Turok (Xbox 360)

par Yugxul
Turok fait partie des jeux dont le nom seul ravive les souvenirs. Cet indien spécialisé dans la traque de dinosaures n’avait pas fait parler de lui depuis bien longtemps, mais il s’était rappelé à notre bon souvenir depuis quelques temps. En effet, Touchstone et Propaganda games ont estimé qu’il était temps que Turok reprenne le service actif et tente de nouveau d’éradiquer les dinosaures. Là encore, difficile de juger à priori de cette idée de génie, qui est de rapprocher deux espèces concurrentes. Un poignard et un arc contre le muscle et les dents acérées. La chair contre l’acier, tout un programme…
Vos ancêtres vous regardent
Ainsi, vous découvrez Turok, enrôlé dans une escouade dont le but avoué est d’aller déloger et d’éradiquer la menace des Wolf Pack, une unité paramilitaire zen dont le chef n’est autre que l’ancien mentor de Turok. Vous imaginez bien que l’accueil qui lui est réservé par sa nouvelle unité est un peu fraîche, car comme le dit si bien le dicton « qui a trahi, trahira ». Bref, après un briefing riche en testostérone, votre vaisseau en approche orbital se prend un missile de croisière négligemment lancé depuis la surface. L’opération si bien huilée se transforme alors en mission survie. Les survivants se retrouvent disséminés sur une planète jungle dont la faune se trouve être assez affamée.

Vous l’aurez compris, vous allez tenter tout d’abord de rejoindre votre unité décimée puis de remplir quand même votre mission. Pour corser le tout, la jungle grouille de dinosaures dont la présence est somme toute assez étrange. Bien loin de l’archipel de Los Cinquo Muertes et de John Hammond, on se demande un peu par quel miracle ils sont arrivés là. Affamés par un jeûne continuel, ils n’auront de cesse que de vous arracher un lambeau de peau. Les plus communs seront les raptors, mais vous en croiserez diverses sortes, partageant même le plaisir d’une chasse de T-Rex. Rapides et voraces, votre meilleure arme contre eux restera le couteau qui vous permettra de leur asséner un coup fatal plutôt que de gâcher vos munitions à tenter de les viser. Cette action se fait assez facilement à l’aide d’une sorte de QTE, dont la précision laisse parfois à désirer.

Les dinosaures ne seront pas vos seuls ennemis, et nombre de milices croiseront votre route. L’armement à votre disposition est plutôt conséquent, bien que plutôt inefficace. Le fusil à pompe n’est véritablement mortel qu’à bout touchant, le pistolet est risible, le pistolet mitrailleur est assez faible. Quelques armes sortent un peu du lot, comme le fusil à impulsion, rapide, précis et assez léthal, le sniper, dont une seule balle dans le pied tue la cible et le lance-roquettes, qui comme toujours, permet également de chasser les mauvaises herbes placées sous le pied de votre ennemi. L’arc et le couteau sont bien sûr de la partie et je m’en vais donc vous narrer leur intérêt.

L’arc, plutôt discret et efficace, ne vous servira cependant que peu souvent. En effet, même si son utilisation est réaliste et assez facile, on en vient rapidement à un bourrinage méthodique car vos ennemis possèdent une IA des plus incroyable. Ils vous détectent vraiment facilement et jouissent de la faculté quasi-divine de ne pas vous perdre des yeux même lorsque vous n’êtes plus dans leur champ de vision. Tenté parfois de faire un peu d’approche furtive pour jouer du couteau en toute discrétion, vous finissez assez rapidement par être repéré sans savoir trop pourquoi et à bourriner à tour de bras. Ce qui aurait pu apporter un petit plus finit par être un calvaire si bien qu’on finit assez rapidement par adopter une conduite digne d’un gouverneur californien.

