Styx : Master of Shadows (Xbox One)

par Uruktar
L’univers de l’infiltration est de plus en plus vaste et compte des épisodes et des séries de référence comme Splinter Cell, Assassin’s Creed et plus récemment Dishonored. Des géants qui ont su convaincre par leur gameplay et leurs possibilités nombreuses et variées, libres selon la volonté des joueurs. C’est parmi ces géants que Styx : Master of Shadows essaie aujourd’hui de se faire une place.
Petit certes, mais vous ne me verrez pas arriver !
Si Cyanide Studios ne vous dit rien, sachez qu’il s’agit d’un studio de développement indépendant français, derrière des titres comme Blood Bowl et Of Orcs and Men. C’est d’ailleurs dans l’univers de ce dernier que vous vous retrouvez. Des Arbres Mondes apparaissent un peu partout et avec eux une source de puissance inépuisable, l’Ambre. Ces arbres sont jalousement gardés par les Elfes qui ont su exploiter cette source de puissance pour devenir la race dominante. Mais voilà qu’un arbre apparaît sur le territoire des hommes. Tout un bastion est alors construit autours afin de l’enfermer et le protéger. C’est ici, au Sérail d’Akenash, que démarre votre aventure. Styx est fait prisonnier et est contraint de révéler ses intentions ainsi que ses actes passés. Vous apprenez alors que votre but est de dérober le cœur de l’Arbre Monde et prenez ensuite les commandes de votre personnage dans vos souvenirs.

Styx est un gobelin et à ce titre, il paraît bien ridicule face aux gardes imposants qui patrouillent un peu partout. L’introduction du jeu vous permettra de prendre en main la richesse du gameplay et de vous exercer sur quelques malheureux gardes. Styx est capable de s’agripper un peu partout afin de prendre de la hauteur et surplomber ses adversaires. Il peut également s’infiltrer dans les canalisations et autres petits trous dispersés un peu partout dans les niveaux afin de passer inaperçu.

Au début du jeu, le seul moyen de tuer les gardes consiste à arriver dans leur dos et de les assassiner. Deux possibilités s’offrent alors à vous : Exécuter purement et simplement le garde mais cela alertera les gardes à proximité car votre victime aura le temps de crier avant que votre dague lui coupe le souffle. C’est d’ailleurs plutôt réaliste puisque Styx est obligé de faire tomber sa victime pour la tuer à cause de sa petite taille. Sinon vous pouvez éliminer votre adversaire plus discrètement en laissant appuyer la touche d’exécution, permettant d’étouffer le garde avant de lui briser la nuque. Un léger bruit sera tout de même audible pour les gardes à proximité directe, par le craquement des os et la chute du garde, et surtout de son armure, sur le sol. Deux types d’approches s’offrent donc à vous mais l’infiltration silencieuse est bien préconisée dans ce jeu. En effet, s’il est possible de se battre en duel avec les gardes, vous ne pourrez pas en affronter un trop grand nombre. Lors des duels, vous devez attendre que votre adversaire vous attaque pour parer sa lame jusqu’à l’étourdir et l’achever. Mais pendant votre duel, les autres gardes présents en profiteront pour vous jeter des couteaux ou encore des sorts, réduisant considérablement votre espérance de vie.

D’ailleurs, toute une panoplie d’adversaires vous attendent dans ce jeu. Vous croiserez des civils sans arme, des gardes basiques, des arbalétriers plus ou moins puissants, certains pouvant vous tuer d’un seul coup s’ils vous repèrent. Les inquisiteurs eux utilisent de la sorcellerie pour vous immobiliser. Certains gardes portent un casque, les rendant insensibles aux attaques à distance. Vous terminerez le jeu avec un chapitre vous opposant à des elfes. Ces créatures vous tuent non seulement en un coup mais elles vous sentent lorsque vous êtes à proximité, vous interdisant toute exécution. Lors de nombreux chapitres, vous croiserez également les Cabysses, sortes d’insectes mutants faisant votre taille. Ces créatures sont aveugles mais ont une ouïe démesurée. Chaque adversaire dans le jeu vous oblige à réviser votre approche afin de ne pas vous faire repérer par l’un d’eux.
Une petite dague cause de grandes souffrances
Plus vous avancerez dans l’aventure, plus vous aurez à faire à des ennemis imposants, jusqu’aux gardes en armure complète, impossible à tuer avec votre dague. C’est alors que vous pourrez vous tourner vers les autres éléments du gameplay, à savoir l’environnement. Pour éliminer vos ennemis, vous pouvez leur faire tomber un lustre sur la tête, empoisonner leurs réserves de nourriture et d’eau ou encore détacher le chargement d’une grue. Mais l’élément le plus intéressant de votre panoplie est le clone. Vous avez la possibilité de créer une réplique de vous-même, désarmée, afin d’explorer les environs, piéger les armoires ou encore exploser en un nuage de fumée sur les gardes afin de les distraire. Si le clone peut paraître frêle et inutile, il est bien utile afin de piéger les gardes passant trop près d’une armoire ou d’un coffre. De plus, si vous alertez les gardes avec votre clone, l’alerte ne sera pas maintenue lors de sa mort.

