Fallout : New Vegas (Xbox 360)

par ChevalierBayard
A la fin des années 1990 l'équipe des Black Isle Studios réussissait à réconcilier adeptes des jeux vidéos et rôlistes « papier » traditionnels, habitués à n'avoir pour frontières à leurs campagnes que celles du système de règles et surtout, de l'imagination combinée du maitre de jeu et de ses joueurs. Une dizaine d'années plus tard, ceux qui avaient enterré à l'avance Fallout 3 en ont été pour leurs frais. Sacré « meilleur jeu de l'année 2009 », le titre de Bethesda offre une immersion graphique répondant aux fantasmes des adeptes de cet univers. Passé l'emballage cependant, l'expérience de jeu en elle-même apparaissait bien pauvre aux regards de ces prédécesseurs. L'arrivée d'Obsidian laissant espérer du neuf sur le nouvel opus, il n'en fallait pas plus pour éveiller l'intérêt du rôliste que je suis pour Fallout New Vegas.
Oh... Déjà vu.
Passée la longue cinématique d'introduction à Fallout New Vegas, on se retrouve en terrain connu. Un peu trop même. Certes c'est beaucoup plus chatoyant avec une palette de couleurs beaucoup plus diversifiée que dans le jeu précédent mais le moteur graphique reste le même et on retrouve nombre défauts de l'opus précédent dont les murs invisibles qui rendent périlleuses les explorations en montagne, les personnages peu expressifs qui ont une fâcheuse tendance à léviter sur les imperfections du sol et à se déplacer de façon assez farfelue par moment. Je regrette par exemple de n'avoir pas pu faire de capture quand je me suis retrouvé face à trois personnages courant tous les trois, l'un contre l'autre, vers le même point, situé entre eux-trois. Au moins n'ont-ils pas été difficile à tuer, eux !

C'est sans doute en effet la première différence que l'on perçoit : la difficulté a été revue à la hausse ; tout simplement par le nombre d'adversaires que vous pouvez être amené à affronter au même moment. Alors que c'était plutôt la règle dans un Fallout 3 plutôt désert, ici les ennemis isolés sont très rares ; et méchamment susceptibles qui plus est ! Shootez un radscorpion pour le plaisir et vous risquez fort de vous retrouver débordé de tous côtés. Je n'ai pas souvenir d'avoir fui autant dans l'épisode précédent. Ajoutez à cela là possibilité de jouer en mode "hardcore" où vous devez alors sérieusement gérer la fatigue, la soif et la faim de votre personnage, et s'offre alors à vous un challenge conséquent.

Si près sur la carte, New Vegas se mérite! Même en mode "normal", ne comptez pas franchir la barrière de vermine l'entourant avant quelques bonnes heures de jeu. Vous ne manquez de toutes façons pas d'endroits à explorer et de personnes à rencontrer d'ici là. Ceci nous amène d'ailleurs à LA belle surprise du jeu : le retour des factions.
Quand on est cerné par la guerre, il faut choisir un camp.
Certes, cet élément indissociable de la licence était toujours perceptible dans Fallout 3 avec la Confrérie de l'Acier et l'Enclave, mais il s'agissait alors plutôt de simples compléments de décor. Dans Fallout New Vegas nous retrouvons les factions en nombre (je ne les listerai pas pour ne pas vous gâcher la surprise) et vos actions à leur encontre se doivent d'être réfléchies compte tenu de l'impact qu'elles peuvent avoir dans votre aventure. Laissez un témoin s'échapper et un petit pillage « de rien du tout » vous fermera les portes des camps d'une faction dont les membres ne manqueront pas de vous pourchasser et de mettre votre tête à prix.

Si le karma « généraliste » de l'épisode précédent reste, il est maintenant détaillé par l'ensemble des karmas spécifiques, liés à chacune des factions que vous serez amené à côtoyer à New-Vegas et dans le désert des Mojaves. Pour peu qu'elle vous accepte, chaque faction vous confie des quêtes propres qui, bien entendu, vous conduisent bien souvent à choisir votre camp sur l'échiquier plus complexe qu'il n'y paraît des forces en présence. Ces choix donnent à Fallout New Vegas une durée de vie assez hallucinante, y compris par rapport à un Fallout 3 qui ne se finissait déjà pas en un week-end ! Difficile en effet de résister aux appels du « et si » et de de ne pas reprendre une partie pour voir d'autres évolutions possibles de l'histoire.


Conclusion
En tant que rôliste « papier », je déplore souvent que le terme « jeu de rôle » soit aussi galvaudé dans les jeux videos où on le ramène bien trop souvent à une simple personnification de son personnage via des attributs et compétences. Fallout New Vegas est un vrai bol d'oxygène. Alors qu'il semble très proche de Fallout 3 durant les premières heures de jeu, il finit par prendre ses distance et le dépasser de loin. C'est simple, je n'ai pas pris un tel pied sur un « jeu de rôle » vidéoludique depuis … Fallout 2 ! Certes nous sommes encore loin d'une complète improvisation que peut vous apporter un maitre de jeu expérimenté mais la sauce prend ; c'est indéniable ! Et je sens que je n'ai pas encore quitté le désert des Mojaves ! ^^
Note 9/10
On aime
- les factions et leurs intrigues
- l'ambiance générale (même si elle reste trop politiquement correcte par rapport à celle des premiers épisodes)
- des sous-quêtes en pagaille
- enfin du vrai roleplay ! (et c'est encore plus vrai avec le mode hardcore)
- la durée de vie
On n'aime pas
- "ça chatoye ! ça chatoye !" mais bon c'est vraiment vrai que c'est le même moteur que Far Cry 2 ?
- entre les murs invisibles et les rochers prisons, l'exploration en montagne se termine bien souvent par un retour forcé à la dernière sauvegarde...
- toujours rien compris au jeu de cartes « Caravane » ^^ !
- la radio est vite répétitive
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Fallout : New Vegas
Packshot de Fallout : New Vegas sur Xbox 360
Date de sortie française 22 octobre 2010
Genre : RPG
Dev. : Obsidian Entertainment
Edit. : Bethesda Softworks
Fallout : New Vegas Retrocompatible Xbox One
PEGI 18
1 joueur hors ligne