La campagne est quant à elle assez basique et plutôt courte. On se retrouve cible puis chasseur pour redevenir cible et enfin chasseur. Le scénario est des plus basiques et n’apporte pas vraiment d’explication. Un méchant, un gentil et des faire-valoir. Si on ajoute des phases de jeu parfois confuses, on reste un peu sur sa faim.
La traque à plusieurs, c’est toujours intéressant ?
Les parties multijoueurs auraient du ramener un peu de sang frais et ce solo quelque peu décevant. Il n’en est rien. Bien que les éditeurs aient réussi à régler le problème des sessions qui étaient introuvables, on se demande si on y gagne vraiment. Les parties, qui se résument assez souvent à du frag seul ou en équipe, se trouvent dorénavant assez facilement. Lorsque vous jouez seul, il ne sera pas rare de voir 5 ou 6 gus se tourner autour en tentant vainement de planter leur couteau dans le cou de leur voisin. Sitôt que vous accrochez une victime, vous avez 80% de chances de vous retrouver la gorge tranchée dans les secondes qui suivent après l’animation terminée.

Le lag, très présent, n’arrange rien, car vous aurez beau appuyé sur la gâchette, votre précision laissera à désirer. Un ennemi dans votre ligne de mire n’y est pas forcément et la victoire se résumera finalement à un test permanent de la qualité de connexion assez original. Bref, on ne prend pas vraiment plaisir.

Les 3 cartes coop disponibles auraient pu sauver cet aspect du jeu, mais le lag lui fait vraiment mal. Les ennemis sur lesquels vous tirez se téléportent puis tombent sous vos balles, vous vous déplacez assez bizarrement, ce qui est vraiment sensible quand vous montez à une échelle ou dans un ascenseur. Bref, on se demande toujours un peu où on est et si la cible est bien là où elle se trouve. Un peu de schizophrénie à bas prix en somme.
De l’anatomie comparée entre l’indien et le dinosaure
Le moteur Unreal est bien évidemment de la partie et il faut bien avouer que la jungle est plutôt bien réussie, bien que l’effet final soit dans la moyenne. Vos coéquipiers sont parfois risibles ou réussis, vos ennemis humains tout droit sortis d’un F.E.A.R semblent clonés hormis votre mentor Kane, dont l’aspect animal est plutôt bien traduit. Les dinos sont quant à eux plutôt bien modélisés avec des mouvements réalistes. Le résultat final est plutôt moyen bon, mais on a vu pire.

Côté son, on est dans le bon par contre, puisque l’ambiance de la jungle est assez bien rendue et vous guetterez finalement le bruit du raptor en chasse. Les armes font bang bang de façon réaliste et les dialogues sonnent justes. Rien à redire de ce point de vue.

Côté game-play, le maniement est certes simple et accessible rapidement, il est gâché par les animations extérieures, notamment lorsque vous êtes victime d’une explosion ou d’une charge dinosaurique. Vous êtes alors victime d’une désorientation artificielle. Vous tournez le dos au danger sans que cela ait un lien avec la chute. Il vous faut souvent quelques secondes pour vous rappeler que êtes en train de jouer et que le raptor en face n’est pas là mais dans votre dos.

Pour ce qui est du multi, il ne fera pas date. Le lag omniprésent rend les parties vraiment aléatoires et l’attaque ultime au couteau ou au roquette fait que le jeu se résume rapidement à un test de ping. Si vous êtes éloigné des serveurs US vous serez assez défavorisés, il faut bien l’avouer.
Conclusion
Pour conclure, je dirai que Turok ne vaut que pour sa campagne, qui est clairement en dessous de ce qu’on espérait. Même si graphiquement, il tient la route, l’IA gâche tout et toute la partie infiltration en est gâchée. On finit donc sur un jeu tout droit issu des boucheries productions qui laisse un mauvais arrière-goût.
Note 4/10
On aime
- Les dinosaures ne sont pas éteints finalement
- Jeff Goldblum n’est pas dans le jeu
- Turok est de retour
On n'aime pas
- Le scénario est vraiment des plus basiques
- L’IA est catastrophique
- Pas de possibilité véritable pour l’infiltration
- Le lag est omniprésent sur les parties multijoueurs
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Turok
Packshot de Turok sur Xbox 360
Date de sortie française 07 février 2008
Genre : FPS
Dev. : Propaganda Games
Edit. : Disney Interactive Studios
PEGI 18
1 à 4 joueurs hors ligne - Jusqu'à 16 joueurs en ligne - Coop hors ligne et en ligne
Neuf : 65 €
Occasion : 7 €