Les graphismes.
- L'enrobage « Champion's league ».
- Les temps de chargement.
- La physique de la baballe.
On n'aime pas
- Pas assez réaliste car...
- ...Trop nerveux et rapide.
- Les licences officielles toujours trop discrètes.
- Un LIVE trop juste
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PES 2010
Packshot de PES 2010 sur Xbox 360
Date de sortie française 22 octobre 2009
Genre : Sport
Dev. : Konami
Edit. : Konami
PEGI 3
1 à 4 joueurs hors ligne - Jusqu'à 4 joueurs en ligne - Coop hors ligne et en ligne