Etant une créature magique, vous avez la possibilité de consommer de l’Ambre, vous offrant alors de nouvelles possibilités comme créer votre clone, utiliser la vision d’ambre afin de mieux repérer les gardes et autres adversaires et vous rendre invisible. La jauge d’ambre ne se vide jamais complètement, vous permettant de toujours créer un clone et utiliser la vision d’Ambre. Vous avez également à votre disposition des couteaux de lancer, au nombre maximum de 2 au départ, que vous ne pouvez pas sur les cadavres. On doit donc les utiliser lorsque cela semble vraiment indispensable ou pour se sortir d’une situation difficile.

Concernant l’IA en elle-même, nous avons affaire à l’une des meilleures jamais développée. Si vous alertez un garde, celui-ci effectuera sa ronde l’arme à la main et se tiendra d’avantage sur ses gardes, alertant ainsi ses compagnons pour qu’ils fassent de même. Les gardent communiquent et interagissent entre eux constamment, modifiant parfois leurs rondes, notamment lorsqu’ils remarquent l’absence d’un des leurs.

Un mot enfin sur l’arbre de compétences. Celui-ci vous permet de faciliter vos approches en vous donnant par exemple la possibilité d’exécuter vos ennemis par un assassinat aérien ou à couvert, vous pourrez également augmenter votre inventaire ou offrir de nouvelles compétences à vos clones. Cet arbre de compétences est accessible uniquement entre 2 chapitres où vous pourrez dépenser vos points de compétences acquis en remplissant vos objectifs principaux et secondaires, ainsi qu’en débloquant des récompenses de fin de mission comme ne tuer aucun ennemi ou ne jamais se faire repérer. Notez qu’à la fin de chaque mission, vous avez également la possibilité de rejouer un chapitre afin d’améliorer votre score.
Un terrain de jeu très vaste
Le Gameplay de Styx : Master of Shadows est clairement son axe principal et sa plus belle réussite. Styx saute de prise en prise afin d’escalader à la fois librement et avec précision les murs et les balcons. Si graphiquement il n’est pas à la hauteur de ses semblables de nouvelle génération sur la modélisation des personnages par exemple, le jeu en reste beau, profond et dynamique.

La difficulté est le second axe de réussite du jeu, affichant une détection punitive, vous obligeant à réagir très vite ou à recommencer encore et encore les passages. Et si vous êtes encore en mal de défis, vous pouvez recommencer les chapitre afin de débloquer toutes les récompenses de fin de mission, dont celui de la vitesse, vous obligeant à terminer les chapitres en une poignée de minutes, ainsi que la récompense pour avoir trouvé tous les collectibles.

La bande son, discrète mais adaptée à l’univers et aux situations vous accompagnera allègrement pendant les 30 à 40 heures qu’il vous faudra pour terminer le jeu. Le scénario, ne manquant pas d’originalité, vous conduira jusqu’à la fin avec des rebondissements pour le moins inattendus et un boss final parfaitement adapté au jeu.
Conclusion
Soyons clairs, Styx : Master of Shadows n’est pas destiné à un public très vaste. La volonté des développeurs s’est portée sur un jeu d’infiltration difficile avec une détection punitive et des combats de plus en plus impossibles. Mais c’est justement ce ciblage de public qui fait que ce jeu s’élève non pas au niveau des meilleurs, mais au-dessus. Styx approche la perfection grâce à sa durée de vie phénoménale, son gameplay parfaitement maitrisé et son scénario. Les quelques bugs de l’I.A et les graphismes n’étant pas à la hauteur de la Next-Gen sont tout de même à prendre en compte et pour moi qui suis un grand fan de l’infiltration, Styx : Master of Shadows est le meilleur jeu jamais développé dans ce domaine.
Note 10/10
On aime
- L’I.A la plus intelligente jamais créée
- La maîtrise des sauts
- La richesse du gameplay et des approches
- La difficulté
- Enfin un jeu 100% infiltration
- Rejouer les missions avec toutes ses compétences
On n'aime pas
- Le détail des personnages
- L’obscurité parfois incertaine
- Une seule mission avec les elfes
- La répétition des niveaux peut déplaire
- La physique des chaises !
Twitter    Facebook    Twitch    Dailymotion    RSS
Styx : Master of Shadows
Packshot de Styx : Master of Shadows sur Xbox One
Date de sortie française 08 octobre 2014
Genre : Infiltration
Dev. : Cyanide
Edit. : Focus Home Interactive
PEGI 16
1 joueur hors ligne